Faut-il s’inquiéter du niveau de la dette de l'Etat ?

Passée de 65% à 76% du PIB, la dette du Trésor inquiète l’élite politique qui craint un retour des années du PAS. Mais une analyse plus pointue de cette dette, avec les nouvelles normes d’appréciation des équilibres macro-économiques dans le monde, doit nous pousser à relativiser les choses.

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Faut-il s’inquiéter du niveau de la dette de l'Etat ?

Le 25 novembre 2020 à 19:11

Modifié le 26 novembre 2020 à 11:56

76% du PIB, c’est le niveau de la dette du Trésor estimé pour l’année 2020. Il passera à 75% en 2021 selon les prévisions de Bank Al Maghrib. Ces chiffres exprimés en PIB donne des frayeurs, car la norme voudrait que l’endettement d’un pays à revenu intermédiaire comme le Maroc ne doit pas dépasser la barre des 60%. Une fois dépassé, c’est l’alerte rouge.

Mais est-ce réellement un niveau inquiétant ? Le niveau de la dette du Trésor est-il soutenable, comme on dit dans le jargon économique ?  

Les normes ont changé, notre analyse doit suivre aussi

Les nouvelles évolutions dans les dogmes économiques et budgétaires permettent de relativiser cette situation marocaine.

Depuis l’éclatement de la crise du Covid, toutes les normes installées depuis les années 1980 ont sauté. Surtout celles de Maastricht, qui ont fixé les fameuses règles d’or de l’équilibre budgétaire d’un Etat : 3% de déficit au maximum et un plafond 60% d’endettement public par rapport au PIB.

Des seuils qui, avec le recul historique, semblent ne correspondre à aucun fondement scientifique. Puisque selon les témoignages d’économistes européens, ces chiffres étaient inventés par la France et l’Allemagne juste pour fixer des règles, sans la moindre base empirique ou théorique,

L’économiste français Guy Abeille en a révélé en 2012 la genèse dans une interview au quotidien Le Parisien.

« On a imaginé ce chiffre de 3% en moins d’une heure, il est né sur un coin de table, sans aucune réflexion théorique. C’était un soir de mai 1981. Pierre Bilger, le directeur du budget de l’époque, nous a convoqués avec Roland de Villepin. Il nous a dit : Mitterrand veut qu’on lui fournisse rapidement une règle facile, qui sonne économiste et puisse être opposée aux ministres qui défilaient dans son bureau pour lui réclamer de l’argent. (...) On allait vers les 100 milliards de francs de déficit, ça représentait plus de 2 % de déficit. 1 % ? On a éliminé ce chiffre, impossible à atteindre. 2 % ? Cela nous mettait trop sous pression. 3 % ? C’est un bon chiffre, un chiffre qui a traversé les époques, cela faisait penser à la Trinité. Mitterrand voulait une norme, on la lui a donnée. (...) Plus tard, cette référence sera théorisée par des économistes et reprise dans le traité de Maastricht, devenant un des critères pour pouvoir intégrer la zone euro. (...) A l’époque, c’était quelque chose d’anodin. Mais la bête est sortie de sa boîte et ça nous a échappé », a-t-il confessé.

Conçues sur un coin de table, ces règles n’ont pas pu ainsi tenir longtemps. Y compris dans les pays qui les ont façonnés : l’Allemagne et la France à leur tête qui ont fait sauter tous les verrous avec cette crise du Covid.

Même le FMI et la Banque Mondiale, qui ont été les chantres de ces règles d’or imposées aux pays du tiers monde, reconnaissent aujourd’hui que ces normes doivent changer pour donner une marge aux Etats pour faire face à la crise et investir dans les secteurs sociaux.

Le FMI qui ferme les yeux sur ces fameuses règles d’or et qui appelle les Etats à investir dans le social était quelque chose d’inimaginable il y a tout juste un an. La Wali de Bank Al Maghrib qui connaît bien les rouages des institutions de Bretton Woods l’a affirmé sans détours hier lors de son passage à la commission des Finances, en parlant de « tabous qui ont sauté ».

