Ecosystèmes Chimie-Parachimie: peut mieux faire

A moins de deux ans de l’échéance, les deux écosystèmes créés en 2015 pour la chimie verte et la chimie organique ont atteint 40% de l’objectif de création d’emplois. La fédération du secteur estime qu'il est possible de faire mieux et plus vite et appelle à lever les freins entravant le développement.

Le 16 juillet 2019 à 15:40

Modifié le 16 juillet 2019 à 19:31

Les opérateurs de la chimie-parachimie ont organisé une journée d’information, mardi 16 juillet, sur l’état d’avancement des écosystèmes du secteur et les opportunités d’investissements qu’ils offrent, en marge de la tenue de l’assemblée générale ordinaire de la fédération sectorielle (FCP).

A moins de 2 ans de l’échéance des contrats de performances signés en décembre 2015, les deux écosystèmes créés dans la chimie verte et la chimie organique devraient créer pour l’instant 5.000 postes à l’horizon 2020, sur un objectif de 12.430 emplois directs.

La fédération estime que le bilan est encourageant mais qu'il est possible de faire mieux et plus vite. Elle appelle à libérer le potentiel du secteur et à lever les freins entravant le développement.

"Les réalisations enregistrées du secteur sont importantes. Les 40% d’atteinte de l’objectif fixé pour les emplois directs et stables n’intègrent pas les emplois liés aux projets d’envergure (OCP, SCE…). Autrement, le taux de réalisation serait nettement supérieur. Les performances du secteur pourraient être encore plus éloquentes avec la levée de freins structurels", indique la structure d'animation des écosystèmes.

Rappel des objectifs et des moyens à mobiliser

Pour rappel, les objectifs des deux écosystèmes sont de :

- Créer 12.430 emplois directs et 20.570 emplois indirects,

- Réaliser un chiffre d’affaires additionnel de 14,6 milliards de DH,

- Générer une valeur ajoutée supplémentaire de 3,8 milliards de DH,

- Améliorer la balance commerciale du secteur de 9,8 milliards de DH.

Ces objectifs doivent être atteints à travers des mesures à mettre en place :

- Mise à disposition de 99,6 ha de foncier, notamment de classe I1 localisé dans les axes recommandés pour chaque filière, accessible au réseau routier et mobilisé en locatif à un coût compétitif.

- Former 12.430 profils pour répondre à la demande des opérateurs, en faisant appel aux établissements de formation professionnelle et de formation en ingénierie.

- Attirer des groupes internationaux de premier rang pour accélérer le développement des écosystèmes.

- Mettre en place une offre intégrée de financement en partenariat avec les banques.

- Diffuser la R&D produits et procédés et accès aux infrastructures d’essai à un coût compétitif.

- Signer avec les entreprises des contrats de croissance à l’export.

- Réduire les tarifs du fret vers les marchés cibles.

- Inciter l’installation d’opérateurs locaux de maintenance d’équipements à haute technicité.

Les enjeux pour les deux écosystèmes

Tout ce dispositif doit répondre aux enjeux suivants :

- Pour l’écosystème de la chimie verte : améliorer la qualité et la régularité de l’approvisionnement en ressources végétales des entreprises de l’amont ; développer des activités à plus forte valeur ajoutée ; prise en charge de l’informel et structuration des acteurs.

- Pour l’écosystème de la chimie organique : maîtrise des coûts des matières premières et de l’énergie pour la production de polymère ; transferts de technologie et acquisition de nouvelles formules pour améliorer la production et l’export de résines et de peintures ; lutte contre l’informel et le dumping ; faciliter l’homologation pour la production locale de phytosanitaires ; développement de l’export.

1,7 milliard de DH d'investissements

Plusieurs leviers parmi ceux cités plus haut doivent être accélérés.

A aujourd’hui, 31 projets ont été initiés pour un montant d’investissement de 1,7 milliard de DH et 5.000 emplois projetés à l’horizon 2020.

Le nombre de projets financés par le fonds de développement industriel est faible : 2 seulement pour un investissement de 201 MDH et 306 emplois à créer d’ici 2020. L’essentiel de projets a été financé par Maroc PME.

