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Enseignement supérieur: le diagnostic du Conseil supérieur CSEFRS

DOSSIER. En partant des principales lacunes du système actuel de l’enseignement supérieur, le Conseil supérieur de l’Education, de la Formation et de la Recherche scientifique (CSEFRS), a conçu un diagnostic clair de ce secteur, avec 7 leviers majeurs de changement.

Enseignement supérieur: le diagnostic du Conseil supérieur CSEFRS

Le 25 juillet 2019 à 16:59

Modifié le 26 juillet 2019 à 13:54

Le Conseil supérieur de l’Education, de la Formation et de la Recherche scientifique (CSEFRS) a présenté en mai 2019 son projet de rapport sur “l’enseignement supérieur à l’horizon de 2030 : Les perspectives stratégiques“. En plus d’émettre un diagnostic de l’état actuel des choses, ce document propose sept leviers de transformation de ce secteur.

Ce rapport constitue, à juste titre, un approfondissement de la Vision stratégique de la réforme 2015-2030 et décline de manière plus explicite ses orientations.

“À l’horizon 2030 et au-delà, l’avenir de l’enseignement supérieur appelle à des ajustements, en vue d’impulser une dynamique qualitative au développement du système de l’enseignement supérieur dans notre pays“, estime le Conseil.

Ce développement est encadré par plusieurs déterminants tant endogènes qu’exogènes. Les déterminants endogènes regroupent l’évolution démographique, la loi 01.00 portant organisation de l'enseignement supérieur, l’organisation pédagogique du système LMD et la gouvernance du système.

Pour leur part, les déterminants exogènes sont au nombre de trois : la restructuration du modèle de développement socio-économique, les opportunités d’employabilité et de promotion sociale et l’économie mondiale impactée par la révolution numérique en plein essor.

Les sept plaies de l’enseignement supérieur

Les principales articulations des éléments de diagnostic, basées sur les évaluations menées par l’Instance Nationale d’Évaluation (INE), notamment le rapport intitulé “L’Enseignement supérieur au Maroc. Efficacité, efficience et défis du système universitaire à accès ouvert“, peuvent se résumer comme suit :

1-Les établissements à accès ouvert accueillaient en 2014-2015, 88% des étudiants de l’université, contre 12% uniquement pour ceux à accès régulé.

2-Avec un total d’effectifs de plus de 78%, l’enseignement universitaire est fortement majoritaire au sein du système de l’enseignement supérieur marocain, que ce soit en 2016 ou en 2017.

3-Il reste que les revenus provenant des subventions de recherche ne dépassent guère 10% dans le meilleur des cas.

4-Gouvernance globale stratégique du système: Les fonds publics constituent la principale ressource de l’université publique (entre 70 et 97%), ce qui impacterait la capacité de l’université à développer ses ressources matérielles et son capital humain, par conséquent son autonomie.

5-Déperdition dans le premier cycle du supérieur : Le cycle de licence en accès ouvert, connu par une “évolution démographique“ des effectifs dans les trois niveaux de licence, a enregistré une baisse continue du taux de diplomation en 4 ans, à partir de 2007-2008 pour atteindre son niveau le plus bas en 2012-13, à savoir 19,1%.

6-Absence d’un Plan numérique structurant pour l’enseignement supérieur.

7-Selon le World Economic Forum, d’ici 2020, plus d’un tiers des compétences de base qui seraient sollicitées pour la plupart des professions ne sont pas encore considérées comme essentielles au travail actuel.

Des leviers pour acter une véritable transformation

Une fois le diagnostic posé, le Conseil supérieur de l’éducation s’est penché sur les pistes de transformation de l’enseignement supérieur, à même d’acter la réforme tant attendue. Il a, donc, énuméré 7 leviers déclinés en 58 préconisations.

“Ces leviers représentent les entrées majeures pour une réforme englobant, de manière systémique, la cohérence de l’enseignement supérieur, la gouvernance, le financement, l’offre de formation avec ses composantes pédagogiques et méthodologiques, la recherche et l’innovation, la vie des étudiants et le corps enseignant, les modes de suivi et d’évaluation, ainsi que la conduite et la gestion du changement pour réussir ces orientations stratégiques“, expose le Conseil dans son rapport.

