EN DIRECT. Mezouar s'exprime sur la série de départs de la CGEM

VERBATIM. Le président de la CGEM, Salaheddine Mezouar, a donné un point de presse, jeudi 18 juillet pour réagir à la série de départs que connaît la Confédération. Il revient sur le mode opération mis en place depuis son élection et les principales divergences qui sont selon lui, en grande partie, à la source des démissions en série. Le président de la Confédération estime que les départs n’ont rien de "dramatique".

Le 18 juillet 2019 à 16:30

Modifié le 19 juillet 2019 à 07:59

Quand on claque la porte, ça fait du bruit, même si on prend soin de ne pas faire de déclarations publiques.

Après l'annonce par Fadel Agoumi, directeur général délégué de la CGEM, de son départ mardi 16 juillet, le dépôt par Faïçal Mekouar, vice-président général, de sa démission un jour plus tard, la Confédération a rapidement réagi, ce jeudi 18 juillet à 16h au siège de la CGEM.

 Hammad Kessal, président de la commission délais de paiement a également jeté l'éponge en juin 2019. Occupant le poste de vice-président chargé de la compétitivité et de l'environnement des affaires, Ahmed Rahhou avait pour sa part démissionné en janvier dernier.

Ci-après, les principaux points développés par Salaheddine Mezouar, président de la CGEM lors de ce point de presse.

"La CGEM a une organisation et un fonctionnement interne. Cette organisation, nécessairement, devait aussi être en interaction et en phase avec des exigences de plus en plus fortes de ses membres mais aussi avec des exigences et des défis qui ont été fixés et arrêtés.

"C’est le choix qui a été fait dès le départ et qui est contraire à celui qui existait jusqu’à présent. Un programme, 7 axes, et 7 vice-présidents opérationnels et non pas représentatifs. C’est un choix très important qu’il faut absolument comprendre parce que cette dimension n’a pas été suffisamment comprise et a été souvent source de beaucoup de malentendus qu’il fallait à chaque fois gérer et qui sont transmis comme étant des dysfonctionnement internes ou de problèmes qui existent ici et là".

À partir de là, "responsabiliser un vice-président pour assurer une animation et une coordination de plusieurs commissions et qui répond à l’axe de responsabilité qui lui est assigné est un choix de gouvernance".

Le changement, c’est maintenant !

Pour le président de la CGEM, son mandat était annonciateur de plusieurs changements qui ne sont pas du goût de tout le monde. Selon Mezouar, la CGEM tournait auparavant autour du président et du vice-président avec des commissions. Aujourd’hui, "la nouvelle configuration, c’est le président, le vice-président général et les 7 vice-présidents qui travaillent en continu et en permanence avec des commissions, des fédérations et des régions.

"Ce mode opératoire, effectivement, quand on n’est pas habitué, peut paraître problématique et source de tensions. Les égos parfois se jouent, etc… Mais c’était un choix réfléchi et muri. Ce n’est pas la première fois que je pilote une organisation, j’ai piloté des organisations autrement plus compliquées que la CGEM. La CGEM se devait d’évoluer vers un nouveau mode opératoire pour pouvoir responsabiliser".

Davantage de responsabilisation ?

Pour Salaheddine Mezouar, "la question de la responsabilité est une notion fondamentale. Responsabiliser les uns et les autres sous une supervision et un contrôle est le mode opératoire qui a été choisi pour faire fonctionner cette organisation. Ça a marché dans beaucoup de cas et ça marche un peu moins dans d’autres cas, en fonction des personnalités et des personnes".

"Ce mode opératoire impose également à l’organisation interne, aux salariés, et à leur management de s’adapter. Ça fait beaucoup de pression sur l’organisation interne et sur les salariés, parce que le rythme et le niveau d’exigences en termes de niveau de travail par les commissions, les fédérations, les régions, les interpellations devient très lourd. Donc, le mode opératoire ne peut pas être de la même nature que celui qui existait avant".

