Dossier Cet article est issu du dossier «Spécial SIAM 2019» Voir tout le sommaire

Eau: Plus de 2 milliards de m3 économisés par an depuis 2008

Depuis le lancement des programmes d’irrigation en 2008, d’importantes avancées ont été enregistrées en matière de développement d’agriculture irriguée. Hormis les économies en eau se chiffrant à plus de 2 milliards de m3 par an, le secteur a créé 20 milliards de DH de production additionnelle par an et l’équivalent de 210.000 emplois permanents dans les activités de production agricole.

Eau: Plus de 2 milliards de m3 économisés par an depuis 2008

Le 15 avril 2019 à 12:44

Modifié le 15 avril 2019 à 18:52

La rationalisation et la valorisation de l’eau d’irrigation font partie des priorités du Plan Maroc vert. Depuis le lancement de la stratégie nationale, une politique de généralisation des techniques d’irrigation économes en eau et de valorisation de l’eau agricole a été adoptée avec un engagement dans trois grands chantiers structurants pour l'avenir de l'agriculture irriguée:

- Le Programme national d'économie d'eau en irrigation (PNEEI), qui vise la modernisation des systèmes d'irrigation et le développement de l'irrigation localisée sur 550.000 ha ;

- Le Programme d’extension de l’irrigation qui a pour objectif d'étendre l'irrigation sur une superficie de près de 160.000 ha associée aux barrages réalisés ou en cours de réalisation ;

- Et le Programme de partenariat public-privé en irrigation qui vise la promotion du partenariat public-privé (PPP) pour le développement et la gestion de l'irrigation.

Des mesures concrètes

Selon la direction de l’irrigation et de l’aménagement de l’espace agricole du ministère de tutelle, ces programmes ont pour objectif de faire face aux défis de la raréfaction des ressources en eau, de la valorisation de ces ressources pour sécuriser la production et de la résilience de l'agriculture en anticipant le risque lié aux changements climatiques.

Résultat : depuis le lancement des programmes d’irrigation en 2008, les avancées enregistrées par l’agriculture irriguée sont probantes sur le plan de la généralisation des techniques d’irrigation localisée, de l’extension de l’irrigation à de nouvelles terres et de la promotion du partenariat public privé en irrigation.

Le développement de l’irrigation localisée sur plus de 560.000 hectares a permis, en effet, d’étendre l’irrigation économe en eau sur près de 35% des terres irriguées au niveau national alors qu’elle n’était que de 9% avant le lancement du Plan Maroc Vert.

La modernisation intégrale des réseaux collectifs d’irrigation a porté, de son côté, sur près de 120.000 ha. Près de 40.000 agriculteurs ont pu, ainsi, accéder aux techniques modernes d’irrigation et d’assurer ainsi la transition d’une agriculture traditionnelle à faible valeur ajoutée vers une agriculture moderne à haute valeur ajoutée.

L’extension de l’irrigation a connu, pour sa part, un essor avec 12 projets d’une superficie de 82.300 ha mis en chantier depuis le déploiement du Plan Maroc Vert.  Ce qui a permis de valoriser les ressources en eau mobilisées par les barrages et d’assurer une meilleure convergence entre les barrages et les aménagements hydro-agricoles associés.

PPP. Un cas d’école

En matière de partenariat Public-Privé en irrigation, le Maroc a réussi à se distinguer dans ce domaine, notamment, grâce à la concrétisation du premier projet de PPP pour la sauvegarde de la plaine agrumicole d’El Guerdane sur 10.000 ha. Il est, aujourd’hui, cité comme un cas d’école à l’échelle internationale.

Mis en service depuis 2009, ce projet a permis de sauvegarder le bassin agrumicole d’El Guerdane dans la région du Souss Massa. La réussite de cette expérience à l’échelle internationale a ouvert la voie à d’autres projets PPP qui ont été engagés. Il s’agit, en l’occurrence :

-       du Projet PPP en irrigation pour la sauvegarde de la zone côtière Azemmour-Bir Jdid sur une superficie de 3.200 Ha;
-       du Projet PPP en irrigation par dessalement de l’eau de mer pour l’irrigation de Chtouka-Ait Baha sur une superficie de 15.000 Ha;
-       du Projet PPP en irrigation par dessalement d’eau de mer dans la région de Dakhla sur une superficie de 5.000 Ha avec l’utilisation de l’énergie éolienne.

