Brookstone Partners Morocco: Le PDG Omar Belmamoun attaqué au pénal

Omar Belmamoun attaqué au pénal par ses associés dans Brookstone Partners Morocco. Le PDG est accusé d'avoir détourné 9,5 MDH. Virements sur compte personnel, achats au profit de proches, cigares et meubles sont épinglés par une expertise.

Brookstone Partners Morocco: Le PDG Omar Belmamoun attaqué au pénal

Le 14 mars 2019 à 15:44

Modifié le 02 avril 2019 à 19:07

Englué dans l’affaire Platinum Power, Omar Belmamoun doit désormais gérer une citation directe formulée par un de ses associés à Brookstone Partners Morocco, fonds d’investissement dont il est le PDG.

Le dossier a été initié conjointement par MJT Park Investors, société New yorkaise et l’homme d’affaires américain Michael Toporek. Les deux plaignants détiennent respectivement 40% et 0.09% de parts sociales dans Brookstone. Ils accusent le PDG d’avoir disposé frauduleusement des fonds de cette société, d’abus de confiance, de détournement et d’escroquerie. Le frère de l’intéressé, Anas Belmamoun, est lui aussi concerné par la plainte, où il est identifié comme coauteur présumé de ces délits.

La citation directe  remonte à février 2019. Elle a été déposée devant le tribunal de première instance de Rabat, via le cabinet Bassamat & Laraqui. 

Que leur reproche-t-on ?  D’avoir détourné pas moins de 9,5 MDH des caisses de BPM, sommes dont les plaignants réclament la restitution en plus de 2 MDH de dédommagements. Ils se basent sur un audit diligenté par Jamal Eddine Ilyass, expert assermenté spécialisé dans les opérations et techniques bancaires. L’expertise, qui couvre la période 2014 à 2018, a relevé l’existence de « nombreuses opérations douteuses » et de « dépenses conséquentes n’ayant aucun lien avec les intérêts de la société. »

Selon ce document, Omar Belmamoun s’est approprié les sommes en question « via différents moyens », y compris par des « retraits d’espèces », des « transferts bancaires » ou par « l’acquisition de fournitures sans rapport avec l’activité de l’entreprise ou en payant des billets de voyages à des proches ». 

L’expert a audité trois comptes bancaires de BPM, tous ouverts auprès de Société Générale. Entre février 2014 et septembre 2016, un total de 3,3 MDH ont été transférés du compte de la société à celui, personnel, de Omar Belmamoun, soit l’équivalent de 21 virements selon le rapport. Sans compter les 84.000 dollars retirés par l’un des comptes bancaires de la société tenu en devise.

20 autres transferts ont été opérés entre 2014 et 2018 et pour un montant total de 1,2 MDH. Une somme dépensée le plus souvent dans des réservations d’hôtels, frais de visas et achats de billets d'avion au profit de proches du PDG, selon l’expertise. Le frère de Omar, Anas Belmamoun, a quant à lui reçu un virement de 270.000 DH sans précision de l’objet de cette opération.

D’autres transferts ont atterri sur les comptes d’individus n’ayant pas de rapports avec la société ou qui n’ont pas pu être identifiés par l’expertise.

Des cigares et des meubles  

Fait curieux, l’audit épingle des achats auprès de La Casa Del Habano, boutique spécialisée dans la vente de cigares. Le montant cumulé entre février 2014 et mars 2018 est estimé à 21.000 DH. Mais le rapport met aussi en évidence des virements de 58.555 DH à VVV Group, société qui émet les factures pour le compte de La Casa d’El Habano. Le tout sur le compte de BPM.

Dans le même sillage, l’expertise a relevé un montant de 84.420 DH destiné à l’achat d’ameublement, dont « 81.270 DH ont servi à équiper le bureau de Rabat » mais aussi le règlement de 34.528 DH auprès de « restaurants ou pâtisseries ». L’auditeur « n’a pas pu trouver, dans les documents comptables de la société, des document justifiant ces paiements », selon la plainte.

Les opérations « injustifiées » ont également profité à des personnes morales. C’est le cas de Sienna Investment Gr qui a tiré deux chèques pour un montant total de 3,2 MDH. Sauf que cette société opère dans la promotion immobilière, domaine qui n’a pas de lien avec l’activité de BPM, laquelle touche essentiellement aux valeurs mobilières.

De quoi mettre dans l’embarras cette OPCR qui agit sous le contrôle de l’autorité du marché des capitaux (AMMC).  En plus d’impacter son chiffre d’affaires et la fiabilité de ses déclarations fiscales (les états de synthèses n’ont pas été validés depuis 2017, risque de redressement fiscal), les « manœuvres frauduleuses » du PDG risquent de coûter à la société « le retrait de son agrément par l’AMMC », regrettent les plaignants. Selon nos sources, le régulateur a déjà ouvert une enquête en ce sens.

