En Algérie, crise économique gravissime et attaques virulentes contre le Maroc

L’apparition de la pandémie du Covid-19 en Algérie a aggravé la situation économique du pays. Avec des réserves de changes qui pourraient tomber à 13 milliards de dollars en 2021, le voisin de l’Est court un risque important de grave crise économique qui pourrait impacter le voisinage. Selon l’expert en géopolitique El Moussaoui El Ajlaoui, une agression de l’armée algérienne n’est pas à exclure pour détourner l’attention de son opinion publique.

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En Algérie, crise économique gravissime et attaques virulentes contre le Maroc

Le 28 mai 2020 à 20:08

Modifié le 30 mai 2020 à 12:26

Pour un journaliste marocain, il est toujours compliqué de s’essayer à analyser la situation économique du voisin de l’Est sous peine d’être accusé de jouer les Cassandre ou pire encore de cultiver, au profit du Maroc, l’inimitié envers le régime algérien.

S’il n’est pas question de se livrer à un tel exercice, l’accumulation de mauvaises nouvelles économiques en Algérie ne peut cependant nous laisser indifférents.

C'est pourquoi tout en s’appuyant sur des informations factuelles et recoupées, Medias24 a sollicité un spécialiste des relations maroco-algériennes pour analyser les conséquences d’une éventuelle faillite algérienne sur le Royaume.

Le FMI : une situation économique inquiétante en 2020-2021

A la question de savoir si l’Algérie risquait vraiment une forte aggravation de la crise économique en 2021, comme l’a annoncé récemment le FMI, l’expert El Moussaoui El Ajlaoui a déclaré que cette perspective se confirmait de plus en plus d'autant plus qu’elle couve depuis au moins 2014.

En effet, la spirale infernale de chute des prix des hydrocarbures pourrait, selon le FMI, faire tomber les réserves de change à 13 milliards de dollars en 2021 soit une baisse de près de 90% par rapport à 2017.

En 5 ans, les réserves de change se sont effondrées

"Ce scénario envisageable depuis plusieurs années avec la chute du prix du pétrole devient de plus en plus plausible en particulier depuis la fin du régime du président Bouteflika en avril 2019.

"L’élément le plus probant est la baisse continue des réserves de change passées de 200 milliards de dollars en 2017 à seulement 51 milliards au début de l’année 2020.

"A ce propos, le porte-parole du gouvernement algérien a annoncé que leur montant passerait à 44 milliards à la fin de l'année en cours soit à peine de quoi payer les 45 milliards de dollars d'importations annuelles du pays.

Chute vertigineuse du prix des hydrocarbures conjuguée à une perte de gros clients

"Cette baisse des réserves de change s’explique à la fois par des considérations d’ordre conjoncturel comme la chute du prix du baril mais aussi par une mauvaise gestion qui a entrainé la perte de plusieurs clients importants comme l'Espagne qui a préféré rompre son contrat de gaz naturel avec la Sonatrach.

"De plus, la baisse des recettes ne va pas s'arrêter car plusieurs clients actuels (Italie, Liban) ont déposé des plaintes contre la Sonatrach qui leur aurait livré du fioul de très mauvaise qualité voire même coupé.

 " Cela s'explique, peut-être, par le fait que la Sonatrach, qui est pourtant un des piliers du régime, n’a bénéficié d’aucun investissement pour moderniser ses installations désuètes avec des responsables qui ont préféré investir dans de l’armement russe.

Des réserves en hydrocarbures presque épuisées d’ici 2030

"De plus, selon l'actuel ministre de l'Énergie Mohamed Arkab, "60% des réserves d'hydrocarbures (gaz et pétrole) sont épuisées et l'Algérie doit se préparer à un déficit structurel à l'horizon 2025-2030".

