En 9 ans, les impayés bancaires des entreprises ont triplé

Ils totalisent 40 milliards de DH, soit un taux d’impayés de 11% contre 4,4% au début de la décennie. 2011 fut l’année du basculement. Les créances en souffrance se stabilisent depuis 2016 et les prêts aux entreprises commencent à se redresser. La fin d'un cycle ?

En 9 ans, les impayés bancaires des entreprises ont triplé Le secteur immobilier est parmi les plus sinistrés

Le 10 janvier 2020 à 14:31

Modifié le 12 janvier 2020 à 16:59

Comme pour les particuliers, les impayés bancaires des entreprises privées se sont envolés ces dernières années. La dégradation a commencé en janvier 2011, un peu plus de deux ans après le déclenchement de la crise internationale.

Les créances en souffrance des entreprises sont passées de 13 milliards de DH à près de 40 milliards à fin novembre 2019, soit une hausse de 205% !

 Sur la même période, l’encours global des crédits aux entreprises n’a progressé que de 22%, passant de 295 à 361 milliards de DH.

Face à la montée des impayés, il était normal que les crédits se tassent et que les banques se montrent plus prudentes. Le taux d’impayés atteint désormais 11% contre 4,4% il y a 9 ans. Un niveau élevé qui n’a pas manqué d’alerter les agences de notation internationales.

Qu’est-ce qui explique l’envolée des impayés ? Et quels secteurs sont les plus sinistrés ? Les statistiques de Bank Al-Maghrib ne détaillent pas les créances en souffrance par secteur d’activité.

A l'origine, le boom du crédit, notamment à l'immobilier

Il faut savoir que la dégradation des créances en souffrance a démarré après un boom du crédit aux entreprises. Entre 2005 et 2011, soit en 7 ans, il a plus que triplé, passant de 106 à 336 milliards de DH (+215%).

Les crédits au secteur de la construction (immobilier et BTP) ont été multipliés par 4 entre décembre 2006 et septembre 2011 (les données trimestrielles par activité ne remontent pas plus loin). Ceux aux industries chimiques ont progressé de 137%, à la métallurgie de 94%, à l’énergie de 190%, à l’hôtellerie de 164% et au commerce de 105%.

Après cette période de boom, le tassement a concerné ces mêmes secteurs. Les prêts à la construction ont littéralement stagné, ceux aux industries chimiques ont baissé de 11%, l’hôtellerie a vu ses financements reculer de 26%, les crédits à la métallurgie ont faiblement progressé de 11%...

On peut donc lier l’aggravation des impayés aux difficultés économiques et financières (baisse de la demande, concurrence étrangère, allongement des délais de paiement publics et privés…) qu’ont vécues plusieurs entreprises de certains secteurs d’activité, comme l’immobilier (les grands promoteurs), la métallurgie (Stroc, DLM, Buzichelli)…

Redressement progressif

Et le tassement du crédit qui a accompagné cette tendance n’a pas arrangé les choses.

Cela dit, depuis juin 2016, les créances en souffrance des entreprises privées se stabilisent. Et le crédit bancaire global à cette clientèle, qui a poursuivi son ralentissement jusqu’à fin 2018, commence à se redresser en affichant une croissance satisfaisante en 2019.

Avec la réduction des délais de paiement publics, le remboursement des crédits de TVA, l’appel lancé aux banques pour s’impliquer davantage dans le financement de l’économie…, on peut parier sur la fin d’un cycle difficile qui aura duré 9 ans.

Le secteur immobilier est parmi les plus sinistrés

En 9 ans, les impayés bancaires des entreprises ont triplé

Le 10 janvier 2020 à14:30

Modifié le 12 janvier 2020 à 16:59

Ils totalisent 40 milliards de DH, soit un taux d’impayés de 11% contre 4,4% au début de la décennie. 2011 fut l’année du basculement. Les créances en souffrance se stabilisent depuis 2016 et les prêts aux entreprises commencent à se redresser. La fin d'un cycle ?

Comme pour les particuliers, les impayés bancaires des entreprises privées se sont envolés ces dernières années. La dégradation a commencé en janvier 2011, un peu plus de deux ans après le déclenchement de la crise internationale.

Les créances en souffrance des entreprises sont passées de 13 milliards de DH à près de 40 milliards à fin novembre 2019, soit une hausse de 205% !

 Sur la même période, l’encours global des crédits aux entreprises n’a progressé que de 22%, passant de 295 à 361 milliards de DH.

Face à la montée des impayés, il était normal que les crédits se tassent et que les banques se montrent plus prudentes. Le taux d’impayés atteint désormais 11% contre 4,4% il y a 9 ans. Un niveau élevé qui n’a pas manqué d’alerter les agences de notation internationales.

Qu’est-ce qui explique l’envolée des impayés ? Et quels secteurs sont les plus sinistrés ? Les statistiques de Bank Al-Maghrib ne détaillent pas les créances en souffrance par secteur d’activité.

A l'origine, le boom du crédit, notamment à l'immobilier

Il faut savoir que la dégradation des créances en souffrance a démarré après un boom du crédit aux entreprises. Entre 2005 et 2011, soit en 7 ans, il a plus que triplé, passant de 106 à 336 milliards de DH (+215%).

Les crédits au secteur de la construction (immobilier et BTP) ont été multipliés par 4 entre décembre 2006 et septembre 2011 (les données trimestrielles par activité ne remontent pas plus loin). Ceux aux industries chimiques ont progressé de 137%, à la métallurgie de 94%, à l’énergie de 190%, à l’hôtellerie de 164% et au commerce de 105%.

Après cette période de boom, le tassement a concerné ces mêmes secteurs. Les prêts à la construction ont littéralement stagné, ceux aux industries chimiques ont baissé de 11%, l’hôtellerie a vu ses financements reculer de 26%, les crédits à la métallurgie ont faiblement progressé de 11%...

On peut donc lier l’aggravation des impayés aux difficultés économiques et financières (baisse de la demande, concurrence étrangère, allongement des délais de paiement publics et privés…) qu’ont vécues plusieurs entreprises de certains secteurs d’activité, comme l’immobilier (les grands promoteurs), la métallurgie (Stroc, DLM, Buzichelli)…

Redressement progressif

Et le tassement du crédit qui a accompagné cette tendance n’a pas arrangé les choses.

Cela dit, depuis juin 2016, les créances en souffrance des entreprises privées se stabilisent. Et le crédit bancaire global à cette clientèle, qui a poursuivi son ralentissement jusqu’à fin 2018, commence à se redresser en affichant une croissance satisfaisante en 2019.

Avec la réduction des délais de paiement publics, le remboursement des crédits de TVA, l’appel lancé aux banques pour s’impliquer davantage dans le financement de l’économie…, on peut parier sur la fin d’un cycle difficile qui aura duré 9 ans.

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