Casa face au Covid-19: tests dans les usines, polycliniques CNSS en renfort...

La capitale économique et sa région ont dépassé le cap des 1.000 cas de Covid-19. Des tests sont désormais effectués sur des échantillons dans les collectivités. Des hôtels sont consacrés à l'hospitalisation de cas bénins et des polycliniques CNSS s'ajoutent à l'infrastructure dédiée.

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Casa face au Covid-19 : tests dans les usines, polycliniques CNSS en renfort... (Photo MAP)

Le 25 avril 2020 à 11:59

Modifié le 26 avril 2020 à 16:44

Depuis mercredi 22 avril, des opérations de tests aléatoires sont menées dans les milieux industriel ou carcéral à Casablanca et plus généralement, dans toute collectivité fermée pouvant potentiellement se transformer en cluster. A chaque fois, ces tests PCR sont conduits sur des échantillons de plusieurs individus et pas sur toute la population concernée. Ils seront désormais programmés régulièrement, l’objectif étant la détection la plus précoce possible.

Contenir la propagation est la hantise des milieux de la santé et des autorités dans la ville et la région. Deux grandes usines dans la ville ont en effet vu l’apparition de foyers. D’autres sont apparus dans des prisons comme à Ouarzazate. Détecter les clusters au plus tôt ; tracer les cas contacts : c’est de l’efficacité de ces deux démarches que dépend le sort de l’épidémie dans le pays.

Dans la nuit de vendredi à samedi, la région de Casablanca-Settat a dépassé 1.000 cas cumulés. Plus de 80% de ces cas sont situés à Casablanca. Plus d’un cas sur 5 est apparu dans la capitale économique. C’est dire la pression sanitaire et psychologique qui s’exerce sur la ville.

La plupart des capacités d’hospitalisation ouvertes sont saturées. Mais il y a d’énormes capacités de réserve prêtes, telles que l’hôpital de la foire et ses 700 lits. Ou les hôpitaux militaires de campagne de Nouceur et de Benslimane. Ou encore l’hôpital Ibn Rochd et ses possibilités immédiates de réserver de nouveaux lits au Covid. Tout ceci sans compter l'ingéniosité de la ville et la solidarité d'opérateurs économiques comme nous allons le voir.

Malgré ces importantes capacités de réserve, le wali Saïd Ahmidouch a obtenu vendredi 24 avril, la mobilisation de trois nouvelles cliniques de la CNSS. Il a également demandé aux cliniques privées un effort volontaire supplémentaire. Enfin, les capacités hôtelières dédiées au Covid dépassent les 30 hôtels, de la résidence touristique jusqu'au 5 étoiles.

Chaque jour, il faut pousser les murs

C’est la phrase fétiche de Saïd Ahmidouch, qu’il répète dans les réunions de gestion de la crise.

Derrière la gestion du Covid-19 dans la région et dans la ville blanche, il y a une grosse machine. Un millier de cas, c’est 4.000 repas servis par jour par le traiteur Rahhal, une centaine de véhicules de transport de toutes tailles, des cliniques privées, l’infrastructure de la CNSS, des centaines de lits pour les malades, l’approvisionnement en médicaments, les scénarios d’anticipation, la prévention dans les rues, les collectivités, les usines, les tests….

Donnez-nous des cliniques“, dit Ahmidouch à l’ANCP, en insistant sur le mot “volontariat“. “Il faut une quinzaine de jours pour préparer les lits ou les cliniques“, répond-on. “Donnez-nous les bâtiments et on s’occupera du reste“ : la SDL Idmaj Sakane est chargée d’intervenir et d'adapter "en deux ou trois jours" selon nos sources, lorsqu'il s'agit de structures existantes. Une réponse positive devait être donnée dès ce week-end, selon nos sources.

Les besoins en lits sont de différents ordres, la règle étant, dans tout le Maroc, que chaque cas positif au Covid-19 est hospitalisé.
Chaque malade est gardé en moyenne 24 jours en hospitalisation, a-t-on constaté à Casablanca. Et il n'est considéré guéri que lorsque deux tests  consécutifs à 24 heures d'intervalle sont déclarés négatifs.

Les cas bénins, qui sont majoritaires, sont hospitalisés d'abord dans les structures de différents gabarits, du public ou du privé, voire de la CNSS (polyclinique Ziraoui à Casablanca). Lorsque le malade s'achemine vers la guérison, il est souvent placé dans un hôtel-hôpital: les hôtels Mogador (groupe Chaâbi) et Washington ont été proposés gracieusement par leurs propriétaires.

C'est le CHU qui prend en charge les cas sévères (unités de soins intensifs) ou critiques (réanimation). La capacité mobilisée actuelle dans ce cadre est de 76 lits au sein du CHU.

Le rôle du CHU a été défini pour la prise en charge des cas sévères ou critiques qui exigent USI ou réanimation, les seules situations qui engagent le pronostic vital. Sa capacité actuelle de 76 boxes paraît suffisante mais selon nos sources, elle "pourra être augmentée autant que nécessaire".