Brookstone Partners Morocco: Le PDG Omar Belmamoun attaqué au pénal

Le 14 mars 2019 à16:10

Modifié le 02 avril 2019 à 19:07

Omar Belmamoun attaqué au pénal par ses associés dans Brookstone Partners Morocco. Le PDG est accusé d'avoir détourné 9,5 MDH. Virements sur compte personnel, achats au profit de proches, cigares et meubles sont épinglés par une expertise.

Englué dans l’affaire Platinum Power, Omar Belmamoun doit désormais gérer une citation directe formulée par un de ses associés à Brookstone Partners Morocco, fonds d’investissement dont il est le PDG.

Le dossier a été initié conjointement par MJT Park Investors, société New yorkaise et l’homme d’affaires américain Michael Toporek. Les deux plaignants détiennent respectivement 40% et 0.09% de parts sociales dans Brookstone. Ils accusent le PDG d’avoir disposé frauduleusement des fonds de cette société, d’abus de confiance, de détournement et d’escroquerie. Le frère de l’intéressé, Anas Belmamoun, est lui aussi concerné par la plainte, où il est identifié comme coauteur présumé de ces délits.

La citation directe  remonte à février 2019. Elle a été déposée devant le tribunal de première instance de Rabat, via le cabinet Bassamat & Laraqui. 

Que leur reproche-t-on ?  D’avoir détourné pas moins de 9,5 MDH des caisses de BPM, sommes dont les plaignants réclament la restitution en plus de 2 MDH de dédommagements. Ils se basent sur un audit diligenté par Jamal Eddine Ilyass, expert assermenté spécialisé dans les opérations et techniques bancaires. L’expertise, qui couvre la période 2014 à 2018, a relevé l’existence de « nombreuses opérations douteuses » et de « dépenses conséquentes n’ayant aucun lien avec les intérêts de la société. »

Selon ce document, Omar Belmamoun s’est approprié les sommes en question « via différents moyens », y compris par des « retraits d’espèces », des « transferts bancaires » ou par « l’acquisition de fournitures sans rapport avec l’activité de l’entreprise ou en payant des billets de voyages à des proches ». 

L’expert a audité trois comptes bancaires de BPM, tous ouverts auprès de Société Générale. Entre février 2014 et septembre 2016, un total de 3,3 MDH ont été transférés du compte de la société à celui, personnel, de Omar Belmamoun, soit l’équivalent de 21 virements selon le rapport. Sans compter les 84.000 dollars retirés par l’un des comptes bancaires de la société tenu en devise.

20 autres transferts ont été opérés entre 2014 et 2018 et pour un montant total de 1,2 MDH. Une somme dépensée le plus souvent dans des réservations d’hôtels, frais de visas et achats de billets d'avion au profit de proches du PDG, selon l’expertise. Le frère de Omar, Anas Belmamoun, a quant à lui reçu un virement de 270.000 DH sans précision de l’objet de cette opération.

D’autres transferts ont atterri sur les comptes d’individus n’ayant pas de rapports avec la société ou qui n’ont pas pu être identifiés par l’expertise.

Des cigares et des meubles  

Fait curieux, l’audit épingle des achats auprès de La Casa Del Habano, boutique spécialisée dans la vente de cigares. Le montant cumulé entre février 2014 et mars 2018 est estimé à 21.000 DH. Mais le rapport met aussi en évidence des virements de 58.555 DH à VVV Group, société qui émet les factures pour le compte de La Casa d’El Habano. Le tout sur le compte de BPM.

Dans le même sillage, l’expertise a relevé un montant de 84.420 DH destiné à l’achat d’ameublement, dont « 81.270 DH ont servi à équiper le bureau de Rabat » mais aussi le règlement de 34.528 DH auprès de « restaurants ou pâtisseries ». L’auditeur « n’a pas pu trouver, dans les documents comptables de la société, des document justifiant ces paiements », selon la plainte.

Les opérations « injustifiées » ont également profité à des personnes morales. C’est le cas de Sienna Investment Gr qui a tiré deux chèques pour un montant total de 3,2 MDH. Sauf que cette société opère dans la promotion immobilière, domaine qui n’a pas de lien avec l’activité de BPM, laquelle touche essentiellement aux valeurs mobilières.

De quoi mettre dans l’embarras cette OPCR qui agit sous le contrôle de l’autorité du marché des capitaux (AMMC).  En plus d’impacter son chiffre d’affaires et la fiabilité de ses déclarations fiscales (les états de synthèses n’ont pas été validés depuis 2017, risque de redressement fiscal), les « manœuvres frauduleuses » du PDG risquent de coûter à la société « le retrait de son agrément par l’AMMC », regrettent les plaignants. Selon nos sources, le régulateur a déjà ouvert une enquête en ce sens.

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