Après le rapport Mueller, une candidate appelle à destituer Trump

(AFP)

Une candidate à la Maison Blanche a sonné vendredi la charge démocrate et appelé à destituer Donald Trump sur le fondement du rapport Mueller, publié la veille et qui contient des "conneries absolues" selon le président américain.


Elizabeth Warren, sénatrice progressiste du Massachusetts, est la première des candidats à l'investiture démocrate pour l'élection présidentielle de 2020 à réclamer la destitution de M. Trump.

Elle a souligné sur Twitter la "gravité" de faits dévoilés par le procureur spécial Robert Mueller, qui a enquêté sur l'ingérence russe dans la présidentielle de 2016.

"Le rapport Mueller expose des faits qui montrent qu'un gouvernement étranger hostile a attaqué notre élection de 2016 pour aider Donald Trump et que Donald Trump a reçu favorablement cette aide", a affirmé Mme Warren. "Une fois élu, Donald Trump a entravé l'enquête sur cette attaque."

En conséquence, la Chambre des représentants "devrait lancer une procédure de destitution contre le président", a estimé Mme Warren. "Ignorer les tentatives répétées d'un président pour entraver une enquête portant sur sa propre attitude déloyale infligerait un dommage profond et durable à ce pays."

Une procédure de destitution a toutefois, en l'état, peu de chances d'aboutir dans un Congrès divisé.

Après 22 mois d'enquête, Robert Mueller a conclu dans son rapport de 448 pages qu'il n'y avait pas eu d'entente entre l'équipe du républicain Donald Trump et Moscou, même si certains contacts avaient été établis.

Mais ses conclusions n'ont pas blanchi le président des Etats-Unis des soupçons d'entrave à la justice.

Donald Trump, s'estimant au contraire totalement exonéré, a crié victoire et s'en est pris avec véhémence à certains des témoignages figurant dans cette enquête ayant empoisonné les deux premières années de son mandat.

"Des allégations sont faites sur moi par certaines personnes dans le délirant rapport Mueller, lui-même écrit par 18 démocrates en colère enragés contre Trump, qui sont montées de toutes pièces et totalement fausses", a lancé M. Trump vendredi.

Certaines de ces allégations sont "des conneries absolues", a même tempêté le président américain.

- Capitaliser -

Mais les démocrates comptent bien capitaliser sur le fait que les conclusions du rapport Mueller ne l'ont pas totalement blanchi sur le volet d'entrave à la justice.

Agitée par plusieurs élus les plus à gauche, l'option potentiellement explosive de la destitution a jusqu'ici été écartée par les chefs du parti.

Les démocrates ont en revanche juré de poursuivre l'enquête au Congrès.

A ce titre, ils ont adressé une assignation pour obtenir, d'ici le 1er mai, "la version intégrale du rapport Mueller", celle publiée jeudi étant expurgée de ses informations confidentielles.

Des "gesticulations politiques", a rétorqué un porte-parole de la Maison Blanche. Cette demande "est prématurée et inutile", a abondé un porte-parole du ministère de la Justice, arguant avoir proposé à certains élus du Congrès d'avoir accès à une version plus complète.

Cette solution a été rejetée par les ténors démocrates -- un désaccord qui promet une longue bataille judiciaire.

Les démocrates ont par ailleurs déjà demandé au procureur Mueller de venir témoigner devant la Chambre des représentants d'ici le 23 mai. L'administration Trump a déclaré qu'elle ne s'y opposerait pas.

Forts de leur majorité à la Chambre des représentants, les démocrates disposent du pouvoir de lancer des enquêtes parlementaires, de citer des témoins à comparaître et de réclamer des documents.

 "Ecoeuré"

Dans son rapport d'enquête, le procureur spécial relève notamment que le locataire de la Maison Blanche a tenté de le limoger, sans y parvenir, parmi d'autres actes visant à torpiller son enquête.

Le texte affirme également que M. Trump a très mal pris la nomination du procureur spécial. "Oh mon Dieu. C'est terrible. C'est la fin de ma présidence. Je suis foutu", aurait réagi l'ex-magnat de l'immobilier.

Deux ans plus tard, le président américain a de nouveau qualifié l'enquête russe d'"arnaque qui a commencé de manière illégale et qui n'aurait jamais dû se produire".

"Il est maintenant temps de renverser la situation et de traduire en justice certaines personnes tordues et dangereuses qui ont commis des délits très graves, peut-être de l'espionnage ou de la trahison", a-t-il tweeté.

L'ex-candidat républicain à la présidentielle américaine Mitt Romney a été l'une des très rares voix républicaines à s'élever contre le président après la publication du rapport Mueller, se disant "écoeuré" et "consterné".

