"Gilets jaunes": mobilisation en hausse en France, moins de tensions

(AFP)

La mobilisation des "gilets jaunes" était en hausse samedi en France, où des dizaine de milliers de protestataires ont défilé contre la politique d'Emmanuel Macron, dans un climat beaucoup moins tendu que les semaines précédentes en dépit de quelques heurts.

Environ 32.000 manifestants ont été recensés à 13H00 GMT dans toute la France, selon la police. Soit une mobilisation en hausse par rapport à samedi dernier où la préfecture dénombrait 26.000 personnes à la même heure, après un essoufflement du mouvement en fin d'année.

"Il y a un regain assez formidable depuis une semaine et qui va encore s'accentuer", croit savoir Thibault Devienne, 23 ans, un "gilet jaune" de Juvisy, en banlieue parisienne, venu défiler dans les rues de la capitale.

Surtout, alors que le gouvernement avait dit s'attendre à des violences accrues, les manifestations se sont déroulées dans un calme relatif jusqu'en fin d'après-midi.

A Paris, 8.000 manifestants ont battu le pavé. Partis dans la matinée du ministère de l'Economie, dans l'est de la capitale, la plupart se sont dirigés vers les Champs-Elysée dans le calme.

"On est venu à Paris pour se faire entendre et on voulait voir au moins une fois de nos propres yeux ce qu'il se passait ici", explique Patrick, 37 ans, venu de Savoie (est).

En milieu d'après-midi, quelques heurts ont éclaté entre manifestants et forces de l'ordre, qui tentaient de disperser la foule à l'aide de gaz lacrymogènes et de canons à eaux.

Vers 17H00 GMT, aux alentours de la place de l'Etoile, l'ambiance restait quelque peu tendue : certains "gilets jaunes" essayaient d'ériger des barricades, mais de nombreux groupes commençaient à se disperser.

Ces scènes d'affrontements sont sans commune mesure avec le climat insurrectionnel qui régnait dans les rues de Paris lors des manifestations début décembre, dont les images avaient fait le tour du monde.

La préfecture de police de Paris a toutefois fait état d'une centaine d'interpellations, et 74 personnes ont été placées en garde à vue, selon un dernier bilan transmis aux médias.

Les autorités craignaient une mobilisation plus radicale et avaient déployé un dispositif sécuritaire important. A Paris, 5.000 forces de l'ordre étaient notamment mobilisées.

- Calme le matin -

Ailleurs en France, les manifestants étaient nombreux à défiler. Comme à Bourges, une ville du centre du pays de 66.000 habitants où ils étaient environ 6.300 à manifester dans une ambiance bon enfant. En fin d'après-midi, quelques heurts ont toutefois éclaté entre des groupes et les forces de l'ordre. 18 personnes ont été interpellées, selon la préfecture locale.

A Bordeaux (sud-ouest), plus de 5.000 personnes ont manifesté. Derrière une grande banderole proclamant "Unis, le changement est possible", les protestataires ont parcouru dans le calme les artères de la ville, avant que n'éclatent des affrontements en fin de journée. Les forces de l'ordre faisant notamment usage de canons à eaux pour disperser les derniers groupes encore présents.

"On a du mal à dégager un salaire, c'est les gosses qui doivent nous aider à remplir le frigo. Dans la rue, on voit que le mouvement ne s'essouffle pas", a témoigné Sandrine Séjourné, 47 ans, mère de trois enfants venue manifester aux côtés de 2.300 personnes à Saint-Brieuc (ouest).

- Royaume-Uni, Belgique, Canada -

Cette hausse de la mobilisation en France intervient alors que le président Emmanuel Macron et son gouvernement lancent mardi leur "grand débat national", dont l'ambition est de calmer la colère des "gilets jaunes".

Depuis le 17 novembre, ces Français issus des classes populaires et moyennes dénoncent la politique fiscale et sociale du gouvernement, qu'ils jugent injuste, et réclament plus de pouvoir d'achat. Ces "gilets jaunes" sont restés insensibles aux concessions annoncées par M. Macron mi-décembre.

Et le mouvement, dont l'impact sur l'économie française est sévère d'après les autorités, reste populaire dans l'opinion publique malgré les violences.

Pour reprendre la main sur son quinquennat, le président français a fait de la consultation nationale sa priorité.

L'enjeu est de taille, au moment où la défiance vis-à-vis des institutions politiques et des acteurs de la vie démocratique en France, au premier chef Emmanuel Macron, est au plus haut, selon une enquête d'un institut français de recherches politiques, le Cevipof.

Ce mouvement des gilets jaunes a commencé à se répandre dans le monde, contre les politiques économiques des gouvernements, mais dans des proportions plus modestes qu'en France.

Ainsi des centaines de personnes, beaucoup revêtues d'un gilet jaune, ont défilé samedi à Londres pour dénoncer l'austérité et réclamer des élections générales anticipées.

Au Canada, plusieurs groupes de "gilets jaunes", ou "yellow vests" en anglais, ont été formés ces derniers jours sur Facebook, l'un d'eux comptant plus de 100.000 membres, avec des propos virulents portés contre le Premier ministre Justin Trudeau.

En Belgique, où le mouvement a démarré en novembre comme en France, un homme qui participait à un barrage filtrant sur une autoroute de l'est du pays est mort vendredi soir renversé par un camion.