Des audits qui n’ont pas plu

Le président de la CGEM avoue par ailleurs : "J’ai fait un audit organisationnel, un audit des procédures, un audit financier … pas pour nuire à qui que ce soit ou pour dire que celui-là est bon et l’autre ne l’est pas. J’ai une philosophie, je sais où je veux mener, j’observe les uns et les autres et je fais en sorte d’aider les uns et les autres à évoluer et à s’adapter. C’est ça faire évoluer une organisation et la faire vivre.

 "Dans mes attitudes, jamais je ne faisais quelque chose qui allait contre les prérogatives et les responsabilités de X ou Y. Mais j’étais en permanence en interaction continue. Je ne suis pas un président qui délègue complètement et qui laisse les gens se débrouiller tout seuls. Je délègue, je responsabilise, mais je me fais un devoir d’accompagner et vérifier. Cela peut ne pas être lu ou interprété correctement. Mais c’est comme ça que je fonctionne".

Volonté de verrouiller la Com’

"Nous sommes dans une organisation où on est volontaire. Mais c’est une organisation qui a des règles. Et nous voulons que cette organisation continue à fonctionner avec ces règles et à chaque fois plus de règles pour maintenir une cohésion d’ensemble. Parmi ces règles, l'une consiste à exprimer une position seulement quand elle est totalement approuvée par les instances. Je ne peux pas communiquer sur des idées discutées dans un cadre de commission de travail ou de groupe de travail comme si c’était des positions affirmées, approuvées par l’organisation.

"On a longuement discuté de cette situation pendant un conseil d’administration qui avait validé ces règles. On communique sur tout ce qu’on fait. Mais quand il s’agit d’un sujet qui touche l’ensemble de l’organisation, il faut qu’il soit validé avant d'être communiqué. Et sur les questions qui touchent l’organisation, ceux qui sont habilités à communiquer les positions officielles de la CGEM sont le président et le vice-président général. Cette décision a été actée lors d’un conseil d’administration".

Démissionner, ça n’a rien de dramatique

Salaheddine Mezouar dévoile à ce titre que "quand quelqu’un fait une sortie et je le rappelle à l’ordre, il y a ceux qui ont l’humilité de dire oui on s’est trompé et ceux qui prennent une autre position comme celle de démissionner par exemple".

Sur le mode de fonctionnement global de la CGEM, le président de la Confédération explique: "alors que nous entrons dans la phase II qui touche la réorganisation des structures, des ajustements doivent être faits. Et ceci ne veut pas dire licencier des gens. Ceci veut dire réajuster, réaménager, réadapter, recruter s’il le faut, pour pouvoir accompagner la dynamique de la CGEM.

"Forcément, dans cette trajectoire-là, on peut avoir des personnes qui considèrent que ça ne leur convient pas. Je respecte, on discute et on se sépare. Mais il n’y a rien de dramatique. Il n’y a que des choses simples qui se passent".

 Le départ de Mekouar, inélégant

Lors du point de presse, Mezouar évoque avec brin d’émotion, le départ de Faïçal Mekouar : "Ce qui m’a énormément ému personnellement, c’est le cas du vice-président général. Voilà un vice-président général ami, avec lequel j’ai travaillé naturellement et en toute confiance. Nous avons fonctionné ensemble, fait face à des difficultés ensemble et partagé ensemble.

"Je me suis interdit de faire quoi que ce soit sans qu’il soit au courant ou consulté. J’ai tout fait pour que mon vice-président général, au même titre que moi et même plus que moi, soit le plus visible que possible. J’ai tout fait pour qu’il soit écouté et respecté en interne. On s’est réparti les missions naturellement. Il y a un travail d’accompagnement, de contrôle et de suivi internes pour l’organisation et son fonctionnement mais il y aussi d’autres chantiers de coordination, de pilotage et d’animation, de représentation qui devraient aussi être assurés par le VP général. On s’est entendu sur beaucoup de choses. On a eu aussi des divergences sur beaucoup de choses. Quoi de plus naturel dans le fonctionnement normal d’une organisation".

