Covid-19. En graphiques comparés avec 3 pays, la réactivité exemplaire du Maroc

Comparativement à trois pays européens, Espagne, France et Italie, le Maroc a pris très tôt les mesures drastiques de précaution. Toutes choses étant égales par ailleurs, nous savons que c'est le meilleur moyen d'atténuer la propagation, et d'aplatir la courbe à venir.

  Covid-19. En graphiques comparés avec 3 pays, la réaction précoce du Maroc Au 11e jour après l'apparition du 1er cas, le Maroc a suspendu toutes les liaisons aériennes internationales. Ici, l'aéroport Fès Sais désert.

Le 29 mars 2020 à 08:22

Modifié le 29 mars 2020 à 10:14

Attention, ceci n'est pas une comparaison des nombres de cas ou de décès entre le Maroc d'un côté, l'Espagne, la France et l'Italie de l'autre. C'est une mise en parallèle des chiffres qui montre une seule chose: que le Maroc a pris ses mesures draconiennes (confinement, interdiction événements et rassemblements, fermeture des écoles, suspension des liaisons aériennes), environ 20 à 30 jours avant les autres pays si on tient compte de la date du début de l'épidémie.

Il est évidemment difficile de comparer des données disparates dans des pays différents. De surcroît, l'exercice est rendu encore plus ardu par la rareté de données marocaines.
Toutes les données ci-dessous proviennent de sources officielles, OMS, Union européenne et ministère marocain de la Santé.

Ce dimanche 29 mars, il y a 28 jours que le premier cas de Covid-19 a été annoncé au Maroc, le 2 mars 2020. Ce jour-là, il y avait 120 cas cumulés en Espagne, 191 en France et... 2.036 en Italie.

Aujourd'hui, 29 mars, on est tous attristés de constater qu'il y a 73.000 cas cumulés en Espagne, et près de 6.000 morts; 92.000 cas cumulés en Italie et 10.000 morts et enfin 38.000 cas cumulés en France et 2.300 morts.

L'Espagne et l'Italie ont eu beaucoup plus de cas que la France, mais ils ont fait également beaucoup plus de tests. Le Maroc dans ce domaine se situe très loin derrière les trois pays avec moins de 2.000 tests ce samedi 28 mars à 23 H.

Autre différence: les taux de mortalité. Le taux moyen est de 4,4% en Chine; de 5,82% en France, de 7,55% en Espagne, de 10,19% en Italie et de 6,4% au Maroc (samedi milieu de journée). Dans notre pays, la série est trop limitée (402 cas le samedi 28 mars à 23H) pour pouvoir en tirer des conclusions. Mais dans les autres pays, la différence est importante, par exemple entre la Chine et l'Italie. Est-ce que le virus pourrait être plus virulent dans certains pays plutôt que d'autres? est-ce qu'il y a eu en Italie davantage de malades âgés et vulnérables qu'en Chine? A ce stade, il n'y a pas de réponse.

Des épidémiologistes ont pris le problème à l'envers. Ils partent en effet du taux de mortalité constaté et extrapolent à partir de ce chiffre le nombre réel de cas. En d'autres termes, un taux de mortalité trop élevé signifierait tout simplement que le pays en question aurait beaucoup plus de cas réels que les cas constatés. A ce stade, aucune conclusion ne peut être tirée.

Voici les évolutions des trois pays européens jusqu'au 26 mars, on remarquera l'allure similaire du graphique.

Nous avons par la suite comparé les évolutions dans les 4 pays en prenant comme référence de temps, non pas la date mais le premier jour de chaque pays. Et nous avons superposé les courbes des cas cumulés, jour après jour. Pour le Maroc, le recul [à hier samedi] est seulement de 27 jours. C'est ce que nous avons pris comme référence dans le premier graphique ci-dessous.
Pendant cette période, la maladie a évolué très faiblement en Espagne et en France alors qu'elle explosait littéralement en Italie avec 1.128 cas. Au Maroc, le rythme est plus rapide qu'en Espagne et en France, probablement en raison d'une rapide importation d'Europe et particulièrement d'Italie.