Les 7 leviers de transformation ont été articulés comme suit :

1- Un enseignement supérieur renouvelé et cohérent (11 préconisations).

2- Une gouvernance globale stratégique du système (9 préconisations).

3- Une université responsable et efficace dans son autonomie (8 préconisations).

4- Des formations de qualité affirmée (8 préconisations).

5- Donner une impulsion à la recherche et à l’innovation (9 préconisations).

6- Un environnement universitaire émancipateur des enseignants et des étudiants (10 préconisations).

7- Des conditions favorables pour conduire et réussir le changement (3 préconisations).

Des redressements impératifs

Le Conseil supérieur de l’éducation estime, sur la base de ces leviers, qu’il est “impératif de procéder à des redressements“ afin de :

- Construire sur les acquis de l’histoire de l’université marocaine un nouveau modèle qui préserve les missions universelles de l’université tout en la rendant attentive aux enjeux et aux défis des grandes transformations de l'environnement national et international ;

- Investir dans les nouvelles missions de l’université, autres que la formation et la recherche, principalement celle qui a émergé ces dernières décennies et qui oriente l’université vers “le modèle entrepreneurial“ ;

- Veiller à la réalisation d’un saut qualitatif qui installe une compétition, entre les universités, autour de l’excellence pour rehausser leur statut et leur image dans la société ;

 - Former les lauréats compétents et contribuer à l’accumulation du capital humain ;

 - Encourager la formation en temps partiel œuvrant dans le cadre de la formation tout le long de la vie, le développement de la prestation des services et la collaboration avec des laboratoires privés et groupes de recherche internationaux, pour mener la recherche et l’innovation,  qui garantissent à l’université un gain de reconnaissance de la part de la société et à l’échelle internationale et lui procurent un financement supplémentaire qui s’ajoute à la dotation de l’État ;

- Développer et produire la recherche scientifique et l’innovation pour contribuer au savoir, et être à l’écoute des besoins de la société pour répondre à sa demande et lui rendre compte.

Enseignement supérieur: le diagnostic du Conseil supérieur CSEFRS

Le 25 juillet 2019 à17:04

Modifié le 26 juillet 2019 à 13:54

DOSSIER. En partant des principales lacunes du système actuel de l’enseignement supérieur, le Conseil supérieur de l’Education, de la Formation et de la Recherche scientifique (CSEFRS), a conçu un diagnostic clair de ce secteur, avec 7 leviers majeurs de changement.

Le Conseil supérieur de l’Education, de la Formation et de la Recherche scientifique (CSEFRS) a présenté en mai 2019 son projet de rapport sur “l’enseignement supérieur à l’horizon de 2030 : Les perspectives stratégiques“. En plus d’émettre un diagnostic de l’état actuel des choses, ce document propose sept leviers de transformation de ce secteur.

Ce rapport constitue, à juste titre, un approfondissement de la Vision stratégique de la réforme 2015-2030 et décline de manière plus explicite ses orientations.

“À l’horizon 2030 et au-delà, l’avenir de l’enseignement supérieur appelle à des ajustements, en vue d’impulser une dynamique qualitative au développement du système de l’enseignement supérieur dans notre pays“, estime le Conseil.

Ce développement est encadré par plusieurs déterminants tant endogènes qu’exogènes. Les déterminants endogènes regroupent l’évolution démographique, la loi 01.00 portant organisation de l'enseignement supérieur, l’organisation pédagogique du système LMD et la gouvernance du système.

Pour leur part, les déterminants exogènes sont au nombre de trois : la restructuration du modèle de développement socio-économique, les opportunités d’employabilité et de promotion sociale et l’économie mondiale impactée par la révolution numérique en plein essor.

Les sept plaies de l’enseignement supérieur

Les principales articulations des éléments de diagnostic, basées sur les évaluations menées par l’Instance Nationale d’Évaluation (INE), notamment le rapport intitulé “L’Enseignement supérieur au Maroc. Efficacité, efficience et défis du système universitaire à accès ouvert“, peuvent se résumer comme suit :

1-Les établissements à accès ouvert accueillaient en 2014-2015, 88% des étudiants de l’université, contre 12% uniquement pour ceux à accès régulé.

