Attaque de drones contre des installations pétrolières en Arabie saoudite

(AFP)

Des installations pétrolières ont été la cible d'attaques de drones mardi en Arabie saoudite, faisant monter d'un cran la tension dans le Golfe deux jours après des "actes de sabotage" contre quatre navires dont deux tankers saoudiens.


Premier exportateur de pétrole au monde, le royaume saoudien a dû cesser ses opérations sur un oléoduc majeur près de Ryad, après ces attaques revendiquées par les rebelles Houthis pro-iraniens au Yémen voisin où des forces saoudiennes aident le pouvoir dans sa guerre contre ces insurgés.

Principale rivale de l'Iran chiite au Moyen-Orient, l'Arabie saoudite sunnite est un proche allié des Etats-Unis qui n'ont cessé de durcir le ton contre Téhéran, que ce soit sur le dossier nucléaire ou sur ses actions jugées "déstabilisatrices" dans la région.

Tôt mardi, deux stations de pompage ont été visées par des "drones armés", ce qui a provoqué un "incendie" et des "dégâts mineurs" à une station, avant que le sinistre ne soit maîtrisé, a précisé le ministre saoudien de l'Energie Khalid al-Falih cité par l'agence officielle SPA.

Le géant pétrolier Aramco "a interrompu temporairement les opérations sur l'oléoduc" Est-Ouest reliant la Province orientale, une région saoudienne riche en pétrole, au port de Yanbu sur la mer Rouge, a-t-il dit. L'oléoduc d'une longueur de 1.200 km a une capacité d'au moins cinq millions de barils par jour.

Au Yémen, la chaîne de télévision des Houthis a fait état d'une "opération militaire majeure" avec "l'utilisation de sept drones" contre des "installations vitales" saoudiennes.

Cette attaque est "une réponse aux crimes" et au "blocus" imposé par l'Arabie saoudite au Yémen, a déclaré Mohammed Abdelsalam, porte-parole des Houthis. "Notre peuple n'a d'autre choix que de se défendre de toutes ses forces".

L'Iran soutient les Houthis mais dément leur fournir des armes comme l'en accuse Ryad.

Pour M. Falih, "les derniers actes de terrorisme et de sabotage dans le Golfe visent non seulement le royaume mais aussi la sécurité des approvisionnements pétroliers dans le monde et l'économie mondiale".

- "Entités terroristes" -

"Ces attaques prouvent une fois de plus qu'il est important pour nous de faire face aux entités terroristes, y compris les miliciens Houthis", a-t-il affirmé.

Dimanche, deux pétroliers saoudiens, un norvégien et un cargo émirati ont été visés par de mystérieux "actes de sabotage" au large de l'émirat de Fujairah, membre de la Fédération des Emirats arabes unis, selon le gouvernement d'Abou Dhabi.

Il n'y a pas eu de victimes et les bateaux endommagés n'ont pas coulé. Ces actions n'ont pas été revendiquées.

Voisins et alliés de l'Arabie saoudite, les Emirats ont promis une enquête "professionnelle" afin que les faits soient "établis clairement".

De nombreuses zones d'ombre demeurent notamment sur la nature des "actes de sabotage", alors qu'au moins un trou a été observé sur la coque du tanker norvégien, et sur l'identité des auteurs et/ou des commanditaires.

Pour des experts, si la responsabilité de Téhéran est avérée, il pourrait s'agir d'un avertissement de l'Iran à Washington qui a renforcé sa présence militaire dans la région.

"Dans un contexte de montée des tensions régionales, des opérations iraniennes limitées contre les Emirats et l'Arabie saoudite pourraient viser à dissuader Abou Dhabi et Ryad, et indiquer qu'une guerre avec l'Iran ne serait pas limitée au sol iranien", a fait valoir Alex Vatanka du Middle East Institute basé à Washington.

