Syrie: poursuite de "violents combats" dans l'ultime réduit de l'EI

(AFP)

De "violents combats" se poursuivent mardi entre les forces arabo-kurdes soutenues par Washington et les jihadistes du groupe Etat islamique (EI), retranchés dans leur ultime réduit de l'est syrien, que des civils continuent de fuir par centaines.

Après une montée en puissance fulgurante en 2014 et la conquête de vastes territoires en Syrie et en Irak, les jihadistes sont acculés dans une poche de quelques kilomètres carrés.

Cette offensive "finale" dans la province de Deir Ezzor a été lancée samedi par les combattants kurdes et arabes des Forces démocratiques syriennes (FDS), soutenus par la coalition internationale emmenée par Washington.

Avec des contre-attaques meurtrières et des tireurs embusqués, les 500 à 600 jihadistes retranchés dans la zone allant du village de Baghouz à la frontière irakienne livrent une résistance farouche.

Sur une colline tout près de Baghouz, des combattants des FDS montent la garde. De temps en temps en temps, le silence est rompu par les tirs de mortier, des coups de feu, ou le bourdonnement des avions de la coalition, a constaté une équipe de l'AFP.

"L'EI tient encore 20% du village de Baghouz, mais ce secteur est entièrement miné", confie à l'AFP un commandant sur le terrain.

Un porte-parole des FDS, Mustefa Bali, a indiqué à l'AFP que les "combats violents" se poursuivaient mardi. La veille, un journaliste italien a été blessé sur le théâtre des opérations, selon un confrère présent avec lui.

- "Ils sont déments" -

"Les progrès sont lents et méthodiques. L'ennemi est retranché et les combattants de l'EI continuent de lancer des contre-attaques", a indiqué de son côté à l'AFP le porte-parole de la coalition, le colonel Sean Ryan.

Rapportant des frappes aériennes contre des "cibles jihadistes", il a refusé de se prononcer sur une possible date de fin de l'offensive. "Il est trop tôt pour dévoiler un calendrier", a-t-il dit. "On ne veut pas trop se projeter. Après Baghouz, il y aura des opérations de déminage".

Pour sa part, le président américain Donald Trump a une nouvelle fois prédit une défaite imminente de l'EI, qui pourrait être annoncée dès "la semaine prochaine".

"Nous continuons à décimer ceux qui restent. Nous pouvons prendre la région. Nous allons bientôt avoir 100%. Mais il y en a encore quelques-uns. Ils sortent. Ils s'enveloppent de bombes. Ils sont fous. Ils sont déments", a martelé le président lundi.

Une défaite de l'EI ouvrirait la voie au désengagement annoncé en décembre par M. Trump des quelque 2.000 militaires américains déployés en Syrie pour aider les FDS à lutter contre les jihadistes.

Dans l'ultime réduit, ce sont les chefs Irakiens de l'EI qui sont aux manettes, selon les témoignages de ceux qui fuient ou des responsables des FDS, qui rapportent de vives tensions avec les "mouhajirines", les étrangers du groupe.

"Aujourd'hui la prise de décision est principalement entre les mains des Irakiens", confiait récemment à l'AFP Roni Qamichlo, commandant en chef des opérations des FDS dans le réduit de Hajine.

- Fuites de civils -

Dans la nuit, un groupe de 600 civils a fui Baghouz, a indiqué M. Bali. Il s'agit principalement de femmes et d'enfants de jihadistes, la plupart étrangers, venus notamment de France ou d'Allemagne, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Ces deux derniers mois, plus de 37.000 personnes, principalement des familles de l'EI, ont fui les combats dans le dernier jihadiste vers des secteurs aux mains des FDS.

L'AFP a pu parler lundi à deux Françaises de l'EI, patientant à une position des FDS près de Baghouz après leur sortie du réduit, obtenue en payant des passeurs.

L'une d'elle, qui se présente sous le nom de Christelle et comme originaire de Bordeaux (sud-ouest), n'a pas caché sa désillusion face aux dirigeants du groupe jihadiste.

"Comme ils disent, +Daech c'est les Irakiens+, (...) il n'y a que les Irakiens qui ont des droits", lâche-t-elle, utilisant l'acronyme arabe de l'EI.

Le sort du grand chef, Abou Bakr al-Baghdadi, demeure inconnu. Donné plusieurs fois pour mort, un message audio qui lui a été attribué a été diffusé en août dernier.

Malgré les revers, le groupe ultraradical, responsable de multiples exactions, parvient toujours à mener des attentats meurtriers. Il a également revendiqué des attentats à l'étranger, notamment en Occident.

L'assaut final contre l'EI représente aujourd'hui le principal front de la guerre en Syrie qui a fait plus de 360.000 morts depuis 2011.

Le régime de Bachar al-Assad, soutenu par la Russie, contrôle désormais près des deux tiers du pays, après avoir enchaîné les victoires face aux rebelles et jihadistes. Et les combats sur les autres fronts ont fortement baissé en intensité.