"C'est d'ailleurs la raison pour laquelle le président Tebboune ne cesse d’évoquer une nécessaire diversification de l'économie algérienne via le tourisme…

Des mesures impopulaires ne pourront pas être évitées

"En réalité, ce discours est censé préparer l'opinion publique algérienne à un changement terrible au niveau des dépenses publiques qui devront être réduites de 30%  d'après la récente loi de finances complémentaire pour 2020.

"Idem pour les importations (45 milliards de dollars par an) condamnées à baisser à cause de l'écroulement des recettes du Trésor public.

"Ainsi, si en 2021, le pays n’a plus assez de recettes en devises pour ses importations, il n’y aura pas de risque de famine mais un  vrai problème d'alimentation se posera en l'absence d'une industrie agroalimentaire en Algérie.

"En dehors des problèmes alimentaires, il y aura également des problèmes de financement pour les caisses des retraites, et pour les 2 millions de fonctionnaires en activité qui ne pourront plus être payés sans parler des soldes des nombreux militaires.

"A ce propos, il ne faut pas oublier que l'armée algérienne coûte chaque année 10 à 13 milliards de dollars aux caisses de l'État et que la seule facture de l'armement s'élève à 4 à 6 milliards de dollars.

Des constructeurs automobiles qui ferment 

"De plus, le régime algérien ne pourra pas compter sur les investisseurs étrangers comme les grands constructeurs automobiles qui se retirent les uns après les autres du pays.

"En effet, après KIA qui a fermé son usine faute de pièces de rechange désormais interdites à l'importation, Volkswagen a gelé, en décembre dernier, toute son activité et l’usine de Renault pourrait bien mettre 1.300 employés au chômage.

"Le président Tebboune a d’ailleurs annoncé à l’occasion de la fête de l'Aïd, l'arrêt de l'activité du secteur automobile ainsi que des taxes importantes pour l'importation de voitures neuves.

"En réalité, 'il n'y a jamais eu de véritable industrie de fabrication automobile en Algérie sachant que son taux d'intégration était  proche de zéro. 

"Ce n’étaient que des unités de montage qui ramenaient des voitures déjà montées et rajoutaient juste les roues pour faire bonne figure.

Une pandémie qui a montré la faillite du système sanitaire

"Hormis les problèmes économiques liés à la dépendance énergétique et à l'absence d'alternatives industrielles, la pandémie du coronavirus a défait le mythe d'un système sanitaire algérien longtemps présenté comme le meilleur d'Afrique.

"Afin d'essayer de faire baisser le taux de mortalité très élevé dû au Covid, les responsables algériens ont sollicité une aide cubaine en ramenant en avril dernier plusieurs équipes de médecins cubains dont l'arrivée a été largement médiatisée à la télévision algérienne.

"Or le problème sanitaire qui se pose n'est pas lié aux compétences des médecins algériens, qui à l'instar de leurs confrères marocains et tunisiens sont bien formés mais à un manque total de coordination au sein de l'État.

"Contrairement à ses voisins, il y a, en Algérie, une anarchie totale au ministère de la Santé.

"En effet, sans contrôle de l'État, les décisions contradictoires se multiplient au niveau de chaque ville et de chaque hôpital et empêchent de lutter correctement contre le coronavirus.

"Si en nombre de cas, l'Algérie est 3e sur le continent après l'Afrique du Sud et l'Égypte, elle a cependant un des taux de mortalité les plus élevés au monde.

"Ce qui est incroyable est que face aux problèmes d'approvisionnement en masques de protection, dont le port est devenu obligatoire, le ministre de la Santé a appelé ses concitoyens à fabriquer eux-mêmes leurs masques sans aucune certification de type IMANOR comme au Maroc 

"En fait, la presse algérienne a affirmé dans plusieurs enquêtes que les masques et les respirateurs importés de Chine ont été attribués d’office aux casernes où il y a de nombreux militaires malades et pas à la population.

"Faute de politique sanitaire, le peuple algérien doit donc affronter tout seul cette pandémie.