Les réalisations en chiffres

Tous ces programmes ont eu un impact significatif sur la chaîne de valeur de l’économie et de la valorisation de l’eau :

-       Les économies d’eau réalisées sont estimées à plus de 2 milliards de m3 par an, soit deux fois la capacité d’un grand barrage comme Bine El Ouidane ;
-       La création d'une valeur de production additionnelle de 20 milliards de dirhams par an ;
-       La création de l’équivalent de 210.000 emplois permanents dans les activités de production agricole en plus de 28.000 emplois créés par les chantiers de travaux ;
-       L’accroissement des rendements des cultures variant de 67% à 100% en moyenne ;
-       L'augmentation de l'intensification culturale, qui est passée en moyenne de 100% à 130% ;
-       Le triplement de la valorisation de l'eau (passant en moyenne de 2 DH/m3 à plus de 6 DH/ m3) ;
-       Le triplement du revenu moyen des agriculteurs ;
-       L'amélioration significative du service de l'eau, grâce à la modernisation des réseaux d'irrigation et au passage au mode de distribution d’eau à la demande.
 
Ces programmes ont favorisé, également, l'émergence d’un écosystème autour des projets d’aménagement hydro-agricole, en plein développement (Ingénierie et Conseil, Entreprises de travaux et d’équipement, Sociétés d’installation des systèmes d’irrigation à la parcelle). Ce qui a permis le développement d’un tissu de micro-entreprises, contribuant à la création d'environ 67.000 emplois, dont 3.000 pour les techniciens et les cadres.
 
Suite à ces réalisations en matière de rationalisation et de valorisation de l’eau d’irrigation, le Maroc se lance dans un nouveau chantier dans le domaine de l’eau. Il s’agit de l’utilisation conjuguée des ressources en eau conventionnelles et non conventionnelles et des énergies renouvelables dans le cadre d’une approche Nexus « Eau-Energie-Alimentation » qui promeut une agriculture économiquement soutenable, socialement équitable et respectueuse de l’environnement.

Eau: Plus de 2 milliards de m3 économisés par an depuis 2008

Le 15 avril 2019 à11:47

Modifié le 15 avril 2019 à 18:52

Depuis le lancement des programmes d’irrigation en 2008, d’importantes avancées ont été enregistrées en matière de développement d’agriculture irriguée. Hormis les économies en eau se chiffrant à plus de 2 milliards de m3 par an, le secteur a créé 20 milliards de DH de production additionnelle par an et l’équivalent de 210.000 emplois permanents dans les activités de production agricole.

La rationalisation et la valorisation de l’eau d’irrigation font partie des priorités du Plan Maroc vert. Depuis le lancement de la stratégie nationale, une politique de généralisation des techniques d’irrigation économes en eau et de valorisation de l’eau agricole a été adoptée avec un engagement dans trois grands chantiers structurants pour l'avenir de l'agriculture irriguée:

- Le Programme national d'économie d'eau en irrigation (PNEEI), qui vise la modernisation des systèmes d'irrigation et le développement de l'irrigation localisée sur 550.000 ha ;

- Le Programme d’extension de l’irrigation qui a pour objectif d'étendre l'irrigation sur une superficie de près de 160.000 ha associée aux barrages réalisés ou en cours de réalisation ;

- Et le Programme de partenariat public-privé en irrigation qui vise la promotion du partenariat public-privé (PPP) pour le développement et la gestion de l'irrigation.

Des mesures concrètes

Selon la direction de l’irrigation et de l’aménagement de l’espace agricole du ministère de tutelle, ces programmes ont pour objectif de faire face aux défis de la raréfaction des ressources en eau, de la valorisation de ces ressources pour sécuriser la production et de la résilience de l'agriculture en anticipant le risque lié aux changements climatiques.

Résultat : depuis le lancement des programmes d’irrigation en 2008, les avancées enregistrées par l’agriculture irriguée sont probantes sur le plan de la généralisation des techniques d’irrigation localisée, de l’extension de l’irrigation à de nouvelles terres et de la promotion du partenariat public privé en irrigation.

