Appel CGT et FO: des dizaines de milliers de personnes dans la rue

(AFP)

"Les syndicats ne sont pas à mettre aux oubliettes!": plusieurs dizaines de milliers de personnes ont défilé mardi un peu partout en France pour réclamer davantage de pouvoir d'achat et défendre les services publics lors d'une journée d'action CGT-FO, marquée aussi par une grève bien suivie dans les écoles.

Hausse des salaires, revalorisation des retraites, rejet de la réforme de la fonction publique, du projet de loi Blanquer sur l'école... Les mots d'ordre étaient multiples pour cette mobilisation qui veut "amplifier le mouvement social" et à laquelle avaient également appelé Solidaires, la FSU (enseignants), l'Unef (étudiants) et l'UNL (lycéens).

A Paris, plusieurs milliers de personnes ont commencé à défiler vers 14H00 du boulevard Saint-Michel vers le Champ-de-Mars, avec aussi la présence de partis (PCF, NPA, LO...) et organisations comme Attac.

Trois jours après le saccage des Champs-Élysées lors de l'acte 18 des "Gilets jaunes" et au lendemain des annonces d'Edouard Philippe contre les "casseurs", cette manifestation se déroulait dans le calme sous le soleil et avec une présence policière discrète. "Pas de répression non non non, des manifestations oui oui oui", entendait-on.

A Marseille, 5.000 personnes se sont rassemblées sur le Vieux-Port, selon la police. Au Havre ils étaient entre 2.950 personnes (préfecture) et 10.000 (CGT), à Orléans entre 1.200 et 2.400. Plusieurs milliers de personnes se sont également rassemblées à Lyon, Rennes, Nantes, Nice ou Bordeaux sous le slogan: "jeunes, actifs, retraités, tous unis contre l'austérité. Assez, assez, assez de répression!"

Eclipsés depuis quatre mois par les "gilets jaunes" et ayant boycotté le grand débat, CGT et FO veulent montrer que "les syndicats ne sont pas à mettre aux oubliettes", selon Fabrice Le Restif, responsable FO en Ille-et-Vilaine.

"Le grand débat semble-t-il est terminé maintenant, il faut des réponses en matière de salaire, de retraite, de justice fiscale, de services publics", a déclaré le numéro un de la CGT Philippe Martinez.

"On ne s'adresse pas seulement au gouvernement, on s'adresse également au patronat. Il faut ouvrir de vraies négociations sur le pouvoir d'achat", a renchéri son homologue de FO Yves Veyrier.

Lors de la dernière journée le 5 février, le ministère de l'Intérieur avait recensé 137.200 manifestants et la CGT près de 300.000. Des militants FO étaient présents mais pas la confédération.

Comme le 5 février, des "gilets jaunes" étaient visibles mais peu nombreux, de 50 à Clermont-Ferrand à 200 à Marseille. Pour Géraldine, 55 ans, "gilet jaune" "de la première heure" à Bordeaux: "Les revendications aujourd'hui, c'est pratiquement les mêmes que celles des +gilets jaunes+. On n'est pas assez payé par rapport à l'augmentation de la vie. Les retraités, c'est pareil".

- Grève suivie dans le primaire -

Comme les fois précédentes, la CFDT, qui a fait le choix de participer au grand débat en y versant son "pacte du pouvoir de vivre", ne s'est pas associée à cette journée "dont on ne sait pas vraiment quel est le mot d'ordre", selon Laurent Berger, son numéro un.

Point commun à tous ces défilés, la présence de très nombreux enseignants du primaires venus protester contre le projet de loi Blanquer sur "l'école de la confiance" voté en février en première lecture à l'Assemblée.

La grève dans les écoles maternelles et élémentaires était suivie par près d'un quart des enseignants, selon le ministère de l'Education. Le principal syndicat du primaire a recensé 40% de grévistes.

Parmi les critiques contre ce texte, l'instruction obligatoire à 3 ans sans moyens supplémentaires selon eux, les évaluations au primaire ou le fait que les écoles seraient placées sous l'autorité d'un principal de collège. "Le contact avec les parents est primordial et ce ne sera plus le cas avec un principal", explique Laurence Clément, directrice d'une école maternelle à Marseille.

Autre facteur de mobilisation, le projet de réforme de la fonction publique. Il prévoit un recours accru aux contractuels, une plus grande individualisation de la rémunération, ainsi que des mesures pour "favoriser la mobilité" des agents, qui s'inscrivent dans l'objectif de réduction des effectifs de 120.000 postes d'ici à 2022.

Dans les transports, le trafic était normal à la SNCF et quasi normal à la RATP, selon les deux entreprises. En revanche, les transports en commun ne fonctionnaient pas sur la Côte d'Azur.

Plusieurs établissements pénitentiaires étaient par ailleurs bloqués comme à Saint-Martin-de-Ré et Bordeaux-Gradignan. Les syndicats de Pôle emploi ont également appelé à la grève contre les suppressions de postes chez l'opérateur public.