Comparer des flux et non des stocks

Actuellement, ce sont de nouvelles normes ou manières d’apprécier les équilibres budgétaires qui semblent se mettre en place. Au lieu de comparer la dette d’un Etat à son PIB, plusieurs économistes dans le monde affirment aujourd’hui que la soutenabilité de la dette doit être plutôt appréciée sur la base du rapport entre les flux et pas les stocks.

Norme déjà utilisée par les banques et les établissements de crédits pour apprécier la solvabilité d’un particulier ou d’une entreprise. Pour un Etat, cela équivaut donc à comparer non pas le stock de la dette à la richesse créée par la nation sur une année (le PIB), mais de voir jusqu’à quel point les recettes dégagées par cet Etat peuvent couvrir la charge de la dette. Et dans cette charge de la dette, la nouvelle théorie ne retient que le paiement des intérêts, car le principal, remboursé souvent in fine, est dans la pratique remboursé des marchés financiers par tous les pays par de nouvelles levées qui viennent remplacer les anciennes.

Calculons donc ce que cela donne pour le Maroc. Sur des recettes ordinaires (hors privatisations, dons et autres recettes non récurrentes ou exceptionnelles) de 222,52 milliards de dirhams en 2020 (estimation de la loi de finance rectificative), le Maroc devra s’acquitter de 29,3 milliards de dirhams d’intérêts. Soit un ratio de 13,1%.

Donc sur l’ensemble de ces recettes fiscales, qui plus est ont nettement baissé cette année, le Maroc ne réserve qu’une part de 13% au paiement de la charge de la dette. Un taux qui reste très soutenable comparé aux logiques de solvabilité imposées aux entreprises ou aux particuliers par les banques.  

Un haut cadre du ministère des Finances nous explique que ce critère est déjà pris en compte dans le pilotage de la dette publique. Mais reste pour l’instant une sorte d’indicateur interne qui sert à monitorer les choses, sans qu’il prenne l’habit d’une norme sur laquelle le ministère ou les institutions de l’Etat communiquent.

« Mais ce critère ne doit pas être analysé de manière statique. Car sur une année, son analyse ne peut pas dégager de conclusions sérieuses. Il faut faire des projections sur l’avenir pour dire si oui ou non on est dans un niveau soutenable de la dette ou non », nuance toutefois notre source.

C’est l’exercice auquel s’est prêté justement cette année le ministre des Finances Mohamed Benchaaboun au Parlement pour relativiser ce que les députés qualifient d’explosion de la dette publique.

Une augmentation qu’il explique d’abord par le contexte de crise qui a obligé le pays à contracter des dettes pour couvrir des charges exceptionnelles, mais aussi par la dépréciation du PIB. Il y a donc un premier effet mathématique à prendre en compte dans ce ratio des 76% du PIB, et qui ne reflète pas la réalité du niveau de la dette.

Quant à la charge d’intérêt qui pèse sur le pays, variable la plus représentative, elle va contrairement à ce que l’on pourrait imaginer en baissant d’année en année, et ce malgré l’augmentation dans l’absolu du stock de la dette. Si le Maroc va payer 29,3 milliards de dirhams d’intérêts en 2020, cette charge baissera de 2,25% en 2021 (à 28,6 millards), selon les projections du PLF 2021. Et ce grâce à la baisse des taux aussi bien sur le marché local qu’à l’international, comme expliqué par l’argentier du Royaume. Une baisse des taux qui est là pour durer dans le temps selon le consensus de marché.

Cette baisse de la charge d’intérêt due à un effet de prix sera accompagnée en plus d’une légère hausse des recettes ordinaires de l’Etat qui monteront à 236,91 milliards de dirhams selon les projections du PLF. Ce qui fera passer le ratio de la charge d’intérêt comparé aux recettes ordinaires de 13,1% en 2020 à 12,07 %. Un ratio qui est censé baisser encore en 2022 et en 2023 avec la reprise progressive de l’économie et des recettes fiscales, conjuguée à la baisse des levées nettes de l’Etat sur les marchés.  

Le Trésor a encore de la marge pour diminuer son exposition

Le Maroc dispose en effet de plusieurs marges pour réduire son exposition et le niveau de sa dette. Et elles sont diverses.

