Douiri : "C'est l’emploi qui doit être la priorité de la stratégie de relance"

INTERVIEW. Fondateur du groupe industriel Mutandis et ancien président de l’Alliance des économistes istiqlaliens, Adil Douiri estime que la priorité dans cette phase de relance est la sauvegarde de l’emploi et du pouvoir d’achat des ménages. Ce qui passe par un grand soutien aux entreprises, au-delà des produits de financement proposés jusque-là par les banques et l’Etat.

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 Douiri :

Le 21 juin 2020 à 11:58

Modifié le 23 juin 2020 à 14:55

Développeur d’entreprises et ancien président de l’Alliance des économistes isitiqlaliens, Adil Douiri nous parle dans cet entretien de la relance de l’économie marocaine, des contraintes et des opportunités que le Maroc peut tirer de cette crise.

Dans cette phase, la priorité selon lui est de sauvegarder les emplois et les revenus des ménages. Et cela passe obligatoirement par le soutien aux entreprises.

L’Etat a, selon lui, bien géré ces deux volets pendant la durée de confinement, mais doit redoubler d’efforts pour la phase de relance.

Les crédits « Damane Relance » lancés par les banques sous garantie de l’Etat restent insuffisants selon lui, pour éviter les faillites en cascade et l’envolée du chômage. Et ce, en raison de la sous-capitalisation de la grande majorité des entreprises, les PME notamment.

L’Etat doit activer selon lui, en plus de ces produits de crédit, un nouveau mécanisme qui vise à renforcer les fonds propres des entreprises, dont la majorité souffrait de problèmes de sous-capitalisation avant même la crise. Il propose pour cela le montage d’un produit financier innovant, alignant des mécanismes de dettes sur le long terme, qui peuvent être assimilés à des fonds propres.

Sur le plan macro, celui qui était également ministre du Tourisme sous le gouvernement Jettou (entre 2003 et 2007) pense que l’Etat a les moyens de financer cette phase où le déficit budgétaire s’envolera. Il affiche également un ton optimiste quant au risque d’assèchement des réserves en devises du pays et affirme que Bank Al-Maghrib et l’Etat ont bien géré jusque-là ce volet.

Mais M. Douiri pense qu’il faudra désormais s’attaquer aux causes structurelles de ce déficit chronique de la balance des biens et services. En s’appuyant essentiellement sur le tourisme, mais aussi et surtout sur différentes branches industrielles qui affichent un grand potentiel de développement.

Des niches à développer davantage, pour résorber à la fois le déficit de la balance des biens et services et pour mettre le pays sur la voie de l’émergence. Et sur cela, il s’aligne complètement sur la stratégie que veut dérouler le ministre de l’Industrie Moulay Hafid Elalamy, qui consiste à mettre en place une politique d’import-substitution, à protéger l’industrie locale quand les jeux du libre-échange sont faussés, et à continuer à promouvoir les industries et services à l’export comme l’automobile, l’aéronautique, les engrais, l’offshoring…

(...)Lire l'intégralité de l'article

Douiri : "C'est l’emploi qui doit être la priorité de la stratégie de relance"

Le 21 juin 2020 à12:02

Modifié le 23 juin 2020 à 14:55

INTERVIEW. Fondateur du groupe industriel Mutandis et ancien président de l’Alliance des économistes istiqlaliens, Adil Douiri estime que la priorité dans cette phase de relance est la sauvegarde de l’emploi et du pouvoir d’achat des ménages. Ce qui passe par un grand soutien aux entreprises, au-delà des produits de financement proposés jusque-là par les banques et l’Etat.

Développeur d’entreprises et ancien président de l’Alliance des économistes isitiqlaliens, Adil Douiri nous parle dans cet entretien de la relance de l’économie marocaine, des contraintes et des opportunités que le Maroc peut tirer de cette crise.

Dans cette phase, la priorité selon lui est de sauvegarder les emplois et les revenus des ménages. Et cela passe obligatoirement par le soutien aux entreprises.

L’Etat a, selon lui, bien géré ces deux volets pendant la durée de confinement, mais doit redoubler d’efforts pour la phase de relance.

Les crédits « Damane Relance » lancés par les banques sous garantie de l’Etat restent insuffisants selon lui, pour éviter les faillites en cascade et l’envolée du chômage. Et ce, en raison de la sous-capitalisation de la grande majorité des entreprises, les PME notamment.

L’Etat doit activer selon lui, en plus de ces produits de crédit, un nouveau mécanisme qui vise à renforcer les fonds propres des entreprises, dont la majorité souffrait de problèmes de sous-capitalisation avant même la crise. Il propose pour cela le montage d’un produit financier innovant, alignant des mécanismes de dettes sur le long terme, qui peuvent être assimilés à des fonds propres.

Sur le plan macro, celui qui était également ministre du Tourisme sous le gouvernement Jettou (entre 2003 et 2007) pense que l’Etat a les moyens de financer cette phase où le déficit budgétaire s’envolera. Il affiche également un ton optimiste quant au risque d’assèchement des réserves en devises du pays et affirme que Bank Al-Maghrib et l’Etat ont bien géré jusque-là ce volet.

Mais M. Douiri pense qu’il faudra désormais s’attaquer aux causes structurelles de ce déficit chronique de la balance des biens et services. En s’appuyant essentiellement sur le tourisme, mais aussi et surtout sur différentes branches industrielles qui affichent un grand potentiel de développement.

Des niches à développer davantage, pour résorber à la fois le déficit de la balance des biens et services et pour mettre le pays sur la voie de l’émergence. Et sur cela, il s’aligne complètement sur la stratégie que veut dérouler le ministre de l’Industrie Moulay Hafid Elalamy, qui consiste à mettre en place une politique d’import-substitution, à protéger l’industrie locale quand les jeux du libre-échange sont faussés, et à continuer à promouvoir les industries et services à l’export comme l’automobile, l’aéronautique, les engrais, l’offshoring…

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