Coronavirus. Les fruits et légumes marocains très prisés en Europe

En raison des perturbations de la production agricole en Espagne, en Italie et au Portugal, les européens se ruent sur les fruits et légumes marocains. Une aubaine qui profite aux exportateurs en cette fin de saison.

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Coronavirus. Les fruits et légumes marocains très prisés en Europe

Le 23 mars 2020 à 14:32

Modifié le 23 mars 2020 à 14:44

Les exportateurs marocains de fruits et légumes sont en train de vivre une très bonne fin de saison. En raison du ralentissement de la production espagnole, portugaise et italienne, le produit marocain est devenu très prisé sur les marchés européens. Et à des prix nettement supérieurs aux conditions normales du marché.

« La demande a en effet augmenté ces derniers jours, à cause surtout de l’absence de main d’œuvre en Espagne. Ce pays contrôle le marché européen. Quand sa production baisse, les européens sont obligés de s’approvisionner chez nous », confirme Lahcen Aderdour, président de l’association des producteurs et exportateurs de fruits et légumes (APEFEL).

Les fruits et légumes qui cartonnent le plus

Cette explosion de la demande, dont il est tôt de quantifier l’ampleur, concerne pratiquement toutes les gammes de produits, selon un grand producteur marocain : tomates, courgettes, poivrons, aubergines dans la catégorie légumes, et oranges, mandarines dans les fruits.

Des produits que le consommateur européen connaît déjà, et qui vont inonder davantage les étalages des grandes surfaces dans les prochains jours.

Selon les professionnels, tous les marchés sont concernés par cet engouement : France, Allemagne, Pays-Bas, Angleterre... Mais aussi l’Amérique du Nord. « Les Etats Unis et le Canada sont de gros consommateurs de fruits et légumes espagnols, italiens et portugais. L’Espagne tourne aujourd’hui à 10% de ses capacités, l’Italie et le Portugal sont quasiment à l’arrêt. D’où la redirection de la demande vers le Maroc, surtout pour les oranges et les mandarines », explique un exportateur marocain.

Les prix ? « Ca dépend des produits et des marchés. Aux Pays-Bas par exemple, l’orange a pris 30%, de 1 à 1,3 euros le kilo. En Angleterre, on a l’habitude de vendre la mandarine à 0,85 livres le kilo. Aujourd’hui, on la place à 1,15 livres... », indique un grand exportateur marocain.

Mais petite nuance : ce phénomène ne concerne pas tous les produits marocains, dont certains connaissent une baisse dans la demande. C’est le cas des framboises, des fraises, du melon, de la pêche… « En temps de crise, le consommateur se réfugie dans les valeurs sures : oranges, mandarines, bananes, pommes. Le reste des produits se vend moins. A Dakhla et à Marrakech, les premières récoltes de melon ont démarré par exemple. Mais ça ne se vend pas. Même sur le marché local », explique notre source.

Hausse des coûts et perturbation des chaînes de logistiques

Ceci étant dit, tout ne va pas bien dans le meilleur des mondes. La crise du coronavirus crée des inquiétudes sur la continuité des chaînes logistiques. Le président de l’APEFEL se veut rassurant en nous disant que rien ne change par rapport à la normale, que les camions marocains continuent de partir vers l’Europe, que les transporteurs européens accèdent aussi de manière régulière au sol marocain, avec des contrôles sanitaires stricts à l’entrée, mais certains producteurs que nous avons sondés font état de certaines perturbations de la chaîne.

« L’essentiel de l’export vers l’Europe se fait par camion. Or, plusieurs chauffeurs refusent aujourd’hui de traverser l’Espagne. Cette rareté a augmenté les coûts du transport », confie une de nos sources, qui se demande si la situation ne va pas se compliquer davantage avec les mesures de confinement entrées en vigueur ce vendredi. « Le transport va continuer bien sûr, mais son prix va augmenter encore plus. Ce qui risque d’absorber une partie du surplus de valeur que nous captons sur le prix de vente. Les prix ont augmenté, mais nos marges ne vont pas grossir pour autant », ajoute-t-il.

Des perturbations sont également constatées sur certaines lignes maritimes : « Il y avait une ligne de et vers Jeddah qui partait tous les dimanches de Tanger Med. Aujourd’hui, c’est tous les 15 jours », nous confie un producteur qui dessert les marchés du Moyen Orient.

Autre perturbation : l'allongement des délais de traitement des dossiers de l’export, chez les banques et les instances publiques de contrôle et d’inspection. « C’est tout à fait normal, vu la situation. Les agents administratifs et le personnel bancaire est moins disponible, et met plus de temps pour traiter les dossiers. Cela retarde les livraisons et toute la chaîne », explique un producteur marocain.

Le confinement peut aussi, selon nos sources, impacter à la hausse le coût de la main d’œuvre, qui risque d’être moins disponible pour les travaux de collecte et de conditionnement. « La collecte est un de nos principaux poste de charges. Le prix unitaire de la collecte va certainement augmenter. Idem pour le conditionnement. Le produit est là, la demande est là, mais la main d’œuvre pour la traiter sera fort probablement de plus en plus rare», nous explique-t-on.

