Dialogue social : les syndicats ne veulent rien lâcher...

Les syndicats acceptent l’offre financière du gouvernement mais ne l’assument pas entièrement. Le projet d’accord de dialogue social n’est toujours pas finalisé. Les négociations sur la partie « législation du travail » et « liberté syndicale » sont rudes et retardent le processus.

Dialogue social : les syndicats ne veulent rien lâcher...

Le 19 avril 2019 à 14:15

Modifié le 19 avril 2019 à 13:18

Le gouvernement et le patronat ont fait un effort visible pour faire aboutir le dialogue social qui bloque depuis des années : augmentation générale des salaires dans la fonction publique (en plus d’autres avantages) et hausse de 10% du SMIG dans le secteur privé.
 
Les syndicats, eux, adoptent une posture qui suscite l’étonnement. Ils acceptent l’offre financière du gouvernement mais ne l’assument pas vraiment.
 
Dans un communiqué du 17 avril, l’UMT affirme que cette offre est en deçà des attentes mais constitue une avancée par rapport à l’ancienne proposition du gouvernement et un premier pas vers la réalisation du cahier revendicatif de la centrale syndicale.
 
Même position à l’UGTM, selon son dernier communiqué : acceptation de l’offre « dérisoire » du gouvernement, qui ne constitue qu’une restitution de tous les prélèvements opérés pour la réforme des retraites, et maintien des revendications pour une réelle amélioration des revenus des travailleurs.
 
Auprès de la CDT, l’on accepte l’offre financière du gouvernement mais l’on conditionne l’aboutissement du dialogue social au consensus à trouver sur les autres points inscrits, relatifs principalement à la législation du travail et aux libertés syndicales.

Les principales demandes de la CGEM

C’est justement cette partie du dialogue social qui retarde le processus. Le projet d’accord préparé par le ministère de l’Intérieur et présenté aux partenaires sociaux le 11 avril dernier, n’est toujours pas finalisé. Sa signature est espérée avant le 1er mai mais d’ici là tout peut arriver.
 
Selon des sources syndicales, s'exprimant sous couvert d'anonymat, le projet d’accord circule toujours entre les différentes parties pour trouver un consensus sur le volet « législation du travail » et « libertés syndicales ».
 
Cette partie est défendue par la CGEM depuis des années. Les syndicats résument ses revendications comme suit :
 
-      L’adoption du projet de loi organique sur la grève. Ce texte traine depuis 2016 au Parlement. Il devait être adopté pendant la première législature après la Constitution de 2011, comme les autres lois organiques.
-     L’adoption du décret sur les CDD pour fixer notamment la liste des secteurs autorisés à conclure ce type de contrats. Ce texte manque à l’appel depuis l’adoption du Code du travail en 2004.
-      La révision des dispositions régissant le travail temporaire pour porter la durée autorisée de 3 mois renouvelable une fois à 6 mois renouvelable 2 fois, dans le cadre de la flexibilisation de l'emploi.
-      L’amendement de plusieurs articles du Code du travail, notamment pour supprimer le cumul des indemnités en cas de licenciement abusif et assouplir la procédure disciplinaire.
 
Selon nos sources, la CGEM exige en contrepartie de l’augmentation du SMIG l’application de ces réformes selon un calendrier précis intégré dans l’accord du dialogue social.

Qu'en pensent les syndicats ? Les responsables officiels des centrales n'ont pas donné suite à nos sollicitations. Mais d'après leurs derniers communiqués, leur posture est claire et les négociations semblent rudes. 

Les syndicats refusent la réglementation du droit de grève

L’UGTM appelle toujours au retrait immédiat du projet de loi organique sur la grève et à la cessation des pratiques portant atteinte aux libertés syndicales.
 
L’UMT appelle également ses militants à se mobiliser contre les atteintes aux libertés syndicales et délègue à son secrétariat national la poursuite des négociations avec les partenaires sociaux sur les aspects relatifs à la législation du travail et au droit de grève.
 
La CDT a aussi délégué à son bureau exécutif le pouvoir de négociation autour des autres points du dialogue social (la partie non financière) et brande toujours la menace de protestation si le gouvernement touche aux acquis ou s’il ne respecte pas ses engagements.
 
Bref, les syndicats se sont toujours opposés à la réforme du code du travail et à la réglementation du droit de grève. Cèderont-ils cette fois ? L’augmentation du SMIG aura-t-elle lieu sans avancée sur le plan législatif ? Le dialogue social subira-t-il un nouveau blocage ? Réponse d’ici le 1er mai.

Dialogue social : les syndicats ne veulent rien lâcher...

