DGSN : la coopération internationale, nouveau cheval de bataille

Associée avec succès à la résolution de plusieurs enquêtes régionales et internationales, la DGSN est de plus en plus sollicitée par ses confrères étrangers. Voici comment les hommes de Hammouchi sont devenus incontournables au sein de la planète sécuritaire mondiale.

DGSN : la coopération internationale, nouveau cheval de bataille

Le 05 juillet 2019 à 17:34

Modifié le 06 juillet 2019 à 17:13

Face à une criminalité qui se nourrit de globalisation et de mobilité, la revue de la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) consacre un numéro spécial à la coopération sécuritaire internationale.

Dans pas moins de 30 pages, le numéro 32 de la « Revue de la police » revient sur la nécessité de collaborer avec ses homologues étrangers pour lutter efficacement contre le terrorisme et le crime organisé qui se jouent des frontières et innovent sans arrêt pour déjouer les services de sécurité.

Coopération policière multilatérale et bilatérale

Pour y faire face, le Maroc a adhéré à plusieurs instances de coopération sécuritaire internationale comme l’organisation internationale de police criminelle plus connue sous le nom d’Interpol (membre depuis 1957), l’office des Nations unies contre la drogue et le crime, l’organisation mondiale des douanes (OMD), le secrétariat général du conseil des ministres de l’Intérieur arabes (1983)…

Hormis ces organismes multilatéraux, des conventions bilatérales lient le Royaume à d’autres pays amis à travers un réseau d’officiers de liaison et d’attachés de sécurité qui facilitent les échanges.

Après plusieurs années, de pays membre demandeur d’assistance, le Maroc, à travers la DGSN, est devenu un prestataire reconnu, à l’échelle mondiale, en termes de fourniture de renseignements.

Sachant que ses services ont permis de déjouer de nombreux actes criminels et terroristes, la DGSN a créé un organe central baptisé « pôle de coopération policière internationale » (PCPI) chargé de coordonner la coopération internationale.

La DGSN sollicitée de toutes parts même par la lointaine Russie

Cette nouvelle structure (2015) a traité au total 4.866 demandes entrantes et sortantes en 2018, dont celles des officiers de liaison marocains en poste à l’étranger et des étrangers accrédités au Maroc.

Signe de son efficacité et alors qu’elle n’a jamais organisé un tel événement, la DGSN a été sollicitée pour envoyer une délégation policière collaborer avec les services russes lors de la Coupe du monde de 2018 et aider à mettre en œuvre un protocole sécuritaire pour ce rendez-vous planétaire.

Dans une déclaration au journal, Mohammed Dkhissi, qui cumule les fonctions de directeur de la police judiciaire, du bureau central d’Interpol à Rabat et du bureau de liaison arabe auprès des ministres de l’Intérieur arabes, confirme « la nécessité absolue » d’un partenariat policier mondial.

Le Maroc n’est pas un refuge pour les criminels recherchés

Face à l’internationalisation de la criminalité mêlant terrorisme, cybercriminalité, trafic international des stupéfiants, traite des êtres humains, blanchiment d’argent…, il met en garde les criminels étrangers qui pensaient œuvrer tranquillement à partir du Maroc ou s’y réfugier qu’ils se trompent lourdement.

« La DGSN est très impliquée dans la coordination d’enquêtes menées à l’international pour arrêter et exécuter des opérations d’extradition et de transfert de personnes poursuivies ou condamnées ainsi que l’exécution sur le territoire marocain de commissions rogatoires internationales en coordination avec les départements institutionnels nationaux (justice…) », prévient le commissaire qui ajoute que le bureau d’Interpol qu’il dirige est connecté aux polices de 194 pays membres à travers un système informatique baptisé « I-24/7 » opérationnel 24H/24 et 7J/7.

