Déconfinement : zone 1, zone 2, quels critères de classification ?

Le gouvernement annonce un classement selon des critères fixés par les autorités sanitaires, sans plus. Le 9 juin, Béni Mellal (zone 1) comptait le même nombre de cas actifs que Skhirat-Témara (zone 2).

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Déconfinement : zone 1, zone 2, quels critères de classification ?

Le 11 juin 2020 à 14:21

Modifié le 14 juin 2020 à 20:22

Les autorités ont entamé le déconfinement progressif en scindant le Maroc en deux zones : la zone 1 qui comprend 59 préfectures et provinces et 61% de la population et qui bénéficie depuis ce jeudi 11 juin de mesures d’allègement relativement poussées, et la zone 2 qui regroupe les plus grandes villes et centres d’activités économiques et administratives (16 préfectures et provinces), dont laquelle les restrictions ont pratiquement été toutes maintenues.

Le communiqué annonçant le démarrage du déconfinement rapporte que cette classification a été effectuée sur la base de critères établis par les autorités sanitaires, sans plus de détails. Il ajoute qu’elle subira des modifications chaque semaine, selon les mêmes critères.

Que peuvent être ces derniers ? Le nombre de cas actifs ? La vitesse de reproduction du virus ? La densité démographique ? La présence de centres d’activités économiques ou administratives à risque ? Le gouvernement n’a pas jugé utile de les communiquer à l’opinion publique, surtout les habitants de la zone 2 dont le manque de visibilité et la pression psychologique seront exacerbés.

Une classification selon le nombre de cas actifs ?

Selon une carte du Maroc montrant la nouvelle classification des préfectures et provinces en fonction des deux zones, diffusée par une source officielle mercredi 10 juin, il est précisé qu’il s’agit d’une classification selon le nombre de cas actifs.

Où les autorités ont-elles placé la frontière entre les deux zones ? A 10 cas actifs ? 12 ? Le chiffre absolu des cas actifs a-t-il un sens sans tenir compte de la densité et de la taille de la population ? 6 cas actifs dans une petite ville constituent-ils le même risque que 6 cas actifs dans une ville de millions d’habitants ?

Si l’on prend les statistiques des directions régionales de la santé disponibles au 9 juin à 18h, soit la donnée la plus récente avant l’annonce du déconfinement, on se rend compte qu’il y a beaucoup d’incohérences.

Par exemple, Skhirat-Témara, placée en zone 2, comptait 12 cas actifs le 8 juin (dernière donnée fournie par la DRS), soit le même nombre de cas actifs que Béni Mellal, placée en zone 1 (chiffre resté stable entre le 8 et le 10 juin).

Donc à moins que Skhirat-Témara ait enregistré de nouveaux cas entre le 8 juin à 18h et le 9 juin au moment de l’annonce de la classification par les autorités, ce critère de découpage parait dénué de sens.

Autre exemple, Fès (zone 2) ne comptait au 9 juin que 14 cas actifs sur des millions d’habitants, alors que Béni Mellal en comptait 12 sur un nombre d’habitants beaucoup plus limité.

Autre cas parlant, El Jadida (zone 2) ne comptait aucun cas actif au 6 juin, dernière donnée disponible auprès de la DRS Casablanca-Settat. On ne sait pas si c’est l’apparition d’un nombre relativement élevé de nouveaux cas après cette date qui explique le maintien des restrictions dans cette ville.

Quelle durée d'observation pour basculer en zone 1 ?

Hormis le nombre de cas actifs, leur nature pose également problème dans certaines provinces. Par exemple, pourquoi classer Benslimane (27 cas actifs) et El Hajeb (20 cas actifs) en zone 2 alors que tous leurs cas actifs sont situés dans des clusters professionnels en milieu fermé ?

Par ailleurs, la durée d'observation nécessaire pour que les autorités classent une province au nombre de cas actifs « bas » dans la zone 1, n’est pas connue. Par exemple, si Fès passe de 14 à 6 cas actifs 1 ou 2 jours avant le reclassement hebdomadaire, basculera-t-elle vers la zone 1 ou sera-t-elle maintenue dans la zone 2 pendant quelques jours ?

Autant de questions qui, malheureusement, devront rester sans réponses, dans la droite ligne de la stratégie de communication gouvernementale adoptée par les autorités depuis le début de la crise sanitaire.