Il y a d’abord l’effet mécanique de la hausse attendue du PIB dès 2021, qui allègera le poids de la dette par rapport au PIB. Ou le stabilisera du moins si l’on prend en compte les montants supplémentaires que le Maroc compte lever en 2021.

Autre levier sur lequel l’Etat peut jouer : l’augmentation de la surface de ses recettes ordinaires. Si celles-ci vont retrouver leur niveau normal après la reprise post Covid (prévue dès 2023 selon le Wali de BAM), elles peuvent encore être élargies par la très attendue réforme fiscale sur les rails depuis les dernières assises de la fiscalité de 2019.

Sur ce sujet, le pays a encore beaucoup de marge pour réduire le rapport entre le service de sa dette et ses recettes. Et ce par l’élargissement de l’assiette fiscale, la suppression des exonérations existantes, l’instauration de nouvelles taxes progressives sur les hauts revenus ou le patrimoine, l’intégration de l’informel… Des instruments qui ont été largement débattus lors des assises de la fiscalité et qui devraient s’inscrire dans l’inéluctable chantier de la réforme fiscale que l’Etat doit ouvrir au plus vite.

Autre donnée qui rassure quant au niveau de la dette : la structure de l’endettement du Trésor. Contrairement aux années 1980 qui continuent de traumatiser l’élite politique et économique du pays, l’endettement actuel du Trésor (831 milliards) est dominé par la dette intérieure (641 milliards). La dette extérieure, source de la faillite d’Etat des années 1980 et qui a ouvert la voie au PAS, ne représente aujourd’hui que 22% du total de la dette du Trésor pour un montant ne dépassant pas les 200 milliards de dirhams.

Le spectre d’une faillite d’Etat semblable à celle des années 1980 est donc loin de nous, d’autant que le pays dispose aujourd’hui d’un large matelas de devises couvrant plus de 7 mois d’importations. Un matelas qui permet au pays d’honorer ses engagements commerciaux et financiers, mais de continuer à prétendre à de nouvelles levées à l’international (en cas de besoin) à des conditions avantageuses.

Faut-il s’inquiéter du niveau de la dette de l'Etat ?

Le 25 novembre 2020 à19:11

Modifié le 26 novembre 2020 à 11:56

Passée de 65% à 76% du PIB, la dette du Trésor inquiète l’élite politique qui craint un retour des années du PAS. Mais une analyse plus pointue de cette dette, avec les nouvelles normes d’appréciation des équilibres macro-économiques dans le monde, doit nous pousser à relativiser les choses.

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76% du PIB, c’est le niveau de la dette du Trésor estimé pour l’année 2020. Il passera à 75% en 2021 selon les prévisions de Bank Al Maghrib. Ces chiffres exprimés en PIB donne des frayeurs, car la norme voudrait que l’endettement d’un pays à revenu intermédiaire comme le Maroc ne doit pas dépasser la barre des 60%. Une fois dépassé, c’est l’alerte rouge.

Mais est-ce réellement un niveau inquiétant ? Le niveau de la dette du Trésor est-il soutenable, comme on dit dans le jargon économique ?  

Les normes ont changé, notre analyse doit suivre aussi

Les nouvelles évolutions dans les dogmes économiques et budgétaires permettent de relativiser cette situation marocaine.

Depuis l’éclatement de la crise du Covid, toutes les normes installées depuis les années 1980 ont sauté. Surtout celles de Maastricht, qui ont fixé les fameuses règles d’or de l’équilibre budgétaire d’un Etat : 3% de déficit au maximum et un plafond 60% d’endettement public par rapport au PIB.

Des seuils qui, avec le recul historique, semblent ne correspondre à aucun fondement scientifique. Puisque selon les témoignages d’économistes européens, ces chiffres étaient inventés par la France et l’Allemagne juste pour fixer des règles, sans la moindre base empirique ou théorique,

L’économiste français Guy Abeille en a révélé en 2012 la genèse dans une interview au quotidien Le Parisien.