"Ce qui m’attriste personnellement parce que j’ai trouvé inélégant par rapport au degré de confiance qui a été établi et la manière avec laquelle je fonctionnais, c’est de recevoir une démission sans prendre la peine de s’asseoir et juste après la démission on commence à informer. Et il y a une machine qui s’est mise en branle. Il y a de quoi se poser des questions. Je ne suis pas venu me présenter à cette organisation pour combattre les miens. Je suis venu pour me battre avec les miens pour les intérêts de l’entreprise et de son développement", s’est-il confié.

La stratégie d’ouverture désapprouvée

Abordant toujours le cas "Mekouar", Salaheddine Mezouar ajoute : "Quand bien même on aurait pu avoir des divergences, on a été élu ensemble. Je ne comprends pas. Le minimum est de mettre des choses sur la table. On a eu plusieurs discussions. On s’est fait plusieurs remarques mutuellement, mais jamais sur le fond. Et donc à chaque fois on réajustait et on discutait. Il y avait cette franchise entre nous. Rien ne justifiait, aujourd’hui, pour moi une telle décision. Quand on fonctionne dans la confiance, on reste jusqu’au bout dans la confiance.

"Maintenant, la CGEM continuera sa vie. Je sais que l’acte II va durer encore un peu plus. Et je sais qu’il y aura aussi probablement un acte III. Et je sais qu’il y a des réunions qui se font ici et là. J’ai des informations qui m’arrivent sur ça".

"Le système Mezouar dérange"

"Le problème est-il Mezouar ou la manière avec laquelle Mezouar fonctionnait ou parce que Mezouar a osé ouvrir la CGEM sur de nouvelles compétences, sur de nouveaux entrepreneurs, sur de nouveaux visages et enrichir la CGEM par la force de ses membres ?", s’interroge le président de la Confédération.

"La CGEM doit être ouverte. Elle a un capital qui est son histoire, ses femmes et ses hommes. Je suis fier de retrouver et de voir à chaque fois ceux qui ont assumé la responsabilité de la CGEM pendant plusieurs années et qui ont fait cette organisation. Mais personne d’entre eux ne vient me dire pourquoi tu as rajeuni la CGEM, sauf si certains le disent derrière mon dos, mais qu’ils aient le courage de le dire ouvertement. Pourquoi tu es en train de féminiser ? Tout le monde a féminisé. Les ex-présidents de la CGEM ont féminisé, moi je le fais aussi. À chaque fois que je repère une compétence, je l’attire vers la CGEM et lui donne une responsabilité".

"Si certaines estiment que ces nouvelles têtes qui viennent d’arriver ne sont pas à leur place ou qu’elles sont des proches, j’affirme que mes proches sont tous les membres du conseil d’administration et tous les membres la CGEM. Moi je travaille avec tout le monde et je suis en interaction avec tous".

D’autres démissions attendues

"Je sais qu’après cet acte, il y aura d’autres actes, certainement d’autres démissions. Mais la CGEM est une organisation qui a 70 ans et elle continuera à vivre et à fonctionner. Si on pense que dans cet acte II, il faut arriver à ce qu’on appelle, impeachment, empêcher Mezouar de travailler normalement ou d'avoir la possibilité de réunir les instances et donc créer tout cela à la fois, je pense que ce n’est pas Mezouar qui va être perdant mais c’est l’organisation", tranche-t-il.

Et poursuit : "J’ai été élu par 80% des membres. Je continuerai à assumer mes responsabilités sans défaillances jusqu’à la fin de mon mandat. Je ne suis pas né de la dernière pluie. Je préfère maintenir la démarche avec laquelle j’ai fonctionné jusqu’à aujourd’hui. C’est-à-dire continuer à être un rassembleur et je resterai avec cette conviction parce qu’elle est profonde. Je ne permettrai à personne de faire mal à cette organisation, pendant que je la préside.

