Des pêcheurs remontent la rivière Tyne contre le report du Brexit

(AFP)

Larguant les amarres à North Shields, petite ville du nord-est de l'Angleterre se targuant d'être un repaire de pêcheurs depuis 1225, une dizaine de bateaux de pêche ont remonté vendredi la rivière Tyne pour "sauver les poissons britanniques" et protester contre un report du Brexit.

A bord des navires, des Ecossais, des Irlandais du Nord, des Anglais. Venus pêcher la crevette dans les eaux de la mer du Nord qui baignent cette ville de 10.000 habitants, ils ont pris leur matinée pour faire "comprendre" à Londres que "la flotte britannique a été décimée" par les pays européens, déclare le capitaine du "Lady Pearl" Angus Murray, la soixantaine.

La Politique commune de la pêche (PCP) permet aux bateaux européens d'accéder aux zones de pêche des autres Etats membres, à condition de respecter des quotas de capture. Une atteinte à la souveraineté maritime britannique, estiment les manifestants, partisans d'un Brexit "dur", synonyme de rupture nette avec l'UE, réunis derrière le mouvement "Fishing for Leave".

"Tu pêches des poissons, sauf que tu ne peux pas les débarquer. A quoi ça sert ?" s'indigne Gary Dunbar, 43 ans dont 26 passées sur les eaux. Capitaine du Moremma, un navire de 23 mètres équipé de deux grands filets de pêche, il assure faire "des petits boulots" à côté pour vivre.

"ça me détruit de voir ma prise jetée alors que je fais mon boulot", abonde George Leslie, matelot de 21 ans à bord du Moremma. "J'espère un jour avoir mon bateau" et qu'avec le Brexit, "ça redevienne comme du temps de mon père, quand y'avait pas de quotas".

- "On a gagné le vote!" -

La Première ministre britannique Theresa May a promis qu'après le Brexit, le Royaume-Uni pourrait fixer ses quotas de pêche et négocier l'accès à ses eaux.

"Pourquoi on la croirait ? Elle a menti et menti", s'insurge Gawain Towler, l'un des organisateurs de la manifestation et porte-parole du Parti du Brexit, soutenu par l'eurodéputé Nigel Farage. Selon lui, la question de la pêche n'est pas seulement économique, elle est également "hautement symbolique" : "Le Royaume-Uni est une île, on a une longue histoire de pêche".

Le Brexit, "c'est un sujet sensible. Quitter l'UE pourrait être moins bon pour nos exportations mais au moins on aura le contrôle de nos eaux : nos bateaux pourront faire ce qu'ils veulent et on pourra restreindre les bateaux étrangers", avance de son côté Derek Hugues, skipper écossais.

A son arrivée à Newcastle-upon-Tyne, à 13 kilomètres de North Shields, une trentaine de manifestants brandissant des drapeaux européens attend la flotille pro-Brexit. Contrairement à la grande majorité des villes du nord-est de l'Angleterre, cette métropole a voté pour un maintien dans l'UE.

"Bordel! Qui êtes-vous pour nous dicter notre futur ? On a gagné le vote!" s'emporte Gary Dunbar, descendu à terre pour s'expliquer dans une atmosphère tendue.

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Des pêcheurs remontent la rivière Tyne contre le report du Brexit

Le 24 mai 2019 à13:25

Modifié le 24 mai 2019 à 13:25

Larguant les amarres à North Shields, petite ville du nord-est de l'Angleterre se targuant d'être un repaire de pêcheurs depuis 1225, une dizaine de bateaux de pêche ont remonté vendredi la rivière Tyne pour "sauver les poissons britanniques" et protester contre un report du Brexit.

A bord des navires, des Ecossais, des Irlandais du Nord, des Anglais. Venus pêcher la crevette dans les eaux de la mer du Nord qui baignent cette ville de 10.000 habitants, ils ont pris leur matinée pour faire "comprendre" à Londres que "la flotte britannique a été décimée" par les pays européens, déclare le capitaine du "Lady Pearl" Angus Murray, la soixantaine.

La Politique commune de la pêche (PCP) permet aux bateaux européens d'accéder aux zones de pêche des autres Etats membres, à condition de respecter des quotas de capture. Une atteinte à la souveraineté maritime britannique, estiment les manifestants, partisans d'un Brexit "dur", synonyme de rupture nette avec l'UE, réunis derrière le mouvement "Fishing for Leave".

"Tu pêches des poissons, sauf que tu ne peux pas les débarquer. A quoi ça sert ?" s'indigne Gary Dunbar, 43 ans dont 26 passées sur les eaux. Capitaine du Moremma, un navire de 23 mètres équipé de deux grands filets de pêche, il assure faire "des petits boulots" à côté pour vivre.

"ça me détruit de voir ma prise jetée alors que je fais mon boulot", abonde George Leslie, matelot de 21 ans à bord du Moremma. "J'espère un jour avoir mon bateau" et qu'avec le Brexit, "ça redevienne comme du temps de mon père, quand y'avait pas de quotas".

- "On a gagné le vote!" -

La Première ministre britannique Theresa May a promis qu'après le Brexit, le Royaume-Uni pourrait fixer ses quotas de pêche et négocier l'accès à ses eaux.

"Pourquoi on la croirait ? Elle a menti et menti", s'insurge Gawain Towler, l'un des organisateurs de la manifestation et porte-parole du Parti du Brexit, soutenu par l'eurodéputé Nigel Farage. Selon lui, la question de la pêche n'est pas seulement économique, elle est également "hautement symbolique" : "Le Royaume-Uni est une île, on a une longue histoire de pêche".

Le Brexit, "c'est un sujet sensible. Quitter l'UE pourrait être moins bon pour nos exportations mais au moins on aura le contrôle de nos eaux : nos bateaux pourront faire ce qu'ils veulent et on pourra restreindre les bateaux étrangers", avance de son côté Derek Hugues, skipper écossais.

A son arrivée à Newcastle-upon-Tyne, à 13 kilomètres de North Shields, une trentaine de manifestants brandissant des drapeaux européens attend la flotille pro-Brexit. Contrairement à la grande majorité des villes du nord-est de l'Angleterre, cette métropole a voté pour un maintien dans l'UE.

"Bordel! Qui êtes-vous pour nous dicter notre futur ? On a gagné le vote!" s'emporte Gary Dunbar, descendu à terre pour s'expliquer dans une atmosphère tendue.

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