Comment la médecine libérale s'est organisée face à la pandémie de Covid-19

Deux mois après le début de la pandémie, les cabinets privés ont dû se réorganiser pour s’adapter à la crise. Selon les présidents des syndicats des praticiens spécialisés et généralistes, les médecins libéraux sont parés pour décharger leurs confrères, complètement débordés, du secteur public avec qui ils ne constituent désormais plus qu'un seul système de santé.

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Comment la médecine libérale s'est organisée face à la pandémie de Covid-19 Médecine libérale Le point sur l’activité réelle des spécialistes et généralistes

Le 26 avril 2020 à 21:26

Modifié le 26 avril 2020 à 22:11

Sollicités par Médias24, le pédiatre Afif Moulay Saïd, président du collège syndical national des médecins spécialistes privés (CSNMSP) et le généraliste Hamdi Tayeb qui préside le syndicat national des généralistes privés (SNGP) sont revenus sur la situation de leur profession face à la pandémie du coronavirus.

60% de baisse des consultations physiques des spécialistes

A la question de savoir combien de cabinets sont restés ouverts, notre premier interlocuteur affirme que l’arrivée de l’épidémie au Maroc a obligé l'ensemble du secteur privé à se réorganiser totalement en limitant ses consultations, ce qui n'a pas manqué de faire baisser leur niveau d'activité. 

Ainsi, selon le Dr Afif, à l'image de la France, la baisse des consultations physiques aurait été d’au moins 60% même si tous les médecins traitants sont joignables sur leur numéro de portable désormais affiché sur leur plaque professionnelle.

"Sachant qu’ils doivent assurer le suivi des maladies chroniques comme l’hypertension, le diabète… , les spécialistes continuent donc normalement leur mission. Avec l’arrivée du ramadan, ces permanences seront d'autant plus utiles que ce type de malades nécessitent un suivi strict surtout avec certaines complications qui peuvent découler du jeûne.

"Les seuls cabinets qui ont fermé sont ceux de certains médecins âgés (+ de 70 ans) ou qui souffrent de pathologies (diabète..).

"Sachant qu'une contamination au coronavirus peut aggraver leur état de santé déjà fragile, leur choix de fermer est tout à fait logique et compréhensible car ils ne vont quand même pas sacrifier leur vie ou celle de leur famille", tient à préciser le spécialiste en pédiatrie.

Nouvelles règles strictes pour obtenir un RDV et accéder aux cabinets

 "Si chaque spécialité a ses spécificités, la nouveauté est que désormais toutes les consultations physiques passent obligatoirement par une prise de rendez-vous téléphonique préalable.

"Ainsi, dans le cas où un patient vient au cabinet et qu’il y en a déjà un, en salle d’attente, il n’est plus autorisé à y entrer pour attendre son tour.

"De cette manière, les malades ne se rencontrent plus directement et les cas sont donc traités un par un sans prise de risque.

"D’ailleurs à l’entrée du cabinet, il y a systématiquement une serpillière trempée dans de l’eau de javel, utilisée après chaque visite, sans compter du gel hydro-alcoolisé disponible pour les patients et l’assistante du médecin.

"Aujourd’hui, les praticiens du secteur privé travaillent tous avec des masques, des sur-blouses, des lunettes de protection et même des visières pour les spécialistes (ORL, ophtalmologue …) qui doivent examiner de près leur patient.

"De leur côté, les dentistes ne soignent plus que les cas vraiment urgents après que leur ordre professionnel ait décidé de fermer leurs cabinets sauf pour des cas nécessitant une intervention immédiate", explique le pédiatre.

Du télé-conseil gratuit en plein essor

Questionné sur le nombre croissant de téléconsultations, le président du syndicat tient d'abord à corriger ce terme avant de confirmer l'essor de cette pratique en affirmant que chaque spécialiste en effectue, en moyenne, une demi-douzaine par jour.

"Ce n’est pas de la télémédecine à proprement parler car pour cela, il faudrait être équipé de cabine spécialisée comme cela se fait en Australie.

"Au Maroc, on peut le faire pour des patients dans des zones éloignées mais au final, c’est plus du télé-conseil que de la téléconsultation qui obéit à ses propres règles.

"En effet, cette pratique ne peut se faire qu’avec le médecin traitant et pas avec un praticien qui ne connaît pas les antécédents médicaux de son patient et qui, de plus, ne l’a jamais examiné cliniquement", précise le médecin tout en dénonçant certains conseils donnés sur des radios.