"Si on continue à me combattre, ce n’est pas grave, je continuerai à me battre. Les personnes qui me soutiennent sont autrement plus nombreuses qu’on ne le pense.

"La première fois, j’avais décidé de me taire, et j’ai eu tort. Cette fois-ci, non je répondrai à tout ce qui va sortir et je ne laisserai rien passer. Et plus ça monte, plus je montrai", menace Salaheddine Mezouar.

Trois candidatures au poste de directeur général délégué

Mezouar "tient à rendre un grand hommage" à Fadel Agoumi. "Sept ans de sa vie mis au service de la CGEM. Un bourreau de travail. Mais, peut-être qu’il ne se sent pas aligné sur un certain nombre de choses et ça arrive. Ce n’est pas grave. C’est un ami, il l'a toujours été. Il continuera à travailler à mes côtés. Et il y aura un autre directeur général délégué qui sera nommé. J’ai trois candidats au poste de directeur général délégué.

"La même chose pour le vice-président général. Je respecterai les statuts et les procédures et il y aura un ou une vice-président(e) général (e) qui reprendra le relais. La désignation du vice-président se fera officiellement lors de l’assemblée générale prochaine prévue en mai 2020. Ce vice-président général par intérim sera également nommé en attendant que cette décision soit entérinée à l’assemblée générale la plus proche comme le prévoient les statuts de la CGEM dans ce genre de cas".

 Pour le cas de Hammad Kassal, le président de la CGEM explique que "ce n’est pas parce qu’on n’est pas d’accord sur quelque chose, qu’on doit démissionner. Une démission doit arriver quand il y a une impossibilité d’exercer. Mais pas parce que tu es dans un différend avec une personne sinon ça devient léger comme décision. Je comprends mais je ne suis pas convaincu. C’est un ami de très longue date, et je n’ai pas compris. On ne peut pas prendre une responsabilité et claquer la porte ensuite comme ça. Sur le cas de Hammad Kassal, je respecte, d’ailleurs je ne fais aucune déclaration sur son départ, à ce jour".

EN DIRECT. Mezouar s'exprime sur la série de départs de la CGEM

Le 18 juillet 2019 à16:33

Modifié le 19 juillet 2019 à 07:59

VERBATIM. Le président de la CGEM, Salaheddine Mezouar, a donné un point de presse, jeudi 18 juillet pour réagir à la série de départs que connaît la Confédération. Il revient sur le mode opération mis en place depuis son élection et les principales divergences qui sont selon lui, en grande partie, à la source des démissions en série. Le président de la Confédération estime que les départs n’ont rien de "dramatique".

Quand on claque la porte, ça fait du bruit, même si on prend soin de ne pas faire de déclarations publiques.

Après l'annonce par Fadel Agoumi, directeur général délégué de la CGEM, de son départ mardi 16 juillet, le dépôt par Faïçal Mekouar, vice-président général, de sa démission un jour plus tard, la Confédération a rapidement réagi, ce jeudi 18 juillet à 16h au siège de la CGEM.

 Hammad Kessal, président de la commission délais de paiement a également jeté l'éponge en juin 2019. Occupant le poste de vice-président chargé de la compétitivité et de l'environnement des affaires, Ahmed Rahhou avait pour sa part démissionné en janvier dernier.

Ci-après, les principaux points développés par Salaheddine Mezouar, président de la CGEM lors de ce point de presse.

"La CGEM a une organisation et un fonctionnement interne. Cette organisation, nécessairement, devait aussi être en interaction et en phase avec des exigences de plus en plus fortes de ses membres mais aussi avec des exigences et des défis qui ont été fixés et arrêtés.

"C’est le choix qui a été fait dès le départ et qui est contraire à celui qui existait jusqu’à présent. Un programme, 7 axes, et 7 vice-présidents opérationnels et non pas représentatifs. C’est un choix très important qu’il faut absolument comprendre parce que cette dimension n’a pas été suffisamment comprise et a été souvent source de beaucoup de malentendus qu’il fallait à chaque fois gérer et qui sont transmis comme étant des dysfonctionnement internes ou de problèmes qui existent ici et là".

