En moyenne, chaque ménage a 42.500 DH de crédits bancaires

La dette bancaire des ménages s’accélère : 342 milliards de DH à fin 2018, en hausse de 6,1% par rapport à 2017 qui n’avait connu qu’une augmentation de 4,4%. Elle représente 31% du PIB, un point de plus que l’année dernière.

En moyenne, chaque ménage a 42.500 DH de crédits bancaires

Le 23 juillet 2019 à 12:39

Modifié le 23 juillet 2019 à 12:43

Depuis 2005, Bank Al-Maghrib mène chaque année une enquête pour suivre l’évolution de l’endettement bancaire des ménages. Celle de 2018 a couvert 11 banques et 10 sociétés de crédit à la consommation, représentant des parts de marché en termes de prêts à l’habitat et à la consommation respectivement de 99% et 98%.

Il en ressort une accélération de la dette bancaire des ménages qui a cru de 6,1% en 2018, à 342 milliards de DH, contre 4,4% en 2017 et 4,2% en 2016. Une accélération à surveiller car la dette financière des ménages se situe à un niveau élevé, se caractérise par un allongement de la durée des crédits à la consommation et par une augmentation des impayés.

La croissance est tirée aussi bien par les prêts à l’habitat que les crédits à la consommation. La dette des ménages représente 36% des encours des établissements de crédit et 31% du PIB, soit un point de plus par rapport à 2017.

La dette bancaire moyenne par ménage s’élève ainsi à 42.500 DH contre 41.000 DH un an plus tôt.

Elle est constituée à hauteur de 36% par le crédit à la consommation et 64% par le prêt à l’habitat. Les banques en détiennent 85%.

Prêts à l'habitat: prudence sur les taux malgré leur baisse

Pour ce qui est des prêts à l’habitat, leur encours s’est élevé à 219 milliards de DH, en hausse de 5,5% contre 4,2% en 2017. Les financements Mourabaha représentent 4,2 milliards de DH.

Cet encours a progressé grâce à une production (nouveaux crédits distribués en 2018) de 27,3 milliards de DH, reflétant une baisse de la production des crédits encouragés par l’Etat (-10%) et une hausse de celle des prêts libres (+2%).

Cette production, en baisse de 3%, a profité à 68.500 nouveaux bénéficiaires, nombre en recul de 4% (-5% pour les prêts encouragés par l’Etat et +2% pour les prêts libres). Le montant moyen par ménage des crédits habitat distribués en 2018 ressort ainsi à 398.000 DH, stable par rapport à 2017.

Le taux d’intérêt moyen appliqué aux nouveaux crédits à l’habitat s’est établi à 4,93%. La proportion des crédits accordés à un taux compris entre 4% et 6% a augmenté de 4 points, à 74%, au détriment des crédits accordés à un taux compris entre 6% et 8% dont le poids a baissé de 3 points, à 19%. Ceci reflète la tendance baissière des taux d’intérêts, fruit d’une baisse du taux directeur de BAM et d’une concurrence acharnée entre les banques.

Malgré cette tendance favorable des taux, les clients sont de plus en plus prudents et optent pour les taux fixes. La part des crédits à taux fixe s’est de nouveau accrue pour s’établir à 98% en termes de production et à 94% en termes d’encours, soit un point de plus par rapport à 2017.

La durée initiale des nouveaux prêts s’est pour sa part contractée pour la deuxième année consécutive. La part des crédits habitat de plus de 20 ans s’est contractée à 55% au profit des crédits compris entre 10 et 20 ans dont la part est de 38%. La durée moyenne est de 19,8 ans contre 20 ans en 2017.

Le profil des emprunteurs en 2018

Les nouveaux prêts ont été contractés à hauteur de 65% par des personnes âgées de plus de 40 ans, contre 29% pour les personnes âgées entre 30 et 40 ans et 6% pour les moins de 30 ans.

