Déconfinement: Les parents d’élèves contre une réouverture rapide des écoles

La Fédération nationale des associations des parents d’élèves estime qu’un retour à l’école est encore trop précoce au vu des risques sanitaires qu’il fait courir. Elle suggère également de reporter les examens régionaux du baccalauréat à septembre.

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Déconfinement : Les parents d’élèves contre une réouverture rapide des écoles

Le 05 mai 2020 à 16:33

Modifié le 06 mai 2020 à 13:45

Au vu des enjeux que le déconfinement soulève, la réouverture des établissements scolaires à l’issue de l’état d’urgence sanitaire s’annonce périlleuse. Les parents d’élèves sont d’ailleurs nombreux à faire part de leur réticence. Dans un communiqué adressé au ministère de l’Education nationale, la Fédération nationale des associations des parents d’élèves (FNAPEM) se montre peu favorable à un retour des élèves dans les établissements scolaires.

"Malgré l’amélioration des indicateurs relatifs à l’épidémie de Covid-19, nous pensons qu’un retour à l’école dans les mêmes conditions qu’avant le confinement imposerait de nombreuses contraintes", indique la FNAPEM. Elle juge nécessaire de maintenir l’enseignement à distance pour les classes non diplômantes jusqu’à la fin de l’année scolaire, "même si ce système ne peut en aucun cas remplacer la présence physique des enseignants et des élèves", et estime que le retour en classe ne doit concerner que les niveaux diplômants. La FNAPEM suggère par ailleurs de concentrer les efforts de rattrapage uniquement sur les matières qui feront l’objet d’examens, dans des classes allégées qui respectent les conditions sanitaires et la distanciation sociale.

Concernant les examens, la Fédération suggère qu’ils ne portent que sur les matières et les cours suivis par les élèves en présentiel, c’est-à-dire sur les programmes ayant précédé le confinement. Elle propose également de reporter à septembre les dates des examens régionaux du baccalauréat. Pour les niveaux non diplômants, les évaluations doivent concerner 75% du programme, la totalité du premier et deuxième trimestre, et la première partie du troisième trimestre.

Sur le plan sanitaire, la FNAPEM préconise de désinfecter les locaux quotidiennement, et plusieurs fois par jour (réfectoires et internats compris), et de ne pas excéder 12 élèves par classe. Elle insiste également sur la nécessité de fournir quotidiennement des masques en nombre suffisant à tous les élèves et intervenants.

Les parents d’élèves des écoles françaises ne sont pas favorables non plus

Dans les établissements de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE), les parents d’élèves ne sont pas non plus favorables à un retour en classe des élèves. C’est le cas de l’Association des collectifs autonomes des parents d’élèves (CAPE) du lycée Descartes à Rabat.

"Avec environ 2.500 élèves, je ne vois pas comment les cours peuvent reprendre en respectant la distanciation sociale. Je doute que la reprise, de surcroît pour un mois seulement, soit faisable et judicieuse. Les parents ne sont pas particulièrement favorables à une reprise des cours, d’autant que l’enseignement à distance a jusqu’à présent relativement bien fonctionné", affirme la présidence de la CAPE, Hélène Rousseau, jointe par Médias24.

Même son de cloche du côté de l’Association des parents d’élèves indépendants du lycée Descartes (API). "Nous sommes très sceptiques quant à la réouverture des établissements scolaires car nous ne savons pas dans quelles conditions sanitaires les élèves vont pouvoir retourner en cours", nous dit Ijlal El Kholti, présidente de l’API. "L’enseignement à distance ayant globalement bien fonctionné, nous ne sommes pas favorables à une réouverture dans l’immédiat. Nous préférons que les classes reprennent tranquillement en septembre. A un mois de la fin de l’année, nous estimons que le risque sanitaire est trop grand pour que les élèves reprennent les cours", ajoute-t-elle.

Il faut dire aussi que les collèges et lycées français ne sont pas concernés par les examens du brevet et du baccalauréat, contrairement aux établissements marocains. Début avril, le ministre français de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, a estimé que les conditions ne sont pas réunies pour que le bac et le brevet, deux examens de passage charnières, se déroulent de façon normale. Il n’y aura donc pas d’épreuves finales cette année, a-t-il fait savoir. L’ensemble des épreuves seront validées en contrôle continu, c’est-à-dire en prenant en compte les notes des trois trimestres, "à l’exception des notes obtenues lors de la période de confinement", a aussi précisé le ministre. Une raison supplémentaire qui amène l’API et la CAPE à ne pas juger nécessaire un retour des élèves dans les établissements scolaires.