2-Avec un total d’effectifs de plus de 78%, l’enseignement universitaire est fortement majoritaire au sein du système de l’enseignement supérieur marocain, que ce soit en 2016 ou en 2017.

3-Il reste que les revenus provenant des subventions de recherche ne dépassent guère 10% dans le meilleur des cas.

4-Gouvernance globale stratégique du système: Les fonds publics constituent la principale ressource de l’université publique (entre 70 et 97%), ce qui impacterait la capacité de l’université à développer ses ressources matérielles et son capital humain, par conséquent son autonomie.

5-Déperdition dans le premier cycle du supérieur : Le cycle de licence en accès ouvert, connu par une “évolution démographique“ des effectifs dans les trois niveaux de licence, a enregistré une baisse continue du taux de diplomation en 4 ans, à partir de 2007-2008 pour atteindre son niveau le plus bas en 2012-13, à savoir 19,1%.

6-Absence d’un Plan numérique structurant pour l’enseignement supérieur.

7-Selon le World Economic Forum, d’ici 2020, plus d’un tiers des compétences de base qui seraient sollicitées pour la plupart des professions ne sont pas encore considérées comme essentielles au travail actuel.

Des leviers pour acter une véritable transformation

Une fois le diagnostic posé, le Conseil supérieur de l’éducation s’est penché sur les pistes de transformation de l’enseignement supérieur, à même d’acter la réforme tant attendue. Il a, donc, énuméré 7 leviers déclinés en 58 préconisations.

“Ces leviers représentent les entrées majeures pour une réforme englobant, de manière systémique, la cohérence de l’enseignement supérieur, la gouvernance, le financement, l’offre de formation avec ses composantes pédagogiques et méthodologiques, la recherche et l’innovation, la vie des étudiants et le corps enseignant, les modes de suivi et d’évaluation, ainsi que la conduite et la gestion du changement pour réussir ces orientations stratégiques“, expose le Conseil dans son rapport.

Les 7 leviers de transformation ont été articulés comme suit :

1- Un enseignement supérieur renouvelé et cohérent (11 préconisations).

2- Une gouvernance globale stratégique du système (9 préconisations).

3- Une université responsable et efficace dans son autonomie (8 préconisations).

4- Des formations de qualité affirmée (8 préconisations).

5- Donner une impulsion à la recherche et à l’innovation (9 préconisations).

6- Un environnement universitaire émancipateur des enseignants et des étudiants (10 préconisations).

7- Des conditions favorables pour conduire et réussir le changement (3 préconisations).

Des redressements impératifs

Le Conseil supérieur de l’éducation estime, sur la base de ces leviers, qu’il est “impératif de procéder à des redressements“ afin de :

- Construire sur les acquis de l’histoire de l’université marocaine un nouveau modèle qui préserve les missions universelles de l’université tout en la rendant attentive aux enjeux et aux défis des grandes transformations de l'environnement national et international ;

- Investir dans les nouvelles missions de l’université, autres que la formation et la recherche, principalement celle qui a émergé ces dernières décennies et qui oriente l’université vers “le modèle entrepreneurial“ ;

- Veiller à la réalisation d’un saut qualitatif qui installe une compétition, entre les universités, autour de l’excellence pour rehausser leur statut et leur image dans la société ;

 - Former les lauréats compétents et contribuer à l’accumulation du capital humain ;

 - Encourager la formation en temps partiel œuvrant dans le cadre de la formation tout le long de la vie, le développement de la prestation des services et la collaboration avec des laboratoires privés et groupes de recherche internationaux, pour mener la recherche et l’innovation,  qui garantissent à l’université un gain de reconnaissance de la part de la société et à l’échelle internationale et lui procurent un financement supplémentaire qui s’ajoute à la dotation de l’État ;

- Développer et produire la recherche scientifique et l’innovation pour contribuer au savoir, et être à l’écoute des besoins de la société pour répondre à sa demande et lui rendre compte.

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