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Le 11 juin 2020 à14:22

Modifié le 14 juin 2020 à 20:22

Le gouvernement annonce un classement selon des critères fixés par les autorités sanitaires, sans plus. Le 9 juin, Béni Mellal (zone 1) comptait le même nombre de cas actifs que Skhirat-Témara (zone 2).

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Les autorités ont entamé le déconfinement progressif en scindant le Maroc en deux zones : la zone 1 qui comprend 59 préfectures et provinces et 61% de la population et qui bénéficie depuis ce jeudi 11 juin de mesures d’allègement relativement poussées, et la zone 2 qui regroupe les plus grandes villes et centres d’activités économiques et administratives (16 préfectures et provinces), dont laquelle les restrictions ont pratiquement été toutes maintenues.

Le communiqué annonçant le démarrage du déconfinement rapporte que cette classification a été effectuée sur la base de critères établis par les autorités sanitaires, sans plus de détails. Il ajoute qu’elle subira des modifications chaque semaine, selon les mêmes critères.

Que peuvent être ces derniers ? Le nombre de cas actifs ? La vitesse de reproduction du virus ? La densité démographique ? La présence de centres d’activités économiques ou administratives à risque ? Le gouvernement n’a pas jugé utile de les communiquer à l’opinion publique, surtout les habitants de la zone 2 dont le manque de visibilité et la pression psychologique seront exacerbés.

Une classification selon le nombre de cas actifs ?

Selon une carte du Maroc montrant la nouvelle classification des préfectures et provinces en fonction des deux zones, diffusée par une source officielle mercredi 10 juin, il est précisé qu’il s’agit d’une classification selon le nombre de cas actifs.

Où les autorités ont-elles placé la frontière entre les deux zones ? A 10 cas actifs ? 12 ? Le chiffre absolu des cas actifs a-t-il un sens sans tenir compte de la densité et de la taille de la population ? 6 cas actifs dans une petite ville constituent-ils le même risque que 6 cas actifs dans une ville de millions d’habitants ?

Si l’on prend les statistiques des directions régionales de la santé disponibles au 9 juin à 18h, soit la donnée la plus récente avant l’annonce du déconfinement, on se rend compte qu’il y a beaucoup d’incohérences.

Par exemple, Skhirat-Témara, placée en zone 2, comptait 12 cas actifs le 8 juin (dernière donnée fournie par la DRS), soit le même nombre de cas actifs que Béni Mellal, placée en zone 1 (chiffre resté stable entre le 8 et le 10 juin).

Donc à moins que Skhirat-Témara ait enregistré de nouveaux cas entre le 8 juin à 18h et le 9 juin au moment de l’annonce de la classification par les autorités, ce critère de découpage parait dénué de sens.

Autre exemple, Fès (zone 2) ne comptait au 9 juin que 14 cas actifs sur des millions d’habitants, alors que Béni Mellal en comptait 12 sur un nombre d’habitants beaucoup plus limité.

Autre cas parlant, El Jadida (zone 2) ne comptait aucun cas actif au 6 juin, dernière donnée disponible auprès de la DRS Casablanca-Settat. On ne sait pas si c’est l’apparition d’un nombre relativement élevé de nouveaux cas après cette date qui explique le maintien des restrictions dans cette ville.

Quelle durée d'observation pour basculer en zone 1 ?

Hormis le nombre de cas actifs, leur nature pose également problème dans certaines provinces. Par exemple, pourquoi classer Benslimane (27 cas actifs) et El Hajeb (20 cas actifs) en zone 2 alors que tous leurs cas actifs sont situés dans des clusters professionnels en milieu fermé ?

Par ailleurs, la durée d'observation nécessaire pour que les autorités classent une province au nombre de cas actifs « bas » dans la zone 1, n’est pas connue. Par exemple, si Fès passe de 14 à 6 cas actifs 1 ou 2 jours avant le reclassement hebdomadaire, basculera-t-elle vers la zone 1 ou sera-t-elle maintenue dans la zone 2 pendant quelques jours ?

Autant de questions qui, malheureusement, devront rester sans réponses, dans la droite ligne de la stratégie de communication gouvernementale adoptée par les autorités depuis le début de la crise sanitaire.

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Covid-19. Au ministère de la Santé, une communication inadaptée à la crise

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