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Migrations: les 28 cherchent à dissiper leurs querelles, sans renier leurs "valeurs" 

Jeudi 12 juillet 2018 à 10h15
Migrations: les 28 cherchent à dissiper leurs querelles, sans renier leurs
(AFP)

Les ministres de l'Intérieur des 28 se sont retrouvés jeudi pour plancher sur de nouveaux projets visant à empêcher les arrivées de migrants sur le territoire européen, lors d'une réunion organisée sous la houlette d'une présidence autrichienne de l'UE qui défend des options radicales.

Leur rencontre "informelle" à Innsbruck (sud de l'Autriche), sous forte protection policière, doit notamment clarifier le projet encore flou de "plateformes de débarquement" en Afrique des migrants secourus en Méditerranée, proposé dans les conclusions du sommet sous tension tenu fin juin à Bruxelles.

Les arrivées sur les côtes européennes ont massivement chuté par rapport au pic enregistré à l'automne 2015, mais la question migratoire continue de créer des tensions dans et entre les Etats membres de l'UE, aux priorités parfois contradictoires malgré l'objectif collectif de "renforcer les frontières extérieures".

La rencontre à 28 a été précédée tôt jeudi par une "trilatérale" entre le ministre autrichien d'extrême droite Herbert Kickl (FPÖ, membre de la coalition au pouvoir avec les conservateurs à Vienne), son homologue italien Matteo Salvini, d'extrême droite lui aussi, et leur homologue allemand très conservateur Horst Seehofer.

Le chef du parti bavarois CSU qui avait défié l'autorité de la chancelière Angela Merkel sur l'immigration, a provisoirement levé sa menace de refouler unilatéralement des migrants à la frontière autrichienne, qui risquait de provoquer un effet domino fatal à l'espace Schengen.

Mais il veut désormais obtenir des pays comme l'Italie qu'ils acceptent le renvoi de migrants qui y ont été enregistrés avant de se rendre en Allemagne. "Nous sommes en discussions avec la Grèce, l'Autriche et l'Italie", a dit M. Seehofer jeudi devant la presse, assurant espérer un accord avec Rome d'ici la fin juillet.

- "Plateformes de débarquement" -

M. Salvini, maître d'oeuvre du durcissement de Rome face aux migrations, a estimé qu'il fallait avant toute chose faire chuter encore le nombre d'arrivées en Europe. "Si on résout ce problème, alors on peut aussi résoudre les problèmes mineurs internes", a-t-il ajouté.

Le chef de file de la Ligue a décidé il y a un mois d'interdire l'accès aux ports italiens aux ONG qui portent secours aux migrants en Méditerranée. A Innsbruck, il compte aussi demander à ses partenaires "de ne pas diriger vers des ports italiens des navires actuellement en mission internationale".

Lors du sommet de fin juin, les dirigeants des 28 se sont engagés à "explorer" l'idée de "plateformes de débarquement" hors de l'UE des migrants secourus dans les eaux internationales en Méditerranée.

Mais les pays européens sont divisés sur la faisabilité, la légalité et sur la définition même de ces "plateformes", que plusieurs pays comme le Maroc et la Tunisie ont déjà exclu d'accueillir.

C'est par une "coopération avec les pays du Sud que nous pouvons trouver les solutions et donc la France proposera qu'une grande rénion ait lieu entre ces pays du Sud et l'ensemble des pays de l'UE de manière à permettre qu'une solution commune soit élaborée", a plaidé jeudi le ministre français Gérard Collomb.

- "Valeurs et principes" -

L'Autriche compte elle profiter du consensus européen autour de la nécessité de tarir les arrivées pour promouvoir ses projets radicaux. Le ministre autrichien Herbert Kickl a notamment suggéré qu'à terme il ne soit pratiquement plus possible de demander l'asile depuis le territoire européen, mais seulement depuis des endroits dédiés dans des pays tiers.

Vienne suggère aussi de créer des centres hors de l'UE où pourraient être renvoyés les déboutés de l'asile et les migrants économiques, quand il n'est pas possible de les renvoyer dans leurs pays d'origine.

"Est-ce que quelqu'un connaît des pays hors de l'Europe, dans la périphérie de l'Europe, qui seraient prêts à accueillir de tels camps? Moi je n'en connais pas", a répondu jeudi devant la presse le commissaire européen chargé des migrations, Dimitris Avramopoulos.

Les politiques de l'UE sont "basées sur des valeurs et des principes, nous sommes tous liés par la Convention de Genève, c'est ce qui nous guide", a-t-il ajouté en référence aux obligations internationales relatives aux réfugiés.

Le président français Emmanuel Macron avait déjà dit son hostilité lundi à l'idée pour l'UE de "mettre dans je ne sais quel camp à ses frontières ou en son sein ou ailleurs les étrangers".

Paris, de son côté, veut convaincre l'Italie d'accepter des "centres contrôlés" sur son territoire, c'est-à-dire de nouveaux lieux fermés pour les nouveaux arrivants où un tri serait fait entre migrants économiques.

"Ensuite, nous avons à faire jouer les mécanismes de répartition, les mécanismes de Dublin", a plaidé M. Collomb, en référence aux règles européennes d'asile, dont la réforme bute depuis deux ans sur l'opposition frontale de certains pays, dont l'Autriche, à toute répartition obligatoire des demandeurs d'asile dans l'UE.

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