EXCLUSIF. WAC-EST : Les révélations du secrétaire général du Wydad

Que s'est-il passé dans les coulisses du match ? Que se disaient les officiels sur la pelouse ? Quels sont les arguments du WAC et que contient le dossier de recours devant la CAF ? Récit et révélations d'Anouar Zyne, secrétaire général du WAC, en exclusivité pour les lecteurs de Médias24.

EXCLUSIF. WAC-EST : Les révélations du secrétaire général du Wydad Anouar Zyne, avec Said Naciri, pendant l'interruption fatidique du match WAC-EST à Tunis.

Le 02 juin 2019 à 19:21

Modifié le 03 juin 2019 à 09:18

Le match Wydad-Espérance et les péripéties qui l’ont entaché ont déchaîné les passions. Ci-dessous, nous donnons la parole à un témoin de premier plan : Anouar Zyne, secrétaire général du WAC. Il nous raconte les coulisses de la rencontre, ce qui s’est passé pendant la réunion technique et surtout pendant cette interruption du match qui a duré 1h25mn et qui s’est conclue par la remise du trophée à l’Espérance.

Anouar Zyne a accepté de répondre à nos questions malgré la tension, quelques nuits blanches et l’intensité de la préparation du dossier de recours qui doit être transmis à la CAF moins de 48 heures après la fin du match. Des réponses exprimées d'une manière posée et claire, basées sur le droit.

Médias24 : Commençons par le début. Vous êtes arrivés quand à Tunis ?

Anouar Zyne : Dans la nuit du mercredi à jeudi, 29/30 mai, vers 03 heures du matin. Ensuite nous avons roulé pendant une heure jusqu’à notre hôtel à Hammamet.

-Comment était l’accueil de la Fédération tunisienne et de vos homologues de l’Espérance ?

-Impeccable. A l'aéroport, nous avons été routés vers le terminal 2, généralement réservé aux pèlerins et presque vide. Tout était fluide, il n’y avait pas de dispositif particulier, la douane était coopérative ; ils ont appliqué la souplesse de rigueur à laquelle ils avaient eu droit au Maroc, puis nous avons été escortés jusqu’à Hammamet.

-Le lendemain, réunion technique puis séance d’entraînement…

-La réunion technique est programmée à midi. Là, commencent les premières difficultés. Le règlement prévoit par exemple que le véhicule des représentants du WAC soit escorté lorsqu’il se rend à la réunion technique. Pour qui connait bien Tunis, la circulation c’est compliqué. Généralement, la réunion technique se tient dans un lieu neutre. Là, elle a été organisée dans un hôtel qui fait partie du complexe de l’Espérance. On avait trouvé ça pas conforme à la pratique habituelle. C’était un peu le début des hostilités.

-Est-ce que pendant cette réunion technique, on vous a prévenus que le VAR* n’était pas fonctionnel ?

-Non. Rien.

Je rappelle qu’une réunion technique se tient plus de 24 heures avant le début du match. Autour de la table, il y a les deux équipes, la réunion est présidée par la CAF, il y a différents responsables de haut rang de la CAF, les représentants des différentes forces de sécurité et le représentant de l’arbitrage.

On passe en revue tous les détails, la couleur des maillots, la répartition des vestiaires, on ré-insiste sur le fairplay, sur la poignée de main au départ et à la fin du match…

On est allé plus loin, on savait qu’il s’agissait d’un match sous tension et la CAF a demandé des efforts de la part des uns et des autres. Par exemple, ne pas provoquer le public adverse lorsqu’un but est marqué, lorsqu’un joueur marque, qu’il fête son but devant ses propres supporters.

Nous avions initié à Rabat un protocole d’accord en vertu duquel le WAC avait donné 1.600 billets aux supporters de l’Espérance et ce club a fait pareil, il nous a livré 1.600 billets…

Ensuite, pour la première fois je fais un compte rendu journalistique de la réunion technique qui est publié dans l’heure, sur le site du WAC et sur la page Facebook du club. Dans mon compte rendu, il n’y avait pas trace de VAR et si j’avais omis un point aussi important que celui-là, j’aurais été rappelé à l’ordre par la CAF qui suivait tout ce qu’on publiait.

D’ailleurs, à cette réunion technique a pris part le patron de la sécurité de la CAF qui avait été dépêché par la FIFA pour s’assurer des conditions de sécurité de ce match car la FIFA s’inquiétait déjà de ce qu’elle recevait comme informations. Il était en Egypte dans le cadre de la préparation de la CAN, il est venu à Tunis spécialement pour ce match.

Il nous a demandé un compte rendu que chaque club doit publier et dans lequel il appelle ses propres supporters à adopter une attitude fairplay. Je lui ai envoyé le mien dans l’heure, par mail, pour information [voir fac similé en fin d'article]. Les représentants de l’Espérance ne l’ont pas fait du tout. Ils n’ont pas lancé d’appel publiquement à leurs propres supporters.

- Est-ce que des supporters marocains ont été agressés ?