« On a imaginé ce chiffre de 3% en moins d’une heure, il est né sur un coin de table, sans aucune réflexion théorique. C’était un soir de mai 1981. Pierre Bilger, le directeur du budget de l’époque, nous a convoqués avec Roland de Villepin. Il nous a dit : Mitterrand veut qu’on lui fournisse rapidement une règle facile, qui sonne économiste et puisse être opposée aux ministres qui défilaient dans son bureau pour lui réclamer de l’argent. (...) On allait vers les 100 milliards de francs de déficit, ça représentait plus de 2 % de déficit. 1 % ? On a éliminé ce chiffre, impossible à atteindre. 2 % ? Cela nous mettait trop sous pression. 3 % ? C’est un bon chiffre, un chiffre qui a traversé les époques, cela faisait penser à la Trinité. Mitterrand voulait une norme, on la lui a donnée. (...) Plus tard, cette référence sera théorisée par des économistes et reprise dans le traité de Maastricht, devenant un des critères pour pouvoir intégrer la zone euro. (...) A l’époque, c’était quelque chose d’anodin. Mais la bête est sortie de sa boîte et ça nous a échappé », a-t-il confessé.

Conçues sur un coin de table, ces règles n’ont pas pu ainsi tenir longtemps. Y compris dans les pays qui les ont façonnés : l’Allemagne et la France à leur tête qui ont fait sauter tous les verrous avec cette crise du Covid.

Même le FMI et la Banque Mondiale, qui ont été les chantres de ces règles d’or imposées aux pays du tiers monde, reconnaissent aujourd’hui que ces normes doivent changer pour donner une marge aux Etats pour faire face à la crise et investir dans les secteurs sociaux.

Le FMI qui ferme les yeux sur ces fameuses règles d’or et qui appelle les Etats à investir dans le social était quelque chose d’inimaginable il y a tout juste un an. La Wali de Bank Al Maghrib qui connaît bien les rouages des institutions de Bretton Woods l’a affirmé sans détours hier lors de son passage à la commission des Finances, en parlant de « tabous qui ont sauté ».

Comparer des flux et non des stocks

Actuellement, ce sont de nouvelles normes ou manières d’apprécier les équilibres budgétaires qui semblent se mettre en place. Au lieu de comparer la dette d’un Etat à son PIB, plusieurs économistes dans le monde affirment aujourd’hui que la soutenabilité de la dette doit être plutôt appréciée sur la base du rapport entre les flux et pas les stocks.

Norme déjà utilisée par les banques et les établissements de crédits pour apprécier la solvabilité d’un particulier ou d’une entreprise. Pour un Etat, cela équivaut donc à comparer non pas le stock de la dette à la richesse créée par la nation sur une année (le PIB), mais de voir jusqu’à quel point les recettes dégagées par cet Etat peuvent couvrir la charge de la dette. Et dans cette charge de la dette, la nouvelle théorie ne retient que le paiement des intérêts, car le principal, remboursé souvent in fine, est dans la pratique remboursé des marchés financiers par tous les pays par de nouvelles levées qui viennent remplacer les anciennes.

Calculons donc ce que cela donne pour le Maroc. Sur des recettes ordinaires (hors privatisations, dons et autres recettes non récurrentes ou exceptionnelles) de 222,52 milliards de dirhams en 2020 (estimation de la loi de finance rectificative), le Maroc devra s’acquitter de 29,3 milliards de dirhams d’intérêts. Soit un ratio de 13,1%.

Donc sur l’ensemble de ces recettes fiscales, qui plus est ont nettement baissé cette année, le Maroc ne réserve qu’une part de 13% au paiement de la charge de la dette. Un taux qui reste très soutenable comparé aux logiques de solvabilité imposées aux entreprises ou aux particuliers par les banques.  

Un haut cadre du ministère des Finances nous explique que ce critère est déjà pris en compte dans le pilotage de la dette publique. Mais reste pour l’instant une sorte d’indicateur interne qui sert à monitorer les choses, sans qu’il prenne l’habit d’une norme sur laquelle le ministère ou les institutions de l’Etat communiquent.

« Mais ce critère ne doit pas être analysé de manière statique. Car sur une année, son analyse ne peut pas dégager de conclusions sérieuses. Il faut faire des projections sur l’avenir pour dire si oui ou non on est dans un niveau soutenable de la dette ou non », nuance toutefois notre source.