Des surcoûts non habituels qui grèveront une partie de la rentabilité des exportateurs, mais qui ne les empêcheront toutefois pas de profiter de cette aubaine qui s’offre à eux en ces temps de pandémie…

>>Lire aussi: Coronavirus : au Maroc, pas plus de 0,8% de croissance économique en 2020 (CMC)

Coronavirus. Les fruits et légumes marocains très prisés en Europe

Le 23 mars 2020 à14:37

Modifié le 23 mars 2020 à 14:44

En raison des perturbations de la production agricole en Espagne, en Italie et au Portugal, les européens se ruent sur les fruits et légumes marocains. Une aubaine qui profite aux exportateurs en cette fin de saison.

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Les exportateurs marocains de fruits et légumes sont en train de vivre une très bonne fin de saison. En raison du ralentissement de la production espagnole, portugaise et italienne, le produit marocain est devenu très prisé sur les marchés européens. Et à des prix nettement supérieurs aux conditions normales du marché.

« La demande a en effet augmenté ces derniers jours, à cause surtout de l’absence de main d’œuvre en Espagne. Ce pays contrôle le marché européen. Quand sa production baisse, les européens sont obligés de s’approvisionner chez nous », confirme Lahcen Aderdour, président de l’association des producteurs et exportateurs de fruits et légumes (APEFEL).

Les fruits et légumes qui cartonnent le plus

Cette explosion de la demande, dont il est tôt de quantifier l’ampleur, concerne pratiquement toutes les gammes de produits, selon un grand producteur marocain : tomates, courgettes, poivrons, aubergines dans la catégorie légumes, et oranges, mandarines dans les fruits.

Des produits que le consommateur européen connaît déjà, et qui vont inonder davantage les étalages des grandes surfaces dans les prochains jours.

Selon les professionnels, tous les marchés sont concernés par cet engouement : France, Allemagne, Pays-Bas, Angleterre... Mais aussi l’Amérique du Nord. « Les Etats Unis et le Canada sont de gros consommateurs de fruits et légumes espagnols, italiens et portugais. L’Espagne tourne aujourd’hui à 10% de ses capacités, l’Italie et le Portugal sont quasiment à l’arrêt. D’où la redirection de la demande vers le Maroc, surtout pour les oranges et les mandarines », explique un exportateur marocain.

Les prix ? « Ca dépend des produits et des marchés. Aux Pays-Bas par exemple, l’orange a pris 30%, de 1 à 1,3 euros le kilo. En Angleterre, on a l’habitude de vendre la mandarine à 0,85 livres le kilo. Aujourd’hui, on la place à 1,15 livres... », indique un grand exportateur marocain.

Mais petite nuance : ce phénomène ne concerne pas tous les produits marocains, dont certains connaissent une baisse dans la demande. C’est le cas des framboises, des fraises, du melon, de la pêche… « En temps de crise, le consommateur se réfugie dans les valeurs sures : oranges, mandarines, bananes, pommes. Le reste des produits se vend moins. A Dakhla et à Marrakech, les premières récoltes de melon ont démarré par exemple. Mais ça ne se vend pas. Même sur le marché local », explique notre source.

Hausse des coûts et perturbation des chaînes de logistiques

Ceci étant dit, tout ne va pas bien dans le meilleur des mondes. La crise du coronavirus crée des inquiétudes sur la continuité des chaînes logistiques. Le président de l’APEFEL se veut rassurant en nous disant que rien ne change par rapport à la normale, que les camions marocains continuent de partir vers l’Europe, que les transporteurs européens accèdent aussi de manière régulière au sol marocain, avec des contrôles sanitaires stricts à l’entrée, mais certains producteurs que nous avons sondés font état de certaines perturbations de la chaîne.

« L’essentiel de l’export vers l’Europe se fait par camion. Or, plusieurs chauffeurs refusent aujourd’hui de traverser l’Espagne. Cette rareté a augmenté les coûts du transport », confie une de nos sources, qui se demande si la situation ne va pas se compliquer davantage avec les mesures de confinement entrées en vigueur ce vendredi. « Le transport va continuer bien sûr, mais son prix va augmenter encore plus. Ce qui risque d’absorber une partie du surplus de valeur que nous captons sur le prix de vente. Les prix ont augmenté, mais nos marges ne vont pas grossir pour autant », ajoute-t-il.

Des perturbations sont également constatées sur certaines lignes maritimes : « Il y avait une ligne de et vers Jeddah qui partait tous les dimanches de Tanger Med. Aujourd’hui, c’est tous les 15 jours », nous confie un producteur qui dessert les marchés du Moyen Orient.

Autre perturbation : l'allongement des délais de traitement des dossiers de l’export, chez les banques et les instances publiques de contrôle et d’inspection. « C’est tout à fait normal, vu la situation. Les agents administratifs et le personnel bancaire est moins disponible, et met plus de temps pour traiter les dossiers. Cela retarde les livraisons et toute la chaîne », explique un producteur marocain.

Le confinement peut aussi, selon nos sources, impacter à la hausse le coût de la main d’œuvre, qui risque d’être moins disponible pour les travaux de collecte et de conditionnement. « La collecte est un de nos principaux poste de charges. Le prix unitaire de la collecte va certainement augmenter. Idem pour le conditionnement. Le produit est là, la demande est là, mais la main d’œuvre pour la traiter sera fort probablement de plus en plus rare», nous explique-t-on.

Des surcoûts non habituels qui grèveront une partie de la rentabilité des exportateurs, mais qui ne les empêcheront toutefois pas de profiter de cette aubaine qui s’offre à eux en ces temps de pandémie…

>>Lire aussi: Coronavirus : au Maroc, pas plus de 0,8% de croissance économique en 2020 (CMC)

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