Lire aussi: Les voisins du Maroc entament le déconfinement, les stratégies diffèrent

Déconfinement: Les parents d’élèves contre une réouverture rapide des écoles

Le 05 mai 2020 à17:06

Modifié le 06 mai 2020 à 13:45

La Fédération nationale des associations des parents d’élèves estime qu’un retour à l’école est encore trop précoce au vu des risques sanitaires qu’il fait courir. Elle suggère également de reporter les examens régionaux du baccalauréat à septembre.

Au vu des enjeux que le déconfinement soulève, la réouverture des établissements scolaires à l’issue de l’état d’urgence sanitaire s’annonce périlleuse. Les parents d’élèves sont d’ailleurs nombreux à faire part de leur réticence. Dans un communiqué adressé au ministère de l’Education nationale, la Fédération nationale des associations des parents d’élèves (FNAPEM) se montre peu favorable à un retour des élèves dans les établissements scolaires.

"Malgré l’amélioration des indicateurs relatifs à l’épidémie de Covid-19, nous pensons qu’un retour à l’école dans les mêmes conditions qu’avant le confinement imposerait de nombreuses contraintes", indique la FNAPEM. Elle juge nécessaire de maintenir l’enseignement à distance pour les classes non diplômantes jusqu’à la fin de l’année scolaire, "même si ce système ne peut en aucun cas remplacer la présence physique des enseignants et des élèves", et estime que le retour en classe ne doit concerner que les niveaux diplômants. La FNAPEM suggère par ailleurs de concentrer les efforts de rattrapage uniquement sur les matières qui feront l’objet d’examens, dans des classes allégées qui respectent les conditions sanitaires et la distanciation sociale.

Concernant les examens, la Fédération suggère qu’ils ne portent que sur les matières et les cours suivis par les élèves en présentiel, c’est-à-dire sur les programmes ayant précédé le confinement. Elle propose également de reporter à septembre les dates des examens régionaux du baccalauréat. Pour les niveaux non diplômants, les évaluations doivent concerner 75% du programme, la totalité du premier et deuxième trimestre, et la première partie du troisième trimestre.

Sur le plan sanitaire, la FNAPEM préconise de désinfecter les locaux quotidiennement, et plusieurs fois par jour (réfectoires et internats compris), et de ne pas excéder 12 élèves par classe. Elle insiste également sur la nécessité de fournir quotidiennement des masques en nombre suffisant à tous les élèves et intervenants.

Les parents d’élèves des écoles françaises ne sont pas favorables non plus

Dans les établissements de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE), les parents d’élèves ne sont pas non plus favorables à un retour en classe des élèves. C’est le cas de l’Association des collectifs autonomes des parents d’élèves (CAPE) du lycée Descartes à Rabat.

"Avec environ 2.500 élèves, je ne vois pas comment les cours peuvent reprendre en respectant la distanciation sociale. Je doute que la reprise, de surcroît pour un mois seulement, soit faisable et judicieuse. Les parents ne sont pas particulièrement favorables à une reprise des cours, d’autant que l’enseignement à distance a jusqu’à présent relativement bien fonctionné", affirme la présidence de la CAPE, Hélène Rousseau, jointe par Médias24.

Même son de cloche du côté de l’Association des parents d’élèves indépendants du lycée Descartes (API). "Nous sommes très sceptiques quant à la réouverture des établissements scolaires car nous ne savons pas dans quelles conditions sanitaires les élèves vont pouvoir retourner en cours", nous dit Ijlal El Kholti, présidente de l’API. "L’enseignement à distance ayant globalement bien fonctionné, nous ne sommes pas favorables à une réouverture dans l’immédiat. Nous préférons que les classes reprennent tranquillement en septembre. A un mois de la fin de l’année, nous estimons que le risque sanitaire est trop grand pour que les élèves reprennent les cours", ajoute-t-elle.

Il faut dire aussi que les collèges et lycées français ne sont pas concernés par les examens du brevet et du baccalauréat, contrairement aux établissements marocains. Début avril, le ministre français de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, a estimé que les conditions ne sont pas réunies pour que le bac et le brevet, deux examens de passage charnières, se déroulent de façon normale. Il n’y aura donc pas d’épreuves finales cette année, a-t-il fait savoir. L’ensemble des épreuves seront validées en contrôle continu, c’est-à-dire en prenant en compte les notes des trois trimestres, "à l’exception des notes obtenues lors de la période de confinement", a aussi précisé le ministre. Une raison supplémentaire qui amène l’API et la CAPE à ne pas juger nécessaire un retour des élèves dans les établissements scolaires.

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