Difficile de s’échapper quand on sait que cette banque de données possède le signalement de documents de voyages perdus ou volés, des véhicules volés, des individus recherchés, des œuvres d’art volées, des empreintes digitales… La DGSN a ainsi pu interpeller récemment un membre important de la mafia calabraise et un dangereux fugitif espagnol qui s’étaient réfugiés au Maroc.

Idem pour le bureau de liaison arabe qui est raccordé à un réseau de communication sécurisé intitulé « Cheikh Zayed » destiné à renforcer la coopération sécuritaire entre pays membres arabes.

Création d’une équipe policière conjointe avec l’Espagne

Parallèlement aux mécanismes de collaboration précités, deux bureaux de coopération policière ont été créés à Tanger Med et à Algésiras pour une collaboration bilatérale entre le Maroc et l’Espagne.

Placés sous l’autorité du pôle de coopération policière internationale (PCPI), ils s’occupent de la lutte contre le terrorisme, le trafic de stupéfiants et des migrations irrégulières. De plus, la DGSN a constitué avec son homologue espagnol une équipe conjointe spécialisée en migration irrégulière.

Pour la seule année 2018, la coopération de la DGSN avec Interpol et le bureau de liaison arabe a permis d’exécuter 109 commissions rogatoires internationales, de diffuser 65 mandats d’arrêts internationaux émis par le Maroc à l’encontre de suspects recherchés de différentes nationalités, et d’arrêter 53 individus faisant l’objet d’un mandat d’arrêt international.

Du côté du PCPI, 4.000 dossiers ont été traités dont des demandes de renseignements, de localisation, d’identification, de refoulement et rapatriement, d’extradition et de transfèrement.

Une police qui forme en Afrique et exporte ses renseignements en Europe

Concernant le profil des policiers affectés à la coopération internationale, la DGSN privilégie des techniciens et scientifiques (ingénieurs, administratifs…) et des gradés de police dotés de connaissances juridiques, linguistiques, managériales… qui sont soumis à des formations régulières.

En effet, depuis 2016, la coopération technique connait un essor important avec un nombre croissant de bénéficiaires de formations (4.000 en 2018) portant sur la lutte contre la cybercriminalité, la police technique et scientifique, l'unité cynotechnique, la sûreté des frontières et la gestion du renseignement.

Grâce à l’expertise accumulée, le Maroc est en mesure d’exporter son savoir-faire vers plusieurs pays africains pour former des cadres policiers sur les questions de terrorisme, gestion de crise, cybercriminalité, gestion des frontières, police technique et scientifique … En quatre ans, 39 actions de formation ont été initiées au profit de 445 officiers africains issus de 14 pays différents.

Hormis la criminalité organisée, le BCIJ (bureau central d’investigations judiciaires) a permis d’aider plusieurs services étrangers à interpeller les coupables ou des candidats à commettre des attentats.

Il a permis de démanteler les groupes auteurs des attentats de Madrid en 2004, du double attentat de Catalogne en 2017, et aussi des attentats parisiens de 2015 avec la localisation et la neutralisation du commanditaire belgo-marocain Abdelhamid Abaaoud, abattu dans sa planque le 18 novembre 2015.

Idem pour les services de sécurité allemands avisés par ce service en septembre 2016 de la dangerosité du Tunisien Anis Amir qui commettra un attentat au camion dans un marché de Noël le 19 décembre (19 morts).

Hammouchi, l’homme de la situation

Au final, la communauté internationale doit donc beaucoup à la DGSN qui a fait beaucoup de chemin en termes d’efficience et aussi d’image auprès des Marocains et des services de sécurité étrangers.

Si ses succès sont le fruit d’une grande équipe, il n’en demeure pas moins que cette quasi-révolution unanimement louée à l’international est à mettre au crédit de son directeur général, Abdellatif Hammouchi, qui a su s’entourer et faire de bons choix stratégiques.