Pour le cabinet Etic Consult chargé de l’animation des écosystèmes, les réalisations du fonds de développement industriel ne permettent pas de mobiliser le potentiel et les atouts du secteur.

La région de Casablanca a concentré la moitié de projets initiés, ce qui pose un problème de répartition territoriale.

Parmi les plus importants projets initiés, on note :

- Ceux de la Société Chérifienne d’Engrais : 260 MDH pour une nouvelle unité à Jorf Lasfar et 100 MDH pour le transfert des activités de l’usine Ain Sebaa.

- Ceux de la Snep : 480 MDH pour l’augmentation des capacités de production dans le PVC et la soude.

- Ceux d’OCP, mais ceux-ci ne sont pas réalisés dans le cadre des écosystèmes créés.

Retard de démarrage

En fait, il faut savoir que même si les contrats de performance des deux écosystèmes ont été signés fin 2015, leur mise en œuvre n’a démarré effectivement que début 2018 (signature de convention entre la fédération et les ministères de l’industrie et des finances).

La convention de financement avec la Banque Populaire n’a été signée qu’en avril 2018, et le budget destiné à la mise en œuvre des écosystèmes (3,6 MDh) n’a été reçu par la fédération qu’en juillet 2018.

On peut donc parler d’un retard de lancement et de seulement une année de mise en oeuvre effective. Compte tenu de ce calendrier, on peut dire que le bilan est plutôt positif.

Mais la structure d’animation des écosystèmes parle de freins entravant leur développement. Il s’agit notamment de :

- Incitations limitées pour la banque retenue pour le financement des projets.

Offre foncière inadaptée, en particulier au voisinage du grand Casablanca.

- Cadre juridique à revoir.

"Les secteur de la chimie est très porteur. Les opportunités d’investissement dans le secteur sont réelles et s’accompagnent d’une série d’incentives, pour en augmenter l’attrait", conclut la structure d'animation des écosystèmes.

Ecosystèmes Chimie-Parachimie: peut mieux faire

Le 16 juillet 2019 à15:55

Modifié le 16 juillet 2019 à 19:31

A moins de deux ans de l’échéance, les deux écosystèmes créés en 2015 pour la chimie verte et la chimie organique ont atteint 40% de l’objectif de création d’emplois. La fédération du secteur estime qu'il est possible de faire mieux et plus vite et appelle à lever les freins entravant le développement.

Les opérateurs de la chimie-parachimie ont organisé une journée d’information, mardi 16 juillet, sur l’état d’avancement des écosystèmes du secteur et les opportunités d’investissements qu’ils offrent, en marge de la tenue de l’assemblée générale ordinaire de la fédération sectorielle (FCP).

A moins de 2 ans de l’échéance des contrats de performances signés en décembre 2015, les deux écosystèmes créés dans la chimie verte et la chimie organique devraient créer pour l’instant 5.000 postes à l’horizon 2020, sur un objectif de 12.430 emplois directs.

La fédération estime que le bilan est encourageant mais qu'il est possible de faire mieux et plus vite. Elle appelle à libérer le potentiel du secteur et à lever les freins entravant le développement.

"Les réalisations enregistrées du secteur sont importantes. Les 40% d’atteinte de l’objectif fixé pour les emplois directs et stables n’intègrent pas les emplois liés aux projets d’envergure (OCP, SCE…). Autrement, le taux de réalisation serait nettement supérieur. Les performances du secteur pourraient être encore plus éloquentes avec la levée de freins structurels", indique la structure d'animation des écosystèmes.

Rappel des objectifs et des moyens à mobiliser

Pour rappel, les objectifs des deux écosystèmes sont de :

- Créer 12.430 emplois directs et 20.570 emplois indirects,

- Réaliser un chiffre d’affaires additionnel de 14,6 milliards de DH,

- Générer une valeur ajoutée supplémentaire de 3,8 milliards de DH,

- Améliorer la balance commerciale du secteur de 9,8 milliards de DH.

