Brookstone Partners Morocco: Cafouillage autour de la révocation du PDG

Conforté à Platinum Power, Omar Belmamoun est menacé ailleurs. Les actionnaires de Brookstone Partners Morocco veulent l'éjecter de son poste de PDG.

Brookstone Partners Morocco: Cafouillage autour de la révocation du PDG

Le 12 juin 2019 à 19:28

Modifié le 13 juin 2019 à 07:33

La révocation a même été votée lors d’une assemblée générale tenue le 20 mai. Cette résolution n’était pas à l’ordre du jour. Elle a été ajoutée par Michael Toporek, son associé américain qui l’accuse de "fautes de gestion".

Belmamoun déplore l’initiative de son partenaire: "L’assemblée générale ordinaire avait pour ordre du jour la désignation d’un nouveau membre du Conseil. Elle a été perturbée par Monsieur Michael Toporek qui a refusé de respecter l’ordre du jour, compte tenu du litige l’opposant à la Société", nous dii-il.

Pour sa part, Toporek fait valoir que les statuts de la société permettent de prononcer la révocation des administrateurs "à tout moment et en toutes circonstances au cours de l’Assemblée Générale Ordinaire".

Une partie de l’assemblée s’est faite sans le PDG. Face à l’annonce de sa révocation, M. Belmamoun dit avoir "été contraint de lever la séance".

"Levée" de séance selon Belmamoun, "incident" selon Toporek : "La levée de séance doit faire l’objet d’un vote. Ce n’est pas un pouvoir discrétionnaire du président de l’assemblée", estiment les conseils de l’associé américain.   

D’ailleurs, l’assemblée a poursuivi ses travaux après le retrait du PDG, le quorum restant étant de 50% des droits de votes et permettant de délibérer valablement sur d’autres points. Les actionnaires ont même, à ce titre, voté la révocation de Luminy Invest de son siège d’administrateur. Cette entreprise est dirigée par M. Belmamoun.

Belmamoun et Luminy Invest qu’il représente détiennent respectivement une et 4.999 actions dans Brookstone, soit la moitié du capital. L’autre moitié, 5.000 actions, est détenue par M. Toporek (100), MTJ Park (4.700), Sweetpea Ventures (100) et Matthew Lipman. La révocation a été adoptée par ce deuxième bloc.

Officiellement, la révocation n’est pas actée. "Sur le modèle J, mon nom figure toujours en tant que PDG. Seul le registre de commerce fait foi", avance M. Belmamoun. Le clan Toporek ne dément pas. Il en est encore à diligenter les formalités nécessaires auprès du greffe du tribunal de commerce.

L’assemblée s’est déroulée en présence de trois huissiers, qui ont dressé des PV.  Le premier, Me Fouad El Andaloussi, a été désigné par BPM. Me Jamal Amergui et Abdelmoula Mhairik ont été engagés par M. Toporek.

Au tribunal de commerce, M. Belmamoun a versé les PV dressés par les deux premiers huissiers. Pour le PDG, ces PV prouvent que la séance a été levée "sans qu’aucune résolution ne soit votée". Raison pour laquelle il conteste la révocation.

De son côté, M. Toporek fait valoir que son adversaire "a créé un incident de séance et a décidé de quitter l’assemblée" après l’adoption cette résolution. Selon lui, Belmamoun n'avait pas le droit de Lever la séance et le vote de la révocation pouvait de surcroît se faire en l'absence du PDG. 

Toporek vs Belmamoun, un conflit tous azimuts

Pour Belmamoun, les diligences de son associé américain sont une réaction à l’éviction de ce dernier du Conseil d’administration de Platinum Power. Ce développeur privé de barrages est au cœur du conflit entre les deux hommes d’affaires.

"Michael Toporek a été révoqué de son poste d'administrateur au sein de Platinum Power par l’Assemblée Générale du 5 Février 2019 pour rupture de confiance. La même AG m'a reconduit dans mes fonctions de PDG", affirme Belmamoun.

Toporek avait directement contesté cette révocation et avait initié deux recours judiciaires pour obtenir son annulation : La première, en référé, dont il s’est désisté et la deuxième, au fond, qui est toujours à l’étude.

Le litige entre Belmamoun et Toporek a aussi un pied au pénal. Ou plutôt deux :

- Belmamoun fait l’objet d’une citation directe enclenchée par Toporek, qui accuse son adversaire d’avoir détourné les fonds de Brookstone Partners Morocco. Ce dossier est traité par le tribunal de première instance de Rabat, où Belmamoun a comparu le 2 avril puis le 11 juin.

 - Toporek, lui, fait l’objet d’une plainte classique, initiée par MCM Consutancy et Luminy Invest, sociétés dirigées par Belmamoun.  Ce dernier accuse son vis-à-vis d’avoir détourné à son profit le projet de ferme éolienne AM Wind, à Dakhla. Amorcée en avril 2019, cette affaire est encore en phase d’enquête.

La bataille des associés a même des extensions internationales. "En tant que PDG de Brookstone Morocco, j'ai intenté un procès à New-York contre Finco, société gérée par l’équipe de Toporek car ce dernier n'a jamais voulu partager les documents financiers de Finco depuis que j'ai investi près de 35 millions de DH en 2014. J'ai obtenu gain de cause en première instance et en appel. Toporek refuse à ce jour de délivrer les documents", explique Omar Belmamoun.