Ci-dessous, comment ont évolué les épidémies des trois pays européens pendant les 41 premiers jours de chacune. Pour le Maroc, nous nous sommes évidemment arrêtés au 27e jour (samedi 28 mars).

Lorsqu'un micro-organisme, tel que le coronavirus, pathogène et contagieux arrive dans un pays, le paramètre décisif est sa capacité de se dupliquer, de se reproduire. Ce coefficient est appelé R.

En l'absence de traitement efficace et de vaccin, plus on baissera le coefficient R et plus on freinera la propagation. Pour le Coronavirus, la valeur moyenne de R, constatée par des épidémiologistes, est de 2,5. L'objectif est de la ramener en dessous de 1.

Pour cela, il n'y a que la réduction drastique des contacts, aussi bien avec l'étranger, qu'à l'intérieur du pays: ne pas se serrer la main, garder une distance d'au moins un mètre, adopter des mesures d'hygiène stricte comme se laver fréquemment les mains, interdire les rassemblements, les événements, les compétitions sportives, suspendre les liaisons aériennes, fermer les cafés et restos, réduire les déplacements, fermer les écoles, pour finir par décréter un confinement généralisé de la population.
Ces mesures ont chacune un coût économique et social. Mais c'est le seul moyen de baisser le R à moins de 1.

Ci-dessous, on voit que le Maroc a pris très tôt des mesures drastiques, avec environ 20 à 30 jours d'avance sur les trois pays européens. Décisions d'une grande fermeté et dont le coût immédiat est très élevé. Il sera au moins de 70 milliards de DH, selon une estimation publiée par Médias24. Mais sur le moyen terme, cette rapidité de prise de décision et cette fermeté s'avèreront probablement salutaires pour contenir le coronavirus. L'avenir nous le confirmera, espérons-le.

Au 11e jour après l'apparition du 1er cas, le Maroc a suspendu toutes les liaisons aériennes internationales. Ici, l'aéroport Fès Sais désert.

Covid-19. En graphiques comparés avec 3 pays, la réactivité exemplaire du Maroc

Le 29 mars 2020 à09:17

Modifié le 29 mars 2020 à 10:14

Comparativement à trois pays européens, Espagne, France et Italie, le Maroc a pris très tôt les mesures drastiques de précaution. Toutes choses étant égales par ailleurs, nous savons que c'est le meilleur moyen d'atténuer la propagation, et d'aplatir la courbe à venir.

Attention, ceci n'est pas une comparaison des nombres de cas ou de décès entre le Maroc d'un côté, l'Espagne, la France et l'Italie de l'autre. C'est une mise en parallèle des chiffres qui montre une seule chose: que le Maroc a pris ses mesures draconiennes (confinement, interdiction événements et rassemblements, fermeture des écoles, suspension des liaisons aériennes), environ 20 à 30 jours avant les autres pays si on tient compte de la date du début de l'épidémie.

Il est évidemment difficile de comparer des données disparates dans des pays différents. De surcroît, l'exercice est rendu encore plus ardu par la rareté de données marocaines.
Toutes les données ci-dessous proviennent de sources officielles, OMS, Union européenne et ministère marocain de la Santé.

Ce dimanche 29 mars, il y a 28 jours que le premier cas de Covid-19 a été annoncé au Maroc, le 2 mars 2020. Ce jour-là, il y avait 120 cas cumulés en Espagne, 191 en France et... 2.036 en Italie.

Aujourd'hui, 29 mars, on est tous attristés de constater qu'il y a 73.000 cas cumulés en Espagne, et près de 6.000 morts; 92.000 cas cumulés en Italie et 10.000 morts et enfin 38.000 cas cumulés en France et 2.300 morts.