-Oui, jeudi dans la journée, un supporter marocain a été agressé au couteau et il a dû subir quatre points de suture. Je remercie d’ailleurs le personnel de l’ambassade qui a été mobilisé avec nous 24H sur 24. Ce supporter a d’ailleurs assisté au match après avoir déposé plainte.

La police tunisienne a été très réactive pour cet incident. Dans la foulée de l’agression, elle a arrêté un complice de l’agresseur qui résidait dans le même hôtel que les supporters marocains. Il avait communiqué à un groupe de trois agresseurs présumés, les identités et l’heure de sortie des supporters marocains. Ces trois suspects ont été arrêtés.

Vendredi, un autocar de supporters est caillassé sur l’autoroute avec préméditation.

Ce qui va se jouer ensuite avec le public marocain est ignoble. Le WAC avait contracté un accord avec des services de transports par autocars de l’aéroport vers le stade, pour les supporters qui arrivaient le jour même. Le même jour, les téléphones du transporteur sont éteints, aucun autre transporteur n’accepte de prendre en charge nos supporters, ni de l’aéroport ni de Sousse vers le stade. Ce sera la guerre des nerfs pendant cette journée. C’est vraiment à la dernière minute grâce aux démarches de l’ambassade et du comité du WAC, que des bus urbains de la ville de Tunis sont mobilisés pour transporter nos supporters ainsi que des transporteurs privés.

Tout le monde se rend au stade quasiment à la dernière minute.

-Est-ce que c’est la première fois que vous rencontrez ce niveau d’hostilité ?

-Si j’en juge par les parcours de 2017, 2018 et 2019, oui c’est la première fois et je compare cela avec des pays tels que l’Algérie, l’Egypte ou les pays subsahariens.

-Passons au match. Est-ce que c’est vrai que 5 mn avant le coup d’envoi, l’arbitre réunit les deux capitaines et leur annonce que le VAR n’est pas opérationnel et qu’ils ne l’ont su que ce jour-là et que jusqu’à la dernière minute, ils espéraient qu’il arrive ?

-Ce n’est pas vrai. Pour preuve, au cours du match, les premiers à demander le recours au VAR, ce ne sont pas les Wydadis, mais les joueurs de l’Espérance.

-Cela prouve uniquement qu’ils ne sont pas au courant. Peut-être que leur capitaine ne les a pas informés… Je reformule la question : est-ce que vous affirmez officiellement que le capitaine marocain n’a pas été informé de l’absence de VAR ?

-Oui. Officiellement.

-Le règlement prévoit que même si le VAR est en panne, ce n’est pas une raison pour arrêter un match ou refuser un résultat…

-Les mots ont un sens.

Il est dit qu’un match ne peut pas être invalidé pour la raison suivante : “défaillance du VAR pendant le match“. Cela suppose que le VAR était prêt, qu’on a démarré le match et qu’il est tombé en panne. Dans ce cas, ce n’est pas une raison pour arrêter le match ou refuser un résultat.

Ce que nous sommes en train d’avancer, c’est un principe d’égalité de chances, d’équité et de parallélisme des formes en droit.

En Afrique, nous jouons la finale de la Champions League en deux manches. Dans les autres continents, cela se joue en un seul match, ce qui garantit les conditions d’égalité. Donc ici, si le premier match a été joué avec le VAR, le deuxième doit l’être également.

-Les Tunisiens répondent que l’absence de VAR impacte les deux équipes. La preuve, disent-ils, elle les a privés d’un penalty en première mi-temps. Et que s’il y avait eu le VAR, ils auraient eu leur penalty.

-Probablement. Mais nous ne sommes pas en train de faire un commentaire sportif. Nous sommes sur le terrain du droit. L’égalité des chances est un principe qui voudrait que le VAR soit disponible pour Tunis.

Il y a, de plus, quelque chose qui n’est pas clair. Ça s’appelle le dol. Le dol, c’est de cacher une information que l’on doit révéler. Je pense que les gens de la CAF eux-mêmes ne savaient pas que le VAR ne fonctionnait pas.

La CAF applique le VAR qui est un dispositif de la FIFA.  Il fait partie du cahier des charges. Ce cahier des charges est transmis à la Fédération du pays du club hôte.

La FRMF avait reçu une note où la CAF leur a demandé de veiller à ce que le VAR fonctionne, elle l’avait appliquée. Pour fonctionner, il faut un dispositif de soutien de la télévision locale. Il faut 14 caméras. Au Maroc, c’est la SNRT qui a fourni les caméras et elle a été félicitée pour cela dans un tweet de l’Espérance juste après le match aller.

La veille du match, il y a une simulation VAR qui dure deux heures. Donc la veille du match, on savait que le VAR n’était pas là. Mais personne n’a été informé du fait que cette simulation n’avait pas eu lieu. L’information n’a pas été communiquée.

