Syrie: près de 50 combattants prorégime tués dans une série d'attaques jihadistes

(AFP)

Près de 50 soldats et combattants fidèles au régime en Syrie ont été tués ces dernières 48 heures dans une série d'attaques menées par des jihadistes, les plus meurtrières depuis la défaite annoncée du groupe Etat islamique (EI) il y a environ un mois.

Responsable en partie de ces attaques, l'EI a vu son "califat" autoproclamé sur de vastes territoires à cheval entre la Syrie et l'Irak, s'effondrer le 23 mars après des années de combats avec les Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance arabo-kurde sans lien avec le régime de Bachar al-Assad.

Mais les combattants de cette organisation jihadiste la plus redoutée au monde, qui ont trouvé refuge surtout dans le désert syrien, parviennent toujours à mener des attaques sanglantes.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) samedi, 27 soldats et combattants prorégime, "dont quatre hauts gradés syriens", ont été tués jeudi et vendredi dans des attaques revendiquées par l'EI dans le désert dans l'est de la province centrale de Homs.

Les jihadistes ont tendu une "embuscade" aux forces du régime "qui avaient essayé de les traquer", a indiqué l'EI via son organe de propagande Amaq.

Les combats qui ont suivi ont duré jusqu'à vendredi dans la nuit. Six jihadistes ont été tués, d'après l'OSDH.

Dans la province orientale de Deir Ezzor, huit combattants prorégime dont deux officiers ont été tués jeudi soir, également dans un secteur du désert qui s'étend du centre syrien à la frontière irakienne, selon la même source.

Ces attaques sont les plus meurtrières lancées par l'EI contre les prorégime depuis l'annonce de l'éradication du "califat", d'après l'OSDH.

- Rapatriement au Kosovo -

Avec l'appui d'une coalition internationale emmenée par les Etats-Unis, les FDS ont combattu pendant des années l'EI jusqu'à l'annonce de la victoire le 23 mars avec la perte par les jihadistes du dernier réduit de leur proto-Etat. Mais des cellules dormantes parviennent à mener des attentats meurtriers, l'EI ayant selon des experts déjà entamé sa mue en organisation clandestine.

L'EI est accusé de nombreuses exactions -exécutions de masse, viols, enlèvements- sur les vastes territoires qu'il a contrôlés de 2014 à 2019. Il a aussi revendiqué des attaques meurtrières sur d'autres continents.

Samedi, le Kosovo a annoncé le rapatriement de Syrie de 110 de ses ressortissants, en quasi totalité des épouses ou des enfants de jihadistes de l'EI, une opération inédite en Europe par son ampleur.

Le rapatriement de proches de jihadistes a suscité des controverses dans plusieurs pays occidentaux comme la France.

En guerre depuis 2011, la Syrie reste un pays morcelé. Grâce au soutien militaire de ses alliés, le régime Assad a repris aux rebelles et jihadistes de vastes territoires et contrôle aujourd'hui près des deux tiers de la Syrie.

Mais de grandes régions lui échappent encore, celles contrôlées par les FDS dans le nord et nord-est et d'autres aux mains des groupes jihadistes, dont les principaux sont l'EI et Hayat Tahrir al-Cham (HTS, ex-branche d'Al-Qaïda) ou de groupes rebelles.

- Attaque à Alep -

Aux limites ouest d'Alep (nord), l'Armée Abou Bakr al-Siddiq, un groupuscule lié au HTS, rival de l'EI, a attaqué des positions prorégime tuant 13 combattants, selon l'OSDH. L'assaut est survenu après un bombardement nocturne par les prorégime.

La province voisine d'Idleb (nord-ouest), dont le contrôle échappe quasi-totalement au régime Assad, est dominée par HTS qui a renforcé en début d'année son emprise sur ce territoire face à des rebelles affaiblis.

Depuis septembre 2018, la province fait l'objet d'un accord négocié par Moscou, allié du régime, et Ankara, qui parraine certains groupes rebelles à Idleb, prévoyant la mise en place d'une "zone démilitarisée" séparant les secteurs jihadistes et insurgés des zones gouvernementales attenantes.

L'initiative n'a été que partiellement appliquée face au refus des jihadistes de se retirer de cette zone tampon.

L'accord a permis d'éviter une offensive d'envergure de l'armée syrienne. Le sort d'Idleb sera au coeur des pourparlers prévus les 25 et 26 avril au Kazakhstan.

Déclenché par la répression de manifestions pro-démocratie avant de se complexifier, le conflit en Syrie a fait plus de 370.000 morts et déplacé plusieurs millions de personnes.

