Drame de Khémisset: ce qu’a révélé l’enquête de la protection civile

LE RECIT OFFICIEL. Suite à la mort tragique, dimanche 4 août, d’une fillette brûlée vive après l’explosion d’un chargeur de téléphone, les pompiers sont pointés du doigt pour leur manque de célérité et de professionnalisme. Après 48 heures d’enquête, une source autorisée de la protection civile revient pour Médias24 sur le déroulement de ce drame en écartant toute responsabilité de ses hommes. Voici sa version officielle des faits qui sera bientôt communiquée à l’opinion publique.

Drame de Khémisset : Ce qu’a révélé l’enquête de la protection civile Source: FAR Maroc

Le 06 août 2019 à 18:29

Modifié le 08 août 2019 à 10:41

L’incendie provoqué par l’explosion d’un chargeur de téléphone de mauvaise qualité a été à l'origine du décès dimanche 4 août d’une fillette qui jouait dans sa chambre à Sidi Allal Bahraoui, près de Khémisset. Agée de moins de 10 ans, elle a été piégée au milieu des flammes entre une porte verrouillée et une fenêtre grillagée qui lui ont interdit toute fuite.

Dès le lendemain du drame, plusieurs témoignages de riverains ont imputé la responsabilité de ce décès "qui aurait pu et dû être évité" à des sauveteurs de la protection civile "sous-équipés et qui sont arrivés trop tard" (voir vidéo en fin d'article).

Après avoir visionné ces témoignages mettant en cause directement les pompiers de la caserne de Sidi Allal Al Bahraoui, Médias24 a interpellé un haut gradé de la Protection civile, lui posant les mêmes questions que les Marocains se posent. Les pompiers auraient-ils pu arriver plus tôt? Etaient-ils sous-équipés? Manquaient-ils d'eau? Ceci est donc la version officielle de la Protection civile et non pas celle d'une enquête indépendante.

"Plutôt que de filmer, il fallait appeler le 15"

Sous couvert d'anonymat, notre interlocuteur attribue la responsabilité d’une "perte de temps précieuse" à deux facteurs déterminants qui, selon lui, "auraient pu changer le cours des choses":

"Les premières conclusions de l’enquête montrent qu’au lieu d’alerter immédiatement les secours, les riverains ont commencé à prendre des photos et à filmer la fenêtre du 1er étage en proie aux flammes.

"En se comportant de la sorte, ils ont donc perdu un temps précieux qui aurait été très utile pour mobiliser plus rapidement les pompiers de la caserne toute proche.

"En réalité, l’appel qui a donné l’alerte à la caserne est venu d’une personne qui travaille dans un café voisin du drame et qui est ami d’un élément de la protection civile. C’est donc ce dernier, appelé à 17h13 sur son portable personnel, qui a prévenu ses collègues.

Un standard aisément joignable au 15 et non pas au 155

"Il y a eu , en effet, d’autres appels à partir de 17h14 ou 17h15 mais contrairement à ce qui a été avancé par certains, le standard de cette caserne a toujours été joignable car elle n’est pas débordée comme celles des grandes villes.

"L’autre problème à l’origine de la perte de temps vient du fait que plusieurs personnes ont contacté le numéro 155 au lieu d’appeler le 15.

"Sachant que ces tentatives débouchaient sur une tonalité occupée, certains en ont vite déduit que notre standard était en panne. Il faut donc rappeler que le numéro de la protection civile est le 15.

"1 minute de préparation et 3 pour arriver sur les lieux du drame"

"Sachant que l’immeuble où s’est produit l’incendie est distant d'à peine 700 mètres du centre de secours, les sauveteurs sont arrivés sur place au bout de 3 minutes de trajet, c’est-à-dire à 17h17 précisément.

"Là-encore, il faut préciser qu’entre le délai de préparation qui n’excède pas 1 minute et le trajet, le camion d’intervention et l’ambulance ont mis seulement 4 minutes après avoir été prévenus à 17h13", récapitule notre source.

A la question de savoir s’il était vrai que le camion d’intervention ne disposait pas d’eau pour éteindre l’incendie, notre interlocuteur dément totalement "une accusation infondée et farfelue".