Sachant que la criminalité ne connaît pas la crise, les hommes de Hammouchi ne risquent pas de chômer ce qui veut dire que la coopération internationale a encore de beaux jours devant elle…

DGSN : la coopération internationale, nouveau cheval de bataille

Le 05 juillet 2019 à17:34

Modifié le 06 juillet 2019 à 17:13

Associée avec succès à la résolution de plusieurs enquêtes régionales et internationales, la DGSN est de plus en plus sollicitée par ses confrères étrangers. Voici comment les hommes de Hammouchi sont devenus incontournables au sein de la planète sécuritaire mondiale.

Face à une criminalité qui se nourrit de globalisation et de mobilité, la revue de la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) consacre un numéro spécial à la coopération sécuritaire internationale.

Dans pas moins de 30 pages, le numéro 32 de la « Revue de la police » revient sur la nécessité de collaborer avec ses homologues étrangers pour lutter efficacement contre le terrorisme et le crime organisé qui se jouent des frontières et innovent sans arrêt pour déjouer les services de sécurité.

Coopération policière multilatérale et bilatérale

Pour y faire face, le Maroc a adhéré à plusieurs instances de coopération sécuritaire internationale comme l’organisation internationale de police criminelle plus connue sous le nom d’Interpol (membre depuis 1957), l’office des Nations unies contre la drogue et le crime, l’organisation mondiale des douanes (OMD), le secrétariat général du conseil des ministres de l’Intérieur arabes (1983)…

Hormis ces organismes multilatéraux, des conventions bilatérales lient le Royaume à d’autres pays amis à travers un réseau d’officiers de liaison et d’attachés de sécurité qui facilitent les échanges.

Après plusieurs années, de pays membre demandeur d’assistance, le Maroc, à travers la DGSN, est devenu un prestataire reconnu, à l’échelle mondiale, en termes de fourniture de renseignements.

Sachant que ses services ont permis de déjouer de nombreux actes criminels et terroristes, la DGSN a créé un organe central baptisé « pôle de coopération policière internationale » (PCPI) chargé de coordonner la coopération internationale.

La DGSN sollicitée de toutes parts même par la lointaine Russie

Cette nouvelle structure (2015) a traité au total 4.866 demandes entrantes et sortantes en 2018, dont celles des officiers de liaison marocains en poste à l’étranger et des étrangers accrédités au Maroc.

Signe de son efficacité et alors qu’elle n’a jamais organisé un tel événement, la DGSN a été sollicitée pour envoyer une délégation policière collaborer avec les services russes lors de la Coupe du monde de 2018 et aider à mettre en œuvre un protocole sécuritaire pour ce rendez-vous planétaire.

Dans une déclaration au journal, Mohammed Dkhissi, qui cumule les fonctions de directeur de la police judiciaire, du bureau central d’Interpol à Rabat et du bureau de liaison arabe auprès des ministres de l’Intérieur arabes, confirme « la nécessité absolue » d’un partenariat policier mondial.

Le Maroc n’est pas un refuge pour les criminels recherchés

Face à l’internationalisation de la criminalité mêlant terrorisme, cybercriminalité, trafic international des stupéfiants, traite des êtres humains, blanchiment d’argent…, il met en garde les criminels étrangers qui pensaient œuvrer tranquillement à partir du Maroc ou s’y réfugier qu’ils se trompent lourdement.

« La DGSN est très impliquée dans la coordination d’enquêtes menées à l’international pour arrêter et exécuter des opérations d’extradition et de transfert de personnes poursuivies ou condamnées ainsi que l’exécution sur le territoire marocain de commissions rogatoires internationales en coordination avec les départements institutionnels nationaux (justice…) », prévient le commissaire qui ajoute que le bureau d’Interpol qu’il dirige est connecté aux polices de 194 pays membres à travers un système informatique baptisé « I-24/7 » opérationnel 24H/24 et 7J/7.