Du schiste bitumineux à Tindouf qui relance le discours anti-marocain

"En dehors de cette improvisation médicale, l’Etat algérien n’a pas non plus investi pour essayer de découvrir d’autres gisements de gaz ou pétrole.

"La seule découverte intéressante a été celle d’un important potentiel de pétrole de schiste mais le problème est que ces champs sont situés à Tindouf où sont parqués les camps de réfugiés du polisario.

"En cas de décision d’exploitation, il faudra donc obligatoirement déloger ces populations et les relocaliser ailleurs, soit à l’est du mur marocain.

"Dans ce contexte, hasard ou pas, la carte du Sahara revient en force dans les discours politiques des dirigeants et en particulier du président qui se livre à des déclarations ultra-violentes à l’égard du royaume.

"En cas de banqueroute, il n'est donc pas exclu que les responsables algériens tentent de justifier leurs mesures impopulaires, comme une augmentation des prix des denrées alimentaires, du fait d’un conflit avec le Maroc", s’inquiète l’expert en géopolitique.

Un amendement constitutionnel troublant

S’il se veut optimiste, El Ajlaoui avance toutefois que la possibilité d’une agression militaire n’est pas à exclure.

"Ainsi, Tebboune veut réviser la Constitution algérienne avec un amendement permettant à l'armée algérienne de sortir de ses frontières pour des missions à l'étranger dans trois cas de figure:

"Soit avec un mandat de l'ONU, soit de l'Union africaine, de la Ligue Arabe ou encore si un état voisin en fait la demande à l'État algérien dans le cadre d'accords bilatéraux.

"Ce dernier cas de figure est très troublant car si le polisario, membre de l’Union africaine, réclame une aide militaire à l'Algérie, il n'est pas exclu de retrouver l'armée algérienne à l’est du mur.

Le polisario pourrait demander une aide officielle de l’armée algérienne

"Cela permettrait aux dirigeants de faire d'une pierre deux coups : à savoir diriger le mécontentement de l'opinion publique vers un conflit régional tout en réglant le problème des champs de schistes bitumineux en délocalisant les camps de réfugiés de Tindouf vers les zones de Bir Lahlou et Tifariti.

"Ainsi, si le polisario décidait de s'installer dans le no man's land de Guergarat, présenté comme un territoire libéré, on pourrait avoir des bataillons de l'armée algérienne qui tenteraient de couper la route du Maroc vers la Mauritanie.

En cas d'agression, le Maroc pourra compter sur les Etats importants 

"S’il ne faut pas exclure ce scénario catastrophe, je ne pense pas que l'Europe et surtout l'Espagne, avec ses îles Canaries proches du Sahara, permettront une confrontation armée entre l'Algérie et le Maroc.

"Tout dépendra de l'évolution de la situation du Hirak et de la pression des grands États comme les USA et la France car la sécurité du Maroc impacte directement celle de la Méditerranée occidentale.

"De plus, s'il devait y avoir une agression militaire, tout le monde serait du côté du Maroc qui joue un rôle fondamental de verrou du continent européen sans compter l’appui financier et moral des pays du Golfe qui soutiennent depuis toujours la cause du Sahara marocain.

"Ceci dit, les déclarations de plus en plus violentes du nouveau régime algérien laissent perplexes et sont très inquiétantes d’autant plus qu'on ne sait pas qui les orchestre et qui gère vraiment l'Algérie.

"S’il convient de rester optimiste, tous les scénarios sont à l'étude côté marocain d'autant plus que le royaume a deux yeux braqués sur la frontière grâce à ses deux satellites Mohammed VI A et Mohammed VI B", conclut El Ajlaoui.

Malgré cela, l'Algérie officielle sera-t-elle tentée à court ou moyen terme, par une aventure militaire pour détourner l'attention de ses problèmes intérieurs et faire porter au Maroc le poids de ses échecs ?

Ce n'est pas exclu et cela peut expliquer l'effort de modernisation et d'équipement entamé par les FAR.

