Les rapprochements au sein de l'automobile européenne depuis une vingtaine d'années

(AFP)

A l'instar de l'alliance que Renault et Fiat-Chrysler s'apprêtent à annoncer, l'histoire de l'automobile européenne depuis une vingtaine d'années est jalonnée de rapprochements, réussis ou ratés.

- DaimlerChrysler, l'histoire d'un échec -

Symbole du savoir-faire allemand avec sa marque Mercedes, le groupe Daimler-Benz se marie en grande pompe en 1998 avec le constructeur de moyenne gamme américain Chrysler, en perte de vitesse.

La fusion est annoncée d'égal à égal, mais le groupe allemand apporte en dot 36 milliards de dollars et prend les rênes de l'attelage.

En 2005, l'initiateur allemand de la fusion, Jürgen Schrempp, quitte le groupe. Son successeur Dieter Zetsche se prononce en février 2007 pour un divorce, acté trois mois plus tard : 80,1% de Chrysler sont cédés au fonds d'investissement américain Cerberus pour 5,5 milliards d'euros.

- Fiat, deux aventures américaines -

A la fin des années 90, le groupe italien Fiat, contrôlé par la famille Agnelli, va mal et se cherche un allié. L'alliance est scellée début 2000 avec General Motors, qui prend 20% de la branche auto.

Mais le numéro un américain craint d'être contraint à racheter la totalité de Fiat automobiles, à la santé encore précaire, comme le contrat en laisse la possibilité. GM préfère mettre fin à l'union en 2005, en déboursant 1,55 milliard d'euros au profit de Fiat.

Renversement des rôles en 2009 : Fiat va beaucoup mieux et, par l'entremise de Barack Obama, le constructeur italien met la main sur Chrysler, alors en dépôt de bilan.

- Renault-Nissan, une vieille alliance ébranlée -

En 1999, le français Renault fait un double coup en acquérant d'abord, en mars, 36,8% du capital du japonais Nissan, alors au bord de la faillite, puis, en mettant la main, en juillet, sur la marque roumaine Dacia.

Au fil des ans, le constructeur nippon est redressé sous la houlette de Carlos Ghosn, qui prend en 2005 la tête de l'ensemble, tandis que Dacia s'impose comme la marque low cost d'un ensemble qui engrange année après année les synergies.

En 2017, Renault détient 43% de Nissan qui, à son tour, possède 15% du Français. L'alliance s'enrichit d'un autre japonais, Mitsubishi, passé sous le contrôle de Nissan. En 2018, Renault-Nissan-Mitsubishi devient le numéro un du marché mondial.

Mais la relation Renault-Nissan a viré au dialogue de sourds depuis l'éviction de Carlos Ghosn : le bâtisseur et ciment de l'alliance franco-japonaise est poursuivi par la justice japonaise depuis décembre 2018.

Tokyo et Paris ont réitéré en mai leur volonté de "consolider l'alliance" entre les deux groupes.

- Volvo, de main en main -

Fleuron de l'automobile suédoise, la branche auto du groupe Volvo est rachetée pour 6,45 milliards de dollars en 1999 par la plus rentable des firmes automobiles de l'époque, l'américain Ford.

Mais, quelques années plus tard, la concurrence japonaise, la flambée du pétrole et l'envolée des prix de l'acier se conjuguent contre le géant américain fondé en 1903 par Henry Ford.

Décision est prise en décembre 2008 de céder la marque suédoise. Ce sera chose faite un an plus tard au groupe chinois Geely pour 1,8 milliard de dollars, soit quatre fois moins que le prix d'achat.

- PSA rachète Opel -

En 2017, PSA conclut le rachat d'Opel et Vauxhall, filiales européennes du constructeur américain General Motors, achevant ainsi plus tôt que prévu une opération qui fait naître le deuxième acteur européen du secteur automobile.

Opel, redevenu rentable en 2018 après de longues années de pertes, accélère en 2019 son expansion internationale, en visant une progression des ventes sur le marché russe.