Le 19 avril 2019 à14:18

Modifié le 19 avril 2019 à 13:18

Les syndicats acceptent l’offre financière du gouvernement mais ne l’assument pas entièrement. Le projet d’accord de dialogue social n’est toujours pas finalisé. Les négociations sur la partie « législation du travail » et « liberté syndicale » sont rudes et retardent le processus.

Le gouvernement et le patronat ont fait un effort visible pour faire aboutir le dialogue social qui bloque depuis des années : augmentation générale des salaires dans la fonction publique (en plus d’autres avantages) et hausse de 10% du SMIG dans le secteur privé.
 
Les syndicats, eux, adoptent une posture qui suscite l’étonnement. Ils acceptent l’offre financière du gouvernement mais ne l’assument pas vraiment.
 
Dans un communiqué du 17 avril, l’UMT affirme que cette offre est en deçà des attentes mais constitue une avancée par rapport à l’ancienne proposition du gouvernement et un premier pas vers la réalisation du cahier revendicatif de la centrale syndicale.
 
Même position à l’UGTM, selon son dernier communiqué : acceptation de l’offre « dérisoire » du gouvernement, qui ne constitue qu’une restitution de tous les prélèvements opérés pour la réforme des retraites, et maintien des revendications pour une réelle amélioration des revenus des travailleurs.
 
Auprès de la CDT, l’on accepte l’offre financière du gouvernement mais l’on conditionne l’aboutissement du dialogue social au consensus à trouver sur les autres points inscrits, relatifs principalement à la législation du travail et aux libertés syndicales.

Les principales demandes de la CGEM

C’est justement cette partie du dialogue social qui retarde le processus. Le projet d’accord préparé par le ministère de l’Intérieur et présenté aux partenaires sociaux le 11 avril dernier, n’est toujours pas finalisé. Sa signature est espérée avant le 1er mai mais d’ici là tout peut arriver.
 
Selon des sources syndicales, s'exprimant sous couvert d'anonymat, le projet d’accord circule toujours entre les différentes parties pour trouver un consensus sur le volet « législation du travail » et « libertés syndicales ».
 
Cette partie est défendue par la CGEM depuis des années. Les syndicats résument ses revendications comme suit :
 
-      L’adoption du projet de loi organique sur la grève. Ce texte traine depuis 2016 au Parlement. Il devait être adopté pendant la première législature après la Constitution de 2011, comme les autres lois organiques.
-     L’adoption du décret sur les CDD pour fixer notamment la liste des secteurs autorisés à conclure ce type de contrats. Ce texte manque à l’appel depuis l’adoption du Code du travail en 2004.
-      La révision des dispositions régissant le travail temporaire pour porter la durée autorisée de 3 mois renouvelable une fois à 6 mois renouvelable 2 fois, dans le cadre de la flexibilisation de l'emploi.
-      L’amendement de plusieurs articles du Code du travail, notamment pour supprimer le cumul des indemnités en cas de licenciement abusif et assouplir la procédure disciplinaire.
 
Selon nos sources, la CGEM exige en contrepartie de l’augmentation du SMIG l’application de ces réformes selon un calendrier précis intégré dans l’accord du dialogue social.

Qu'en pensent les syndicats ? Les responsables officiels des centrales n'ont pas donné suite à nos sollicitations. Mais d'après leurs derniers communiqués, leur posture est claire et les négociations semblent rudes. 

Les syndicats refusent la réglementation du droit de grève

L’UGTM appelle toujours au retrait immédiat du projet de loi organique sur la grève et à la cessation des pratiques portant atteinte aux libertés syndicales.
 
L’UMT appelle également ses militants à se mobiliser contre les atteintes aux libertés syndicales et délègue à son secrétariat national la poursuite des négociations avec les partenaires sociaux sur les aspects relatifs à la législation du travail et au droit de grève.
 
La CDT a aussi délégué à son bureau exécutif le pouvoir de négociation autour des autres points du dialogue social (la partie non financière) et brande toujours la menace de protestation si le gouvernement touche aux acquis ou s’il ne respecte pas ses engagements.
 
Bref, les syndicats se sont toujours opposés à la réforme du code du travail et à la réglementation du droit de grève. Cèderont-ils cette fois ? L’augmentation du SMIG aura-t-elle lieu sans avancée sur le plan législatif ? Le dialogue social subira-t-il un nouveau blocage ? Réponse d’ici le 1er mai.

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commentaires

nizar

L'offre financière doit aussi être revue car les augmentations doivent s'exécuter depuis l'échec du premier dialogue social. L'augmentation doit être effective au moins depuis mai 2018

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