 

En Algérie, crise économique gravissime et attaques virulentes contre le Maroc

Le 28 mai 2020 à20:08

Modifié le 30 mai 2020 à 12:26

L’apparition de la pandémie du Covid-19 en Algérie a aggravé la situation économique du pays. Avec des réserves de changes qui pourraient tomber à 13 milliards de dollars en 2021, le voisin de l’Est court un risque important de grave crise économique qui pourrait impacter le voisinage. Selon l’expert en géopolitique El Moussaoui El Ajlaoui, une agression de l’armée algérienne n’est pas à exclure pour détourner l’attention de son opinion publique.

Pour un journaliste marocain, il est toujours compliqué de s’essayer à analyser la situation économique du voisin de l’Est sous peine d’être accusé de jouer les Cassandre ou pire encore de cultiver, au profit du Maroc, l’inimitié envers le régime algérien.

S’il n’est pas question de se livrer à un tel exercice, l’accumulation de mauvaises nouvelles économiques en Algérie ne peut cependant nous laisser indifférents.

C'est pourquoi tout en s’appuyant sur des informations factuelles et recoupées, Medias24 a sollicité un spécialiste des relations maroco-algériennes pour analyser les conséquences d’une éventuelle faillite algérienne sur le Royaume.

Le FMI : une situation économique inquiétante en 2020-2021

A la question de savoir si l’Algérie risquait vraiment une forte aggravation de la crise économique en 2021, comme l’a annoncé récemment le FMI, l’expert El Moussaoui El Ajlaoui a déclaré que cette perspective se confirmait de plus en plus d'autant plus qu’elle couve depuis au moins 2014.

En effet, la spirale infernale de chute des prix des hydrocarbures pourrait, selon le FMI, faire tomber les réserves de change à 13 milliards de dollars en 2021 soit une baisse de près de 90% par rapport à 2017.

En 5 ans, les réserves de change se sont effondrées

"Ce scénario envisageable depuis plusieurs années avec la chute du prix du pétrole devient de plus en plus plausible en particulier depuis la fin du régime du président Bouteflika en avril 2019.

"L’élément le plus probant est la baisse continue des réserves de change passées de 200 milliards de dollars en 2017 à seulement 51 milliards au début de l’année 2020.

"A ce propos, le porte-parole du gouvernement algérien a annoncé que leur montant passerait à 44 milliards à la fin de l'année en cours soit à peine de quoi payer les 45 milliards de dollars d'importations annuelles du pays.

Chute vertigineuse du prix des hydrocarbures conjuguée à une perte de gros clients

"Cette baisse des réserves de change s’explique à la fois par des considérations d’ordre conjoncturel comme la chute du prix du baril mais aussi par une mauvaise gestion qui a entrainé la perte de plusieurs clients importants comme l'Espagne qui a préféré rompre son contrat de gaz naturel avec la Sonatrach.

"De plus, la baisse des recettes ne va pas s'arrêter car plusieurs clients actuels (Italie, Liban) ont déposé des plaintes contre la Sonatrach qui leur aurait livré du fioul de très mauvaise qualité voire même coupé.

 " Cela s'explique, peut-être, par le fait que la Sonatrach, qui est pourtant un des piliers du régime, n’a bénéficié d’aucun investissement pour moderniser ses installations désuètes avec des responsables qui ont préféré investir dans de l’armement russe.

Des réserves en hydrocarbures presque épuisées d’ici 2030

"De plus, selon l'actuel ministre de l'Énergie Mohamed Arkab, "60% des réserves d'hydrocarbures (gaz et pétrole) sont épuisées et l'Algérie doit se préparer à un déficit structurel à l'horizon 2025-2030".