Le développement de l’irrigation localisée sur plus de 560.000 hectares a permis, en effet, d’étendre l’irrigation économe en eau sur près de 35% des terres irriguées au niveau national alors qu’elle n’était que de 9% avant le lancement du Plan Maroc Vert.

La modernisation intégrale des réseaux collectifs d’irrigation a porté, de son côté, sur près de 120.000 ha. Près de 40.000 agriculteurs ont pu, ainsi, accéder aux techniques modernes d’irrigation et d’assurer ainsi la transition d’une agriculture traditionnelle à faible valeur ajoutée vers une agriculture moderne à haute valeur ajoutée.

L’extension de l’irrigation a connu, pour sa part, un essor avec 12 projets d’une superficie de 82.300 ha mis en chantier depuis le déploiement du Plan Maroc Vert.  Ce qui a permis de valoriser les ressources en eau mobilisées par les barrages et d’assurer une meilleure convergence entre les barrages et les aménagements hydro-agricoles associés.

PPP. Un cas d’école

En matière de partenariat Public-Privé en irrigation, le Maroc a réussi à se distinguer dans ce domaine, notamment, grâce à la concrétisation du premier projet de PPP pour la sauvegarde de la plaine agrumicole d’El Guerdane sur 10.000 ha. Il est, aujourd’hui, cité comme un cas d’école à l’échelle internationale.

Mis en service depuis 2009, ce projet a permis de sauvegarder le bassin agrumicole d’El Guerdane dans la région du Souss Massa. La réussite de cette expérience à l’échelle internationale a ouvert la voie à d’autres projets PPP qui ont été engagés. Il s’agit, en l’occurrence :

-       du Projet PPP en irrigation pour la sauvegarde de la zone côtière Azemmour-Bir Jdid sur une superficie de 3.200 Ha;
-       du Projet PPP en irrigation par dessalement de l’eau de mer pour l’irrigation de Chtouka-Ait Baha sur une superficie de 15.000 Ha;
-       du Projet PPP en irrigation par dessalement d’eau de mer dans la région de Dakhla sur une superficie de 5.000 Ha avec l’utilisation de l’énergie éolienne.

Les réalisations en chiffres

Tous ces programmes ont eu un impact significatif sur la chaîne de valeur de l’économie et de la valorisation de l’eau :

-       Les économies d’eau réalisées sont estimées à plus de 2 milliards de m3 par an, soit deux fois la capacité d’un grand barrage comme Bine El Ouidane ;
-       La création d'une valeur de production additionnelle de 20 milliards de dirhams par an ;
-       La création de l’équivalent de 210.000 emplois permanents dans les activités de production agricole en plus de 28.000 emplois créés par les chantiers de travaux ;
-       L’accroissement des rendements des cultures variant de 67% à 100% en moyenne ;
-       L'augmentation de l'intensification culturale, qui est passée en moyenne de 100% à 130% ;
-       Le triplement de la valorisation de l'eau (passant en moyenne de 2 DH/m3 à plus de 6 DH/ m3) ;
-       Le triplement du revenu moyen des agriculteurs ;
-       L'amélioration significative du service de l'eau, grâce à la modernisation des réseaux d'irrigation et au passage au mode de distribution d’eau à la demande.
 
Ces programmes ont favorisé, également, l'émergence d’un écosystème autour des projets d’aménagement hydro-agricole, en plein développement (Ingénierie et Conseil, Entreprises de travaux et d’équipement, Sociétés d’installation des systèmes d’irrigation à la parcelle). Ce qui a permis le développement d’un tissu de micro-entreprises, contribuant à la création d'environ 67.000 emplois, dont 3.000 pour les techniciens et les cadres.
 
Suite à ces réalisations en matière de rationalisation et de valorisation de l’eau d’irrigation, le Maroc se lance dans un nouveau chantier dans le domaine de l’eau. Il s’agit de l’utilisation conjuguée des ressources en eau conventionnelles et non conventionnelles et des énergies renouvelables dans le cadre d’une approche Nexus « Eau-Energie-Alimentation » qui promeut une agriculture économiquement soutenable, socialement équitable et respectueuse de l’environnement.

A lire aussi


Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.