Bourget de crise pour Boeing autour de son 737 MAX toujours cloué au sol

(AFP)

Boeing arrive au salon du Bourget en pleine crise autour de son 737 MAX, cloué au sol depuis mars sans calendrier de retour en vol après deux crash mortels, avec pour leitmotiv de regagner la confiance de ses clients.

"Un show aérien est une bonne occasion de nouer des liens avec les clients, les fournisseurs et les autres fabricants de l'industrie aérospatiale pour renforcer nos partenariats et renforcer la sécurité de l’industrie", a tweeté Dennis Muilenburg, le PDG du constructeur aéronautique américain.

Dans un entretien à la chaîne CBS fin mai, il avait une nouvelle fois présenté ses excuses, en reconnaissant que les deux catastrophes avaient "nui à la confiance du public" dans le 737 MAX, son avion vedette.

"Nous sommes désolés pour les pertes de vies dans les deux accidents", a-t-il déclaré. Il avait également reconnu que Boeing devait s'"employer à regagner la confiance des passagers".

Selon le cabinet Alix Partners, "la crise que traverse Boeing a un impact sur presque toute l'industrie, avec un sujet essentiel pour toute la filière, celui de la sécurité aérienne".

"Il y a un impact sur la marque et la réputation de Boeing qui est très clair", estime Pascal Fabre, du cabinet de conseil, et "il y a un sujet vis-à-vis des autorités de certification".

La gestion du dossier par Boeing, qui a reconnu des "erreurs" de communication depuis le début de la crise, et les révélations sur le processus de certification de l'appareil par l'agence fédérale de l'aviation américaine (FAA), jugé trop dépendant de l'avionneur, ont suscité une crise de confiance parmi les pilotes et une partie des agences mondiales de l'aviation civile.

Le géant de Seattle travaille d'arrache pied pour corriger le MCAS, le système anti-décrochage mis en cause dans les deux accidents de Lion Air et d'Ethiopian Airlines, mais il n'a toujours pas soumis les modifications qu'il compte apporter au 737 MAX pour certification.

Cette question est pourtant dans tous les esprits, alors que compagnies aériennes clientes et sous-traitants sont affectés à des degrés divers par la décision de clouer l'appareil au sol partout dans le monde.

- Compensations -

La FAA a organisé en mai une réunion consacrée au MAX avec des autorités de l'aviation civile de 33 pays, mais faute de consensus, elles se sont quittées sans date de retour en service de l'avion.

"Notre espoir est qu'il y aura un alignement large et international avec la FAA. Mais il pourrait y avoir des autorités internationales qui vont avoir un calendrier différent", a reconnu Dennis Muilenburg.

Jusque-là, un système de réciprocité prévalait entre les régulateurs aériens des différents pays pour la certification des avions. Mais les autorités de l'Union européenne, du Canada ou encore du Brésil ont indiqué qu'elles allaient effectuer leur propre évaluation du correctif du MCAS.

Selon Alexandre de Juniac, le directeur général de l'Association internationale du transport aérien (IATA), une remise en service du MAX n'interviendra pas "avant 10 à 12 semaines", soit pas avant août. American Airlines a annulé par précaution jusqu'au 3 septembre tous ses vols prévus initialement de 737 MAX.

La chaîne de sous-traitance subit elle aussi la crise. Le groupe américain General Electric (GE) a indiqué que l'immobilisation de l'avion affecterait sa trésorerie "de l'ordre de probablement 200 à 300 millions de dollars au deuxième trimestre", selon son PDG Larry Culp. GE, via la co-entreprise CFM détenue avec le français Safran, équipe en moteurs LEAP le monocouloir 737 MAX.

Pour l'heure, plus de 140 MAX sont parqués sur le tarmac en attendant leur livraison, et l'avionneur a dû réduire la cadence de production de l'appareil, de 52 à 42 par mois.

Fin avril, Boeing a estimé à 1 milliard de dollars les premières conséquences des déboires du 737 MAX.

Mais cette facture va immanquablement grimper, alors que l'avionneur fait face à des procédures judiciaires de familles de victimes et devra vraisemblablement verser des compensations à ses clients et partenaires.

