Les auto-écoles "inquiètes" des annonces de Macron sur le permis de conduire

(AFP)

"Inquiétude", "mauvaise idée", "déclaration de guerre": les professionnels de l'éducation routière accueillent avec surprise et défiance l'annonce jeudi d'Emmanuel Macron d'"intégrer le code à la partie scolaire" dans le cadre d'une baisse du coût du permis de conduire.

Les trois organisations CNPA-Education routière (majoritaire), Union nationale intersyndicale des enseignants de la conduite (Unidec) et Union nationale des indépendants de la conduite (Unic) devaient discuter "rapidement" d'une éventuelle réponse.

"On a été très surpris. Si cette annonce est raisonnée et vraie, nous sommes inquiets", affirme à l'AFP Richard Zimmer, vice-président du CNPA-Education routière.

"C'est populaire et facile d'annoncer qu'on va faire le code gratuit à l'école. Mais le permis n'est pas un bien de consommation. On parle de sécurité routière, c'est une formation, c'est la vie des gens", ajoute-t-il, rappelant qu'"il y a une mission parlementaire sur la qualité de la formation au permis de conduire qui doit rendre son rapport mi-décembre".

"Les auditions sont en cours donc si on annonce les résultats avant le rapport, c'est une méthode étonnante", déplore le président de l'Unidec Patrick Mirouse, pour qui ce projet est "une très mauvaise idée".

"Le code n'est pas ce qui coûte cher, c'est sur le volet pratique qu'il faut agir. Il y a d'autres leviers", estime-t-il: "Si le gouvernement veut réduire le coût, qu'il supprime la TVA, on gagnera 400 euros par formation".

"Sceptique" et "inquiet", le président de l'Unic Philippe Colombani voit "une déclaration de guerre" dans cette "annonce populiste destinée à montrer qu'il (Macron) agit pour le pouvoir d'achat, après les polémiques sur le gasoil."

"L'idée de passer le code à l'école est un serpent de mer qui revient régulièrement mais jusqu'à présent même l'Éducation nationale a toujours dit qu'elle n'en voulait pas", poursuit-il: "Les profs n'ont pas la compétence et les connaissances pour l'enseigner. J'imagine que ça veut dire qu'on va demander aux professionnels de la conduite d'aller dans les écoles mais comment cela va-t-il se passer ? Qui va les choisir ? Qui va les payer ?"

Le président Macron a annoncé que le gouvernement allait "drastiquement baisser le coût du permis" de conduire, et notamment "intégrer le code à la partie scolaire", sans plus de précisions. Cela se fera dans le projet de loi d'orientation des mobilités attendu en fin d'année.

En 2012, un projet visant à enseigner le code de la route dans les lycées, proposé par Ségolène Royal dans la région Poitou-Charentes qu'elle présidait, avait suscité une vive mobilisation des auto-écoles. Mme Royal avait fait marche arrière.

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Les auto-écoles "inquiètes" des annonces de Macron sur le permis de conduire

Le 21 avril 2019 à00:31

Modifié le 21 avril 2019 à 00:31

"Inquiétude", "mauvaise idée", "déclaration de guerre": les professionnels de l'éducation routière accueillent avec surprise et défiance l'annonce jeudi d'Emmanuel Macron d'"intégrer le code à la partie scolaire" dans le cadre d'une baisse du coût du permis de conduire.

Les trois organisations CNPA-Education routière (majoritaire), Union nationale intersyndicale des enseignants de la conduite (Unidec) et Union nationale des indépendants de la conduite (Unic) devaient discuter "rapidement" d'une éventuelle réponse.

"On a été très surpris. Si cette annonce est raisonnée et vraie, nous sommes inquiets", affirme à l'AFP Richard Zimmer, vice-président du CNPA-Education routière.

"C'est populaire et facile d'annoncer qu'on va faire le code gratuit à l'école. Mais le permis n'est pas un bien de consommation. On parle de sécurité routière, c'est une formation, c'est la vie des gens", ajoute-t-il, rappelant qu'"il y a une mission parlementaire sur la qualité de la formation au permis de conduire qui doit rendre son rapport mi-décembre".

"Les auditions sont en cours donc si on annonce les résultats avant le rapport, c'est une méthode étonnante", déplore le président de l'Unidec Patrick Mirouse, pour qui ce projet est "une très mauvaise idée".

"Le code n'est pas ce qui coûte cher, c'est sur le volet pratique qu'il faut agir. Il y a d'autres leviers", estime-t-il: "Si le gouvernement veut réduire le coût, qu'il supprime la TVA, on gagnera 400 euros par formation".

"Sceptique" et "inquiet", le président de l'Unic Philippe Colombani voit "une déclaration de guerre" dans cette "annonce populiste destinée à montrer qu'il (Macron) agit pour le pouvoir d'achat, après les polémiques sur le gasoil."

"L'idée de passer le code à l'école est un serpent de mer qui revient régulièrement mais jusqu'à présent même l'Éducation nationale a toujours dit qu'elle n'en voulait pas", poursuit-il: "Les profs n'ont pas la compétence et les connaissances pour l'enseigner. J'imagine que ça veut dire qu'on va demander aux professionnels de la conduite d'aller dans les écoles mais comment cela va-t-il se passer ? Qui va les choisir ? Qui va les payer ?"

Le président Macron a annoncé que le gouvernement allait "drastiquement baisser le coût du permis" de conduire, et notamment "intégrer le code à la partie scolaire", sans plus de précisions. Cela se fera dans le projet de loi d'orientation des mobilités attendu en fin d'année.

En 2012, un projet visant à enseigner le code de la route dans les lycées, proposé par Ségolène Royal dans la région Poitou-Charentes qu'elle présidait, avait suscité une vive mobilisation des auto-écoles. Mme Royal avait fait marche arrière.

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