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Appel CGT et FO: des dizaines de milliers de personnes dans la rue

Le 22 juillet 2019 à16:52

Modifié le 22 juillet 2019 à 16:52

"Les syndicats ne sont pas à mettre aux oubliettes!": plusieurs dizaines de milliers de personnes ont défilé mardi un peu partout en France pour réclamer davantage de pouvoir d'achat et défendre les services publics lors d'une journée d'action CGT-FO, marquée aussi par une grève bien suivie dans les écoles.

Hausse des salaires, revalorisation des retraites, rejet de la réforme de la fonction publique, du projet de loi Blanquer sur l'école... Les mots d'ordre étaient multiples pour cette mobilisation qui veut "amplifier le mouvement social" et à laquelle avaient également appelé Solidaires, la FSU (enseignants), l'Unef (étudiants) et l'UNL (lycéens).

A Paris, plusieurs milliers de personnes ont commencé à défiler vers 14H00 du boulevard Saint-Michel vers le Champ-de-Mars, avec aussi la présence de partis (PCF, NPA, LO...) et organisations comme Attac.

Trois jours après le saccage des Champs-Élysées lors de l'acte 18 des "Gilets jaunes" et au lendemain des annonces d'Edouard Philippe contre les "casseurs", cette manifestation se déroulait dans le calme sous le soleil et avec une présence policière discrète. "Pas de répression non non non, des manifestations oui oui oui", entendait-on.

A Marseille, 5.000 personnes se sont rassemblées sur le Vieux-Port, selon la police. Au Havre ils étaient entre 2.950 personnes (préfecture) et 10.000 (CGT), à Orléans entre 1.200 et 2.400. Plusieurs milliers de personnes se sont également rassemblées à Lyon, Rennes, Nantes, Nice ou Bordeaux sous le slogan: "jeunes, actifs, retraités, tous unis contre l'austérité. Assez, assez, assez de répression!"

Eclipsés depuis quatre mois par les "gilets jaunes" et ayant boycotté le grand débat, CGT et FO veulent montrer que "les syndicats ne sont pas à mettre aux oubliettes", selon Fabrice Le Restif, responsable FO en Ille-et-Vilaine.

"Le grand débat semble-t-il est terminé maintenant, il faut des réponses en matière de salaire, de retraite, de justice fiscale, de services publics", a déclaré le numéro un de la CGT Philippe Martinez.

"On ne s'adresse pas seulement au gouvernement, on s'adresse également au patronat. Il faut ouvrir de vraies négociations sur le pouvoir d'achat", a renchéri son homologue de FO Yves Veyrier.

Lors de la dernière journée le 5 février, le ministère de l'Intérieur avait recensé 137.200 manifestants et la CGT près de 300.000. Des militants FO étaient présents mais pas la confédération.

Comme le 5 février, des "gilets jaunes" étaient visibles mais peu nombreux, de 50 à Clermont-Ferrand à 200 à Marseille. Pour Géraldine, 55 ans, "gilet jaune" "de la première heure" à Bordeaux: "Les revendications aujourd'hui, c'est pratiquement les mêmes que celles des +gilets jaunes+. On n'est pas assez payé par rapport à l'augmentation de la vie. Les retraités, c'est pareil".

- Grève suivie dans le primaire -

Comme les fois précédentes, la CFDT, qui a fait le choix de participer au grand débat en y versant son "pacte du pouvoir de vivre", ne s'est pas associée à cette journée "dont on ne sait pas vraiment quel est le mot d'ordre", selon Laurent Berger, son numéro un.

Point commun à tous ces défilés, la présence de très nombreux enseignants du primaires venus protester contre le projet de loi Blanquer sur "l'école de la confiance" voté en février en première lecture à l'Assemblée.

La grève dans les écoles maternelles et élémentaires était suivie par près d'un quart des enseignants, selon le ministère de l'Education. Le principal syndicat du primaire a recensé 40% de grévistes.

Parmi les critiques contre ce texte, l'instruction obligatoire à 3 ans sans moyens supplémentaires selon eux, les évaluations au primaire ou le fait que les écoles seraient placées sous l'autorité d'un principal de collège. "Le contact avec les parents est primordial et ce ne sera plus le cas avec un principal", explique Laurence Clément, directrice d'une école maternelle à Marseille.

Autre facteur de mobilisation, le projet de réforme de la fonction publique. Il prévoit un recours accru aux contractuels, une plus grande individualisation de la rémunération, ainsi que des mesures pour "favoriser la mobilité" des agents, qui s'inscrivent dans l'objectif de réduction des effectifs de 120.000 postes d'ici à 2022.

Dans les transports, le trafic était normal à la SNCF et quasi normal à la RATP, selon les deux entreprises. En revanche, les transports en commun ne fonctionnaient pas sur la Côte d'Azur.

Plusieurs établissements pénitentiaires étaient par ailleurs bloqués comme à Saint-Martin-de-Ré et Bordeaux-Gradignan. Les syndicats de Pôle emploi ont également appelé à la grève contre les suppressions de postes chez l'opérateur public.

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