Les cas asymptomatiques et les cas symptomatiques modérés ou bénins sont pris en charge par les autres structures hospitalières de la région.

Au jeudi 23 avril donc, le taux d'occupation de la capacité de soins intensifs et de réanimation était de 31% seulement. 88 places étaient disponibles.

Par contre, la capacité d'hospitalisation était utilisée à 88%, sans tenir compte de la foire (700 lits) et des deux hôpitaux de campagne des FAR.
Saïd Ahmidouch n'a jamais oublié sa vie antérieure d'assureur (Compagnie africaine d'assurance, CNIA). Pour lui, l'hôpital de la Foire est la réserve ultime, une sorte de réassurance. Et donc, il continue à augmenter les capacités. Vendredi 24 avril, il a été décidé d'ajouter:

- 3 nouvelles polycliniques de la CNSS seront dédiées au Covid-19: ployclinique Inara à Aïn Chock ainsi que le bâtiment adjacent, utilisé à l'origine pour la formation, qui sera réaménagé par Idmaj Sakane; la polyclinique CNSS de Mohammédia et la polyclinique CNSS de Settat.

- des capacités supplémentaires dans les hôtels: 1.100 chambres dans toute la région sont désormais réservées au personnel de santé (plus de 2.000 lits) et 7 hôtels sont réservés aux malades du Covid-19, dont trois sont actuellement exploités. Vendredi, de nouveaux hôtels ont été mis à la disposition de la Santé publique et des autorités, mais dans la plupart des cas, les propriétaires préfèrent que les noms ne soient pas cités, avons-nous constaté.

nouvelles capacités de la part des cliniques privées: les premières ont été celles de la clinique Vinci et de la clinique Anoual. La clinique Yassamine a été également mise à la disposition de la Santé publique, mais pour les cas de chirurgie ou d'obstétrique et non pour le Covid, se substituant ainsi en partie à l'hôpital de Hay Hassani qui a été lui, réservé au Covid-19. Les cliniques Dar Essalam et Gandhi ont également réservé des lits aux cas non-Covid. Toutes ces interventions ont été gratuites. D'ici le début de la semaine prochaine, il est probable qu'il y ait de nouvelles capacités du privé soit pour le Covid-19, soit pour les non-Covid.
Selon un calcul effectué par l'une des premières institutions privées, chaque malade pris en charge dans une clinique coûte à celle-ci, 24.000 DH, car l'Etat ne fournit que le traitement anti-Covid-19.

(Photo MAP)

Casa face au Covid-19: tests dans les usines, polycliniques CNSS en renfort...

Le 25 avril 2020 à13:15

Modifié le 26 avril 2020 à 16:44

La capitale économique et sa région ont dépassé le cap des 1.000 cas de Covid-19. Des tests sont désormais effectués sur des échantillons dans les collectivités. Des hôtels sont consacrés à l'hospitalisation de cas bénins et des polycliniques CNSS s'ajoutent à l'infrastructure dédiée.

Depuis mercredi 22 avril, des opérations de tests aléatoires sont menées dans les milieux industriel ou carcéral à Casablanca et plus généralement, dans toute collectivité fermée pouvant potentiellement se transformer en cluster. A chaque fois, ces tests PCR sont conduits sur des échantillons de plusieurs individus et pas sur toute la population concernée. Ils seront désormais programmés régulièrement, l’objectif étant la détection la plus précoce possible.

Contenir la propagation est la hantise des milieux de la santé et des autorités dans la ville et la région. Deux grandes usines dans la ville ont en effet vu l’apparition de foyers. D’autres sont apparus dans des prisons comme à Ouarzazate. Détecter les clusters au plus tôt ; tracer les cas contacts : c’est de l’efficacité de ces deux démarches que dépend le sort de l’épidémie dans le pays.

Dans la nuit de vendredi à samedi, la région de Casablanca-Settat a dépassé 1.000 cas cumulés. Plus de 80% de ces cas sont situés à Casablanca. Plus d’un cas sur 5 est apparu dans la capitale économique. C’est dire la pression sanitaire et psychologique qui s’exerce sur la ville.

La plupart des capacités d’hospitalisation ouvertes sont saturées. Mais il y a d’énormes capacités de réserve prêtes, telles que l’hôpital de la foire et ses 700 lits. Ou les hôpitaux militaires de campagne de Nouceur et de Benslimane. Ou encore l’hôpital Ibn Rochd et ses possibilités immédiates de réserver de nouveaux lits au Covid. Tout ceci sans compter l'ingéniosité de la ville et la solidarité d'opérateurs économiques comme nous allons le voir.

Malgré ces importantes capacités de réserve, le wali Saïd Ahmidouch a obtenu vendredi 24 avril, la mobilisation de trois nouvelles cliniques de la CNSS. Il a également demandé aux cliniques privées un effort volontaire supplémentaire. Enfin, les capacités hôtelières dédiées au Covid dépassent les 30 hôtels, de la résidence touristique jusqu'au 5 étoiles.