En deuxième lieu, prétendre que les deux capitaines ont été informés avant le match, c’est une farce. Ce n’est pas un tournoi de quartier, il y a un minimum de forme à respecter, un écrit adressé au club et pas au capitaine…

-Donc la présence du VAR est sous la responsabilité de la Fédération du pays du club qui reçoit…

-Exactement

Il y a eu falsification, parce que le boîtier VAR était là. Pourquoi placer le boîtier alors qu’on savait pertinemment que le VAR ne marchait pas ?

A la 50e minute, avant le but contesté, l’arbitre simule une communication avec la salle VAR sur protestation de nos joueurs pour penalty. Et laisse croire que quelqu’un dans la salle VAR lui dit que non, il n’y a pas penalty.

Quand il y a la contestation sur le fameux but du WAC, il fait cinq pas en direction du VAR avant de se rendre compte que la comédie ne peut pas durer plus longtemps et il revient leur dire qu’il n’y a pas le VAR. Il est là le tournant du match.

-A qui profite le crime ? Pourquoi la Fédération tunisienne aurait-elle fait une chose pareille alors que l’Espérance aurait pu subir la même mésaventure que le WAC ? L’absence de VAR, on ne sait jamais à l’avance à qui elle peut profiter…

-Le règlement dit que si la Fédération du pays hôte n’assure pas le dispositif d’arbitrage complet, VAR compris, pour la bonne tenue du match, le match est remporté sur tapis vert par l’équipe adverse par le score de 2-0.

-Donc, vous dites que l’absence de VAR n’était pas préméditée mais qu’elle a été cachée pour donner l’impression de la présence d’un dispositif complet d’arbitrage…

-Ce n’était pas prémédité, je pense qu’ils voulaient l’avoir.

“Situation CAF-kaïenne“

-Revenons au déclenchement de la contestation. Que s’est-il passé… ?

-On est passé à une situation CAF-kaïenne. C’est un fait inédit de droit. Le parallélisme suivant s’applique. Imaginons qu’il y ait une coupure d’électricité. L’arbitre arrête le match et attend le retour du courant électrique. Et d’ailleurs, dans ce cas précis, il ne peut arrêter le match au-delà de 20 mn. Au bout de 20 mn, il doit arrêter le match dont la suite est alors programmée un autre jour, à compter de la minute où il a été suspendu et en tenant compte du score enregistré.

J’imagine que l’arbitre s’est dit, je vais attendre et donner une chance au VAR de se remettre en marche.

A un certain moment, Ahmed Ahmed demande un délai de 15 minutes pour refaire fonctionner le VAR, promet-il. C’est ce qui explique aussi la décision de l’arbitre de faire cet arrêt d’une durée hors normes. En gros, il espère encore que le courant électrique va être rétabli.

Au bout de 15 ou 20 mn, miracle, Ahmed Ahmed arrive sur la pelouse et nous dit : reprenez le match svp, ça y est le VAR fonctionne. Ce à quoi le WAC rétorque : avec plaisir ! On veut reprendre. J’étais présent sur la pelouse et témoin de tout cela.

Le WAC donc accepte de reprendre le match et, puisque le VAR fonctionne, demande à visionner le but refusé par l’arbitre. Refus d’Ahmed Ahmed.

-Est-ce qu’il y avait une salle VAR, avec les écrans, la communication avec l’arbitre, les arbitres… ?

-Non.

Le diffuseur officiel BeIN sports a dans son cahier des charges l’obligation de consacrer une séquence de sa diffusion à la salle VAR juste avant le match. Il ne l’a pas fait.

Aujourd’hui, le VAR est un arbitre parmi d’autres. De la même manière que l’on filme les arbitres du terrain à leur arrivée, on doit le faire de la salle VAR. C’est le règlement. C’est contractuel et BeIN ne l’a pas fait. Nous n’avons pas vu ces images de la fameuse salle VAR.

Par contre, dans la feuille d’arbitrage communiquée aux clubs, il y avait des arbitres VAR désignés.

-Donc, que se passe-t-il par la suite ?

-Il y a un blanc d’une heure 25 mn, où l’arbitre ne peut pas siffler la fin du match parce qu’on n’a pas déclaré forfait, on ne s’est pas retiré.

Nous sommes restés sur la pelouse, notre déclaration était claire : nous voulons terminer ce match. Et dans les conditions équitables du match aller.

Pour info, le VAR n’a pas fonctionné, contrairement à ce qui a été annoncé. Il n’a pas été rétabli. Le responsable de la CAF avait tenté un coup de poker. Et cela, on le comprend rapidement lorsqu’on lit les deux communiqués de la société qui fournit le matériel.

-Avez-vous vérifié vous-même de visu que le VAR ne fonctionnait pas ?

-Oui, absolument. C’était une mise en scène.

-L’arbitre ne pouvait pas arrêter le match parce que le WAC ne s’est pas retiré. Mais il appelait quand même à reprendre le jeu…

-On ne pouvait reprendre que si les conditions d’équité et d’égalité étaient assurées…

-Mais vous avez su au cours du match que le VAR ne fonctionnait pas…

-Alors ce match ne devait pas avoir lieu. Vu qu’il a eu lieu, il fallait le suspendre le temps que le VAR fonctionne. Si par exemple, il y avait eu une panne de courant, on ne pouvait demander aux joueurs de continuer.