Selon lui, malgré une baisse importante d’activité et l’obligation mensuelle de payer les charges fixes (personnel loyers ...) des cabinets, les patients sont de plus en plus pris en charge gracieusement et conseillés sans contrepartie au téléphone.

"L’heure est à l'engagement, sans conditions pécuniaires préalables, car il est de notre devoir de veiller à la santé de nos concitoyens et d’être unis et mobilisés face à cette pandémie", déclare le spécialiste casablancais.

Concernant les prescriptions médicales par téléphone, Afif Moulay Saïd confirme une banalisation croissante des envois d'ordonnances par le biais du réseau social WhatsApp.

"Suite à un accord des médecins libéraux avec les officines, les pharmaciens nous appellent pour vérifier la fiabilité de la prescription et éviter, de cette manière, tout détournement ou éventuel trafic de médicaments non délivrables sans ordonnance", révèle-t-il.

A peine 50 masques par médecin ont été distribués par le ministère

En matière d’équipement de protection pour travailler sereinement dans les meilleures conditions sanitaires, notre interlocuteur affirme, visiblement déçu, que le ministère de la santé ne les a pas équipés en masques ou visières, …

"Face au risque de contamination du personnel soignant, nous avons dû nous débrouiller seuls. En effet, depuis le début de la pandémie, le ministère a distribué à chaque médecin, du secteur privé, à peine 50 masques chirurgicaux et pas FFP2 plus adaptés aux consultations physiques.

"Sachant qu'ils ont une durée de vie n’excédant pas trois heures et doivent donc régulièrement être changés, cette dotation est plus qu'insuffisante. 

"Idem pour les visières, sur-blouses, lunettes de protection qui n’ont pas du tout été distribuées et où, encore une fois, la profession a dû se débrouiller toute seule à ses frais.

"Au niveau de l’association casablancaise des pédiatres, que je préside, nous avons donc acheté et distribué 2.000 gels hydroalcooliques , des charlottes, des visières de protection, des sur-blouses …", précise le président du syndicat du secteur privé spécialisé qui compte 25 spécialités.

Le secteur privé à la rescousse des hôpitaux publics

A la question de savoir quel changement avait apporté la pandémie, Afif déclare que le secteur privé (cabinets et cliniques) permettait, aujourd'hui, de traiter de nombreuses personnes qui n’iront pas submerger les services hospitaliers qui se consacrent au traitement des malades du Covid-19.

"Notre mobilisation a eu pour effet de diminuer la pression sur les hôpitaux publics qui peuvent se concentrer sur leur nouvelle mission.

"De plus, certaines cliniques, comme celles de Vinci et Anoual à Casablanca, se sont consacrées au traitement gratuit des malades du coronavirus tandis que d'autres (Ghandi ...) ont effectué plus d'une centaine d'accouchements gratuits.

Fin du système de santé à 2 vitesses?

"Pour répondre à votre question, le principal changement est qu'il n’y a plus qu’un seul de système de santé au Maroc où la barrière entre secteur privé et public est tombée et où l’argent n’a par conséquent plus aucune importance.

"L’autre bonne nouvelle est que cette pandémie a changé la culture sanitaire et les règles de prévention hygiénique de la population.

"A partir de là, on se dirige vers un bouleversement progressif d’habitudes qui ne pourra être que profitable pour l’avenir.

"Ainsi, en continuant sur cette lancée, il devrait y avoir, l'hiver prochain, moins de transmission de la grippe classique et si comme l’a prédit le professeur Raoult, une 2ème vague du coronavirus revient en octobre, la prudence sera déjà installée", conclut le président du syndicat des 25 spécialités du Maroc.

70% de baisse d’activité pour les généralistes

Questionné à son tour, le docteur Hamdi Tayeb qui préside le syndicat des médecins généralistes du Maroc confirme les propos de son confrère spécialiste.

"Du côté des généralistes, la grande majorité des cabinets sont ouverts hormis quelques-uns dont les médecins sont porteurs de pathologies qui font le bonheur du Covid -19.

"Pour les autres, l’activité est au ralenti mais ils sont bien présents à l’appel pour répondre aux urgences ou conseiller gratuitement par téléphone leurs patients habituels ou nouveaux.

"Dans notre secteur, le niveau d’activité a baissé de 70% et nous travaillons donc sur une base de 30% par rapport à la normale.