"Contrairement aux accusations, la cuve du camion était remplie d’eau"

"Après chaque intervention, tous les camions de la protection civile du Maroc doivent obligatoirement refaire le plein d’eau avant de rentrer dans leur caserne.

"N’ayant pas de bouches d’incendies pour remplir les cuves du camion dans toutes les casernes, chaque camion doit s’arrêter pour faire le plein à un poteau de ravitaillement en eau disponible dans toutes les avenues des villes.

"A partir de là, cette accusation n’a donc aucun sens car il serait illogique voire stupide de devoir chercher de l’eau avant d’intervenir", tient à rectifier le haut gradé de la Protection civile.

Interrogé sur le nombre de pompiers mobilisés pour gérer le drame de Sidi Allal Al Bahraoui, l’officier affirme que 8 personnes étaient présentes sur les lieux: 2 ambulanciers, 5 pompiers et leur chef.

"Ces équipes munies de tout l’équipement nécessaire n’ont eu aucun mal à arriver rapidement sur les lieux mais encore une fois, l’issue malheureuse s’explique par l’alerte lancée trop tard.

"En s’amusant à filmer le drame au lieu de nous alerter, les gens ont perdu un temps précieux. Ainsi, si nous avions été prévenus au tout début de l’incendie, nous aurions peut-être pu sauver la petite fille.

A l’arrivée des pompiers, il était déjà trop tard

"Dès leur arrivée sur les lieux, les sauveteurs n’ont pu que constater qu’il était trop tard pour la fillette dont le corps était en train de brûler avec les deux jambes sortant de la fenêtre grillagée.

"Sur les images filmées par les riverains, on voit bien qu’elle était déjà morte et que son corps en proie aux flammes était calciné.

"Afin d’accéder à la pièce où elle a été piégée, nos hommes ont dû défoncer la porte d’entrée car elle était verrouillée et les parents de la petite n’étaient pas présents.

"Une fois sur place, les pompiers ont rapidement arrêté la propagation du feu vers les autres chambres et les autres logements de l’immeuble de deux étages.

"S’ils avaient vraiment tardé, l’incendie aurait ravagé tout le bâtiment et pas uniquement la chambre à coucher où a eu lieu le drame", précise l’officier de la Protection civile.

4 minutes après le départ du feu, le sauvetage était encore possible

Interrogé sur les chances de sauver la fillette, notre interlocuteur avance qu’il aurait fallu arriver au tout début de l’incendie car la situation était devenue irréversible en 5 minutes.

"Prévenus au départ du feu, les pompiers l'auraient d’abord éteint de l’extérieur avec leurs lances et auraient ensuite pu récupérer la fille à l’intérieur après avoir défoncé la porte verrouillée.

"Malheureusement, se sentant piégée et certainement affolée, elle s’est dirigée vers la fenêtre pour demander du secours alors qu’elle aurait dû rester collée à la porte pour gagner quelques minutes.

"Le départ du feu s’est en effet produit du côté de la porte de la chambre à coucher qui avait un lit en mousse et une armoire en bois, soit un pouvoir et un contexte calorifiques considérables.

Température, flammes et gaz toxiques à l’origine du décès

"Les flammes se sont développées très vite et le phénomène de convection les a ensuite entraînées vers la fenêtre pour s’alimenter en air. Elle s’est donc retrouvée piégée par les énormes flammes.

"Vu qu’elle était au 1er étage, s’il n’y avait pas eu de grillage, elle aurait pu sauter et s’en sortir avec quelques fractures au lieu de périr de cette manière atroce.

"Malheureusement, l'expérience dans ce type de sinistre nous montre qu’au bout de 5 minutes, il n’y a plus aucune chance de sauver une personne piégée car la température a déjà atteint 600 degrés dans ce délai.

"Même si les flammes n’atteignent pas la personne proche du foyer, aucun être vivant ne peut supporter la proximité d’une telle température.

"Dans ce drame, les choses sont allées extrêmement vite. Après avoir explosé, le chargeur a provoqué un début d’incendie qui s’est propagé rapidement vers le matelas et les matières inflammables.

"La température ambiante a grimpé très vite et les flammes ont commencé à tout dévorer autour.