-Qu’est-ce qui s’est passé ensuite ?

-Une confusion de la CAF parce qu’elle a perdu la face. Ses responsables en veulent aux organisateurs techniques même si c’est la CAF qui est l’organisateur légal. D’ailleurs, les tensions étaient visibles entre Ahmed Ahmed d’une part et d’autre part, le président de la fédération tunisienne de football et le président de l’EST.

Le président de la CAF a réuni ses collaborateurs pour trouver une issue à cette crise.

-A un certain moment, Ahmed Ahmed était sur la pelouse avec les présidents des deux clubs. Ils se disaient quoi ?

-Le président de la CAF a essayé de mettre la pression sur Naciri en lui disant “fais-le pour moi“. Le président du WAC n’avait pas de réponse à donner car on était en finale de la Ligue des champions et la loi est au-dessus de tout.

Les gens de l’EST étaient un peu agressifs. Des phrases que je ne cite pas aujourd'hui ont été prononcées.

-Est-ce que l’un des responsables a dit qu’il faut que l’EST gagne pour des raisons de sécurité ?

-Oui. Et finalement Ahmed Ahmed a remis le trophée au chef du gouvernement tunisien au lieu de le remettre au capitaine de l’équipe…

-L’arbitre aurait pu siffler pour reprendre le match ou valider le but du WAC…

-Il aurait pu le faire mais il était dans la confusion totale.

-Est-ce qu’il a demandé officiellement la reprise du match et le WAC a refusé ?

-Non. Nous n’avons jamais refusé de reprendre. A vrai dire, l’arbitre n’a fait qu’appliquer la loi : si le VAR ne fonctionne pas, il ne doit pas y avoir de match. D’ailleurs, ce n’est pas l’arbitre qui a déclaré l’EST vainqueur, c’est la CAF. Le communiqué est clair, il dit que l’EST a été déclarée vainqueur et non pas qu’elle a remporté la ligue. Et on ne donne pas de score final. C’est la première fois que ça arrive.

-Parlons maintenant du recours du WAC. Est-ce que vous allez envoyer votre dossier aujourd’hui [ndlr : dimanche 2 juin 2019] pour ne pas dépasser le délai de 48 heures après le coup de sifflet.

-Oui.

-Que comprend le dossier ? Des photos, des témoignages… ?

-Un peu de tout cela, l’argumentaire défendu correspond plus ou moins à tout ce que je viens de raconter.

-Qu’est-ce que vous demandez ? Rejouer le match ?

-Nous demandons l’application du règlement. Nous ne demandons pas de rejouer le match, pour une raison très simple:

pour que le match soit rejoué, il faut qu’il le soit à partir de la minute où il s’est arrêté. Se pose le problème du score à retenir : 1-0 ou 1-1 ? Comment vérifier la validité du but du WAC ?

-Pour le parallélisme des chances, vous pensez qu’il faut rejouer le match de la minute zéro ?

-Ce serait une belle jurisprudence de la CAF puisque la base légale pour rejouer un match à partir de la minute zéro n’existe pas.

-Si ce n’est pas ça, vous demandez que le WAC soit déclaré vainqueur ?

-Oui, par 2-0.

-Si on vous demande de reprendre à la 60e minute, allez-vous accepter ?

-On verra à ce moment-là. Mais si c’est le cas, ça ne serait pas basé sur un fondement légal et cela poserait la problématique du score à retenir…

-Vous allez devant le TAS aussi…

-Il y a deux recours différents, celui devant la CAF dans lequel le WAC émet plusieurs réserves techniques, comme par exemple le fait que le match ait démarré en mai pour se terminer en juin. Le règlement du football interdit de passer d’un jour à un autre pendant un match à moins que ça soit prévu à l’avance.

Le deuxième recours est devant la FIFA et le TAS. La FIFA n’a pas félicité l’EST alors qu’elle le fait systématiquement quelques heures après la fin de la compétition.

-Donc la FIFA n’a pas déclaré l’EST vainqueur…

-Oui, et la FIFA est concernée puisqu’elle organise la Coupe du monde des clubs. Le vainqueur de la Ligue des champions joue de facto dans cette Coupe du monde.

-Ce recours devant la FIFA a été fait ou pas encore ?

-Il n’y a pas de délai strict comme pour la CAF. Ça va se faire dans les heures qui suivent.

-Et le TAS ? Allez-vous poursuivre même si vous obtenez satisfaction mardi avec la CAF ?

-Ceci n’annule pas l’action en cours devant le TAS. D’autres parties concernées devront répondre.  

(*) Le VAR ou la VAR, les deux sont admis. Dans cet article, nous avons opté pour le masculin.

