Bombardier. Appel d’offres dans 3 semaines, nouveaux détails

Dans une conférence de presse organisée ce lundi 6 mai par le ministère de l’Industrie au sujet des perspectives de développement de l’usine Bombardier de Casablanca Moulay Hafid Elalamy a tenu à rassurer sur la cession de l’opérateur canadien de ses actifs dans le Royaume. Pour lui, il n’y a aucun impact négatif sur le secteur de l’aéronautique, bien au contraire. Le détail.

Le 06 mai 2019 à 19:55

Modifié le 08 mai 2019 à 22:26

Après l’annonce faite par Bombardier quant à sa décision de céder ses actifs au Maroc et le doute général provoqué par cette décision, le ministre de l’Industrie, Moulay Hafid Elalamy a pris les devants pour rassurer.

Hamid Benbrahim El Andaloussi, président de la société Midparc a également pris la parole à cette rencontre avec la presse pour s’exprimer sur l’avancement de la phase 2 du projet de Bombardier.

Voici les principaux points abordés lors de cette conférence :

>L’appel d’offres de la cession sera dévoilé dans 3 semaines

“Après avoir annoncé sa volonté de céder ses usines à Belfast (3.500 personnes) et au Maroc (400 personnes), Bombardier a décidé de lancer un appel d’offres concernant la cession de ces deux actifs, pour pouvoir avoir des sous-traitants et se concentrer sur l’aviation d’affaires“, a dévoilé MHE lors de la conférence.

L’appel d'offres en préparation regroupe, donc, les deux usines. Bombardier cherche un repreneur qui achète les deux usines en même temps. La liste des repreneurs est composée de groupes internationaux de premier plan dans le domaine de la sous-traitance aéronautique, dont les leaders de type Airbus, le Britannique GKN et l’Américain Spirit, qui seraient candidats.

“Dans 3 semaines, on en saura plus“, souligne le ministre. “Le Maroc changera en quelque sorte d'actionnaire, en passant de Bombardier à un sous-traitant. Je rappelle que certains sous-traitants sont plus importants que les acteurs de type Bombardier. Je donne l’exemple de l’acteur Spirit“.

>Bombardier “ne quitte pas le Maroc“

 “La plateforme marocaine est la plus compétitive que Bombardier a dans son patrimoine. L'objectif est de développer cette partie-là. Il y un projet dans Midparc, dans ce sens et je ne veux pas divulguer tous les détails. C’est confidentiel“, affirme Moulay Hafid El Alamy.

 “Il faut savoir qu’il y a des projets qui sont en cours déjà pour le développement de la plateforme Maroc. J’ai rencontré les deux présidents de l’aéronautique et celui du groupe Bombardier quand j’étais il y a deux semaines à Montréal au Canada. Et nous avons convenu d’un 3e développement qui est très important et dont je ne peux pas parler aujourd’hui. Cela ne saurait tarder parce que, dans l’opération de cession, tous ces projets-là figurent. Dans quelques jours, le cahier des charges va être publié“, a-t-il laissé entendre.

Le ministre a également expliqué que l’acquéreur ne peut pas acheter l’usine de Bombardier sans prendre en compte les engagements de l’opérateur canadien, aussi bien sur plan quantitatif que qualitatif. Le futur acheteur devra, donc, respecter le plan de développement mis en place par Bombardier et son cahier des charges. “Il ne faut pas qu’on soit perdant“, a-t-il déclaré.

>L’opération de cession est une “aubaine“ pour le Maroc

Selon le ministre, dans cette opération, le Maroc est gagnant dans la mesure où il garde ses actifs et développe les nacelles.

“Il y a un gros projet qui a été signé et qui va être réalisé entre Belfast et le Maroc. C’est la partie qui recouvre les réacteurs des avions. Il y a d'autres projets qui sont en cours. Ces projets-là seront dévoilés dans le cadre de la cession d’actifs de Bombardier au Maroc. Et c’est très important pour le secteur de l’aéronautique. Les gens de l’aéronautique ne sont pas au courant. Je suis le seul à l’être. J’ai lu dans la presse que Bombardier quitte le Maroc, c’est faux. Bombardier ne quitte pas le Maroc. Il cède ses activités à des sous-traitants de Bombardier qui vont fabriquer des pièces de cet opérateur dans ses propres usines au Maroc. C'est un transfert, donc, tient-il à préciser.