"La malheureuse a donc été confrontée à la chaleur, aux flammes et aux gaz toxiques qui l’ont certainement asphyxiée très rapidement et l’ont rendue inconsciente. Ce n’est qu’après que son corps s’est enflammé avant d’être retrouvé calciné par les pompiers", explique notre interlocuteur.

Des pompiers en short mais prêts à intervenir

Souhaitant répondre à ceux qui affirment que les pompiers de la caserne n’étaient pas en tenue mais en short en train de jouer aux cartes, notre interlocuteur rappelle d’abord que les éléments de la protection civile passent, avant leur retraite professionnelle, la moitié de leur vie dans une caserne.

"Les équipes de pompiers travaillent 24 heures sur 24, 7 jours sur sept et tous les jours fériés. Sachant que le dimanche est libre de quartier, certains pompiers sont prêts à intervenir en tenue et d’autres peuvent être en train de manger, se doucher, faire du sport ou discuter entre eux.

"Quoi qu’il en soit, la norme veut qu’ils doivent être prêts à sortir et intervenir en une minute et pas une seconde de plus.

"Ils étaient donc opérationnels à 17h14 et proches de la sortie de la caserne", rappelle notre source furieuse que des hommes qui mettent leur vie en péril pour en sauver d’autres puissent faire l'objet de telles accusations.

Le rapport d’enquête est pratiquement bouclé

En conclusion, l’officier affirme que l’enquête menée au lendemain et surlendemain du drame a conclu à l’absence de retard et de défaut d’équipements des sauveteurs qui se sont mobilisés.

"Encore une fois, cette tragédie aurait pu être évitée si nous avions été prévenus plus tôt.

"Pour résumer, une minute après un départ de feu, on peut l’éteindre avec un seau d’eau. A la 2ème minute, il faut un camion d’eau car l’incendie se propage à une vitesse phénoménale mais au bout de cinq minutes, il n’y a presque plus rien à faire pour sauver les personnes proches du foyer d’incendie".

En attendant que le rapport d’enquête de la Protection civile soit publié, chacun peut d’ores et déjà se faire son idée sur les responsabilités de ce drame.

Ci-après, une vidéo tournée par nos confrères Alyaoum24 où des voisins mettent en cause la Protection civile :

Source: FAR Maroc

Drame de Khémisset: ce qu’a révélé l’enquête de la protection civile

Le 06 août 2019 à18:29

Modifié le 08 août 2019 à 10:41

LE RECIT OFFICIEL. Suite à la mort tragique, dimanche 4 août, d’une fillette brûlée vive après l’explosion d’un chargeur de téléphone, les pompiers sont pointés du doigt pour leur manque de célérité et de professionnalisme. Après 48 heures d’enquête, une source autorisée de la protection civile revient pour Médias24 sur le déroulement de ce drame en écartant toute responsabilité de ses hommes. Voici sa version officielle des faits qui sera bientôt communiquée à l’opinion publique.

L’incendie provoqué par l’explosion d’un chargeur de téléphone de mauvaise qualité a été à l'origine du décès dimanche 4 août d’une fillette qui jouait dans sa chambre à Sidi Allal Bahraoui, près de Khémisset. Agée de moins de 10 ans, elle a été piégée au milieu des flammes entre une porte verrouillée et une fenêtre grillagée qui lui ont interdit toute fuite.

Dès le lendemain du drame, plusieurs témoignages de riverains ont imputé la responsabilité de ce décès "qui aurait pu et dû être évité" à des sauveteurs de la protection civile "sous-équipés et qui sont arrivés trop tard" (voir vidéo en fin d'article).

Après avoir visionné ces témoignages mettant en cause directement les pompiers de la caserne de Sidi Allal Al Bahraoui, Médias24 a interpellé un haut gradé de la Protection civile, lui posant les mêmes questions que les Marocains se posent. Les pompiers auraient-ils pu arriver plus tôt? Etaient-ils sous-équipés? Manquaient-ils d'eau? Ceci est donc la version officielle de la Protection civile et non pas celle d'une enquête indépendante.

"Plutôt que de filmer, il fallait appeler le 15"

Sous couvert d'anonymat, notre interlocuteur attribue la responsabilité d’une "perte de temps précieuse" à deux facteurs déterminants qui, selon lui, "auraient pu changer le cours des choses":

"Les premières conclusions de l’enquête montrent qu’au lieu d’alerter immédiatement les secours, les riverains ont commencé à prendre des photos et à filmer la fenêtre du 1er étage en proie aux flammes.

