Campagne agricole: excès d'optimisme suite aux dernières pluies?

Les premières pluies ont fait leur apparition au Maroc. Ce retour augure-t-il d’une bonne campagne agricole? Le point sur l'impact des dernières précipitations sur le déroulement de la campagne actuelle.

Campagne agricole: excès d'optimisme suite aux dernières pluies ?

Le 24 octobre 2019 à 16:54

Modifié le 25 octobre 2019 à 09:52

Le Maroc vient de connaître un bref épisode pluvieux, notamment dans le nord et l'Oriental, avec des chutes de neige sur les reliefs de l'Atlas. Bien qu'elles ne soient pas généralisées, les précipitations ont suscité un engouement dans les milieux agricoles.

"L'apport des premières pluies de la saison est bon pour la préparation des terres, l'hydratation du sol et la régénération des nappes phréatiques. Mais en ce début de saison, les zones agricoles bour n'ont pas été touchées par les récentes précipitations", déclare d'emblée Abdelmoumen Guennouni, ingénieur agronome. "Les pluies deviennent décisives à partir de mi-novembre", souligne-t-il.

"Pour les producteurs avisés, ce mois d’octobre est la période du sprint final pour les travaux de préparation du sol (incorporation des engrais, préparation du lit de semences…), avant le début des semis début novembre", explique cet ingénieur agronome. 

Dans les zones de bour favorable, la terre est généralement dominée par la culture alternative. Il s'agit de terres en jachère (laissées au repos au moins une année sur deux). Elles sont systématiquement travaillées. De ce fait, le retard des pluies ne bloque pas le labour de la terre", poursuit notre interlocuteur.

"Mais pour les régions de bour défavorable (sud de la Chaouia...), dominées par l’élevage, les premières pluies se font attendre, en raison du durcissement du sol", ajoute-t-il.

"Une année qui commence bien est un acquis. Encore faut-il que la météo soit plus généreuse à partir de mi-novembre, notamment pour les grandes cultures (céréales...). Une pluviométrie bien répartie dans le temps et dans l’espace sera nécessaire", conclut M. Guennouni.

Pas de pluies en perspective à court terme

Du côté de la Météorologique nationale, la situation tend vers la stabilité. Pas de pluies en perspective pour le reste du mois en cours. Une baisse des températures sera toutefois ressentie. 

Durant les 24 dernières heures, les cumuls de pluies relevées par la Direction de la météorologie nationale ne dépassent pas les 4 mm à Tanger et Kénitra, 3 mm à Oujda, Chaouen, Rabat et Sidi Slimane, 2 mm à Meknes, Taza, Ifrane, 1 mm à Tétouan et moins d'un mm à Larache, Mohammedia, Casa-Anfa et Ben Slimane.

Du côté des barrages, les statistiques affichent un taux de remplissage de 45,7% au 24 octobre, contre 56,2% à la même date de l’année dernière.

Compte tenu du déficit en eau, le ministère de l'Agriculture avait attiré l’attention sur la nécessité de rationaliser les disponibilités en eau au niveau des périmètres irrigués et prévoit des actions de sensibilisation des agriculteurs.

Rappelons que la précédente campagne agricole a été marquée par une mauvaise répartition temporelle des précipitations. En effet, plus des 2/3 de la pluviométrie cumulée a été enregistrée dans les trois premiers mois (septembre, octobre et novembre) avec une absence de pluies durant les mois qui ont suivi, ayant engendré un retard de croissance des cultures, notamment les céréales et une baisse des rendements plus ou moins importante selon les régions.

Conséquence: une production céréalière de 52 millions de quintaux, en baisse de 49% par rapport à la saison précédente et de 30% par rapport à une campagne moyenne.

Campagne agricole: excès d'optimisme suite aux dernières pluies?

Le 24 octobre 2019 à16:54

Modifié le 25 octobre 2019 à 09:52

Les premières pluies ont fait leur apparition au Maroc. Ce retour augure-t-il d’une bonne campagne agricole? Le point sur l'impact des dernières précipitations sur le déroulement de la campagne actuelle.

Le Maroc vient de connaître un bref épisode pluvieux, notamment dans le nord et l'Oriental, avec des chutes de neige sur les reliefs de l'Atlas. Bien qu'elles ne soient pas généralisées, les précipitations ont suscité un engouement dans les milieux agricoles.

"L'apport des premières pluies de la saison est bon pour la préparation des terres, l'hydratation du sol et la régénération des nappes phréatiques. Mais en ce début de saison, les zones agricoles bour n'ont pas été touchées par les récentes précipitations", déclare d'emblée Abdelmoumen Guennouni, ingénieur agronome. "Les pluies deviennent décisives à partir de mi-novembre", souligne-t-il.

"Pour les producteurs avisés, ce mois d’octobre est la période du sprint final pour les travaux de préparation du sol (incorporation des engrais, préparation du lit de semences…), avant le début des semis début novembre", explique cet ingénieur agronome. 

Dans les zones de bour favorable, la terre est généralement dominée par la culture alternative. Il s'agit de terres en jachère (laissées au repos au moins une année sur deux). Elles sont systématiquement travaillées. De ce fait, le retard des pluies ne bloque pas le labour de la terre", poursuit notre interlocuteur.

"Mais pour les régions de bour défavorable (sud de la Chaouia...), dominées par l’élevage, les premières pluies se font attendre, en raison du durcissement du sol", ajoute-t-il.

"Une année qui commence bien est un acquis. Encore faut-il que la météo soit plus généreuse à partir de mi-novembre, notamment pour les grandes cultures (céréales...). Une pluviométrie bien répartie dans le temps et dans l’espace sera nécessaire", conclut M. Guennouni.

Pas de pluies en perspective à court terme

Du côté de la Météorologique nationale, la situation tend vers la stabilité. Pas de pluies en perspective pour le reste du mois en cours. Une baisse des températures sera toutefois ressentie. 

Durant les 24 dernières heures, les cumuls de pluies relevées par la Direction de la météorologie nationale ne dépassent pas les 4 mm à Tanger et Kénitra, 3 mm à Oujda, Chaouen, Rabat et Sidi Slimane, 2 mm à Meknes, Taza, Ifrane, 1 mm à Tétouan et moins d'un mm à Larache, Mohammedia, Casa-Anfa et Ben Slimane.

Du côté des barrages, les statistiques affichent un taux de remplissage de 45,7% au 24 octobre, contre 56,2% à la même date de l’année dernière.

Compte tenu du déficit en eau, le ministère de l'Agriculture avait attiré l’attention sur la nécessité de rationaliser les disponibilités en eau au niveau des périmètres irrigués et prévoit des actions de sensibilisation des agriculteurs.

Rappelons que la précédente campagne agricole a été marquée par une mauvaise répartition temporelle des précipitations. En effet, plus des 2/3 de la pluviométrie cumulée a été enregistrée dans les trois premiers mois (septembre, octobre et novembre) avec une absence de pluies durant les mois qui ont suivi, ayant engendré un retard de croissance des cultures, notamment les céréales et une baisse des rendements plus ou moins importante selon les régions.

Conséquence: une production céréalière de 52 millions de quintaux, en baisse de 49% par rapport à la saison précédente et de 30% par rapport à une campagne moyenne.

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