"Selon moi, c’est bon signe car cela veut dire que les gens respectent le confinement et préfèrent téléphoner avant de prendre, en cas d'urgence, un rendez-vous devenu obligatoire..

"Au niveau du télé-conseil, nous avons ouvert des lignes supplémentaires de mobiles où chaque généraliste, joignable sur WhatsApp, reçoit et traite 5 à 6 appels chaque jour", explique le docteur.

Des consultations privées qui évitent des contaminations à l’hôpital

"Même si le nombre de nos consultations s’est considérablement réduit, cela permet quand même de décharger nos confrères du secteur public car il ne faut pas oublier que les généralistes sont, et ont toujours été, en première ligne pour filtrer puis traiter les cas urgents.

"Non seulement cela réduit la charge de travail des services publics d’urgence mais cela évite aussi d'éventuels contacts entre malades du Covid-19 et d'autres patients non-contaminés qui seraient tentés d’aller consulter dans des hôpitaux.

"De plus, sachant que 80% des malades du coronavirus sont traités en médecine ambulatoire et le reste en hôpital, en cas de flambée des contaminations, à Dieu ne plaise, le secteur privé sera donc le pilier de leur prise en charge", avance Tayeb qui pense que le Maroc évitera ce scénario grâce à sa gestion actuelle qu'il juge exemplaire.

La perte de revenus, une contribution à l’effort national

Interrogé sur la perte de revenus des généralistes libéraux, le médecin affirme que la seule priorité de sa profession est de payer chaque mois le personnel et les frais fixes (loyers …).

"Pour la grande majorité, nous effectuons notre travail avec fierté et la perte de revenus, d’environ 50%, est notre contribution à l’effort financier contre cette pandémie", déclare le généraliste de la ville de Larache qui, à l'instar de son confrère spécialiste, regrette cependant de n’avoir pas reçu, de la part du ministère de la santé, une aide suffisante en matière de protection hormis là-encore une cinquantaine de masques chirurgicaux.

"La seule chose que nous ayons demandée au ministère est de nous trouver certains équipements de protection nécessaires mais indisponibles sur le marché, que nous payerons bien évidemment de nos poches", conclut le président du syndicat national des généralistes privés du royaume.

Médecine libérale Le point sur l’activité réelle des spécialistes et généralistes

Comment la médecine libérale s'est organisée face à la pandémie de Covid-19

Le 26 avril 2020 à21:26

Modifié le 26 avril 2020 à 22:11

Deux mois après le début de la pandémie, les cabinets privés ont dû se réorganiser pour s’adapter à la crise. Selon les présidents des syndicats des praticiens spécialisés et généralistes, les médecins libéraux sont parés pour décharger leurs confrères, complètement débordés, du secteur public avec qui ils ne constituent désormais plus qu'un seul système de santé.

Sollicités par Médias24, le pédiatre Afif Moulay Saïd, président du collège syndical national des médecins spécialistes privés (CSNMSP) et le généraliste Hamdi Tayeb qui préside le syndicat national des généralistes privés (SNGP) sont revenus sur la situation de leur profession face à la pandémie du coronavirus.

60% de baisse des consultations physiques des spécialistes

A la question de savoir combien de cabinets sont restés ouverts, notre premier interlocuteur affirme que l’arrivée de l’épidémie au Maroc a obligé l'ensemble du secteur privé à se réorganiser totalement en limitant ses consultations, ce qui n'a pas manqué de faire baisser leur niveau d'activité. 

Ainsi, selon le Dr Afif, à l'image de la France, la baisse des consultations physiques aurait été d’au moins 60% même si tous les médecins traitants sont joignables sur leur numéro de portable désormais affiché sur leur plaque professionnelle.

"Sachant qu’ils doivent assurer le suivi des maladies chroniques comme l’hypertension, le diabète… , les spécialistes continuent donc normalement leur mission. Avec l’arrivée du ramadan, ces permanences seront d'autant plus utiles que ce type de malades nécessitent un suivi strict surtout avec certaines complications qui peuvent découler du jeûne.

"Les seuls cabinets qui ont fermé sont ceux de certains médecins âgés (+ de 70 ans) ou qui souffrent de pathologies (diabète..).

"Sachant qu'une contamination au coronavirus peut aggraver leur état de santé déjà fragile, leur choix de fermer est tout à fait logique et compréhensible car ils ne vont quand même pas sacrifier leur vie ou celle de leur famille", tient à préciser le spécialiste en pédiatrie.