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Les rapprochements au sein de l'automobile européenne depuis une vingtaine d'années

Le 16 juin 2019 à08:46

Modifié le 16 juin 2019 à 08:46

A l'instar de l'alliance que Renault et Fiat-Chrysler s'apprêtent à annoncer, l'histoire de l'automobile européenne depuis une vingtaine d'années est jalonnée de rapprochements, réussis ou ratés.

- DaimlerChrysler, l'histoire d'un échec -

Symbole du savoir-faire allemand avec sa marque Mercedes, le groupe Daimler-Benz se marie en grande pompe en 1998 avec le constructeur de moyenne gamme américain Chrysler, en perte de vitesse.

La fusion est annoncée d'égal à égal, mais le groupe allemand apporte en dot 36 milliards de dollars et prend les rênes de l'attelage.

En 2005, l'initiateur allemand de la fusion, Jürgen Schrempp, quitte le groupe. Son successeur Dieter Zetsche se prononce en février 2007 pour un divorce, acté trois mois plus tard : 80,1% de Chrysler sont cédés au fonds d'investissement américain Cerberus pour 5,5 milliards d'euros.

- Fiat, deux aventures américaines -

A la fin des années 90, le groupe italien Fiat, contrôlé par la famille Agnelli, va mal et se cherche un allié. L'alliance est scellée début 2000 avec General Motors, qui prend 20% de la branche auto.

Mais le numéro un américain craint d'être contraint à racheter la totalité de Fiat automobiles, à la santé encore précaire, comme le contrat en laisse la possibilité. GM préfère mettre fin à l'union en 2005, en déboursant 1,55 milliard d'euros au profit de Fiat.

Renversement des rôles en 2009 : Fiat va beaucoup mieux et, par l'entremise de Barack Obama, le constructeur italien met la main sur Chrysler, alors en dépôt de bilan.

- Renault-Nissan, une vieille alliance ébranlée -

En 1999, le français Renault fait un double coup en acquérant d'abord, en mars, 36,8% du capital du japonais Nissan, alors au bord de la faillite, puis, en mettant la main, en juillet, sur la marque roumaine Dacia.

Au fil des ans, le constructeur nippon est redressé sous la houlette de Carlos Ghosn, qui prend en 2005 la tête de l'ensemble, tandis que Dacia s'impose comme la marque low cost d'un ensemble qui engrange année après année les synergies.

En 2017, Renault détient 43% de Nissan qui, à son tour, possède 15% du Français. L'alliance s'enrichit d'un autre japonais, Mitsubishi, passé sous le contrôle de Nissan. En 2018, Renault-Nissan-Mitsubishi devient le numéro un du marché mondial.

Mais la relation Renault-Nissan a viré au dialogue de sourds depuis l'éviction de Carlos Ghosn : le bâtisseur et ciment de l'alliance franco-japonaise est poursuivi par la justice japonaise depuis décembre 2018.

Tokyo et Paris ont réitéré en mai leur volonté de "consolider l'alliance" entre les deux groupes.

- Volvo, de main en main -

Fleuron de l'automobile suédoise, la branche auto du groupe Volvo est rachetée pour 6,45 milliards de dollars en 1999 par la plus rentable des firmes automobiles de l'époque, l'américain Ford.

Mais, quelques années plus tard, la concurrence japonaise, la flambée du pétrole et l'envolée des prix de l'acier se conjuguent contre le géant américain fondé en 1903 par Henry Ford.

Décision est prise en décembre 2008 de céder la marque suédoise. Ce sera chose faite un an plus tard au groupe chinois Geely pour 1,8 milliard de dollars, soit quatre fois moins que le prix d'achat.

- PSA rachète Opel -

En 2017, PSA conclut le rachat d'Opel et Vauxhall, filiales européennes du constructeur américain General Motors, achevant ainsi plus tôt que prévu une opération qui fait naître le deuxième acteur européen du secteur automobile.

Opel, redevenu rentable en 2018 après de longues années de pertes, accélère en 2019 son expansion internationale, en visant une progression des ventes sur le marché russe.

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