À partir de là, "responsabiliser un vice-président pour assurer une animation et une coordination de plusieurs commissions et qui répond à l’axe de responsabilité qui lui est assigné est un choix de gouvernance".

Le changement, c’est maintenant !

Pour le président de la CGEM, son mandat était annonciateur de plusieurs changements qui ne sont pas du goût de tout le monde. Selon Mezouar, la CGEM tournait auparavant autour du président et du vice-président avec des commissions. Aujourd’hui, "la nouvelle configuration, c’est le président, le vice-président général et les 7 vice-présidents qui travaillent en continu et en permanence avec des commissions, des fédérations et des régions.

"Ce mode opératoire, effectivement, quand on n’est pas habitué, peut paraître problématique et source de tensions. Les égos parfois se jouent, etc… Mais c’était un choix réfléchi et muri. Ce n’est pas la première fois que je pilote une organisation, j’ai piloté des organisations autrement plus compliquées que la CGEM. La CGEM se devait d’évoluer vers un nouveau mode opératoire pour pouvoir responsabiliser".

Davantage de responsabilisation ?

Pour Salaheddine Mezouar, "la question de la responsabilité est une notion fondamentale. Responsabiliser les uns et les autres sous une supervision et un contrôle est le mode opératoire qui a été choisi pour faire fonctionner cette organisation. Ça a marché dans beaucoup de cas et ça marche un peu moins dans d’autres cas, en fonction des personnalités et des personnes".

"Ce mode opératoire impose également à l’organisation interne, aux salariés, et à leur management de s’adapter. Ça fait beaucoup de pression sur l’organisation interne et sur les salariés, parce que le rythme et le niveau d’exigences en termes de niveau de travail par les commissions, les fédérations, les régions, les interpellations devient très lourd. Donc, le mode opératoire ne peut pas être de la même nature que celui qui existait avant".

Des audits qui n’ont pas plu

Le président de la CGEM avoue par ailleurs : "J’ai fait un audit organisationnel, un audit des procédures, un audit financier … pas pour nuire à qui que ce soit ou pour dire que celui-là est bon et l’autre ne l’est pas. J’ai une philosophie, je sais où je veux mener, j’observe les uns et les autres et je fais en sorte d’aider les uns et les autres à évoluer et à s’adapter. C’est ça faire évoluer une organisation et la faire vivre.

 "Dans mes attitudes, jamais je ne faisais quelque chose qui allait contre les prérogatives et les responsabilités de X ou Y. Mais j’étais en permanence en interaction continue. Je ne suis pas un président qui délègue complètement et qui laisse les gens se débrouiller tout seuls. Je délègue, je responsabilise, mais je me fais un devoir d’accompagner et vérifier. Cela peut ne pas être lu ou interprété correctement. Mais c’est comme ça que je fonctionne".

Volonté de verrouiller la Com’

"Nous sommes dans une organisation où on est volontaire. Mais c’est une organisation qui a des règles. Et nous voulons que cette organisation continue à fonctionner avec ces règles et à chaque fois plus de règles pour maintenir une cohésion d’ensemble. Parmi ces règles, l'une consiste à exprimer une position seulement quand elle est totalement approuvée par les instances. Je ne peux pas communiquer sur des idées discutées dans un cadre de commission de travail ou de groupe de travail comme si c’était des positions affirmées, approuvées par l’organisation.

"On a longuement discuté de cette situation pendant un conseil d’administration qui avait validé ces règles. On communique sur tout ce qu’on fait. Mais quand il s’agit d’un sujet qui touche l’ensemble de l’organisation, il faut qu’il soit validé avant d'être communiqué. Et sur les questions qui touchent l’organisation, ceux qui sont habilités à communiquer les positions officielles de la CGEM sont le président et le vice-président général. Cette décision a été actée lors d’un conseil d’administration".