Ci dessous, les fac similés des mails échangés avec le directeur de la sécurité de la CAF

Anouar Zyne, avec Said Naciri, pendant l'interruption fatidique du match WAC-EST à Tunis.

EXCLUSIF. WAC-EST : Les révélations du secrétaire général du Wydad

Le 02 juin 2019 à20:48

Modifié le 03 juin 2019 à 09:18

Que s'est-il passé dans les coulisses du match ? Que se disaient les officiels sur la pelouse ? Quels sont les arguments du WAC et que contient le dossier de recours devant la CAF ? Récit et révélations d'Anouar Zyne, secrétaire général du WAC, en exclusivité pour les lecteurs de Médias24.

Le match Wydad-Espérance et les péripéties qui l’ont entaché ont déchaîné les passions. Ci-dessous, nous donnons la parole à un témoin de premier plan : Anouar Zyne, secrétaire général du WAC. Il nous raconte les coulisses de la rencontre, ce qui s’est passé pendant la réunion technique et surtout pendant cette interruption du match qui a duré 1h25mn et qui s’est conclue par la remise du trophée à l’Espérance.

Anouar Zyne a accepté de répondre à nos questions malgré la tension, quelques nuits blanches et l’intensité de la préparation du dossier de recours qui doit être transmis à la CAF moins de 48 heures après la fin du match. Des réponses exprimées d'une manière posée et claire, basées sur le droit.

Médias24 : Commençons par le début. Vous êtes arrivés quand à Tunis ?

Anouar Zyne : Dans la nuit du mercredi à jeudi, 29/30 mai, vers 03 heures du matin. Ensuite nous avons roulé pendant une heure jusqu’à notre hôtel à Hammamet.

-Comment était l’accueil de la Fédération tunisienne et de vos homologues de l’Espérance ?

-Impeccable. A l'aéroport, nous avons été routés vers le terminal 2, généralement réservé aux pèlerins et presque vide. Tout était fluide, il n’y avait pas de dispositif particulier, la douane était coopérative ; ils ont appliqué la souplesse de rigueur à laquelle ils avaient eu droit au Maroc, puis nous avons été escortés jusqu’à Hammamet.

-Le lendemain, réunion technique puis séance d’entraînement…

-La réunion technique est programmée à midi. Là, commencent les premières difficultés. Le règlement prévoit par exemple que le véhicule des représentants du WAC soit escorté lorsqu’il se rend à la réunion technique. Pour qui connait bien Tunis, la circulation c’est compliqué. Généralement, la réunion technique se tient dans un lieu neutre. Là, elle a été organisée dans un hôtel qui fait partie du complexe de l’Espérance. On avait trouvé ça pas conforme à la pratique habituelle. C’était un peu le début des hostilités.

-Est-ce que pendant cette réunion technique, on vous a prévenus que le VAR* n’était pas fonctionnel ?

-Non. Rien.

Je rappelle qu’une réunion technique se tient plus de 24 heures avant le début du match. Autour de la table, il y a les deux équipes, la réunion est présidée par la CAF, il y a différents responsables de haut rang de la CAF, les représentants des différentes forces de sécurité et le représentant de l’arbitrage.

On passe en revue tous les détails, la couleur des maillots, la répartition des vestiaires, on ré-insiste sur le fairplay, sur la poignée de main au départ et à la fin du match…

On est allé plus loin, on savait qu’il s’agissait d’un match sous tension et la CAF a demandé des efforts de la part des uns et des autres. Par exemple, ne pas provoquer le public adverse lorsqu’un but est marqué, lorsqu’un joueur marque, qu’il fête son but devant ses propres supporters.

Nous avions initié à Rabat un protocole d’accord en vertu duquel le WAC avait donné 1.600 billets aux supporters de l’Espérance et ce club a fait pareil, il nous a livré 1.600 billets…

Ensuite, pour la première fois je fais un compte rendu journalistique de la réunion technique qui est publié dans l’heure, sur le site du WAC et sur la page Facebook du club. Dans mon compte rendu, il n’y avait pas trace de VAR et si j’avais omis un point aussi important que celui-là, j’aurais été rappelé à l’ordre par la CAF qui suivait tout ce qu’on publiait.

D’ailleurs, à cette réunion technique a pris part le patron de la sécurité de la CAF qui avait été dépêché par la FIFA pour s’assurer des conditions de sécurité de ce match car la FIFA s’inquiétait déjà de ce qu’elle recevait comme informations. Il était en Egypte dans le cadre de la préparation de la CAN, il est venu à Tunis spécialement pour ce match.

Il nous a demandé un compte rendu que chaque club doit publier et dans lequel il appelle ses propres supporters à adopter une attitude fairplay. Je lui ai envoyé le mien dans l’heure, par mail, pour information [voir fac similé en fin d'article]. Les représentants de l’Espérance ne l’ont pas fait du tout. Ils n’ont pas lancé d’appel publiquement à leurs propres supporters.

- Est-ce que des supporters marocains ont été agressés ?