"En se comportant de la sorte, ils ont donc perdu un temps précieux qui aurait été très utile pour mobiliser plus rapidement les pompiers de la caserne toute proche.

"En réalité, l’appel qui a donné l’alerte à la caserne est venu d’une personne qui travaille dans un café voisin du drame et qui est ami d’un élément de la protection civile. C’est donc ce dernier, appelé à 17h13 sur son portable personnel, qui a prévenu ses collègues.

Un standard aisément joignable au 15 et non pas au 155

"Il y a eu , en effet, d’autres appels à partir de 17h14 ou 17h15 mais contrairement à ce qui a été avancé par certains, le standard de cette caserne a toujours été joignable car elle n’est pas débordée comme celles des grandes villes.

"L’autre problème à l’origine de la perte de temps vient du fait que plusieurs personnes ont contacté le numéro 155 au lieu d’appeler le 15.

"Sachant que ces tentatives débouchaient sur une tonalité occupée, certains en ont vite déduit que notre standard était en panne. Il faut donc rappeler que le numéro de la protection civile est le 15.

"1 minute de préparation et 3 pour arriver sur les lieux du drame"

"Sachant que l’immeuble où s’est produit l’incendie est distant d'à peine 700 mètres du centre de secours, les sauveteurs sont arrivés sur place au bout de 3 minutes de trajet, c’est-à-dire à 17h17 précisément.

"Là-encore, il faut préciser qu’entre le délai de préparation qui n’excède pas 1 minute et le trajet, le camion d’intervention et l’ambulance ont mis seulement 4 minutes après avoir été prévenus à 17h13", récapitule notre source.

A la question de savoir s’il était vrai que le camion d’intervention ne disposait pas d’eau pour éteindre l’incendie, notre interlocuteur dément totalement "une accusation infondée et farfelue".

"Contrairement aux accusations, la cuve du camion était remplie d’eau"

"Après chaque intervention, tous les camions de la protection civile du Maroc doivent obligatoirement refaire le plein d’eau avant de rentrer dans leur caserne.

"N’ayant pas de bouches d’incendies pour remplir les cuves du camion dans toutes les casernes, chaque camion doit s’arrêter pour faire le plein à un poteau de ravitaillement en eau disponible dans toutes les avenues des villes.

"A partir de là, cette accusation n’a donc aucun sens car il serait illogique voire stupide de devoir chercher de l’eau avant d’intervenir", tient à rectifier le haut gradé de la Protection civile.

Interrogé sur le nombre de pompiers mobilisés pour gérer le drame de Sidi Allal Al Bahraoui, l’officier affirme que 8 personnes étaient présentes sur les lieux: 2 ambulanciers, 5 pompiers et leur chef.

"Ces équipes munies de tout l’équipement nécessaire n’ont eu aucun mal à arriver rapidement sur les lieux mais encore une fois, l’issue malheureuse s’explique par l’alerte lancée trop tard.

"En s’amusant à filmer le drame au lieu de nous alerter, les gens ont perdu un temps précieux. Ainsi, si nous avions été prévenus au tout début de l’incendie, nous aurions peut-être pu sauver la petite fille.

A l’arrivée des pompiers, il était déjà trop tard

"Dès leur arrivée sur les lieux, les sauveteurs n’ont pu que constater qu’il était trop tard pour la fillette dont le corps était en train de brûler avec les deux jambes sortant de la fenêtre grillagée.

"Sur les images filmées par les riverains, on voit bien qu’elle était déjà morte et que son corps en proie aux flammes était calciné.

"Afin d’accéder à la pièce où elle a été piégée, nos hommes ont dû défoncer la porte d’entrée car elle était verrouillée et les parents de la petite n’étaient pas présents.

"Une fois sur place, les pompiers ont rapidement arrêté la propagation du feu vers les autres chambres et les autres logements de l’immeuble de deux étages.

"S’ils avaient vraiment tardé, l’incendie aurait ravagé tout le bâtiment et pas uniquement la chambre à coucher où a eu lieu le drame", précise l’officier de la Protection civile.

