Deal du siècle: le Maroc participera-t-il à la conférence de Manama ?

La conférence de Manama (Bahreïn) sur le volet économique du plan Kushner pour le Proche-Orient s’ouvre mardi 25 juin 2019. Au moment où nous mettions en ligne cet article, aucune annonce officielle n’avait été faite quant à une participation marocaine.

Deal du siècle: le Maroc participera-t-il à la conférence de Manama ? Dimanche 23 juin 2019, des milliers de Marocains marchent en faveur des droits palestiniens à Rabat.

Le 24 juin 2019 à 08:59

Modifié le 25 juin 2019 à 06:59

Deux autres pays qui ont adopté des positions de principe proches de la position marocaine, la Jordanie et l’Egypte, ont confirmé dimanche leur participation. Le Maroc a réaffirmé à plusieurs reprises soutenir la solution de deux Etats, avec Al Qods comme capitale de l’Etat palestinien.

Le 12 juin dernier, la Maison Blanche avait annoncé une participation des trois pays, Egypte, Jordanie et Maroc, en plus de celle de plusieurs pays du Golfe.

Le Maroc a encore réaffirmé au cours des derniers jours, son soutien aux principes conformes au droit international et donc la solution de deux Etats avec un statut final acceptable pour Jérusalem. Dimanche, Rabat a accueilli une marche de solidarité avec le peuple palestinien. Les mêmes positions ont été réaffirmées le même jour au Caire par le représentant marocain, lors d’une réunion d’urgence des ministres arabes des Finances destinée à soutenir l’Autorité palestinienne. Le Maroc était représenté par le directeur du Budget, M. Lekjaâ.

LIRE:

LE MAROC PARTICIPERA A MINIMA

Selon nos sources, après ces nouvelles réaffirmations publiques de la position marocaine, déjà bien connue et saluée, le Royaume devrait annoncer ce lundi son niveau de participation à la conférence de Manama. Le message des derniers jours est que la participation marocaine ne se fera jamais au détriment des droits du peuple palestinien.

Cette participation se fera certainement à un niveau moyen, voire symbolique. Des sources proches de la CGEM ont nié, ce lundi matin, être au courant d’une participation de la confédération patronale. Il y aura probablement un représentant du ministère des Finances ainsi que des Fonds d'investissement marocains. La Jordanie et l’Egypte seront représentées l’une par un directeur du Budget et l’autre par le secrétaire général du ministère des Finances.

Document : voici les grandes lignes du volet économique du plan Kushner

La Maison Blanche a mis en ligne samedi 22 juin, ce document dévoilant pour la première fois une partie du Plan Kushner.

Cette conférence économique, présentée comme un atelier de travail, durera deux jours. Elle est activement boycottée par l’Autorité palestinienne. On s’attend à une flambée de colère, concomitamment, dans les territoires occupés.

Côté israélien, on ignore quel serait le niveau de participation. Seule celle de 6 journalistes israéliens est confirmée.

L’idée centrale du plan Kushner consiste à privilégier le développement économique avant de passer au volet politique. Mais le plan est lourdement entravé par l’alignement total de l’administration Trump sur la direction israélienne, ce qui s’est entre autres traduit par la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël.

L’objectif affiché de ce plan est de mobiliser au moins 50 milliards de dollars d’investissements, sur dix ans, au profit des territoires occupés, de la Jordanie, du Liban et du Sinaï. Cette manne proviendrait des pays du Golfe, d’investisseurs privés, de donateurs et d’institutions internationales.

Selon Kushner cité par Reuters, les Etats-Unis “envisagent“ de contribuer. La répartition des fonds serait de 28 milliards de dollars au profit de la Cisjordanie et Gaza, 7,5 milliards de dollars à la Jordanie, 9 milliards de dollars à l’Egypte et 6 milliards de dollars au Liban.

Cette manne ne serait pas gérée par l’Autorité palestinienne mais par un Fonds créé spécialement pour l’occasion et administré par une banque internationale de développement. Sur les 50 milliards de dollars, 15 milliards de dollars proviendraient de subventions, 25 milliards de dollars de prêts bonifiés et environ 11 milliards de dollars de capitaux privés.

Le document annonce 179 projets de développement économique, dont 147 pour la Cisjordanie et Gaza, 15 pour la Jordanie, 12 pour l'Égypte et 5 pour le Liban. Ces projets comprennent un corridor entre la Cisjordanie et Gaza, sur environ 40 km, sous forme d’autoroute et/ou de voie ferrée. Les autres projets comprennent des infrastructures, de l’eau, de l’électricité, des télécoms, du tourisme (si, si) et des installations médicales. Rien sur d’éventuels ports ou aéroports.

Des zones industrielles sont également prévues ainsi qu’un renforcement des liens d’infrastructure avec le Sinaï.

Sans rire, le plan vante le "potentiel de transformation des zones palestiniennes en une destination touristique mondiale" et propose 950 millions de dollars en subventions et prêts pour développer l'industrie du tourisme palestinien. Il propose de "restaurer et réhabiliter les sites historiques et religieux et les zones littorales".

Kushner promet la création d’un million d’emplois en dix ans en Cisjordanie et Gaza, une réduction du chômage et un doublement du PIB des Palestiniens.

Sauf rebondissement incroyable, le plan Kushner n'a aucune chance de succès. Mais il paraît difficile de s'absenter de la conférence de Manama, car une présence n'engagerait le Maroc qu'à soutenir des projets de développement au profit des Palestiniens.

