Depuis Rabat, Tripoli cherche à séduire les investisseurs internationaux

Le gouvernement d’Union nationale libyen veut impliquer les investisseurs étrangers dans la reconstruction du pays. Le pays souhaite promouvoir l’image d’une Libye ouverte sur le monde. Mais les tensions politiques persistantes pèsent lourdement sur la concrétisation de cette volonté.

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Depuis Rabat, Tripoli cherche à séduire les investisseurs internationaux

Le 12 novembre 2019 à 10:54

Modifié le 12 novembre 2019 à 11:15

Organisée par l’Union générale du commerce, d’industrie et d’agriculture libyenne, la première édition du forum libyen international économique et d’investissement s’est tenue ce lundi 11 novembre à Rabat. Le forum vise à créer un espace de débat afin de discuter plusieurs éléments en rapport avec le développement de l’économie libyenne. Plus précisément, les objectifs du forum consistent en 3 points:

  • Discuter les priorités de développement en Libye;
  • Relever les opportunités et défis d’investissement;
  • Réfléchir aux conditions de création d’un climat de confiance entre les acteurs publics et privés.

Initié en partenariat avec le ministère marocain de l’Industrie, du commerce et de l’économie verte et numérique, le forum constitue également, selon ses organisateurs, une opportunité pour approfondir les relations économiques et commerciales entre la Libye et le Maroc.

Finir avec l’image d’un pays "fermé" 

La Libye de Muammar Gaddafi a été associée à l’image d’un pays fermé aux investisseurs étrangers. "Le partenariat public-privé était vu comme une atteinte à la souveraineté nationale et une forme de colonialisme", explique Mahmoud Ajjaj, président du conseil d’administration de l’Organisme d’exécution des projets d’habitat et des services publics en Libye. "Nous souhaitons aujourd’hui consacrer une place importante au secteur privé dans la reconstruction de la Libye", rajoute-il.

En effet, la Libye a été pendant longtemps l’acteur absent d’un certain nombre de traités de coopération économique et commerciale entre les Etats. Le pays était exclu de la politique de voisinage de l’Union Européenne, contrairement au Maroc, à l’Algérie et à la Tunisie qui avaient tous signé des accords d’association avec l’UE. La Libye avait également refusé en 2009 de rejoindre l’Union pour la Méditerranée, ce qui faisait d’elle le seul Etat méditerranéen non membre de l’Organisation.

Mais aujourd’hui, "les efforts se multiplient pour assurer un environnement propice pour l’investissement", déclare Saleh Zahaf, professeur de droit économique en Libye. Un cadre juridique a été mis en place en vue de protéger les investissements internationaux.

La loi interdit désormais la nationalisation arbitraire et attribue à l’investisseur la compétence de recourir à l’arbitrage international. "L’arsenal juridique libyen actuel s’inspire largement des normes internationales de protection des investissements, notamment des dispositions de la convention de Séoul de 1985 portant création de l’Agence multilatérale de garantie des investissements" rajoute-il.

"Les banques marocaines devraient s’investir en Libye"

Selon Saleh Zahaf, le volet commercial prédomine les relations entre la Libye et le Maroc. Or, les marchandises marocaines sont aujourd’hui fortement concurrencées par les produits provenant de la Chine et des pays du sud-est asiatique. Cela devrait changer pour le professeur de droit économique. "Pour que les produits marocains demeurent compétitifs en Libye, le Maroc doit prendre le risque d’investir sur le territoire. Les banques marocaines font preuve d’une excellente prestation en Afrique Subsaharienne et même en Tunisie. Il est temps qu’elles élargissent leur champ d’action aux pays du Maghreb".

Si les tensions politiques actuelles en Libye constituent un obstacle majeur à l’investissement, les intervenants libyens appellent les marocains à élaborer d’abord des plans d’investissement en Libye. "Pour l’instant, nous ne vous demandons pas d’investir sur le champ, mais simplement de préparer une vision d’investissement pour l’avenir", conclut Saleh Zahaf.

L’instabilité politique, un obstacle majeur à l’investissement

La Libye regorge de ressources naturelles. Les réserves pétrolières du pays sont les plus importantes en Afrique, et les neuvièmes dans le monde. La Libye produit actuellement environ 1,3 million de barils par jour, et prévoit un investissement de 12 milliards de dollars dans les secteurs pétrolier et gazier pour les 5 prochaines années.

"Les recettes pétrolières permettront à la Libye de se reconstruire pour redevenir un acteur incontournable de la région", déclare Taher Jnidi, ministre de la planification du gouvernement d’Union nationale. Un programme de reconstruction est d’ailleurs en phase d’élaboration par le gouvernement en concertation avec la Banque mondiale. Il est prévu que sa mise en œuvre soit effectuée conjointement entre les pouvoirs publics et le secteur privé.

Mais la persistance des conflits entre Tripoli et les forces du maréchal Haftar risquent de condamner ce programme. Les garanties actuelles offertes par le Gouvernement peuvent ne pas suffire pour attirer les investisseurs étrangers.