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Syrie: poursuite de "violents combats" dans l'ultime réduit de l'EI

Le 22 octobre 2019 à15:13

Modifié le 22 octobre 2019 à 15:13

De "violents combats" se poursuivent mardi entre les forces arabo-kurdes soutenues par Washington et les jihadistes du groupe Etat islamique (EI), retranchés dans leur ultime réduit de l'est syrien, que des civils continuent de fuir par centaines.

Après une montée en puissance fulgurante en 2014 et la conquête de vastes territoires en Syrie et en Irak, les jihadistes sont acculés dans une poche de quelques kilomètres carrés.

Cette offensive "finale" dans la province de Deir Ezzor a été lancée samedi par les combattants kurdes et arabes des Forces démocratiques syriennes (FDS), soutenus par la coalition internationale emmenée par Washington.

Avec des contre-attaques meurtrières et des tireurs embusqués, les 500 à 600 jihadistes retranchés dans la zone allant du village de Baghouz à la frontière irakienne livrent une résistance farouche.

Sur une colline tout près de Baghouz, des combattants des FDS montent la garde. De temps en temps en temps, le silence est rompu par les tirs de mortier, des coups de feu, ou le bourdonnement des avions de la coalition, a constaté une équipe de l'AFP.

"L'EI tient encore 20% du village de Baghouz, mais ce secteur est entièrement miné", confie à l'AFP un commandant sur le terrain.

Un porte-parole des FDS, Mustefa Bali, a indiqué à l'AFP que les "combats violents" se poursuivaient mardi. La veille, un journaliste italien a été blessé sur le théâtre des opérations, selon un confrère présent avec lui.

- "Ils sont déments" -

"Les progrès sont lents et méthodiques. L'ennemi est retranché et les combattants de l'EI continuent de lancer des contre-attaques", a indiqué de son côté à l'AFP le porte-parole de la coalition, le colonel Sean Ryan.

Rapportant des frappes aériennes contre des "cibles jihadistes", il a refusé de se prononcer sur une possible date de fin de l'offensive. "Il est trop tôt pour dévoiler un calendrier", a-t-il dit. "On ne veut pas trop se projeter. Après Baghouz, il y aura des opérations de déminage".

Pour sa part, le président américain Donald Trump a une nouvelle fois prédit une défaite imminente de l'EI, qui pourrait être annoncée dès "la semaine prochaine".

"Nous continuons à décimer ceux qui restent. Nous pouvons prendre la région. Nous allons bientôt avoir 100%. Mais il y en a encore quelques-uns. Ils sortent. Ils s'enveloppent de bombes. Ils sont fous. Ils sont déments", a martelé le président lundi.

Une défaite de l'EI ouvrirait la voie au désengagement annoncé en décembre par M. Trump des quelque 2.000 militaires américains déployés en Syrie pour aider les FDS à lutter contre les jihadistes.

Dans l'ultime réduit, ce sont les chefs Irakiens de l'EI qui sont aux manettes, selon les témoignages de ceux qui fuient ou des responsables des FDS, qui rapportent de vives tensions avec les "mouhajirines", les étrangers du groupe.

"Aujourd'hui la prise de décision est principalement entre les mains des Irakiens", confiait récemment à l'AFP Roni Qamichlo, commandant en chef des opérations des FDS dans le réduit de Hajine.

- Fuites de civils -

Dans la nuit, un groupe de 600 civils a fui Baghouz, a indiqué M. Bali. Il s'agit principalement de femmes et d'enfants de jihadistes, la plupart étrangers, venus notamment de France ou d'Allemagne, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Ces deux derniers mois, plus de 37.000 personnes, principalement des familles de l'EI, ont fui les combats dans le dernier jihadiste vers des secteurs aux mains des FDS.

L'AFP a pu parler lundi à deux Françaises de l'EI, patientant à une position des FDS près de Baghouz après leur sortie du réduit, obtenue en payant des passeurs.

L'une d'elle, qui se présente sous le nom de Christelle et comme originaire de Bordeaux (sud-ouest), n'a pas caché sa désillusion face aux dirigeants du groupe jihadiste.

"Comme ils disent, +Daech c'est les Irakiens+, (...) il n'y a que les Irakiens qui ont des droits", lâche-t-elle, utilisant l'acronyme arabe de l'EI.

Le sort du grand chef, Abou Bakr al-Baghdadi, demeure inconnu. Donné plusieurs fois pour mort, un message audio qui lui a été attribué a été diffusé en août dernier.

Malgré les revers, le groupe ultraradical, responsable de multiples exactions, parvient toujours à mener des attentats meurtriers. Il a également revendiqué des attentats à l'étranger, notamment en Occident.

L'assaut final contre l'EI représente aujourd'hui le principal front de la guerre en Syrie qui a fait plus de 360.000 morts depuis 2011.

Le régime de Bachar al-Assad, soutenu par la Russie, contrôle désormais près des deux tiers du pays, après avoir enchaîné les victoires face aux rebelles et jihadistes. Et les combats sur les autres fronts ont fortement baissé en intensité.

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