C’est l’exercice auquel s’est prêté justement cette année le ministre des Finances Mohamed Benchaaboun au Parlement pour relativiser ce que les députés qualifient d’explosion de la dette publique.

Une augmentation qu’il explique d’abord par le contexte de crise qui a obligé le pays à contracter des dettes pour couvrir des charges exceptionnelles, mais aussi par la dépréciation du PIB. Il y a donc un premier effet mathématique à prendre en compte dans ce ratio des 76% du PIB, et qui ne reflète pas la réalité du niveau de la dette.

Quant à la charge d’intérêt qui pèse sur le pays, variable la plus représentative, elle va contrairement à ce que l’on pourrait imaginer en baissant d’année en année, et ce malgré l’augmentation dans l’absolu du stock de la dette. Si le Maroc va payer 29,3 milliards de dirhams d’intérêts en 2020, cette charge baissera de 2,25% en 2021 (à 28,6 millards), selon les projections du PLF 2021. Et ce grâce à la baisse des taux aussi bien sur le marché local qu’à l’international, comme expliqué par l’argentier du Royaume. Une baisse des taux qui est là pour durer dans le temps selon le consensus de marché.

Cette baisse de la charge d’intérêt due à un effet de prix sera accompagnée en plus d’une légère hausse des recettes ordinaires de l’Etat qui monteront à 236,91 milliards de dirhams selon les projections du PLF. Ce qui fera passer le ratio de la charge d’intérêt comparé aux recettes ordinaires de 13,1% en 2020 à 12,07 %. Un ratio qui est censé baisser encore en 2022 et en 2023 avec la reprise progressive de l’économie et des recettes fiscales, conjuguée à la baisse des levées nettes de l’Etat sur les marchés.  

Le Trésor a encore de la marge pour diminuer son exposition

Le Maroc dispose en effet de plusieurs marges pour réduire son exposition et le niveau de sa dette. Et elles sont diverses.

Il y a d’abord l’effet mécanique de la hausse attendue du PIB dès 2021, qui allègera le poids de la dette par rapport au PIB. Ou le stabilisera du moins si l’on prend en compte les montants supplémentaires que le Maroc compte lever en 2021.

Autre levier sur lequel l’Etat peut jouer : l’augmentation de la surface de ses recettes ordinaires. Si celles-ci vont retrouver leur niveau normal après la reprise post Covid (prévue dès 2023 selon le Wali de BAM), elles peuvent encore être élargies par la très attendue réforme fiscale sur les rails depuis les dernières assises de la fiscalité de 2019.

Sur ce sujet, le pays a encore beaucoup de marge pour réduire le rapport entre le service de sa dette et ses recettes. Et ce par l’élargissement de l’assiette fiscale, la suppression des exonérations existantes, l’instauration de nouvelles taxes progressives sur les hauts revenus ou le patrimoine, l’intégration de l’informel… Des instruments qui ont été largement débattus lors des assises de la fiscalité et qui devraient s’inscrire dans l’inéluctable chantier de la réforme fiscale que l’Etat doit ouvrir au plus vite.

Autre donnée qui rassure quant au niveau de la dette : la structure de l’endettement du Trésor. Contrairement aux années 1980 qui continuent de traumatiser l’élite politique et économique du pays, l’endettement actuel du Trésor (831 milliards) est dominé par la dette intérieure (641 milliards). La dette extérieure, source de la faillite d’Etat des années 1980 et qui a ouvert la voie au PAS, ne représente aujourd’hui que 22% du total de la dette du Trésor pour un montant ne dépassant pas les 200 milliards de dirhams.

Le spectre d’une faillite d’Etat semblable à celle des années 1980 est donc loin de nous, d’autant que le pays dispose aujourd’hui d’un large matelas de devises couvrant plus de 7 mois d’importations. Un matelas qui permet au pays d’honorer ses engagements commerciaux et financiers, mais de continuer à prétendre à de nouvelles levées à l’international (en cas de besoin) à des conditions avantageuses.

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