-Oui, jeudi dans la journée, un supporter marocain a été agressé au couteau et il a dû subir quatre points de suture. Je remercie d’ailleurs le personnel de l’ambassade qui a été mobilisé avec nous 24H sur 24. Ce supporter a d’ailleurs assisté au match après avoir déposé plainte.

La police tunisienne a été très réactive pour cet incident. Dans la foulée de l’agression, elle a arrêté un complice de l’agresseur qui résidait dans le même hôtel que les supporters marocains. Il avait communiqué à un groupe de trois agresseurs présumés, les identités et l’heure de sortie des supporters marocains. Ces trois suspects ont été arrêtés.

Vendredi, un autocar de supporters est caillassé sur l’autoroute avec préméditation.

Ce qui va se jouer ensuite avec le public marocain est ignoble. Le WAC avait contracté un accord avec des services de transports par autocars de l’aéroport vers le stade, pour les supporters qui arrivaient le jour même. Le même jour, les téléphones du transporteur sont éteints, aucun autre transporteur n’accepte de prendre en charge nos supporters, ni de l’aéroport ni de Sousse vers le stade. Ce sera la guerre des nerfs pendant cette journée. C’est vraiment à la dernière minute grâce aux démarches de l’ambassade et du comité du WAC, que des bus urbains de la ville de Tunis sont mobilisés pour transporter nos supporters ainsi que des transporteurs privés.

Tout le monde se rend au stade quasiment à la dernière minute.

-Est-ce que c’est la première fois que vous rencontrez ce niveau d’hostilité ?

-Si j’en juge par les parcours de 2017, 2018 et 2019, oui c’est la première fois et je compare cela avec des pays tels que l’Algérie, l’Egypte ou les pays subsahariens.

-Passons au match. Est-ce que c’est vrai que 5 mn avant le coup d’envoi, l’arbitre réunit les deux capitaines et leur annonce que le VAR n’est pas opérationnel et qu’ils ne l’ont su que ce jour-là et que jusqu’à la dernière minute, ils espéraient qu’il arrive ?

-Ce n’est pas vrai. Pour preuve, au cours du match, les premiers à demander le recours au VAR, ce ne sont pas les Wydadis, mais les joueurs de l’Espérance.

-Cela prouve uniquement qu’ils ne sont pas au courant. Peut-être que leur capitaine ne les a pas informés… Je reformule la question : est-ce que vous affirmez officiellement que le capitaine marocain n’a pas été informé de l’absence de VAR ?

-Oui. Officiellement.

-Le règlement prévoit que même si le VAR est en panne, ce n’est pas une raison pour arrêter un match ou refuser un résultat…

-Les mots ont un sens.

Il est dit qu’un match ne peut pas être invalidé pour la raison suivante : “défaillance du VAR pendant le match“. Cela suppose que le VAR était prêt, qu’on a démarré le match et qu’il est tombé en panne. Dans ce cas, ce n’est pas une raison pour arrêter le match ou refuser un résultat.

Ce que nous sommes en train d’avancer, c’est un principe d’égalité de chances, d’équité et de parallélisme des formes en droit.

En Afrique, nous jouons la finale de la Champions League en deux manches. Dans les autres continents, cela se joue en un seul match, ce qui garantit les conditions d’égalité. Donc ici, si le premier match a été joué avec le VAR, le deuxième doit l’être également.

-Les Tunisiens répondent que l’absence de VAR impacte les deux équipes. La preuve, disent-ils, elle les a privés d’un penalty en première mi-temps. Et que s’il y avait eu le VAR, ils auraient eu leur penalty.

-Probablement. Mais nous ne sommes pas en train de faire un commentaire sportif. Nous sommes sur le terrain du droit. L’égalité des chances est un principe qui voudrait que le VAR soit disponible pour Tunis.

Il y a, de plus, quelque chose qui n’est pas clair. Ça s’appelle le dol. Le dol, c’est de cacher une information que l’on doit révéler. Je pense que les gens de la CAF eux-mêmes ne savaient pas que le VAR ne fonctionnait pas.

La CAF applique le VAR qui est un dispositif de la FIFA.  Il fait partie du cahier des charges. Ce cahier des charges est transmis à la Fédération du pays du club hôte.

La FRMF avait reçu une note où la CAF leur a demandé de veiller à ce que le VAR fonctionne, elle l’avait appliquée. Pour fonctionner, il faut un dispositif de soutien de la télévision locale. Il faut 14 caméras. Au Maroc, c’est la SNRT qui a fourni les caméras et elle a été félicitée pour cela dans un tweet de l’Espérance juste après le match aller.

La veille du match, il y a une simulation VAR qui dure deux heures. Donc la veille du match, on savait que le VAR n’était pas là. Mais personne n’a été informé du fait que cette simulation n’avait pas eu lieu. L’information n’a pas été communiquée.