- "Conflit par accident" -

S'il y a "vraiment eu une tentative délibérée d'endommager ces tankers, alors ce pourrait être un avertissement de l'Iran sur les conséquences d'une quelconque action militaire contre des cibles iraniennes n'importe où dans la région", a noté Neil Partrick, expert du Golfe.

L'Iran, placé sur la défensive, a jugé ces actes "préoccupants et regrettables" et appelé à une enquête.

Interrogé sur un éventuel rôle iranien, l'émissaire des Etats-Unis pour l'Iran, Brian Hook, s'est borné à indiquer que les autorités américaines allaient apporter leur assistance aux enquêteurs, à la demande des Emirats.

Ces développements surviennent dans un contexte de guerre psychologique entre Washington et Téhéran après le renforcement des sanctions américaines contre la République islamique, qui a pour sa part suspendu certains de ses engagements nucléaires.

Vendredi dernier, le Pentagone a annoncé l'envoi dans la région d'un navire de guerre transportant des véhicules, notamment amphibies, et d'une batterie de missiles Patriot, s'ajoutant au déploiement d'un porte-avions et de bombardiers B-52.

Il a alors justifié ce déploiement par des "signaux clairs et récents montrant que les forces iraniennes et leurs affidés font des préparatifs à une attaque possible contre les forces américaines".

Lundi, le New York Times a rapporté que le ministre américain de la Défense par intérim, Patrick Shanahan, avait présenté à des conseillers de M. Trump un plan selon lequel jusqu'à 120.000 hommes pourraient être envoyés au Moyen-Orient si l'Iran attaquait des forces américaines.

S'exprimant le même jour sur un ton de défi, le président iranien Hassan Rohani a affirmé que son pays était "trop grand pour être intimidé par quiconque".

Les Européens se sont dits inquiets de ce regain de tension et ont signifié au secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo, de passage à Bruxelles, leur préoccupation face au risque d'un conflit "par accident" dans le Golfe.

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Attaque de drones contre des installations pétrolières en Arabie saoudite

Le 19 septembre 2019 à17:50

Modifié le 19 septembre 2019 à 17:50

Des installations pétrolières ont été la cible d'attaques de drones mardi en Arabie saoudite, faisant monter d'un cran la tension dans le Golfe deux jours après des "actes de sabotage" contre quatre navires dont deux tankers saoudiens.


Premier exportateur de pétrole au monde, le royaume saoudien a dû cesser ses opérations sur un oléoduc majeur près de Ryad, après ces attaques revendiquées par les rebelles Houthis pro-iraniens au Yémen voisin où des forces saoudiennes aident le pouvoir dans sa guerre contre ces insurgés.

Principale rivale de l'Iran chiite au Moyen-Orient, l'Arabie saoudite sunnite est un proche allié des Etats-Unis qui n'ont cessé de durcir le ton contre Téhéran, que ce soit sur le dossier nucléaire ou sur ses actions jugées "déstabilisatrices" dans la région.

Tôt mardi, deux stations de pompage ont été visées par des "drones armés", ce qui a provoqué un "incendie" et des "dégâts mineurs" à une station, avant que le sinistre ne soit maîtrisé, a précisé le ministre saoudien de l'Energie Khalid al-Falih cité par l'agence officielle SPA.

Le géant pétrolier Aramco "a interrompu temporairement les opérations sur l'oléoduc" Est-Ouest reliant la Province orientale, une région saoudienne riche en pétrole, au port de Yanbu sur la mer Rouge, a-t-il dit. L'oléoduc d'une longueur de 1.200 km a une capacité d'au moins cinq millions de barils par jour.

Au Yémen, la chaîne de télévision des Houthis a fait état d'une "opération militaire majeure" avec "l'utilisation de sept drones" contre des "installations vitales" saoudiennes.

Cette attaque est "une réponse aux crimes" et au "blocus" imposé par l'Arabie saoudite au Yémen, a déclaré Mohammed Abdelsalam, porte-parole des Houthis. "Notre peuple n'a d'autre choix que de se défendre de toutes ses forces".