"C'est d'ailleurs la raison pour laquelle le président Tebboune ne cesse d’évoquer une nécessaire diversification de l'économie algérienne via le tourisme…

Des mesures impopulaires ne pourront pas être évitées

"En réalité, ce discours est censé préparer l'opinion publique algérienne à un changement terrible au niveau des dépenses publiques qui devront être réduites de 30%  d'après la récente loi de finances complémentaire pour 2020.

"Idem pour les importations (45 milliards de dollars par an) condamnées à baisser à cause de l'écroulement des recettes du Trésor public.

"Ainsi, si en 2021, le pays n’a plus assez de recettes en devises pour ses importations, il n’y aura pas de risque de famine mais un  vrai problème d'alimentation se posera en l'absence d'une industrie agroalimentaire en Algérie.

"En dehors des problèmes alimentaires, il y aura également des problèmes de financement pour les caisses des retraites, et pour les 2 millions de fonctionnaires en activité qui ne pourront plus être payés sans parler des soldes des nombreux militaires.

"A ce propos, il ne faut pas oublier que l'armée algérienne coûte chaque année 10 à 13 milliards de dollars aux caisses de l'État et que la seule facture de l'armement s'élève à 4 à 6 milliards de dollars.

Des constructeurs automobiles qui ferment 

"De plus, le régime algérien ne pourra pas compter sur les investisseurs étrangers comme les grands constructeurs automobiles qui se retirent les uns après les autres du pays.

"En effet, après KIA qui a fermé son usine faute de pièces de rechange désormais interdites à l'importation, Volkswagen a gelé, en décembre dernier, toute son activité et l’usine de Renault pourrait bien mettre 1.300 employés au chômage.

"Le président Tebboune a d’ailleurs annoncé à l’occasion de la fête de l'Aïd, l'arrêt de l'activité du secteur automobile ainsi que des taxes importantes pour l'importation de voitures neuves.

"En réalité, 'il n'y a jamais eu de véritable industrie de fabrication automobile en Algérie sachant que son taux d'intégration était  proche de zéro. 

"Ce n’étaient que des unités de montage qui ramenaient des voitures déjà montées et rajoutaient juste les roues pour faire bonne figure.

Une pandémie qui a montré la faillite du système sanitaire

"Hormis les problèmes économiques liés à la dépendance énergétique et à l'absence d'alternatives industrielles, la pandémie du coronavirus a défait le mythe d'un système sanitaire algérien longtemps présenté comme le meilleur d'Afrique.

"Afin d'essayer de faire baisser le taux de mortalité très élevé dû au Covid, les responsables algériens ont sollicité une aide cubaine en ramenant en avril dernier plusieurs équipes de médecins cubains dont l'arrivée a été largement médiatisée à la télévision algérienne.

"Or le problème sanitaire qui se pose n'est pas lié aux compétences des médecins algériens, qui à l'instar de leurs confrères marocains et tunisiens sont bien formés mais à un manque total de coordination au sein de l'État.

"Contrairement à ses voisins, il y a, en Algérie, une anarchie totale au ministère de la Santé.

"En effet, sans contrôle de l'État, les décisions contradictoires se multiplient au niveau de chaque ville et de chaque hôpital et empêchent de lutter correctement contre le coronavirus.

"Si en nombre de cas, l'Algérie est 3e sur le continent après l'Afrique du Sud et l'Égypte, elle a cependant un des taux de mortalité les plus élevés au monde.

"Ce qui est incroyable est que face aux problèmes d'approvisionnement en masques de protection, dont le port est devenu obligatoire, le ministre de la Santé a appelé ses concitoyens à fabriquer eux-mêmes leurs masques sans aucune certification de type IMANOR comme au Maroc 

"En fait, la presse algérienne a affirmé dans plusieurs enquêtes que les masques et les respirateurs importés de Chine ont été attribués d’office aux casernes où il y a de nombreux militaires malades et pas à la population.

"Faute de politique sanitaire, le peuple algérien doit donc affronter tout seul cette pandémie.