En deuxième lieu, prétendre que les deux capitaines ont été informés avant le match, c’est une farce. Ce n’est pas un tournoi de quartier, il y a un minimum de forme à respecter, un écrit adressé au club et pas au capitaine…

-Donc la présence du VAR est sous la responsabilité de la Fédération du pays du club qui reçoit…

-Exactement

Il y a eu falsification, parce que le boîtier VAR était là. Pourquoi placer le boîtier alors qu’on savait pertinemment que le VAR ne marchait pas ?

A la 50e minute, avant le but contesté, l’arbitre simule une communication avec la salle VAR sur protestation de nos joueurs pour penalty. Et laisse croire que quelqu’un dans la salle VAR lui dit que non, il n’y a pas penalty.

Quand il y a la contestation sur le fameux but du WAC, il fait cinq pas en direction du VAR avant de se rendre compte que la comédie ne peut pas durer plus longtemps et il revient leur dire qu’il n’y a pas le VAR. Il est là le tournant du match.

-A qui profite le crime ? Pourquoi la Fédération tunisienne aurait-elle fait une chose pareille alors que l’Espérance aurait pu subir la même mésaventure que le WAC ? L’absence de VAR, on ne sait jamais à l’avance à qui elle peut profiter…

-Le règlement dit que si la Fédération du pays hôte n’assure pas le dispositif d’arbitrage complet, VAR compris, pour la bonne tenue du match, le match est remporté sur tapis vert par l’équipe adverse par le score de 2-0.

-Donc, vous dites que l’absence de VAR n’était pas préméditée mais qu’elle a été cachée pour donner l’impression de la présence d’un dispositif complet d’arbitrage…

-Ce n’était pas prémédité, je pense qu’ils voulaient l’avoir.

“Situation CAF-kaïenne“

-Revenons au déclenchement de la contestation. Que s’est-il passé… ?

-On est passé à une situation CAF-kaïenne. C’est un fait inédit de droit. Le parallélisme suivant s’applique. Imaginons qu’il y ait une coupure d’électricité. L’arbitre arrête le match et attend le retour du courant électrique. Et d’ailleurs, dans ce cas précis, il ne peut arrêter le match au-delà de 20 mn. Au bout de 20 mn, il doit arrêter le match dont la suite est alors programmée un autre jour, à compter de la minute où il a été suspendu et en tenant compte du score enregistré.

J’imagine que l’arbitre s’est dit, je vais attendre et donner une chance au VAR de se remettre en marche.

A un certain moment, Ahmed Ahmed demande un délai de 15 minutes pour refaire fonctionner le VAR, promet-il. C’est ce qui explique aussi la décision de l’arbitre de faire cet arrêt d’une durée hors normes. En gros, il espère encore que le courant électrique va être rétabli.

Au bout de 15 ou 20 mn, miracle, Ahmed Ahmed arrive sur la pelouse et nous dit : reprenez le match svp, ça y est le VAR fonctionne. Ce à quoi le WAC rétorque : avec plaisir ! On veut reprendre. J’étais présent sur la pelouse et témoin de tout cela.

Le WAC donc accepte de reprendre le match et, puisque le VAR fonctionne, demande à visionner le but refusé par l’arbitre. Refus d’Ahmed Ahmed.

-Est-ce qu’il y avait une salle VAR, avec les écrans, la communication avec l’arbitre, les arbitres… ?

-Non.

Le diffuseur officiel BeIN sports a dans son cahier des charges l’obligation de consacrer une séquence de sa diffusion à la salle VAR juste avant le match. Il ne l’a pas fait.

Aujourd’hui, le VAR est un arbitre parmi d’autres. De la même manière que l’on filme les arbitres du terrain à leur arrivée, on doit le faire de la salle VAR. C’est le règlement. C’est contractuel et BeIN ne l’a pas fait. Nous n’avons pas vu ces images de la fameuse salle VAR.

Par contre, dans la feuille d’arbitrage communiquée aux clubs, il y avait des arbitres VAR désignés.

-Donc, que se passe-t-il par la suite ?

-Il y a un blanc d’une heure 25 mn, où l’arbitre ne peut pas siffler la fin du match parce qu’on n’a pas déclaré forfait, on ne s’est pas retiré.

Nous sommes restés sur la pelouse, notre déclaration était claire : nous voulons terminer ce match. Et dans les conditions équitables du match aller.

Pour info, le VAR n’a pas fonctionné, contrairement à ce qui a été annoncé. Il n’a pas été rétabli. Le responsable de la CAF avait tenté un coup de poker. Et cela, on le comprend rapidement lorsqu’on lit les deux communiqués de la société qui fournit le matériel.

-Avez-vous vérifié vous-même de visu que le VAR ne fonctionnait pas ?

-Oui, absolument. C’était une mise en scène.

-L’arbitre ne pouvait pas arrêter le match parce que le WAC ne s’est pas retiré. Mais il appelait quand même à reprendre le jeu…

-On ne pouvait reprendre que si les conditions d’équité et d’égalité étaient assurées…

-Mais vous avez su au cours du match que le VAR ne fonctionnait pas…

-Alors ce match ne devait pas avoir lieu. Vu qu’il a eu lieu, il fallait le suspendre le temps que le VAR fonctionne. Si par exemple, il y avait eu une panne de courant, on ne pouvait demander aux joueurs de continuer.