4 minutes après le départ du feu, le sauvetage était encore possible

Interrogé sur les chances de sauver la fillette, notre interlocuteur avance qu’il aurait fallu arriver au tout début de l’incendie car la situation était devenue irréversible en 5 minutes.

"Prévenus au départ du feu, les pompiers l'auraient d’abord éteint de l’extérieur avec leurs lances et auraient ensuite pu récupérer la fille à l’intérieur après avoir défoncé la porte verrouillée.

"Malheureusement, se sentant piégée et certainement affolée, elle s’est dirigée vers la fenêtre pour demander du secours alors qu’elle aurait dû rester collée à la porte pour gagner quelques minutes.

"Le départ du feu s’est en effet produit du côté de la porte de la chambre à coucher qui avait un lit en mousse et une armoire en bois, soit un pouvoir et un contexte calorifiques considérables.

Température, flammes et gaz toxiques à l’origine du décès

"Les flammes se sont développées très vite et le phénomène de convection les a ensuite entraînées vers la fenêtre pour s’alimenter en air. Elle s’est donc retrouvée piégée par les énormes flammes.

"Vu qu’elle était au 1er étage, s’il n’y avait pas eu de grillage, elle aurait pu sauter et s’en sortir avec quelques fractures au lieu de périr de cette manière atroce.

"Malheureusement, l'expérience dans ce type de sinistre nous montre qu’au bout de 5 minutes, il n’y a plus aucune chance de sauver une personne piégée car la température a déjà atteint 600 degrés dans ce délai.

"Même si les flammes n’atteignent pas la personne proche du foyer, aucun être vivant ne peut supporter la proximité d’une telle température.

"Dans ce drame, les choses sont allées extrêmement vite. Après avoir explosé, le chargeur a provoqué un début d’incendie qui s’est propagé rapidement vers le matelas et les matières inflammables.

"La température ambiante a grimpé très vite et les flammes ont commencé à tout dévorer autour.

"La malheureuse a donc été confrontée à la chaleur, aux flammes et aux gaz toxiques qui l’ont certainement asphyxiée très rapidement et l’ont rendue inconsciente. Ce n’est qu’après que son corps s’est enflammé avant d’être retrouvé calciné par les pompiers", explique notre interlocuteur.

Des pompiers en short mais prêts à intervenir

Souhaitant répondre à ceux qui affirment que les pompiers de la caserne n’étaient pas en tenue mais en short en train de jouer aux cartes, notre interlocuteur rappelle d’abord que les éléments de la protection civile passent, avant leur retraite professionnelle, la moitié de leur vie dans une caserne.

"Les équipes de pompiers travaillent 24 heures sur 24, 7 jours sur sept et tous les jours fériés. Sachant que le dimanche est libre de quartier, certains pompiers sont prêts à intervenir en tenue et d’autres peuvent être en train de manger, se doucher, faire du sport ou discuter entre eux.

"Quoi qu’il en soit, la norme veut qu’ils doivent être prêts à sortir et intervenir en une minute et pas une seconde de plus.

"Ils étaient donc opérationnels à 17h14 et proches de la sortie de la caserne", rappelle notre source furieuse que des hommes qui mettent leur vie en péril pour en sauver d’autres puissent faire l'objet de telles accusations.

Le rapport d’enquête est pratiquement bouclé

En conclusion, l’officier affirme que l’enquête menée au lendemain et surlendemain du drame a conclu à l’absence de retard et de défaut d’équipements des sauveteurs qui se sont mobilisés.

"Encore une fois, cette tragédie aurait pu être évitée si nous avions été prévenus plus tôt.

"Pour résumer, une minute après un départ de feu, on peut l’éteindre avec un seau d’eau. A la 2ème minute, il faut un camion d’eau car l’incendie se propage à une vitesse phénoménale mais au bout de cinq minutes, il n’y a presque plus rien à faire pour sauver les personnes proches du foyer d’incendie".

En attendant que le rapport d’enquête de la Protection civile soit publié, chacun peut d’ores et déjà se faire son idée sur les responsabilités de ce drame.

Ci-après, une vidéo tournée par nos confrères Alyaoum24 où des voisins mettent en cause la Protection civile :

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