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Syrie: près de 50 combattants prorégime tués dans une série d'attaques jihadistes

Le 17 août 2019 à13:46

Modifié le 17 août 2019 à 13:46

Près de 50 soldats et combattants fidèles au régime en Syrie ont été tués ces dernières 48 heures dans une série d'attaques menées par des jihadistes, les plus meurtrières depuis la défaite annoncée du groupe Etat islamique (EI) il y a environ un mois.

Responsable en partie de ces attaques, l'EI a vu son "califat" autoproclamé sur de vastes territoires à cheval entre la Syrie et l'Irak, s'effondrer le 23 mars après des années de combats avec les Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance arabo-kurde sans lien avec le régime de Bachar al-Assad.

Mais les combattants de cette organisation jihadiste la plus redoutée au monde, qui ont trouvé refuge surtout dans le désert syrien, parviennent toujours à mener des attaques sanglantes.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) samedi, 27 soldats et combattants prorégime, "dont quatre hauts gradés syriens", ont été tués jeudi et vendredi dans des attaques revendiquées par l'EI dans le désert dans l'est de la province centrale de Homs.

Les jihadistes ont tendu une "embuscade" aux forces du régime "qui avaient essayé de les traquer", a indiqué l'EI via son organe de propagande Amaq.

Les combats qui ont suivi ont duré jusqu'à vendredi dans la nuit. Six jihadistes ont été tués, d'après l'OSDH.

Dans la province orientale de Deir Ezzor, huit combattants prorégime dont deux officiers ont été tués jeudi soir, également dans un secteur du désert qui s'étend du centre syrien à la frontière irakienne, selon la même source.

Ces attaques sont les plus meurtrières lancées par l'EI contre les prorégime depuis l'annonce de l'éradication du "califat", d'après l'OSDH.

- Rapatriement au Kosovo -

Avec l'appui d'une coalition internationale emmenée par les Etats-Unis, les FDS ont combattu pendant des années l'EI jusqu'à l'annonce de la victoire le 23 mars avec la perte par les jihadistes du dernier réduit de leur proto-Etat. Mais des cellules dormantes parviennent à mener des attentats meurtriers, l'EI ayant selon des experts déjà entamé sa mue en organisation clandestine.

L'EI est accusé de nombreuses exactions -exécutions de masse, viols, enlèvements- sur les vastes territoires qu'il a contrôlés de 2014 à 2019. Il a aussi revendiqué des attaques meurtrières sur d'autres continents.

Samedi, le Kosovo a annoncé le rapatriement de Syrie de 110 de ses ressortissants, en quasi totalité des épouses ou des enfants de jihadistes de l'EI, une opération inédite en Europe par son ampleur.

Le rapatriement de proches de jihadistes a suscité des controverses dans plusieurs pays occidentaux comme la France.

En guerre depuis 2011, la Syrie reste un pays morcelé. Grâce au soutien militaire de ses alliés, le régime Assad a repris aux rebelles et jihadistes de vastes territoires et contrôle aujourd'hui près des deux tiers de la Syrie.

Mais de grandes régions lui échappent encore, celles contrôlées par les FDS dans le nord et nord-est et d'autres aux mains des groupes jihadistes, dont les principaux sont l'EI et Hayat Tahrir al-Cham (HTS, ex-branche d'Al-Qaïda) ou de groupes rebelles.

- Attaque à Alep -

Aux limites ouest d'Alep (nord), l'Armée Abou Bakr al-Siddiq, un groupuscule lié au HTS, rival de l'EI, a attaqué des positions prorégime tuant 13 combattants, selon l'OSDH. L'assaut est survenu après un bombardement nocturne par les prorégime.

La province voisine d'Idleb (nord-ouest), dont le contrôle échappe quasi-totalement au régime Assad, est dominée par HTS qui a renforcé en début d'année son emprise sur ce territoire face à des rebelles affaiblis.

Depuis septembre 2018, la province fait l'objet d'un accord négocié par Moscou, allié du régime, et Ankara, qui parraine certains groupes rebelles à Idleb, prévoyant la mise en place d'une "zone démilitarisée" séparant les secteurs jihadistes et insurgés des zones gouvernementales attenantes.

L'initiative n'a été que partiellement appliquée face au refus des jihadistes de se retirer de cette zone tampon.

L'accord a permis d'éviter une offensive d'envergure de l'armée syrienne. Le sort d'Idleb sera au coeur des pourparlers prévus les 25 et 26 avril au Kazakhstan.

Déclenché par la répression de manifestions pro-démocratie avant de se complexifier, le conflit en Syrie a fait plus de 370.000 morts et déplacé plusieurs millions de personnes.

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