Celles qui touchent un revenu inférieur à 4.000 DH représentent 31% des emprunteurs (contre 33% en 2016) et les personnes percevant plus de 10.000 DH par mois 30% (contre 29% en 2016).

Les salariés et les fonctionnaires continuent de constituer les catégories socio-professionnelles qui recourent (ou accèdent) le plus au crédit habitat, avec des parts respectives de 47% et 34%. Les artisans-commerçant détiennent 13% des crédits.

La région de Casablanca-Settat a concentré 40% des nouveaux crédits distribués, contre 19% pour Rabat-Salé-Kénitra et 13% pour Fès-Meknès.

 

La durée des crédits à la consommation s'allonge

Pour ce qui est des crédits à la consommation, l’encours a progressé de 7% contre 4,8% en 2017, à 123 milliards de DH. La tendance concerne aussi bien les crédits distribués par les sociétés spécialisées (+8%) que par les banques (+6,3%). L’encours des financements participatifs (achat de véhicules) s’établit à 347 MDH.

Le montant moyen des nouveaux crédits s’est établi à 51.000 DH en 2018 contre 53.000 DH en 2017.

La part des crédits dont la durée initiale est supérieure à 5 ans s’est renforcée de 3 points, à 75%, au détriment des crédits inférieurs à 3 ans.

La majorité des nouveaux crédits sont non affectés. Leur part varie entre 64% et 71% en fonction de l’âge de l’emprunteur. Les crédits automobiles représentent entre 10% et 15% et les prêts à l’équipement domestique entre 13% et 20%.

Les crédits à la consommation de 2018 ont été contractés à hauteur de 40% par les personnes âgées de 50 ans et plus. Les moins de 30 ans ne représentent que 10%.

Celles qui perçoivent un revenu inférieur à 4.000 DH représentent 36% des emprunteurs alors que les personnes touchant plus de 10.000 DH par mois pèsent 22%.

Les salariés et les fonctionnaires ont disposé en 2018 respectivement de 49% et 34% des crédits à la consommation. Ceux-ci sont distribués principalement à Casablanca (30%) et Rabat (19%).

En moyenne, chaque ménage a 42.500 DH de crédits bancaires

Le 23 juillet 2019 à12:43

Modifié le 23 juillet 2019 à 12:43

La dette bancaire des ménages s’accélère : 342 milliards de DH à fin 2018, en hausse de 6,1% par rapport à 2017 qui n’avait connu qu’une augmentation de 4,4%. Elle représente 31% du PIB, un point de plus que l’année dernière.

Depuis 2005, Bank Al-Maghrib mène chaque année une enquête pour suivre l’évolution de l’endettement bancaire des ménages. Celle de 2018 a couvert 11 banques et 10 sociétés de crédit à la consommation, représentant des parts de marché en termes de prêts à l’habitat et à la consommation respectivement de 99% et 98%.

Il en ressort une accélération de la dette bancaire des ménages qui a cru de 6,1% en 2018, à 342 milliards de DH, contre 4,4% en 2017 et 4,2% en 2016. Une accélération à surveiller car la dette financière des ménages se situe à un niveau élevé, se caractérise par un allongement de la durée des crédits à la consommation et par une augmentation des impayés.

La croissance est tirée aussi bien par les prêts à l’habitat que les crédits à la consommation. La dette des ménages représente 36% des encours des établissements de crédit et 31% du PIB, soit un point de plus par rapport à 2017.

La dette bancaire moyenne par ménage s’élève ainsi à 42.500 DH contre 41.000 DH un an plus tôt.

Elle est constituée à hauteur de 36% par le crédit à la consommation et 64% par le prêt à l’habitat. Les banques en détiennent 85%.

Prêts à l'habitat: prudence sur les taux malgré leur baisse

Pour ce qui est des prêts à l’habitat, leur encours s’est élevé à 219 milliards de DH, en hausse de 5,5% contre 4,2% en 2017. Les financements Mourabaha représentent 4,2 milliards de DH.