Démissionner, ça n’a rien de dramatique

Salaheddine Mezouar dévoile à ce titre que "quand quelqu’un fait une sortie et je le rappelle à l’ordre, il y a ceux qui ont l’humilité de dire oui on s’est trompé et ceux qui prennent une autre position comme celle de démissionner par exemple".

Sur le mode de fonctionnement global de la CGEM, le président de la Confédération explique: "alors que nous entrons dans la phase II qui touche la réorganisation des structures, des ajustements doivent être faits. Et ceci ne veut pas dire licencier des gens. Ceci veut dire réajuster, réaménager, réadapter, recruter s’il le faut, pour pouvoir accompagner la dynamique de la CGEM.

"Forcément, dans cette trajectoire-là, on peut avoir des personnes qui considèrent que ça ne leur convient pas. Je respecte, on discute et on se sépare. Mais il n’y a rien de dramatique. Il n’y a que des choses simples qui se passent".

 Le départ de Mekouar, inélégant

Lors du point de presse, Mezouar évoque avec brin d’émotion, le départ de Faïçal Mekouar : "Ce qui m’a énormément ému personnellement, c’est le cas du vice-président général. Voilà un vice-président général ami, avec lequel j’ai travaillé naturellement et en toute confiance. Nous avons fonctionné ensemble, fait face à des difficultés ensemble et partagé ensemble.

"Je me suis interdit de faire quoi que ce soit sans qu’il soit au courant ou consulté. J’ai tout fait pour que mon vice-président général, au même titre que moi et même plus que moi, soit le plus visible que possible. J’ai tout fait pour qu’il soit écouté et respecté en interne. On s’est réparti les missions naturellement. Il y a un travail d’accompagnement, de contrôle et de suivi internes pour l’organisation et son fonctionnement mais il y aussi d’autres chantiers de coordination, de pilotage et d’animation, de représentation qui devraient aussi être assurés par le VP général. On s’est entendu sur beaucoup de choses. On a eu aussi des divergences sur beaucoup de choses. Quoi de plus naturel dans le fonctionnement normal d’une organisation".

"Ce qui m’attriste personnellement parce que j’ai trouvé inélégant par rapport au degré de confiance qui a été établi et la manière avec laquelle je fonctionnais, c’est de recevoir une démission sans prendre la peine de s’asseoir et juste après la démission on commence à informer. Et il y a une machine qui s’est mise en branle. Il y a de quoi se poser des questions. Je ne suis pas venu me présenter à cette organisation pour combattre les miens. Je suis venu pour me battre avec les miens pour les intérêts de l’entreprise et de son développement", s’est-il confié.

La stratégie d’ouverture désapprouvée

Abordant toujours le cas "Mekouar", Salaheddine Mezouar ajoute : "Quand bien même on aurait pu avoir des divergences, on a été élu ensemble. Je ne comprends pas. Le minimum est de mettre des choses sur la table. On a eu plusieurs discussions. On s’est fait plusieurs remarques mutuellement, mais jamais sur le fond. Et donc à chaque fois on réajustait et on discutait. Il y avait cette franchise entre nous. Rien ne justifiait, aujourd’hui, pour moi une telle décision. Quand on fonctionne dans la confiance, on reste jusqu’au bout dans la confiance.

"Maintenant, la CGEM continuera sa vie. Je sais que l’acte II va durer encore un peu plus. Et je sais qu’il y aura aussi probablement un acte III. Et je sais qu’il y a des réunions qui se font ici et là. J’ai des informations qui m’arrivent sur ça".

"Le système Mezouar dérange"

"Le problème est-il Mezouar ou la manière avec laquelle Mezouar fonctionnait ou parce que Mezouar a osé ouvrir la CGEM sur de nouvelles compétences, sur de nouveaux entrepreneurs, sur de nouveaux visages et enrichir la CGEM par la force de ses membres ?", s’interroge le président de la Confédération.