Difficile de s’échapper quand on sait que cette banque de données possède le signalement de documents de voyages perdus ou volés, des véhicules volés, des individus recherchés, des œuvres d’art volées, des empreintes digitales… La DGSN a ainsi pu interpeller récemment un membre important de la mafia calabraise et un dangereux fugitif espagnol qui s’étaient réfugiés au Maroc.

Idem pour le bureau de liaison arabe qui est raccordé à un réseau de communication sécurisé intitulé « Cheikh Zayed » destiné à renforcer la coopération sécuritaire entre pays membres arabes.

Création d’une équipe policière conjointe avec l’Espagne

Parallèlement aux mécanismes de collaboration précités, deux bureaux de coopération policière ont été créés à Tanger Med et à Algésiras pour une collaboration bilatérale entre le Maroc et l’Espagne.

Placés sous l’autorité du pôle de coopération policière internationale (PCPI), ils s’occupent de la lutte contre le terrorisme, le trafic de stupéfiants et des migrations irrégulières. De plus, la DGSN a constitué avec son homologue espagnol une équipe conjointe spécialisée en migration irrégulière.

Pour la seule année 2018, la coopération de la DGSN avec Interpol et le bureau de liaison arabe a permis d’exécuter 109 commissions rogatoires internationales, de diffuser 65 mandats d’arrêts internationaux émis par le Maroc à l’encontre de suspects recherchés de différentes nationalités, et d’arrêter 53 individus faisant l’objet d’un mandat d’arrêt international.

Du côté du PCPI, 4.000 dossiers ont été traités dont des demandes de renseignements, de localisation, d’identification, de refoulement et rapatriement, d’extradition et de transfèrement.

Une police qui forme en Afrique et exporte ses renseignements en Europe

Concernant le profil des policiers affectés à la coopération internationale, la DGSN privilégie des techniciens et scientifiques (ingénieurs, administratifs…) et des gradés de police dotés de connaissances juridiques, linguistiques, managériales… qui sont soumis à des formations régulières.

En effet, depuis 2016, la coopération technique connait un essor important avec un nombre croissant de bénéficiaires de formations (4.000 en 2018) portant sur la lutte contre la cybercriminalité, la police technique et scientifique, l'unité cynotechnique, la sûreté des frontières et la gestion du renseignement.

Grâce à l’expertise accumulée, le Maroc est en mesure d’exporter son savoir-faire vers plusieurs pays africains pour former des cadres policiers sur les questions de terrorisme, gestion de crise, cybercriminalité, gestion des frontières, police technique et scientifique … En quatre ans, 39 actions de formation ont été initiées au profit de 445 officiers africains issus de 14 pays différents.

Hormis la criminalité organisée, le BCIJ (bureau central d’investigations judiciaires) a permis d’aider plusieurs services étrangers à interpeller les coupables ou des candidats à commettre des attentats.

Il a permis de démanteler les groupes auteurs des attentats de Madrid en 2004, du double attentat de Catalogne en 2017, et aussi des attentats parisiens de 2015 avec la localisation et la neutralisation du commanditaire belgo-marocain Abdelhamid Abaaoud, abattu dans sa planque le 18 novembre 2015.

Idem pour les services de sécurité allemands avisés par ce service en septembre 2016 de la dangerosité du Tunisien Anis Amir qui commettra un attentat au camion dans un marché de Noël le 19 décembre (19 morts).

Hammouchi, l’homme de la situation

Au final, la communauté internationale doit donc beaucoup à la DGSN qui a fait beaucoup de chemin en termes d’efficience et aussi d’image auprès des Marocains et des services de sécurité étrangers.

Si ses succès sont le fruit d’une grande équipe, il n’en demeure pas moins que cette quasi-révolution unanimement louée à l’international est à mettre au crédit de son directeur général, Abdellatif Hammouchi, qui a su s’entourer et faire de bons choix stratégiques.

Sachant que la criminalité ne connaît pas la crise, les hommes de Hammouchi ne risquent pas de chômer ce qui veut dire que la coopération internationale a encore de beaux jours devant elle…

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