Cet encours a progressé grâce à une production (nouveaux crédits distribués en 2018) de 27,3 milliards de DH, reflétant une baisse de la production des crédits encouragés par l’Etat (-10%) et une hausse de celle des prêts libres (+2%).

Cette production, en baisse de 3%, a profité à 68.500 nouveaux bénéficiaires, nombre en recul de 4% (-5% pour les prêts encouragés par l’Etat et +2% pour les prêts libres). Le montant moyen par ménage des crédits habitat distribués en 2018 ressort ainsi à 398.000 DH, stable par rapport à 2017.

Le taux d’intérêt moyen appliqué aux nouveaux crédits à l’habitat s’est établi à 4,93%. La proportion des crédits accordés à un taux compris entre 4% et 6% a augmenté de 4 points, à 74%, au détriment des crédits accordés à un taux compris entre 6% et 8% dont le poids a baissé de 3 points, à 19%. Ceci reflète la tendance baissière des taux d’intérêts, fruit d’une baisse du taux directeur de BAM et d’une concurrence acharnée entre les banques.

Malgré cette tendance favorable des taux, les clients sont de plus en plus prudents et optent pour les taux fixes. La part des crédits à taux fixe s’est de nouveau accrue pour s’établir à 98% en termes de production et à 94% en termes d’encours, soit un point de plus par rapport à 2017.

La durée initiale des nouveaux prêts s’est pour sa part contractée pour la deuxième année consécutive. La part des crédits habitat de plus de 20 ans s’est contractée à 55% au profit des crédits compris entre 10 et 20 ans dont la part est de 38%. La durée moyenne est de 19,8 ans contre 20 ans en 2017.

Le profil des emprunteurs en 2018

Les nouveaux prêts ont été contractés à hauteur de 65% par des personnes âgées de plus de 40 ans, contre 29% pour les personnes âgées entre 30 et 40 ans et 6% pour les moins de 30 ans.

Celles qui touchent un revenu inférieur à 4.000 DH représentent 31% des emprunteurs (contre 33% en 2016) et les personnes percevant plus de 10.000 DH par mois 30% (contre 29% en 2016).

Les salariés et les fonctionnaires continuent de constituer les catégories socio-professionnelles qui recourent (ou accèdent) le plus au crédit habitat, avec des parts respectives de 47% et 34%. Les artisans-commerçant détiennent 13% des crédits.

La région de Casablanca-Settat a concentré 40% des nouveaux crédits distribués, contre 19% pour Rabat-Salé-Kénitra et 13% pour Fès-Meknès.

 

La durée des crédits à la consommation s'allonge

Pour ce qui est des crédits à la consommation, l’encours a progressé de 7% contre 4,8% en 2017, à 123 milliards de DH. La tendance concerne aussi bien les crédits distribués par les sociétés spécialisées (+8%) que par les banques (+6,3%). L’encours des financements participatifs (achat de véhicules) s’établit à 347 MDH.

Le montant moyen des nouveaux crédits s’est établi à 51.000 DH en 2018 contre 53.000 DH en 2017.

La part des crédits dont la durée initiale est supérieure à 5 ans s’est renforcée de 3 points, à 75%, au détriment des crédits inférieurs à 3 ans.

La majorité des nouveaux crédits sont non affectés. Leur part varie entre 64% et 71% en fonction de l’âge de l’emprunteur. Les crédits automobiles représentent entre 10% et 15% et les prêts à l’équipement domestique entre 13% et 20%.

Les crédits à la consommation de 2018 ont été contractés à hauteur de 40% par les personnes âgées de 50 ans et plus. Les moins de 30 ans ne représentent que 10%.

Celles qui perçoivent un revenu inférieur à 4.000 DH représentent 36% des emprunteurs alors que les personnes touchant plus de 10.000 DH par mois pèsent 22%.

Les salariés et les fonctionnaires ont disposé en 2018 respectivement de 49% et 34% des crédits à la consommation. Ceux-ci sont distribués principalement à Casablanca (30%) et Rabat (19%).

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