Ces objectifs doivent être atteints à travers des mesures à mettre en place :

- Mise à disposition de 99,6 ha de foncier, notamment de classe I1 localisé dans les axes recommandés pour chaque filière, accessible au réseau routier et mobilisé en locatif à un coût compétitif.

- Former 12.430 profils pour répondre à la demande des opérateurs, en faisant appel aux établissements de formation professionnelle et de formation en ingénierie.

- Attirer des groupes internationaux de premier rang pour accélérer le développement des écosystèmes.

- Mettre en place une offre intégrée de financement en partenariat avec les banques.

- Diffuser la R&D produits et procédés et accès aux infrastructures d’essai à un coût compétitif.

- Signer avec les entreprises des contrats de croissance à l’export.

- Réduire les tarifs du fret vers les marchés cibles.

- Inciter l’installation d’opérateurs locaux de maintenance d’équipements à haute technicité.

Les enjeux pour les deux écosystèmes

Tout ce dispositif doit répondre aux enjeux suivants :

- Pour l’écosystème de la chimie verte : améliorer la qualité et la régularité de l’approvisionnement en ressources végétales des entreprises de l’amont ; développer des activités à plus forte valeur ajoutée ; prise en charge de l’informel et structuration des acteurs.

- Pour l’écosystème de la chimie organique : maîtrise des coûts des matières premières et de l’énergie pour la production de polymère ; transferts de technologie et acquisition de nouvelles formules pour améliorer la production et l’export de résines et de peintures ; lutte contre l’informel et le dumping ; faciliter l’homologation pour la production locale de phytosanitaires ; développement de l’export.

1,7 milliard de DH d'investissements

Plusieurs leviers parmi ceux cités plus haut doivent être accélérés.

A aujourd’hui, 31 projets ont été initiés pour un montant d’investissement de 1,7 milliard de DH et 5.000 emplois projetés à l’horizon 2020.

Le nombre de projets financés par le fonds de développement industriel est faible : 2 seulement pour un investissement de 201 MDH et 306 emplois à créer d’ici 2020. L’essentiel de projets a été financé par Maroc PME.

Pour le cabinet Etic Consult chargé de l’animation des écosystèmes, les réalisations du fonds de développement industriel ne permettent pas de mobiliser le potentiel et les atouts du secteur.

La région de Casablanca a concentré la moitié de projets initiés, ce qui pose un problème de répartition territoriale.

Parmi les plus importants projets initiés, on note :

- Ceux de la Société Chérifienne d’Engrais : 260 MDH pour une nouvelle unité à Jorf Lasfar et 100 MDH pour le transfert des activités de l’usine Ain Sebaa.

- Ceux de la Snep : 480 MDH pour l’augmentation des capacités de production dans le PVC et la soude.

- Ceux d’OCP, mais ceux-ci ne sont pas réalisés dans le cadre des écosystèmes créés.

Retard de démarrage

En fait, il faut savoir que même si les contrats de performance des deux écosystèmes ont été signés fin 2015, leur mise en œuvre n’a démarré effectivement que début 2018 (signature de convention entre la fédération et les ministères de l’industrie et des finances).

La convention de financement avec la Banque Populaire n’a été signée qu’en avril 2018, et le budget destiné à la mise en œuvre des écosystèmes (3,6 MDh) n’a été reçu par la fédération qu’en juillet 2018.

On peut donc parler d’un retard de lancement et de seulement une année de mise en oeuvre effective. Compte tenu de ce calendrier, on peut dire que le bilan est plutôt positif.

Mais la structure d’animation des écosystèmes parle de freins entravant leur développement. Il s’agit notamment de :

- Incitations limitées pour la banque retenue pour le financement des projets.

Offre foncière inadaptée, en particulier au voisinage du grand Casablanca.

- Cadre juridique à revoir.

"Les secteur de la chimie est très porteur. Les opportunités d’investissement dans le secteur sont réelles et s’accompagnent d’une série d’incentives, pour en augmenter l’attrait", conclut la structure d'animation des écosystèmes.

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