L'Iran soutient les Houthis mais dément leur fournir des armes comme l'en accuse Ryad.

Pour M. Falih, "les derniers actes de terrorisme et de sabotage dans le Golfe visent non seulement le royaume mais aussi la sécurité des approvisionnements pétroliers dans le monde et l'économie mondiale".

- "Entités terroristes" -

"Ces attaques prouvent une fois de plus qu'il est important pour nous de faire face aux entités terroristes, y compris les miliciens Houthis", a-t-il affirmé.

Dimanche, deux pétroliers saoudiens, un norvégien et un cargo émirati ont été visés par de mystérieux "actes de sabotage" au large de l'émirat de Fujairah, membre de la Fédération des Emirats arabes unis, selon le gouvernement d'Abou Dhabi.

Il n'y a pas eu de victimes et les bateaux endommagés n'ont pas coulé. Ces actions n'ont pas été revendiquées.

Voisins et alliés de l'Arabie saoudite, les Emirats ont promis une enquête "professionnelle" afin que les faits soient "établis clairement".

De nombreuses zones d'ombre demeurent notamment sur la nature des "actes de sabotage", alors qu'au moins un trou a été observé sur la coque du tanker norvégien, et sur l'identité des auteurs et/ou des commanditaires.

Pour des experts, si la responsabilité de Téhéran est avérée, il pourrait s'agir d'un avertissement de l'Iran à Washington qui a renforcé sa présence militaire dans la région.

"Dans un contexte de montée des tensions régionales, des opérations iraniennes limitées contre les Emirats et l'Arabie saoudite pourraient viser à dissuader Abou Dhabi et Ryad, et indiquer qu'une guerre avec l'Iran ne serait pas limitée au sol iranien", a fait valoir Alex Vatanka du Middle East Institute basé à Washington.

- "Conflit par accident" -

S'il y a "vraiment eu une tentative délibérée d'endommager ces tankers, alors ce pourrait être un avertissement de l'Iran sur les conséquences d'une quelconque action militaire contre des cibles iraniennes n'importe où dans la région", a noté Neil Partrick, expert du Golfe.

L'Iran, placé sur la défensive, a jugé ces actes "préoccupants et regrettables" et appelé à une enquête.

Interrogé sur un éventuel rôle iranien, l'émissaire des Etats-Unis pour l'Iran, Brian Hook, s'est borné à indiquer que les autorités américaines allaient apporter leur assistance aux enquêteurs, à la demande des Emirats.

Ces développements surviennent dans un contexte de guerre psychologique entre Washington et Téhéran après le renforcement des sanctions américaines contre la République islamique, qui a pour sa part suspendu certains de ses engagements nucléaires.

Vendredi dernier, le Pentagone a annoncé l'envoi dans la région d'un navire de guerre transportant des véhicules, notamment amphibies, et d'une batterie de missiles Patriot, s'ajoutant au déploiement d'un porte-avions et de bombardiers B-52.

Il a alors justifié ce déploiement par des "signaux clairs et récents montrant que les forces iraniennes et leurs affidés font des préparatifs à une attaque possible contre les forces américaines".

Lundi, le New York Times a rapporté que le ministre américain de la Défense par intérim, Patrick Shanahan, avait présenté à des conseillers de M. Trump un plan selon lequel jusqu'à 120.000 hommes pourraient être envoyés au Moyen-Orient si l'Iran attaquait des forces américaines.

S'exprimant le même jour sur un ton de défi, le président iranien Hassan Rohani a affirmé que son pays était "trop grand pour être intimidé par quiconque".

Les Européens se sont dits inquiets de ce regain de tension et ont signifié au secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo, de passage à Bruxelles, leur préoccupation face au risque d'un conflit "par accident" dans le Golfe.

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