Dimanche 23 juin 2019, des milliers de Marocains marchent en faveur des droits palestiniens à Rabat.

Deal du siècle: le Maroc participera-t-il à la conférence de Manama ?

Le 24 juin 2019 à09:19

Modifié le 25 juin 2019 à 06:59

La conférence de Manama (Bahreïn) sur le volet économique du plan Kushner pour le Proche-Orient s’ouvre mardi 25 juin 2019. Au moment où nous mettions en ligne cet article, aucune annonce officielle n’avait été faite quant à une participation marocaine.

Deux autres pays qui ont adopté des positions de principe proches de la position marocaine, la Jordanie et l’Egypte, ont confirmé dimanche leur participation. Le Maroc a réaffirmé à plusieurs reprises soutenir la solution de deux Etats, avec Al Qods comme capitale de l’Etat palestinien.

Le 12 juin dernier, la Maison Blanche avait annoncé une participation des trois pays, Egypte, Jordanie et Maroc, en plus de celle de plusieurs pays du Golfe.

Le Maroc a encore réaffirmé au cours des derniers jours, son soutien aux principes conformes au droit international et donc la solution de deux Etats avec un statut final acceptable pour Jérusalem. Dimanche, Rabat a accueilli une marche de solidarité avec le peuple palestinien. Les mêmes positions ont été réaffirmées le même jour au Caire par le représentant marocain, lors d’une réunion d’urgence des ministres arabes des Finances destinée à soutenir l’Autorité palestinienne. Le Maroc était représenté par le directeur du Budget, M. Lekjaâ.

LIRE:

LE MAROC PARTICIPERA A MINIMA

Selon nos sources, après ces nouvelles réaffirmations publiques de la position marocaine, déjà bien connue et saluée, le Royaume devrait annoncer ce lundi son niveau de participation à la conférence de Manama. Le message des derniers jours est que la participation marocaine ne se fera jamais au détriment des droits du peuple palestinien.

Cette participation se fera certainement à un niveau moyen, voire symbolique. Des sources proches de la CGEM ont nié, ce lundi matin, être au courant d’une participation de la confédération patronale. Il y aura probablement un représentant du ministère des Finances ainsi que des Fonds d'investissement marocains. La Jordanie et l’Egypte seront représentées l’une par un directeur du Budget et l’autre par le secrétaire général du ministère des Finances.

Document : voici les grandes lignes du volet économique du plan Kushner

La Maison Blanche a mis en ligne samedi 22 juin, ce document dévoilant pour la première fois une partie du Plan Kushner.

Cette conférence économique, présentée comme un atelier de travail, durera deux jours. Elle est activement boycottée par l’Autorité palestinienne. On s’attend à une flambée de colère, concomitamment, dans les territoires occupés.

Côté israélien, on ignore quel serait le niveau de participation. Seule celle de 6 journalistes israéliens est confirmée.

L’idée centrale du plan Kushner consiste à privilégier le développement économique avant de passer au volet politique. Mais le plan est lourdement entravé par l’alignement total de l’administration Trump sur la direction israélienne, ce qui s’est entre autres traduit par la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël.

L’objectif affiché de ce plan est de mobiliser au moins 50 milliards de dollars d’investissements, sur dix ans, au profit des territoires occupés, de la Jordanie, du Liban et du Sinaï. Cette manne proviendrait des pays du Golfe, d’investisseurs privés, de donateurs et d’institutions internationales.

Selon Kushner cité par Reuters, les Etats-Unis “envisagent“ de contribuer. La répartition des fonds serait de 28 milliards de dollars au profit de la Cisjordanie et Gaza, 7,5 milliards de dollars à la Jordanie, 9 milliards de dollars à l’Egypte et 6 milliards de dollars au Liban.

Cette manne ne serait pas gérée par l’Autorité palestinienne mais par un Fonds créé spécialement pour l’occasion et administré par une banque internationale de développement. Sur les 50 milliards de dollars, 15 milliards de dollars proviendraient de subventions, 25 milliards de dollars de prêts bonifiés et environ 11 milliards de dollars de capitaux privés.

Le document annonce 179 projets de développement économique, dont 147 pour la Cisjordanie et Gaza, 15 pour la Jordanie, 12 pour l'Égypte et 5 pour le Liban. Ces projets comprennent un corridor entre la Cisjordanie et Gaza, sur environ 40 km, sous forme d’autoroute et/ou de voie ferrée. Les autres projets comprennent des infrastructures, de l’eau, de l’électricité, des télécoms, du tourisme (si, si) et des installations médicales. Rien sur d’éventuels ports ou aéroports.

Des zones industrielles sont également prévues ainsi qu’un renforcement des liens d’infrastructure avec le Sinaï.

Sans rire, le plan vante le "potentiel de transformation des zones palestiniennes en une destination touristique mondiale" et propose 950 millions de dollars en subventions et prêts pour développer l'industrie du tourisme palestinien. Il propose de "restaurer et réhabiliter les sites historiques et religieux et les zones littorales".

Kushner promet la création d’un million d’emplois en dix ans en Cisjordanie et Gaza, une réduction du chômage et un doublement du PIB des Palestiniens.

Sauf rebondissement incroyable, le plan Kushner n'a aucune chance de succès. Mais il paraît difficile de s'absenter de la conférence de Manama, car une présence n'engagerait le Maroc qu'à soutenir des projets de développement au profit des Palestiniens.

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