Bangladesh: manifestations après le meurtre d'une jeune femme victime de harcèlement

(AFP)

Des manifestations ont eu lieu samedi à Dacca, pour la dixième journée consécutive, après le meurtre d'une jeune femme de 19 ans, brûlée vive après avoir porté plainte pour harcèlement sexuel contre le directeur de son école.

La mort de Nusrat Jahan Rafi, qui remonte au 10 avril, suscite l'indignation au Bangladesh, où les associations dénoncent le peu d'empressement des autorités à enquêter sur les affaires de viol ou d'agression sexuelle, et une "culture d'impunité".

Des manifestants ont scandé des slogans réclamant la peine de mort pour les meurtriers de la jeune femme.

Elle avait été attirée sur le toit du séminaire islamique où elle étudiait à Feni, au sud de la capitale. Ses agresseurs lui ont alors demandé de retirer la plainte pour harcèlement qu'elle avait déposée contre le directeur de l'école. Quand elle a refusé, elle a été aspergée de kérosène puis enflammée. Brûlée sur 80% du corps, Nusrat Jahan Rafi est morte à l'hôpital.

Ce drame a entraîné des manifestations dans plusieurs villes de ce pays à majorité musulmane de 165 millions d'habitants.

Dix-huit personnes, dont le directeur de l'école, ont été arrêtées.

"Les viols et les agressions sexuelles ont augmenté de façon alarmante dans le pays", s'inquiète un manifestant, M. Rahman Apu, auprès de l'AFP. "Le meurtre de Nusrat Rafi montre que même les filles les plus courageuses n'obtiennent pas justice".

"Elle a été tuée pour avoir osé porté plainte contre son agresseur. Si la police et l'administration avaient bien fait leur travail, elle aurait pu être protégée", s'indigne Apu.

Kamrun Nahar, syndicaliste dans le secteur de l'habillement, présente parmi les manifestants, estime que le meurtre a réveillé les consciences dans le pays.

"Nous n'arrêterons pas de manifester tant que les meurtriers de Nusrat et les autres responsables, ne seront pas punis", a déclaré Nahar. "Nous ne voulons plus de ces meurtres atroces".

L'un des suspects a indiqué à la justice cette semaine que le directeur de l'école avait commandité le meurtre. Le chef de la section locale du parti au pouvoir a également été arrêté, soupçonné d'avoir aidé les tueurs.

Nusrat Rafi s'était rendue à la police fin mars pour porter plainte. Une vidéo montre le responsable du commissariat local enregistrer la plainte tout en la minimisant comme n'étant "pas une grosse affaire".

Selon la police, au moins cinq des suspects arrêtés, notamment trois camarades de classe de la jeune femme, l'ont attachée avec une écharpe avant de l'enflammer, et avaient l'intention de faire passer sa mort pour un suicide.

La Première ministre Sheikh Hasina s'est engagée à ce que toutes les personnes impliquées dans cet assassinat soient traduites en justice.

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Bangladesh: manifestations après le meurtre d'une jeune femme victime de harcèlement

Le 20 mai 2019 à06:45

Modifié le 20 mai 2019 à 06:45

Des manifestations ont eu lieu samedi à Dacca, pour la dixième journée consécutive, après le meurtre d'une jeune femme de 19 ans, brûlée vive après avoir porté plainte pour harcèlement sexuel contre le directeur de son école.

La mort de Nusrat Jahan Rafi, qui remonte au 10 avril, suscite l'indignation au Bangladesh, où les associations dénoncent le peu d'empressement des autorités à enquêter sur les affaires de viol ou d'agression sexuelle, et une "culture d'impunité".

Des manifestants ont scandé des slogans réclamant la peine de mort pour les meurtriers de la jeune femme.

Elle avait été attirée sur le toit du séminaire islamique où elle étudiait à Feni, au sud de la capitale. Ses agresseurs lui ont alors demandé de retirer la plainte pour harcèlement qu'elle avait déposée contre le directeur de l'école. Quand elle a refusé, elle a été aspergée de kérosène puis enflammée. Brûlée sur 80% du corps, Nusrat Jahan Rafi est morte à l'hôpital.

Ce drame a entraîné des manifestations dans plusieurs villes de ce pays à majorité musulmane de 165 millions d'habitants.

Dix-huit personnes, dont le directeur de l'école, ont été arrêtées.

"Les viols et les agressions sexuelles ont augmenté de façon alarmante dans le pays", s'inquiète un manifestant, M. Rahman Apu, auprès de l'AFP. "Le meurtre de Nusrat Rafi montre que même les filles les plus courageuses n'obtiennent pas justice".

"Elle a été tuée pour avoir osé porté plainte contre son agresseur. Si la police et l'administration avaient bien fait leur travail, elle aurait pu être protégée", s'indigne Apu.

Kamrun Nahar, syndicaliste dans le secteur de l'habillement, présente parmi les manifestants, estime que le meurtre a réveillé les consciences dans le pays.

"Nous n'arrêterons pas de manifester tant que les meurtriers de Nusrat et les autres responsables, ne seront pas punis", a déclaré Nahar. "Nous ne voulons plus de ces meurtres atroces".

L'un des suspects a indiqué à la justice cette semaine que le directeur de l'école avait commandité le meurtre. Le chef de la section locale du parti au pouvoir a également été arrêté, soupçonné d'avoir aidé les tueurs.

Nusrat Rafi s'était rendue à la police fin mars pour porter plainte. Une vidéo montre le responsable du commissariat local enregistrer la plainte tout en la minimisant comme n'étant "pas une grosse affaire".

Selon la police, au moins cinq des suspects arrêtés, notamment trois camarades de classe de la jeune femme, l'ont attachée avec une écharpe avant de l'enflammer, et avaient l'intention de faire passer sa mort pour un suicide.

La Première ministre Sheikh Hasina s'est engagée à ce que toutes les personnes impliquées dans cet assassinat soient traduites en justice.

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