L'Espagne et l'Italie ont eu beaucoup plus de cas que la France, mais ils ont fait également beaucoup plus de tests. Le Maroc dans ce domaine se situe très loin derrière les trois pays avec moins de 2.000 tests ce samedi 28 mars à 23 H.

Autre différence: les taux de mortalité. Le taux moyen est de 4,4% en Chine; de 5,82% en France, de 7,55% en Espagne, de 10,19% en Italie et de 6,4% au Maroc (samedi milieu de journée). Dans notre pays, la série est trop limitée (402 cas le samedi 28 mars à 23H) pour pouvoir en tirer des conclusions. Mais dans les autres pays, la différence est importante, par exemple entre la Chine et l'Italie. Est-ce que le virus pourrait être plus virulent dans certains pays plutôt que d'autres? est-ce qu'il y a eu en Italie davantage de malades âgés et vulnérables qu'en Chine? A ce stade, il n'y a pas de réponse.

Des épidémiologistes ont pris le problème à l'envers. Ils partent en effet du taux de mortalité constaté et extrapolent à partir de ce chiffre le nombre réel de cas. En d'autres termes, un taux de mortalité trop élevé signifierait tout simplement que le pays en question aurait beaucoup plus de cas réels que les cas constatés. A ce stade, aucune conclusion ne peut être tirée.

Voici les évolutions des trois pays européens jusqu'au 26 mars, on remarquera l'allure similaire du graphique.

Nous avons par la suite comparé les évolutions dans les 4 pays en prenant comme référence de temps, non pas la date mais le premier jour de chaque pays. Et nous avons superposé les courbes des cas cumulés, jour après jour. Pour le Maroc, le recul [à hier samedi] est seulement de 27 jours. C'est ce que nous avons pris comme référence dans le premier graphique ci-dessous.
Pendant cette période, la maladie a évolué très faiblement en Espagne et en France alors qu'elle explosait littéralement en Italie avec 1.128 cas. Au Maroc, le rythme est plus rapide qu'en Espagne et en France, probablement en raison d'une rapide importation d'Europe et particulièrement d'Italie.

Ci-dessous, comment ont évolué les épidémies des trois pays européens pendant les 41 premiers jours de chacune. Pour le Maroc, nous nous sommes évidemment arrêtés au 27e jour (samedi 28 mars).

Lorsqu'un micro-organisme, tel que le coronavirus, pathogène et contagieux arrive dans un pays, le paramètre décisif est sa capacité de se dupliquer, de se reproduire. Ce coefficient est appelé R.

En l'absence de traitement efficace et de vaccin, plus on baissera le coefficient R et plus on freinera la propagation. Pour le Coronavirus, la valeur moyenne de R, constatée par des épidémiologistes, est de 2,5. L'objectif est de la ramener en dessous de 1.

Pour cela, il n'y a que la réduction drastique des contacts, aussi bien avec l'étranger, qu'à l'intérieur du pays: ne pas se serrer la main, garder une distance d'au moins un mètre, adopter des mesures d'hygiène stricte comme se laver fréquemment les mains, interdire les rassemblements, les événements, les compétitions sportives, suspendre les liaisons aériennes, fermer les cafés et restos, réduire les déplacements, fermer les écoles, pour finir par décréter un confinement généralisé de la population.
Ces mesures ont chacune un coût économique et social. Mais c'est le seul moyen de baisser le R à moins de 1.

Ci-dessous, on voit que le Maroc a pris très tôt des mesures drastiques, avec environ 20 à 30 jours d'avance sur les trois pays européens. Décisions d'une grande fermeté et dont le coût immédiat est très élevé. Il sera au moins de 70 milliards de DH, selon une estimation publiée par Médias24. Mais sur le moyen terme, cette rapidité de prise de décision et cette fermeté s'avèreront probablement salutaires pour contenir le coronavirus. L'avenir nous le confirmera, espérons-le.

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