-Qu’est-ce qui s’est passé ensuite ?

-Une confusion de la CAF parce qu’elle a perdu la face. Ses responsables en veulent aux organisateurs techniques même si c’est la CAF qui est l’organisateur légal. D’ailleurs, les tensions étaient visibles entre Ahmed Ahmed d’une part et d’autre part, le président de la fédération tunisienne de football et le président de l’EST.

Le président de la CAF a réuni ses collaborateurs pour trouver une issue à cette crise.

-A un certain moment, Ahmed Ahmed était sur la pelouse avec les présidents des deux clubs. Ils se disaient quoi ?

-Le président de la CAF a essayé de mettre la pression sur Naciri en lui disant “fais-le pour moi“. Le président du WAC n’avait pas de réponse à donner car on était en finale de la Ligue des champions et la loi est au-dessus de tout.

Les gens de l’EST étaient un peu agressifs. Des phrases que je ne cite pas aujourd'hui ont été prononcées.

-Est-ce que l’un des responsables a dit qu’il faut que l’EST gagne pour des raisons de sécurité ?

-Oui. Et finalement Ahmed Ahmed a remis le trophée au chef du gouvernement tunisien au lieu de le remettre au capitaine de l’équipe…

-L’arbitre aurait pu siffler pour reprendre le match ou valider le but du WAC…

-Il aurait pu le faire mais il était dans la confusion totale.

-Est-ce qu’il a demandé officiellement la reprise du match et le WAC a refusé ?

-Non. Nous n’avons jamais refusé de reprendre. A vrai dire, l’arbitre n’a fait qu’appliquer la loi : si le VAR ne fonctionne pas, il ne doit pas y avoir de match. D’ailleurs, ce n’est pas l’arbitre qui a déclaré l’EST vainqueur, c’est la CAF. Le communiqué est clair, il dit que l’EST a été déclarée vainqueur et non pas qu’elle a remporté la ligue. Et on ne donne pas de score final. C’est la première fois que ça arrive.

-Parlons maintenant du recours du WAC. Est-ce que vous allez envoyer votre dossier aujourd’hui [ndlr : dimanche 2 juin 2019] pour ne pas dépasser le délai de 48 heures après le coup de sifflet.

-Oui.

-Que comprend le dossier ? Des photos, des témoignages… ?

-Un peu de tout cela, l’argumentaire défendu correspond plus ou moins à tout ce que je viens de raconter.

-Qu’est-ce que vous demandez ? Rejouer le match ?

-Nous demandons l’application du règlement. Nous ne demandons pas de rejouer le match, pour une raison très simple:

pour que le match soit rejoué, il faut qu’il le soit à partir de la minute où il s’est arrêté. Se pose le problème du score à retenir : 1-0 ou 1-1 ? Comment vérifier la validité du but du WAC ?

-Pour le parallélisme des chances, vous pensez qu’il faut rejouer le match de la minute zéro ?

-Ce serait une belle jurisprudence de la CAF puisque la base légale pour rejouer un match à partir de la minute zéro n’existe pas.

-Si ce n’est pas ça, vous demandez que le WAC soit déclaré vainqueur ?

-Oui, par 2-0.

-Si on vous demande de reprendre à la 60e minute, allez-vous accepter ?

-On verra à ce moment-là. Mais si c’est le cas, ça ne serait pas basé sur un fondement légal et cela poserait la problématique du score à retenir…

-Vous allez devant le TAS aussi…

-Il y a deux recours différents, celui devant la CAF dans lequel le WAC émet plusieurs réserves techniques, comme par exemple le fait que le match ait démarré en mai pour se terminer en juin. Le règlement du football interdit de passer d’un jour à un autre pendant un match à moins que ça soit prévu à l’avance.

Le deuxième recours est devant la FIFA et le TAS. La FIFA n’a pas félicité l’EST alors qu’elle le fait systématiquement quelques heures après la fin de la compétition.

-Donc la FIFA n’a pas déclaré l’EST vainqueur…

-Oui, et la FIFA est concernée puisqu’elle organise la Coupe du monde des clubs. Le vainqueur de la Ligue des champions joue de facto dans cette Coupe du monde.

-Ce recours devant la FIFA a été fait ou pas encore ?

-Il n’y a pas de délai strict comme pour la CAF. Ça va se faire dans les heures qui suivent.

-Et le TAS ? Allez-vous poursuivre même si vous obtenez satisfaction mardi avec la CAF ?

-Ceci n’annule pas l’action en cours devant le TAS. D’autres parties concernées devront répondre.  

(*) Le VAR ou la VAR, les deux sont admis. Dans cet article, nous avons opté pour le masculin.

Ci dessous, les fac similés des mails échangés avec le directeur de la sécurité de la CAF

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