Bourita: "La Libye doit rester à l'abri des agendas externes"

Nasser Bourita a rappelé la position marocaine: la Libye doit rester à l'abri des agendas externes, les problèmes doivent être d'abord par les Libyens eux-mêmes. La solution n'est donc pas militaire.

Bourita:

Le 09 juin 2019 à 09:03

Modifié le 09 juin 2019 à 09:12

*L’accord de Skhirat, pour assurer une transition pacifique en Libye vers des institutions plus légitimes, ne vaut que par la volonté et l’engagement des différents acteurs libyens de le mettre en œuvre, a indiqué, samedi à Rabat, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Nasser Bourita. Des dispositions importantes de cette feuille de route n'ont pas été mises en œuvre et "la situation s'est dégradée parce que les principaux acteurs n'ont pas mis suffisamment de volonté", a tenu à préciser M. Bourita lors d’un point de presse conjoint avec le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian.

En tant que pays maghrébin, le Maroc considère comme "une priorité" la stabilité de la Libye, "qui ne peut pas être un terrain où différents agendas externes aux intérêts du peuple libyen puissent se déployer".

"La question libyenne se trouve aujourd’hui à un moment crucial où les Libyens d’abord ont la responsabilité d’être à la hauteur de ce moment, mais également les pays directement impliqués dans la crise libyenne", a souligné M. Bourita. Les pays en question sont les Emirats et l'Arabie saoudite d'un côté, la Turquie et le Qatar de l'autre. Les premiers appuient le maréchal Haftar. Les seconds, les milices islamistes. D'autres pays interviennent également dans l'imbroglio libyen mais d'une manière moins voyante et avec un engagement moins fort.

L'extension des combats autour de Tripoli menace la Libye et donc la région du Sahel d'une grave situation de chaos, d'insécurité et d'instabilité.

Le Maroc et la France, a-t-il noté, ont partagé leurs points de vue sur ce sujet depuis longtemps, ajoutant que les deux pays "avancent dans le même sens" et que leurs positions "convergent par rapport à l’objectif et dans une large mesure par rapport au cheminement vers cet objectif".

"L’accord de Skhirat ne doit pas être un alibi pour les uns ou pour les autres. Les uns pour maintenir le statu quo et les autres pour aller vers une déstabilisation totale", a dit M. Bourita.

Pour sa part, le chef de la diplomatie française a indiqué que son pays est tout aussi préoccupé par la stabilité et la sécurité en Libye.

Stabilité et sécurité pas seulement pour les Libyens mais pour toute la région, qui veut éviter le retour à la confrontation dans laquelle s’immisce des groupes et des acteurs terroristes, et aussi pour les Européens, a indiqué M. Le Drian, qui a mis l’accent, dans ce cadre, sur l’impératif d'avancer dans la résolution de ce conflit et dans la maîtrise du trafic de drogues, d'armes et d'êtres humains.

La France est pour un cessez-le-feu immédiat qui puisse permettre la mise en oeuvre d'un processus et d'une feuille de route aboutissant à des élections, a indiqué le ministre français, qui a rappelé dans ce cadre les rencontres du président Macron avec le Premier ministre libyen Fayez Sarraj et le maréchal Khalifa Haftar.

Bourita: "La Libye doit rester à l'abri des agendas externes"

Le 09 juin 2019 à09:12

Modifié le 09 juin 2019 à 09:12

Nasser Bourita a rappelé la position marocaine: la Libye doit rester à l'abri des agendas externes, les problèmes doivent être d'abord par les Libyens eux-mêmes. La solution n'est donc pas militaire.

*L’accord de Skhirat, pour assurer une transition pacifique en Libye vers des institutions plus légitimes, ne vaut que par la volonté et l’engagement des différents acteurs libyens de le mettre en œuvre, a indiqué, samedi à Rabat, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Nasser Bourita. Des dispositions importantes de cette feuille de route n'ont pas été mises en œuvre et "la situation s'est dégradée parce que les principaux acteurs n'ont pas mis suffisamment de volonté", a tenu à préciser M. Bourita lors d’un point de presse conjoint avec le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian.

En tant que pays maghrébin, le Maroc considère comme "une priorité" la stabilité de la Libye, "qui ne peut pas être un terrain où différents agendas externes aux intérêts du peuple libyen puissent se déployer".

"La question libyenne se trouve aujourd’hui à un moment crucial où les Libyens d’abord ont la responsabilité d’être à la hauteur de ce moment, mais également les pays directement impliqués dans la crise libyenne", a souligné M. Bourita. Les pays en question sont les Emirats et l'Arabie saoudite d'un côté, la Turquie et le Qatar de l'autre. Les premiers appuient le maréchal Haftar. Les seconds, les milices islamistes. D'autres pays interviennent également dans l'imbroglio libyen mais d'une manière moins voyante et avec un engagement moins fort.

L'extension des combats autour de Tripoli menace la Libye et donc la région du Sahel d'une grave situation de chaos, d'insécurité et d'instabilité.

Le Maroc et la France, a-t-il noté, ont partagé leurs points de vue sur ce sujet depuis longtemps, ajoutant que les deux pays "avancent dans le même sens" et que leurs positions "convergent par rapport à l’objectif et dans une large mesure par rapport au cheminement vers cet objectif".

"L’accord de Skhirat ne doit pas être un alibi pour les uns ou pour les autres. Les uns pour maintenir le statu quo et les autres pour aller vers une déstabilisation totale", a dit M. Bourita.

Pour sa part, le chef de la diplomatie française a indiqué que son pays est tout aussi préoccupé par la stabilité et la sécurité en Libye.

Stabilité et sécurité pas seulement pour les Libyens mais pour toute la région, qui veut éviter le retour à la confrontation dans laquelle s’immisce des groupes et des acteurs terroristes, et aussi pour les Européens, a indiqué M. Le Drian, qui a mis l’accent, dans ce cadre, sur l’impératif d'avancer dans la résolution de ce conflit et dans la maîtrise du trafic de drogues, d'armes et d'êtres humains.

La France est pour un cessez-le-feu immédiat qui puisse permettre la mise en oeuvre d'un processus et d'une feuille de route aboutissant à des élections, a indiqué le ministre français, qui a rappelé dans ce cadre les rencontres du président Macron avec le Premier ministre libyen Fayez Sarraj et le maréchal Khalifa Haftar.

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