Depuis Rabat, Tripoli cherche à séduire les investisseurs internationaux

Le 12 novembre 2019 à11:15

Modifié le 12 novembre 2019 à 11:15

Le gouvernement d’Union nationale libyen veut impliquer les investisseurs étrangers dans la reconstruction du pays. Le pays souhaite promouvoir l’image d’une Libye ouverte sur le monde. Mais les tensions politiques persistantes pèsent lourdement sur la concrétisation de cette volonté.

Organisée par l’Union générale du commerce, d’industrie et d’agriculture libyenne, la première édition du forum libyen international économique et d’investissement s’est tenue ce lundi 11 novembre à Rabat. Le forum vise à créer un espace de débat afin de discuter plusieurs éléments en rapport avec le développement de l’économie libyenne. Plus précisément, les objectifs du forum consistent en 3 points:

  • Discuter les priorités de développement en Libye;
  • Relever les opportunités et défis d’investissement;
  • Réfléchir aux conditions de création d’un climat de confiance entre les acteurs publics et privés.

Initié en partenariat avec le ministère marocain de l’Industrie, du commerce et de l’économie verte et numérique, le forum constitue également, selon ses organisateurs, une opportunité pour approfondir les relations économiques et commerciales entre la Libye et le Maroc.

Finir avec l’image d’un pays "fermé" 

La Libye de Muammar Gaddafi a été associée à l’image d’un pays fermé aux investisseurs étrangers. "Le partenariat public-privé était vu comme une atteinte à la souveraineté nationale et une forme de colonialisme", explique Mahmoud Ajjaj, président du conseil d’administration de l’Organisme d’exécution des projets d’habitat et des services publics en Libye. "Nous souhaitons aujourd’hui consacrer une place importante au secteur privé dans la reconstruction de la Libye", rajoute-il.

En effet, la Libye a été pendant longtemps l’acteur absent d’un certain nombre de traités de coopération économique et commerciale entre les Etats. Le pays était exclu de la politique de voisinage de l’Union Européenne, contrairement au Maroc, à l’Algérie et à la Tunisie qui avaient tous signé des accords d’association avec l’UE. La Libye avait également refusé en 2009 de rejoindre l’Union pour la Méditerranée, ce qui faisait d’elle le seul Etat méditerranéen non membre de l’Organisation.

Mais aujourd’hui, "les efforts se multiplient pour assurer un environnement propice pour l’investissement", déclare Saleh Zahaf, professeur de droit économique en Libye. Un cadre juridique a été mis en place en vue de protéger les investissements internationaux.

La loi interdit désormais la nationalisation arbitraire et attribue à l’investisseur la compétence de recourir à l’arbitrage international. "L’arsenal juridique libyen actuel s’inspire largement des normes internationales de protection des investissements, notamment des dispositions de la convention de Séoul de 1985 portant création de l’Agence multilatérale de garantie des investissements" rajoute-il.

"Les banques marocaines devraient s’investir en Libye"

Selon Saleh Zahaf, le volet commercial prédomine les relations entre la Libye et le Maroc. Or, les marchandises marocaines sont aujourd’hui fortement concurrencées par les produits provenant de la Chine et des pays du sud-est asiatique. Cela devrait changer pour le professeur de droit économique. "Pour que les produits marocains demeurent compétitifs en Libye, le Maroc doit prendre le risque d’investir sur le territoire. Les banques marocaines font preuve d’une excellente prestation en Afrique Subsaharienne et même en Tunisie. Il est temps qu’elles élargissent leur champ d’action aux pays du Maghreb".

Si les tensions politiques actuelles en Libye constituent un obstacle majeur à l’investissement, les intervenants libyens appellent les marocains à élaborer d’abord des plans d’investissement en Libye. "Pour l’instant, nous ne vous demandons pas d’investir sur le champ, mais simplement de préparer une vision d’investissement pour l’avenir", conclut Saleh Zahaf.

L’instabilité politique, un obstacle majeur à l’investissement

La Libye regorge de ressources naturelles. Les réserves pétrolières du pays sont les plus importantes en Afrique, et les neuvièmes dans le monde. La Libye produit actuellement environ 1,3 million de barils par jour, et prévoit un investissement de 12 milliards de dollars dans les secteurs pétrolier et gazier pour les 5 prochaines années.

"Les recettes pétrolières permettront à la Libye de se reconstruire pour redevenir un acteur incontournable de la région", déclare Taher Jnidi, ministre de la planification du gouvernement d’Union nationale. Un programme de reconstruction est d’ailleurs en phase d’élaboration par le gouvernement en concertation avec la Banque mondiale. Il est prévu que sa mise en œuvre soit effectuée conjointement entre les pouvoirs publics et le secteur privé.

Mais la persistance des conflits entre Tripoli et les forces du maréchal Haftar risquent de condamner ce programme. Les garanties actuelles offertes par le Gouvernement peuvent ne pas suffire pour attirer les investisseurs étrangers.

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