"La CGEM doit être ouverte. Elle a un capital qui est son histoire, ses femmes et ses hommes. Je suis fier de retrouver et de voir à chaque fois ceux qui ont assumé la responsabilité de la CGEM pendant plusieurs années et qui ont fait cette organisation. Mais personne d’entre eux ne vient me dire pourquoi tu as rajeuni la CGEM, sauf si certains le disent derrière mon dos, mais qu’ils aient le courage de le dire ouvertement. Pourquoi tu es en train de féminiser ? Tout le monde a féminisé. Les ex-présidents de la CGEM ont féminisé, moi je le fais aussi. À chaque fois que je repère une compétence, je l’attire vers la CGEM et lui donne une responsabilité".

"Si certaines estiment que ces nouvelles têtes qui viennent d’arriver ne sont pas à leur place ou qu’elles sont des proches, j’affirme que mes proches sont tous les membres du conseil d’administration et tous les membres la CGEM. Moi je travaille avec tout le monde et je suis en interaction avec tous".

D’autres démissions attendues

"Je sais qu’après cet acte, il y aura d’autres actes, certainement d’autres démissions. Mais la CGEM est une organisation qui a 70 ans et elle continuera à vivre et à fonctionner. Si on pense que dans cet acte II, il faut arriver à ce qu’on appelle, impeachment, empêcher Mezouar de travailler normalement ou d'avoir la possibilité de réunir les instances et donc créer tout cela à la fois, je pense que ce n’est pas Mezouar qui va être perdant mais c’est l’organisation", tranche-t-il.

Et poursuit : "J’ai été élu par 80% des membres. Je continuerai à assumer mes responsabilités sans défaillances jusqu’à la fin de mon mandat. Je ne suis pas né de la dernière pluie. Je préfère maintenir la démarche avec laquelle j’ai fonctionné jusqu’à aujourd’hui. C’est-à-dire continuer à être un rassembleur et je resterai avec cette conviction parce qu’elle est profonde. Je ne permettrai à personne de faire mal à cette organisation, pendant que je la préside.

"Si on continue à me combattre, ce n’est pas grave, je continuerai à me battre. Les personnes qui me soutiennent sont autrement plus nombreuses qu’on ne le pense.

"La première fois, j’avais décidé de me taire, et j’ai eu tort. Cette fois-ci, non je répondrai à tout ce qui va sortir et je ne laisserai rien passer. Et plus ça monte, plus je montrai", menace Salaheddine Mezouar.

Trois candidatures au poste de directeur général délégué

Mezouar "tient à rendre un grand hommage" à Fadel Agoumi. "Sept ans de sa vie mis au service de la CGEM. Un bourreau de travail. Mais, peut-être qu’il ne se sent pas aligné sur un certain nombre de choses et ça arrive. Ce n’est pas grave. C’est un ami, il l'a toujours été. Il continuera à travailler à mes côtés. Et il y aura un autre directeur général délégué qui sera nommé. J’ai trois candidats au poste de directeur général délégué.

"La même chose pour le vice-président général. Je respecterai les statuts et les procédures et il y aura un ou une vice-président(e) général (e) qui reprendra le relais. La désignation du vice-président se fera officiellement lors de l’assemblée générale prochaine prévue en mai 2020. Ce vice-président général par intérim sera également nommé en attendant que cette décision soit entérinée à l’assemblée générale la plus proche comme le prévoient les statuts de la CGEM dans ce genre de cas".

 Pour le cas de Hammad Kassal, le président de la CGEM explique que "ce n’est pas parce qu’on n’est pas d’accord sur quelque chose, qu’on doit démissionner. Une démission doit arriver quand il y a une impossibilité d’exercer. Mais pas parce que tu es dans un différend avec une personne sinon ça devient léger comme décision. Je comprends mais je ne suis pas convaincu. C’est un ami de très longue date, et je n’ai pas compris. On ne peut pas prendre une responsabilité et claquer la porte ensuite comme ça. Sur le cas de Hammad Kassal, je respecte, d’ailleurs je ne fais aucune déclaration sur son départ, à ce jour".

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