Nouvelles règles strictes pour obtenir un RDV et accéder aux cabinets

 "Si chaque spécialité a ses spécificités, la nouveauté est que désormais toutes les consultations physiques passent obligatoirement par une prise de rendez-vous téléphonique préalable.

"Ainsi, dans le cas où un patient vient au cabinet et qu’il y en a déjà un, en salle d’attente, il n’est plus autorisé à y entrer pour attendre son tour.

"De cette manière, les malades ne se rencontrent plus directement et les cas sont donc traités un par un sans prise de risque.

"D’ailleurs à l’entrée du cabinet, il y a systématiquement une serpillière trempée dans de l’eau de javel, utilisée après chaque visite, sans compter du gel hydro-alcoolisé disponible pour les patients et l’assistante du médecin.

"Aujourd’hui, les praticiens du secteur privé travaillent tous avec des masques, des sur-blouses, des lunettes de protection et même des visières pour les spécialistes (ORL, ophtalmologue …) qui doivent examiner de près leur patient.

"De leur côté, les dentistes ne soignent plus que les cas vraiment urgents après que leur ordre professionnel ait décidé de fermer leurs cabinets sauf pour des cas nécessitant une intervention immédiate", explique le pédiatre.

Du télé-conseil gratuit en plein essor

Questionné sur le nombre croissant de téléconsultations, le président du syndicat tient d'abord à corriger ce terme avant de confirmer l'essor de cette pratique en affirmant que chaque spécialiste en effectue, en moyenne, une demi-douzaine par jour.

"Ce n’est pas de la télémédecine à proprement parler car pour cela, il faudrait être équipé de cabine spécialisée comme cela se fait en Australie.

"Au Maroc, on peut le faire pour des patients dans des zones éloignées mais au final, c’est plus du télé-conseil que de la téléconsultation qui obéit à ses propres règles.

"En effet, cette pratique ne peut se faire qu’avec le médecin traitant et pas avec un praticien qui ne connaît pas les antécédents médicaux de son patient et qui, de plus, ne l’a jamais examiné cliniquement", précise le médecin tout en dénonçant certains conseils donnés sur des radios.

Selon lui, malgré une baisse importante d’activité et l’obligation mensuelle de payer les charges fixes (personnel loyers ...) des cabinets, les patients sont de plus en plus pris en charge gracieusement et conseillés sans contrepartie au téléphone.

"L’heure est à l'engagement, sans conditions pécuniaires préalables, car il est de notre devoir de veiller à la santé de nos concitoyens et d’être unis et mobilisés face à cette pandémie", déclare le spécialiste casablancais.

Concernant les prescriptions médicales par téléphone, Afif Moulay Saïd confirme une banalisation croissante des envois d'ordonnances par le biais du réseau social WhatsApp.

"Suite à un accord des médecins libéraux avec les officines, les pharmaciens nous appellent pour vérifier la fiabilité de la prescription et éviter, de cette manière, tout détournement ou éventuel trafic de médicaments non délivrables sans ordonnance", révèle-t-il.

A peine 50 masques par médecin ont été distribués par le ministère

En matière d’équipement de protection pour travailler sereinement dans les meilleures conditions sanitaires, notre interlocuteur affirme, visiblement déçu, que le ministère de la santé ne les a pas équipés en masques ou visières, …

"Face au risque de contamination du personnel soignant, nous avons dû nous débrouiller seuls. En effet, depuis le début de la pandémie, le ministère a distribué à chaque médecin, du secteur privé, à peine 50 masques chirurgicaux et pas FFP2 plus adaptés aux consultations physiques.

"Sachant qu'ils ont une durée de vie n’excédant pas trois heures et doivent donc régulièrement être changés, cette dotation est plus qu'insuffisante. 

"Idem pour les visières, sur-blouses, lunettes de protection qui n’ont pas du tout été distribuées et où, encore une fois, la profession a dû se débrouiller toute seule à ses frais.

"Au niveau de l’association casablancaise des pédiatres, que je préside, nous avons donc acheté et distribué 2.000 gels hydroalcooliques , des charlottes, des visières de protection, des sur-blouses …", précise le président du syndicat du secteur privé spécialisé qui compte 25 spécialités.