Du schiste bitumineux à Tindouf qui relance le discours anti-marocain

"En dehors de cette improvisation médicale, l’Etat algérien n’a pas non plus investi pour essayer de découvrir d’autres gisements de gaz ou pétrole.

"La seule découverte intéressante a été celle d’un important potentiel de pétrole de schiste mais le problème est que ces champs sont situés à Tindouf où sont parqués les camps de réfugiés du polisario.

"En cas de décision d’exploitation, il faudra donc obligatoirement déloger ces populations et les relocaliser ailleurs, soit à l’est du mur marocain.

"Dans ce contexte, hasard ou pas, la carte du Sahara revient en force dans les discours politiques des dirigeants et en particulier du président qui se livre à des déclarations ultra-violentes à l’égard du royaume.

"En cas de banqueroute, il n'est donc pas exclu que les responsables algériens tentent de justifier leurs mesures impopulaires, comme une augmentation des prix des denrées alimentaires, du fait d’un conflit avec le Maroc", s’inquiète l’expert en géopolitique.

Un amendement constitutionnel troublant

S’il se veut optimiste, El Ajlaoui avance toutefois que la possibilité d’une agression militaire n’est pas à exclure.

"Ainsi, Tebboune veut réviser la Constitution algérienne avec un amendement permettant à l'armée algérienne de sortir de ses frontières pour des missions à l'étranger dans trois cas de figure:

"Soit avec un mandat de l'ONU, soit de l'Union africaine, de la Ligue Arabe ou encore si un état voisin en fait la demande à l'État algérien dans le cadre d'accords bilatéraux.

"Ce dernier cas de figure est très troublant car si le polisario, membre de l’Union africaine, réclame une aide militaire à l'Algérie, il n'est pas exclu de retrouver l'armée algérienne à l’est du mur.

Le polisario pourrait demander une aide officielle de l’armée algérienne

"Cela permettrait aux dirigeants de faire d'une pierre deux coups : à savoir diriger le mécontentement de l'opinion publique vers un conflit régional tout en réglant le problème des champs de schistes bitumineux en délocalisant les camps de réfugiés de Tindouf vers les zones de Bir Lahlou et Tifariti.

"Ainsi, si le polisario décidait de s'installer dans le no man's land de Guergarat, présenté comme un territoire libéré, on pourrait avoir des bataillons de l'armée algérienne qui tenteraient de couper la route du Maroc vers la Mauritanie.

En cas d'agression, le Maroc pourra compter sur les Etats importants 

"S’il ne faut pas exclure ce scénario catastrophe, je ne pense pas que l'Europe et surtout l'Espagne, avec ses îles Canaries proches du Sahara, permettront une confrontation armée entre l'Algérie et le Maroc.

"Tout dépendra de l'évolution de la situation du Hirak et de la pression des grands États comme les USA et la France car la sécurité du Maroc impacte directement celle de la Méditerranée occidentale.

"De plus, s'il devait y avoir une agression militaire, tout le monde serait du côté du Maroc qui joue un rôle fondamental de verrou du continent européen sans compter l’appui financier et moral des pays du Golfe qui soutiennent depuis toujours la cause du Sahara marocain.

"Ceci dit, les déclarations de plus en plus violentes du nouveau régime algérien laissent perplexes et sont très inquiétantes d’autant plus qu'on ne sait pas qui les orchestre et qui gère vraiment l'Algérie.

"S’il convient de rester optimiste, tous les scénarios sont à l'étude côté marocain d'autant plus que le royaume a deux yeux braqués sur la frontière grâce à ses deux satellites Mohammed VI A et Mohammed VI B", conclut El Ajlaoui.

Malgré cela, l'Algérie officielle sera-t-elle tentée à court ou moyen terme, par une aventure militaire pour détourner l'attention de ses problèmes intérieurs et faire porter au Maroc le poids de ses échecs ?

Ce n'est pas exclu et cela peut expliquer l'effort de modernisation et d'équipement entamé par les FAR.

 

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