“Le management de Bombardier est très content du Maroc. La compétitivité marocaine est pour eux une chose fabuleuse. Et cela m’a été confirmé il y a deux semaines par les deux présidents de Bombardier. Le fer de lance du développement de Bombardier est au Maroc“.

>La phase II du projet de Bombardier avance bien

Hamid Benbrahim El Andaloussi, président de la société Midparc a déclaré, pour sa part, qu’en 5 ans, “Bombardier a montré que l'installation Maroc est incontestablement la plus performante de son package global de tous ses sites. Nous travaillons depuis quelques mois sur la phase II de Bombardier, qui est le projet d’extension. Les dernières nouvelles (annonce de la cession, ndlr) n’ont rien changé au travail qui est en cours. Les équipes fonctionnent normalement. Notre objectif est que la phase II du projet soit ouverte au printemps prochain“.

Il a également affirmé que le projet Bombardier devrait, à terme, doubler de taille et de nombre d’emplois.

Pour le président de la société Midparc, que l’usine Bombardier change de propriétaire fait partie de la vie des affaires. Il faut donc dépassionner le sujet. “L’usine Bombardier change de propriétaire certes. Mais pour nous, c'est une fabuleuse chance que le Maroc fasse venir Spirit ou GKN. C'est extraordinaire et c'est une double chance. On est dans les clous pour le projet d’extension et par rapport à nos objectifs“, souligne le vieux routier du secteur de l’aéronautique.

Hamid Benbarhim El Andaloussi a rappelé par ailleurs qu’en 20 ans, “le secteur de l’aéronautique est passé de 3 à 140 sociétés. Aucune société n’a quitté le Maroc pendant ces 20 ans. Au contraire, celles qui sont venues pour faire un site de 200 ou 300 personnes, ont multiplié leur présence au Maroc. C’est le cas du groupe Safran qui emploie aujourd’hui 4.500 personnes pour un chiffre d’affaires de 700 millions d'euros. Le secteur connaît une croissance annuelle de 17%, c’est 3,5 fois le taux mondial qui est à 5%. Et l’année qui vient de s’écouler, on l’a terminée avec 22%“.

Bref, la cession de l’usine marocaine donne presque des ailes à l’aéronautique marocaine, à l’en croire. On verra bien.

Bombardier. Appel d’offres dans 3 semaines, nouveaux détails

Le 06 mai 2019 à20:00

Modifié le 08 mai 2019 à 22:26

Dans une conférence de presse organisée ce lundi 6 mai par le ministère de l’Industrie au sujet des perspectives de développement de l’usine Bombardier de Casablanca Moulay Hafid Elalamy a tenu à rassurer sur la cession de l’opérateur canadien de ses actifs dans le Royaume. Pour lui, il n’y a aucun impact négatif sur le secteur de l’aéronautique, bien au contraire. Le détail.

Après l’annonce faite par Bombardier quant à sa décision de céder ses actifs au Maroc et le doute général provoqué par cette décision, le ministre de l’Industrie, Moulay Hafid Elalamy a pris les devants pour rassurer.

Hamid Benbrahim El Andaloussi, président de la société Midparc a également pris la parole à cette rencontre avec la presse pour s’exprimer sur l’avancement de la phase 2 du projet de Bombardier.

Voici les principaux points abordés lors de cette conférence :

>L’appel d’offres de la cession sera dévoilé dans 3 semaines

“Après avoir annoncé sa volonté de céder ses usines à Belfast (3.500 personnes) et au Maroc (400 personnes), Bombardier a décidé de lancer un appel d’offres concernant la cession de ces deux actifs, pour pouvoir avoir des sous-traitants et se concentrer sur l’aviation d’affaires“, a dévoilé MHE lors de la conférence.

L’appel d'offres en préparation regroupe, donc, les deux usines. Bombardier cherche un repreneur qui achète les deux usines en même temps. La liste des repreneurs est composée de groupes internationaux de premier plan dans le domaine de la sous-traitance aéronautique, dont les leaders de type Airbus, le Britannique GKN et l’Américain Spirit, qui seraient candidats.

“Dans 3 semaines, on en saura plus“, souligne le ministre. “Le Maroc changera en quelque sorte d'actionnaire, en passant de Bombardier à un sous-traitant. Je rappelle que certains sous-traitants sont plus importants que les acteurs de type Bombardier. Je donne l’exemple de l’acteur Spirit“.