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Bourget de crise pour Boeing autour de son 737 MAX toujours cloué au sol

Le 22 octobre 2019 à22:01

Modifié le 22 octobre 2019 à 22:01

Boeing arrive au salon du Bourget en pleine crise autour de son 737 MAX, cloué au sol depuis mars sans calendrier de retour en vol après deux crash mortels, avec pour leitmotiv de regagner la confiance de ses clients.

"Un show aérien est une bonne occasion de nouer des liens avec les clients, les fournisseurs et les autres fabricants de l'industrie aérospatiale pour renforcer nos partenariats et renforcer la sécurité de l’industrie", a tweeté Dennis Muilenburg, le PDG du constructeur aéronautique américain.

Dans un entretien à la chaîne CBS fin mai, il avait une nouvelle fois présenté ses excuses, en reconnaissant que les deux catastrophes avaient "nui à la confiance du public" dans le 737 MAX, son avion vedette.

"Nous sommes désolés pour les pertes de vies dans les deux accidents", a-t-il déclaré. Il avait également reconnu que Boeing devait s'"employer à regagner la confiance des passagers".

Selon le cabinet Alix Partners, "la crise que traverse Boeing a un impact sur presque toute l'industrie, avec un sujet essentiel pour toute la filière, celui de la sécurité aérienne".

"Il y a un impact sur la marque et la réputation de Boeing qui est très clair", estime Pascal Fabre, du cabinet de conseil, et "il y a un sujet vis-à-vis des autorités de certification".

La gestion du dossier par Boeing, qui a reconnu des "erreurs" de communication depuis le début de la crise, et les révélations sur le processus de certification de l'appareil par l'agence fédérale de l'aviation américaine (FAA), jugé trop dépendant de l'avionneur, ont suscité une crise de confiance parmi les pilotes et une partie des agences mondiales de l'aviation civile.

Le géant de Seattle travaille d'arrache pied pour corriger le MCAS, le système anti-décrochage mis en cause dans les deux accidents de Lion Air et d'Ethiopian Airlines, mais il n'a toujours pas soumis les modifications qu'il compte apporter au 737 MAX pour certification.

Cette question est pourtant dans tous les esprits, alors que compagnies aériennes clientes et sous-traitants sont affectés à des degrés divers par la décision de clouer l'appareil au sol partout dans le monde.

- Compensations -

La FAA a organisé en mai une réunion consacrée au MAX avec des autorités de l'aviation civile de 33 pays, mais faute de consensus, elles se sont quittées sans date de retour en service de l'avion.

"Notre espoir est qu'il y aura un alignement large et international avec la FAA. Mais il pourrait y avoir des autorités internationales qui vont avoir un calendrier différent", a reconnu Dennis Muilenburg.

Jusque-là, un système de réciprocité prévalait entre les régulateurs aériens des différents pays pour la certification des avions. Mais les autorités de l'Union européenne, du Canada ou encore du Brésil ont indiqué qu'elles allaient effectuer leur propre évaluation du correctif du MCAS.

Selon Alexandre de Juniac, le directeur général de l'Association internationale du transport aérien (IATA), une remise en service du MAX n'interviendra pas "avant 10 à 12 semaines", soit pas avant août. American Airlines a annulé par précaution jusqu'au 3 septembre tous ses vols prévus initialement de 737 MAX.

La chaîne de sous-traitance subit elle aussi la crise. Le groupe américain General Electric (GE) a indiqué que l'immobilisation de l'avion affecterait sa trésorerie "de l'ordre de probablement 200 à 300 millions de dollars au deuxième trimestre", selon son PDG Larry Culp. GE, via la co-entreprise CFM détenue avec le français Safran, équipe en moteurs LEAP le monocouloir 737 MAX.

Pour l'heure, plus de 140 MAX sont parqués sur le tarmac en attendant leur livraison, et l'avionneur a dû réduire la cadence de production de l'appareil, de 52 à 42 par mois.

Fin avril, Boeing a estimé à 1 milliard de dollars les premières conséquences des déboires du 737 MAX.

Mais cette facture va immanquablement grimper, alors que l'avionneur fait face à des procédures judiciaires de familles de victimes et devra vraisemblablement verser des compensations à ses clients et partenaires.

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