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"Gilets jaunes": mobilisation en hausse en France, moins de tensions

Le 18 mars 2019 à21:53

Modifié le 18 mars 2019 à 21:53

La mobilisation des "gilets jaunes" était en hausse samedi en France, où des dizaine de milliers de protestataires ont défilé contre la politique d'Emmanuel Macron, dans un climat beaucoup moins tendu que les semaines précédentes en dépit de quelques heurts.

Environ 32.000 manifestants ont été recensés à 13H00 GMT dans toute la France, selon la police. Soit une mobilisation en hausse par rapport à samedi dernier où la préfecture dénombrait 26.000 personnes à la même heure, après un essoufflement du mouvement en fin d'année.

"Il y a un regain assez formidable depuis une semaine et qui va encore s'accentuer", croit savoir Thibault Devienne, 23 ans, un "gilet jaune" de Juvisy, en banlieue parisienne, venu défiler dans les rues de la capitale.

Surtout, alors que le gouvernement avait dit s'attendre à des violences accrues, les manifestations se sont déroulées dans un calme relatif jusqu'en fin d'après-midi.

A Paris, 8.000 manifestants ont battu le pavé. Partis dans la matinée du ministère de l'Economie, dans l'est de la capitale, la plupart se sont dirigés vers les Champs-Elysée dans le calme.

"On est venu à Paris pour se faire entendre et on voulait voir au moins une fois de nos propres yeux ce qu'il se passait ici", explique Patrick, 37 ans, venu de Savoie (est).

En milieu d'après-midi, quelques heurts ont éclaté entre manifestants et forces de l'ordre, qui tentaient de disperser la foule à l'aide de gaz lacrymogènes et de canons à eaux.

Vers 17H00 GMT, aux alentours de la place de l'Etoile, l'ambiance restait quelque peu tendue : certains "gilets jaunes" essayaient d'ériger des barricades, mais de nombreux groupes commençaient à se disperser.

Ces scènes d'affrontements sont sans commune mesure avec le climat insurrectionnel qui régnait dans les rues de Paris lors des manifestations début décembre, dont les images avaient fait le tour du monde.

La préfecture de police de Paris a toutefois fait état d'une centaine d'interpellations, et 74 personnes ont été placées en garde à vue, selon un dernier bilan transmis aux médias.

Les autorités craignaient une mobilisation plus radicale et avaient déployé un dispositif sécuritaire important. A Paris, 5.000 forces de l'ordre étaient notamment mobilisées.

- Calme le matin -

Ailleurs en France, les manifestants étaient nombreux à défiler. Comme à Bourges, une ville du centre du pays de 66.000 habitants où ils étaient environ 6.300 à manifester dans une ambiance bon enfant. En fin d'après-midi, quelques heurts ont toutefois éclaté entre des groupes et les forces de l'ordre. 18 personnes ont été interpellées, selon la préfecture locale.

A Bordeaux (sud-ouest), plus de 5.000 personnes ont manifesté. Derrière une grande banderole proclamant "Unis, le changement est possible", les protestataires ont parcouru dans le calme les artères de la ville, avant que n'éclatent des affrontements en fin de journée. Les forces de l'ordre faisant notamment usage de canons à eaux pour disperser les derniers groupes encore présents.

"On a du mal à dégager un salaire, c'est les gosses qui doivent nous aider à remplir le frigo. Dans la rue, on voit que le mouvement ne s'essouffle pas", a témoigné Sandrine Séjourné, 47 ans, mère de trois enfants venue manifester aux côtés de 2.300 personnes à Saint-Brieuc (ouest).

- Royaume-Uni, Belgique, Canada -

Cette hausse de la mobilisation en France intervient alors que le président Emmanuel Macron et son gouvernement lancent mardi leur "grand débat national", dont l'ambition est de calmer la colère des "gilets jaunes".

Depuis le 17 novembre, ces Français issus des classes populaires et moyennes dénoncent la politique fiscale et sociale du gouvernement, qu'ils jugent injuste, et réclament plus de pouvoir d'achat. Ces "gilets jaunes" sont restés insensibles aux concessions annoncées par M. Macron mi-décembre.

Et le mouvement, dont l'impact sur l'économie française est sévère d'après les autorités, reste populaire dans l'opinion publique malgré les violences.

Pour reprendre la main sur son quinquennat, le président français a fait de la consultation nationale sa priorité.

L'enjeu est de taille, au moment où la défiance vis-à-vis des institutions politiques et des acteurs de la vie démocratique en France, au premier chef Emmanuel Macron, est au plus haut, selon une enquête d'un institut français de recherches politiques, le Cevipof.

Ce mouvement des gilets jaunes a commencé à se répandre dans le monde, contre les politiques économiques des gouvernements, mais dans des proportions plus modestes qu'en France.

Ainsi des centaines de personnes, beaucoup revêtues d'un gilet jaune, ont défilé samedi à Londres pour dénoncer l'austérité et réclamer des élections générales anticipées.

Au Canada, plusieurs groupes de "gilets jaunes", ou "yellow vests" en anglais, ont été formés ces derniers jours sur Facebook, l'un d'eux comptant plus de 100.000 membres, avec des propos virulents portés contre le Premier ministre Justin Trudeau.

En Belgique, où le mouvement a démarré en novembre comme en France, un homme qui participait à un barrage filtrant sur une autoroute de l'est du pays est mort vendredi soir renversé par un camion.

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