>Bombardier “ne quitte pas le Maroc“

 “La plateforme marocaine est la plus compétitive que Bombardier a dans son patrimoine. L'objectif est de développer cette partie-là. Il y un projet dans Midparc, dans ce sens et je ne veux pas divulguer tous les détails. C’est confidentiel“, affirme Moulay Hafid El Alamy.

 “Il faut savoir qu’il y a des projets qui sont en cours déjà pour le développement de la plateforme Maroc. J’ai rencontré les deux présidents de l’aéronautique et celui du groupe Bombardier quand j’étais il y a deux semaines à Montréal au Canada. Et nous avons convenu d’un 3e développement qui est très important et dont je ne peux pas parler aujourd’hui. Cela ne saurait tarder parce que, dans l’opération de cession, tous ces projets-là figurent. Dans quelques jours, le cahier des charges va être publié“, a-t-il laissé entendre.

Le ministre a également expliqué que l’acquéreur ne peut pas acheter l’usine de Bombardier sans prendre en compte les engagements de l’opérateur canadien, aussi bien sur plan quantitatif que qualitatif. Le futur acheteur devra, donc, respecter le plan de développement mis en place par Bombardier et son cahier des charges. “Il ne faut pas qu’on soit perdant“, a-t-il déclaré.

>L’opération de cession est une “aubaine“ pour le Maroc

Selon le ministre, dans cette opération, le Maroc est gagnant dans la mesure où il garde ses actifs et développe les nacelles.

“Il y a un gros projet qui a été signé et qui va être réalisé entre Belfast et le Maroc. C’est la partie qui recouvre les réacteurs des avions. Il y a d'autres projets qui sont en cours. Ces projets-là seront dévoilés dans le cadre de la cession d’actifs de Bombardier au Maroc. Et c’est très important pour le secteur de l’aéronautique. Les gens de l’aéronautique ne sont pas au courant. Je suis le seul à l’être. J’ai lu dans la presse que Bombardier quitte le Maroc, c’est faux. Bombardier ne quitte pas le Maroc. Il cède ses activités à des sous-traitants de Bombardier qui vont fabriquer des pièces de cet opérateur dans ses propres usines au Maroc. C'est un transfert, donc, tient-il à préciser.

“Le management de Bombardier est très content du Maroc. La compétitivité marocaine est pour eux une chose fabuleuse. Et cela m’a été confirmé il y a deux semaines par les deux présidents de Bombardier. Le fer de lance du développement de Bombardier est au Maroc“.

>La phase II du projet de Bombardier avance bien

Hamid Benbrahim El Andaloussi, président de la société Midparc a déclaré, pour sa part, qu’en 5 ans, “Bombardier a montré que l'installation Maroc est incontestablement la plus performante de son package global de tous ses sites. Nous travaillons depuis quelques mois sur la phase II de Bombardier, qui est le projet d’extension. Les dernières nouvelles (annonce de la cession, ndlr) n’ont rien changé au travail qui est en cours. Les équipes fonctionnent normalement. Notre objectif est que la phase II du projet soit ouverte au printemps prochain“.

Il a également affirmé que le projet Bombardier devrait, à terme, doubler de taille et de nombre d’emplois.

Pour le président de la société Midparc, que l’usine Bombardier change de propriétaire fait partie de la vie des affaires. Il faut donc dépassionner le sujet. “L’usine Bombardier change de propriétaire certes. Mais pour nous, c'est une fabuleuse chance que le Maroc fasse venir Spirit ou GKN. C'est extraordinaire et c'est une double chance. On est dans les clous pour le projet d’extension et par rapport à nos objectifs“, souligne le vieux routier du secteur de l’aéronautique.

Hamid Benbarhim El Andaloussi a rappelé par ailleurs qu’en 20 ans, “le secteur de l’aéronautique est passé de 3 à 140 sociétés. Aucune société n’a quitté le Maroc pendant ces 20 ans. Au contraire, celles qui sont venues pour faire un site de 200 ou 300 personnes, ont multiplié leur présence au Maroc. C’est le cas du groupe Safran qui emploie aujourd’hui 4.500 personnes pour un chiffre d’affaires de 700 millions d'euros. Le secteur connaît une croissance annuelle de 17%, c’est 3,5 fois le taux mondial qui est à 5%. Et l’année qui vient de s’écouler, on l’a terminée avec 22%“.

Bref, la cession de l’usine marocaine donne presque des ailes à l’aéronautique marocaine, à l’en croire. On verra bien.

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