Chaque jour, il faut pousser les murs

C’est la phrase fétiche de Saïd Ahmidouch, qu’il répète dans les réunions de gestion de la crise.

Derrière la gestion du Covid-19 dans la région et dans la ville blanche, il y a une grosse machine. Un millier de cas, c’est 4.000 repas servis par jour par le traiteur Rahhal, une centaine de véhicules de transport de toutes tailles, des cliniques privées, l’infrastructure de la CNSS, des centaines de lits pour les malades, l’approvisionnement en médicaments, les scénarios d’anticipation, la prévention dans les rues, les collectivités, les usines, les tests….

Donnez-nous des cliniques“, dit Ahmidouch à l’ANCP, en insistant sur le mot “volontariat“. “Il faut une quinzaine de jours pour préparer les lits ou les cliniques“, répond-on. “Donnez-nous les bâtiments et on s’occupera du reste“ : la SDL Idmaj Sakane est chargée d’intervenir et d'adapter "en deux ou trois jours" selon nos sources, lorsqu'il s'agit de structures existantes. Une réponse positive devait être donnée dès ce week-end, selon nos sources.

Les besoins en lits sont de différents ordres, la règle étant, dans tout le Maroc, que chaque cas positif au Covid-19 est hospitalisé.
Chaque malade est gardé en moyenne 24 jours en hospitalisation, a-t-on constaté à Casablanca. Et il n'est considéré guéri que lorsque deux tests  consécutifs à 24 heures d'intervalle sont déclarés négatifs.

Les cas bénins, qui sont majoritaires, sont hospitalisés d'abord dans les structures de différents gabarits, du public ou du privé, voire de la CNSS (polyclinique Ziraoui à Casablanca). Lorsque le malade s'achemine vers la guérison, il est souvent placé dans un hôtel-hôpital: les hôtels Mogador (groupe Chaâbi) et Washington ont été proposés gracieusement par leurs propriétaires.

C'est le CHU qui prend en charge les cas sévères (unités de soins intensifs) ou critiques (réanimation). La capacité mobilisée actuelle dans ce cadre est de 76 lits au sein du CHU.

Le rôle du CHU a été défini pour la prise en charge des cas sévères ou critiques qui exigent USI ou réanimation, les seules situations qui engagent le pronostic vital. Sa capacité actuelle de 76 boxes paraît suffisante mais selon nos sources, elle "pourra être augmentée autant que nécessaire".

Les cas asymptomatiques et les cas symptomatiques modérés ou bénins sont pris en charge par les autres structures hospitalières de la région.

Au jeudi 23 avril donc, le taux d'occupation de la capacité de soins intensifs et de réanimation était de 31% seulement. 88 places étaient disponibles.

Par contre, la capacité d'hospitalisation était utilisée à 88%, sans tenir compte de la foire (700 lits) et des deux hôpitaux de campagne des FAR.
Saïd Ahmidouch n'a jamais oublié sa vie antérieure d'assureur (Compagnie africaine d'assurance, CNIA). Pour lui, l'hôpital de la Foire est la réserve ultime, une sorte de réassurance. Et donc, il continue à augmenter les capacités. Vendredi 24 avril, il a été décidé d'ajouter:

- 3 nouvelles polycliniques de la CNSS seront dédiées au Covid-19: ployclinique Inara à Aïn Chock ainsi que le bâtiment adjacent, utilisé à l'origine pour la formation, qui sera réaménagé par Idmaj Sakane; la polyclinique CNSS de Mohammédia et la polyclinique CNSS de Settat.

- des capacités supplémentaires dans les hôtels: 1.100 chambres dans toute la région sont désormais réservées au personnel de santé (plus de 2.000 lits) et 7 hôtels sont réservés aux malades du Covid-19, dont trois sont actuellement exploités. Vendredi, de nouveaux hôtels ont été mis à la disposition de la Santé publique et des autorités, mais dans la plupart des cas, les propriétaires préfèrent que les noms ne soient pas cités, avons-nous constaté.

nouvelles capacités de la part des cliniques privées: les premières ont été celles de la clinique Vinci et de la clinique Anoual. La clinique Yassamine a été également mise à la disposition de la Santé publique, mais pour les cas de chirurgie ou d'obstétrique et non pour le Covid, se substituant ainsi en partie à l'hôpital de Hay Hassani qui a été lui, réservé au Covid-19. Les cliniques Dar Essalam et Gandhi ont également réservé des lits aux cas non-Covid. Toutes ces interventions ont été gratuites. D'ici le début de la semaine prochaine, il est probable qu'il y ait de nouvelles capacités du privé soit pour le Covid-19, soit pour les non-Covid.
Selon un calcul effectué par l'une des premières institutions privées, chaque malade pris en charge dans une clinique coûte à celle-ci, 24.000 DH, car l'Etat ne fournit que le traitement anti-Covid-19.

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