Brookstone Partners Morocco: Cafouillage autour de la révocation du PDG

Le 12 juin 2019 à19:44

Modifié le 13 juin 2019 à 07:33

Conforté à Platinum Power, Omar Belmamoun est menacé ailleurs. Les actionnaires de Brookstone Partners Morocco veulent l'éjecter de son poste de PDG.

La révocation a même été votée lors d’une assemblée générale tenue le 20 mai. Cette résolution n’était pas à l’ordre du jour. Elle a été ajoutée par Michael Toporek, son associé américain qui l’accuse de "fautes de gestion".

Belmamoun déplore l’initiative de son partenaire: "L’assemblée générale ordinaire avait pour ordre du jour la désignation d’un nouveau membre du Conseil. Elle a été perturbée par Monsieur Michael Toporek qui a refusé de respecter l’ordre du jour, compte tenu du litige l’opposant à la Société", nous dii-il.

Pour sa part, Toporek fait valoir que les statuts de la société permettent de prononcer la révocation des administrateurs "à tout moment et en toutes circonstances au cours de l’Assemblée Générale Ordinaire".

Une partie de l’assemblée s’est faite sans le PDG. Face à l’annonce de sa révocation, M. Belmamoun dit avoir "été contraint de lever la séance".

"Levée" de séance selon Belmamoun, "incident" selon Toporek : "La levée de séance doit faire l’objet d’un vote. Ce n’est pas un pouvoir discrétionnaire du président de l’assemblée", estiment les conseils de l’associé américain.   

D’ailleurs, l’assemblée a poursuivi ses travaux après le retrait du PDG, le quorum restant étant de 50% des droits de votes et permettant de délibérer valablement sur d’autres points. Les actionnaires ont même, à ce titre, voté la révocation de Luminy Invest de son siège d’administrateur. Cette entreprise est dirigée par M. Belmamoun.

Belmamoun et Luminy Invest qu’il représente détiennent respectivement une et 4.999 actions dans Brookstone, soit la moitié du capital. L’autre moitié, 5.000 actions, est détenue par M. Toporek (100), MTJ Park (4.700), Sweetpea Ventures (100) et Matthew Lipman. La révocation a été adoptée par ce deuxième bloc.

Officiellement, la révocation n’est pas actée. "Sur le modèle J, mon nom figure toujours en tant que PDG. Seul le registre de commerce fait foi", avance M. Belmamoun. Le clan Toporek ne dément pas. Il en est encore à diligenter les formalités nécessaires auprès du greffe du tribunal de commerce.

L’assemblée s’est déroulée en présence de trois huissiers, qui ont dressé des PV.  Le premier, Me Fouad El Andaloussi, a été désigné par BPM. Me Jamal Amergui et Abdelmoula Mhairik ont été engagés par M. Toporek.

Au tribunal de commerce, M. Belmamoun a versé les PV dressés par les deux premiers huissiers. Pour le PDG, ces PV prouvent que la séance a été levée "sans qu’aucune résolution ne soit votée". Raison pour laquelle il conteste la révocation.

De son côté, M. Toporek fait valoir que son adversaire "a créé un incident de séance et a décidé de quitter l’assemblée" après l’adoption cette résolution. Selon lui, Belmamoun n'avait pas le droit de Lever la séance et le vote de la révocation pouvait de surcroît se faire en l'absence du PDG. 

Toporek vs Belmamoun, un conflit tous azimuts

Pour Belmamoun, les diligences de son associé américain sont une réaction à l’éviction de ce dernier du Conseil d’administration de Platinum Power. Ce développeur privé de barrages est au cœur du conflit entre les deux hommes d’affaires.

"Michael Toporek a été révoqué de son poste d'administrateur au sein de Platinum Power par l’Assemblée Générale du 5 Février 2019 pour rupture de confiance. La même AG m'a reconduit dans mes fonctions de PDG", affirme Belmamoun.

Toporek avait directement contesté cette révocation et avait initié deux recours judiciaires pour obtenir son annulation : La première, en référé, dont il s’est désisté et la deuxième, au fond, qui est toujours à l’étude.

Le litige entre Belmamoun et Toporek a aussi un pied au pénal. Ou plutôt deux :

- Belmamoun fait l’objet d’une citation directe enclenchée par Toporek, qui accuse son adversaire d’avoir détourné les fonds de Brookstone Partners Morocco. Ce dossier est traité par le tribunal de première instance de Rabat, où Belmamoun a comparu le 2 avril puis le 11 juin.

 - Toporek, lui, fait l’objet d’une plainte classique, initiée par MCM Consutancy et Luminy Invest, sociétés dirigées par Belmamoun.  Ce dernier accuse son vis-à-vis d’avoir détourné à son profit le projet de ferme éolienne AM Wind, à Dakhla. Amorcée en avril 2019, cette affaire est encore en phase d’enquête.

La bataille des associés a même des extensions internationales. "En tant que PDG de Brookstone Morocco, j'ai intenté un procès à New-York contre Finco, société gérée par l’équipe de Toporek car ce dernier n'a jamais voulu partager les documents financiers de Finco depuis que j'ai investi près de 35 millions de DH en 2014. J'ai obtenu gain de cause en première instance et en appel. Toporek refuse à ce jour de délivrer les documents", explique Omar Belmamoun.

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