(AFP)

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Après le rapport Mueller, une candidate appelle à destituer Trump

Le 25 mai 2019 à00:49

Modifié le 25 mai 2019 à 00:49

Une candidate à la Maison Blanche a sonné vendredi la charge démocrate et appelé à destituer Donald Trump sur le fondement du rapport Mueller, publié la veille et qui contient des "conneries absolues" selon le président américain.


Elizabeth Warren, sénatrice progressiste du Massachusetts, est la première des candidats à l'investiture démocrate pour l'élection présidentielle de 2020 à réclamer la destitution de M. Trump.

Elle a souligné sur Twitter la "gravité" de faits dévoilés par le procureur spécial Robert Mueller, qui a enquêté sur l'ingérence russe dans la présidentielle de 2016.

"Le rapport Mueller expose des faits qui montrent qu'un gouvernement étranger hostile a attaqué notre élection de 2016 pour aider Donald Trump et que Donald Trump a reçu favorablement cette aide", a affirmé Mme Warren. "Une fois élu, Donald Trump a entravé l'enquête sur cette attaque."

En conséquence, la Chambre des représentants "devrait lancer une procédure de destitution contre le président", a estimé Mme Warren. "Ignorer les tentatives répétées d'un président pour entraver une enquête portant sur sa propre attitude déloyale infligerait un dommage profond et durable à ce pays."

Une procédure de destitution a toutefois, en l'état, peu de chances d'aboutir dans un Congrès divisé.

Après 22 mois d'enquête, Robert Mueller a conclu dans son rapport de 448 pages qu'il n'y avait pas eu d'entente entre l'équipe du républicain Donald Trump et Moscou, même si certains contacts avaient été établis.

Mais ses conclusions n'ont pas blanchi le président des Etats-Unis des soupçons d'entrave à la justice.

Donald Trump, s'estimant au contraire totalement exonéré, a crié victoire et s'en est pris avec véhémence à certains des témoignages figurant dans cette enquête ayant empoisonné les deux premières années de son mandat.

"Des allégations sont faites sur moi par certaines personnes dans le délirant rapport Mueller, lui-même écrit par 18 démocrates en colère enragés contre Trump, qui sont montées de toutes pièces et totalement fausses", a lancé M. Trump vendredi.

Certaines de ces allégations sont "des conneries absolues", a même tempêté le président américain.

- Capitaliser -

Mais les démocrates comptent bien capitaliser sur le fait que les conclusions du rapport Mueller ne l'ont pas totalement blanchi sur le volet d'entrave à la justice.

Agitée par plusieurs élus les plus à gauche, l'option potentiellement explosive de la destitution a jusqu'ici été écartée par les chefs du parti.

Les démocrates ont en revanche juré de poursuivre l'enquête au Congrès.

A ce titre, ils ont adressé une assignation pour obtenir, d'ici le 1er mai, "la version intégrale du rapport Mueller", celle publiée jeudi étant expurgée de ses informations confidentielles.

Des "gesticulations politiques", a rétorqué un porte-parole de la Maison Blanche. Cette demande "est prématurée et inutile", a abondé un porte-parole du ministère de la Justice, arguant avoir proposé à certains élus du Congrès d'avoir accès à une version plus complète.

Cette solution a été rejetée par les ténors démocrates -- un désaccord qui promet une longue bataille judiciaire.

Les démocrates ont par ailleurs déjà demandé au procureur Mueller de venir témoigner devant la Chambre des représentants d'ici le 23 mai. L'administration Trump a déclaré qu'elle ne s'y opposerait pas.

Forts de leur majorité à la Chambre des représentants, les démocrates disposent du pouvoir de lancer des enquêtes parlementaires, de citer des témoins à comparaître et de réclamer des documents.

 "Ecoeuré"

Dans son rapport d'enquête, le procureur spécial relève notamment que le locataire de la Maison Blanche a tenté de le limoger, sans y parvenir, parmi d'autres actes visant à torpiller son enquête.

Le texte affirme également que M. Trump a très mal pris la nomination du procureur spécial. "Oh mon Dieu. C'est terrible. C'est la fin de ma présidence. Je suis foutu", aurait réagi l'ex-magnat de l'immobilier.

Deux ans plus tard, le président américain a de nouveau qualifié l'enquête russe d'"arnaque qui a commencé de manière illégale et qui n'aurait jamais dû se produire".

"Il est maintenant temps de renverser la situation et de traduire en justice certaines personnes tordues et dangereuses qui ont commis des délits très graves, peut-être de l'espionnage ou de la trahison", a-t-il tweeté.

L'ex-candidat républicain à la présidentielle américaine Mitt Romney a été l'une des très rares voix républicaines à s'élever contre le président après la publication du rapport Mueller, se disant "écoeuré" et "consterné".

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