Le secteur privé à la rescousse des hôpitaux publics

A la question de savoir quel changement avait apporté la pandémie, Afif déclare que le secteur privé (cabinets et cliniques) permettait, aujourd'hui, de traiter de nombreuses personnes qui n’iront pas submerger les services hospitaliers qui se consacrent au traitement des malades du Covid-19.

"Notre mobilisation a eu pour effet de diminuer la pression sur les hôpitaux publics qui peuvent se concentrer sur leur nouvelle mission.

"De plus, certaines cliniques, comme celles de Vinci et Anoual à Casablanca, se sont consacrées au traitement gratuit des malades du coronavirus tandis que d'autres (Ghandi ...) ont effectué plus d'une centaine d'accouchements gratuits.

Fin du système de santé à 2 vitesses?

"Pour répondre à votre question, le principal changement est qu'il n’y a plus qu’un seul de système de santé au Maroc où la barrière entre secteur privé et public est tombée et où l’argent n’a par conséquent plus aucune importance.

"L’autre bonne nouvelle est que cette pandémie a changé la culture sanitaire et les règles de prévention hygiénique de la population.

"A partir de là, on se dirige vers un bouleversement progressif d’habitudes qui ne pourra être que profitable pour l’avenir.

"Ainsi, en continuant sur cette lancée, il devrait y avoir, l'hiver prochain, moins de transmission de la grippe classique et si comme l’a prédit le professeur Raoult, une 2ème vague du coronavirus revient en octobre, la prudence sera déjà installée", conclut le président du syndicat des 25 spécialités du Maroc.

70% de baisse d’activité pour les généralistes

Questionné à son tour, le docteur Hamdi Tayeb qui préside le syndicat des médecins généralistes du Maroc confirme les propos de son confrère spécialiste.

"Du côté des généralistes, la grande majorité des cabinets sont ouverts hormis quelques-uns dont les médecins sont porteurs de pathologies qui font le bonheur du Covid -19.

"Pour les autres, l’activité est au ralenti mais ils sont bien présents à l’appel pour répondre aux urgences ou conseiller gratuitement par téléphone leurs patients habituels ou nouveaux.

"Dans notre secteur, le niveau d’activité a baissé de 70% et nous travaillons donc sur une base de 30% par rapport à la normale.

"Selon moi, c’est bon signe car cela veut dire que les gens respectent le confinement et préfèrent téléphoner avant de prendre, en cas d'urgence, un rendez-vous devenu obligatoire..

"Au niveau du télé-conseil, nous avons ouvert des lignes supplémentaires de mobiles où chaque généraliste, joignable sur WhatsApp, reçoit et traite 5 à 6 appels chaque jour", explique le docteur.

Des consultations privées qui évitent des contaminations à l’hôpital

"Même si le nombre de nos consultations s’est considérablement réduit, cela permet quand même de décharger nos confrères du secteur public car il ne faut pas oublier que les généralistes sont, et ont toujours été, en première ligne pour filtrer puis traiter les cas urgents.

"Non seulement cela réduit la charge de travail des services publics d’urgence mais cela évite aussi d'éventuels contacts entre malades du Covid-19 et d'autres patients non-contaminés qui seraient tentés d’aller consulter dans des hôpitaux.

"De plus, sachant que 80% des malades du coronavirus sont traités en médecine ambulatoire et le reste en hôpital, en cas de flambée des contaminations, à Dieu ne plaise, le secteur privé sera donc le pilier de leur prise en charge", avance Tayeb qui pense que le Maroc évitera ce scénario grâce à sa gestion actuelle qu'il juge exemplaire.

La perte de revenus, une contribution à l’effort national

Interrogé sur la perte de revenus des généralistes libéraux, le médecin affirme que la seule priorité de sa profession est de payer chaque mois le personnel et les frais fixes (loyers …).

"Pour la grande majorité, nous effectuons notre travail avec fierté et la perte de revenus, d’environ 50%, est notre contribution à l’effort financier contre cette pandémie", déclare le généraliste de la ville de Larache qui, à l'instar de son confrère spécialiste, regrette cependant de n’avoir pas reçu, de la part du ministère de la santé, une aide suffisante en matière de protection hormis là-encore une cinquantaine de masques chirurgicaux.

"La seule chose que nous ayons demandée au ministère est de nous trouver certains équipements de protection nécessaires mais indisponibles sur le marché, que nous payerons bien évidemment de nos poches", conclut le président du syndicat national des généralistes privés du royaume.

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