On ne tire pas sur une ambulance!

Le 5 janvier 2021 à 10h08

Modifié 10 avril 2021 à 5h12

Le moins que l’on puisse dire concernant l’année qui vient de s’écouler est qu’elle fut chaotique, fastidieuse et sans aucune visibilité.

Un cauchemar dont on est pas encore sorti à ce jour et qui durera encore quelques mois, si on se réfère aux dires des instances internationales telles que l’OMS. L’Organisation, qui lors de sa conférence de presse de fin d’année, et malgré la mise en place de vaccins et de médicaments, en est toujours dans la recherche de solutions pour mettre fin à cette pandémie.

Aussi, nous devrions comprendre que le fait de changer d’année, comme lorsqu’on avait mis fin à la période de confinement, ne signifie pas pour autant que nous sommes sortis de la crise actuelle qu’elle soit sanitaire, économique ou sociale.

Sur le plan sanitaire et malgré le fait que le ministère de la Santé a été sur tous les fronts, force est de constater qu’actuellement, il manque totalement de communication précise pour rassurer la population et les entrepreneurs que nous sommes.

Nous nous posons tous la question de savoir quand allons-nous commencer la vaccination? Quel type de vaccin sera finalement adopté? Combien de temps durera la vaccination? Autant de questions sans réponses, ce qui laisse libre court à une frustration de plus en plus généralisée qui se manifeste dans les réseaux sociaux par des commentaires disgracieux et malveillants.

Aucune visibilité

Le ministère de la Santé, après avoir égrené pendant des mois tous les jours les chiffres du Covid-19 à la télévision, créant un climat anxiogène intenable, aujourd’hui, nous devons aller chercher l’information qui reste encore une fois limitée au nombre de cas journaliers, nombre de remissions et nombre de morts, sans aucune analyse de l’évolution de la pandémie ni aucune explication sur la hausse ou la baisse des cas. Du coup, chacun y va de sa propre lecture, la rumeur remplace l’information et les adeptes de la théorie du complot s’en donnent à cœur joie.    

La dernière publication sur la page Facebook du ministère a soulevé l’ire des internautes, et cela est dommageable quand on sait les efforts consentis par le personnel soignant depuis le début de cette pandémie. Nous leur sommes tous reconnaissants pour leur dévouement et leur sacrifice, on ne les remerciera jamais assez.

Sans visibilité, nous ne pouvons malheureusement pas, nous projeter vers une reprise ou une relance. Cette situation de « stop and go » n’est pas viable et nous perdons beaucoup d’énergie et également de crédibilité vis a vis de nos prescripteurs. L’état d’urgence sanitaire est prolongé de mois en mois et les contraintes sont loin d’être levées pour notre secteur qui a besoin de recouvrer la confiance des visiteurs.

La vaccination massive à l’échelon mondial serait à mon humble avis l’unique moyen de juguler cette pandémie et retrouver progressivement la sérénité dont nous manquons cruellement en ce moment.

Concernant la situation économique du secteur du tourisme, elle dépend principalement de la rapidité avec laquelle la situation sanitaire sera maitrisée. A chaque fois qu’une levée de restrictions a été annoncée, cela s’est traduit par des réservations de séjours nationaux et internationaux même avec la contrainte du test PCR ou l’autorisation du pacha, il suffisait de libérer la mobilité. 

L’envie de voyager existe bien et notre destination continue d’attirer les touristes, mais le fait de changer de cap à la dernière minute commence à vraiment lasser. Impossible de planifier et du coup, l’espoir laisse la place au désespoir.

Rétablir la confiance

Sans compter que la majorité des mesures actées dans le contrat programme tardent à se mettre en place, notamment la mesure 7 concernant le moratoire pour le remboursement des crédits bancaires et des échéances de leasing sans frais ni pénalités pour les entreprises touristiques et leurs ressources humaines.

Un engagement de l’Etat qui tombe sous le bon sens, vu que l’activité est à l’arrêt et ne pourra pas redémarrer avant longtemps.

Je suis désolé de le dire, mais même l’indemnité forfaitaire de 2.000 DH, versée directement aux salariés est engloutie par les banques dès sa réception alors que le moratoire est acté depuis le 6 août 2020, date de signature du contrat programme.

Rappelez-vous, l’indemnité de juillet et août a été versée en octobre, celle de septembre en novembre, celle d’octobre en début décembre et celle de novembre à la fin décembre.

Tous les salariés, sans exception, ont recourt au crédit pour pouvoir tenir et il faut croire que l’épicier du coin, le boucher ou le marchand de légumes sont plus solidaires que les banques. Ils font crédit sans intérêt et sans aucune caution de garantie, ils font confiance c’est tout.

Si nous avons pu éviter des émeutes sociales, comme cela fut le cas sous d’autres cieux, c’est vraiment grâce à la confiance du peuple en notre Roi qui a très vite manifesté de l’intérêt et de la compassion et à cette solidarité qui a été omniprésente depuis le début de cette pandémie entre les Marocains, quel que soit leur statut social.

Le secteur du tourisme a été le plus impacté, il continue à souffrir de ce manque de visibilité. Presque 10 mois à attendre une hypothétique reprise, on s’est dit après le mois de Ramadan, puis on a espéré pendant les vacances été, puis l’aïd el Kebir, puis les vacances de la Toussaint, puis enfin les fêtes de fin d’année… Rien, que des rendez-vous ratés, des stocks avariés, des véhicules à l’arrêt, des points de vente fermés, des nuitées perdues, et un doute qui s’installe de plus en plus dans les cœurs et dans les esprits.

On s’attendait à une refonte avec simplification et amélioration du dispositif fiscal global lié à notre secteur qui comme chacun le sait est très contraignant pour notre compétitivité, tel que décidé dans la mesure 11 du contrat programme, en lieu et place on a eu dans le cadre de la loi de Finance 2020 (votée avant le Covid-19), la possibilité de souscrire volontairement à l’article 247 du code général des impôts et de s’acquitter spontanément du surplus d’impôt ( TVA, IR et IS) concernant les exercices 2016-2017 et 2018 et ce avant le 15 décembre 2020 exceptionnellement, en contrepartie d’une dispense de contrôle fiscal sur ces mêmes exercices. Cette mesure transitoire a été proposée à tous les contribuables sans distinction.

Nous aurions espéré, vu ce que notre secteur a enduré pendant l’année 2020 et ce qu’il risque d’endurer encore dans le futur, bénéficier de cette amnistie sur la base des déclarations faites en temps et heure pour ces exercices et contrôler, si besoin est, l’année 2019 et l’année 2020. En période de guerre, on ne tire pas sur les ambulances.

Notre secteur a besoin de recouvrer la confiance de nos institutions, de nos marchés et de nos concitoyens pour jouer pleinement son rôle (au sortir de cette crise) de levier économique et social, créateur d’emploi, générateur de richesse ruisselante et pourvoyeur de devises.

Le bout du tunnel est encore loin, en attendant, souhaitons-nous une bonne année 2021.

Ci-après, le lien du blog de l’auteur:

http://www.blogtrotter.ma/fr/

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