Rapport Delevoye sur les retraites: les partenaires sociaux mitigés

(AFP)

Les préconisations du haut-commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye, ont reçu jeudi un accueil mitigé des partenaires sociaux consultés sur le "système universel" promis par Emmanuel Macron et qui espèrent désormais peser sur la rédaction du projet de loi qui en découlera.

De nouvelles concertations doivent s'ouvrir "dès la semaine prochaine" sur la base du rapport qu'a remis le haut-commissaire au Premier ministre Edouard Philippe en fin de matinée, a indiqué Laurent Escure, le secrétaire général de l'Unsa, à la sortie d'une réunion de présentation de ces préconisations aux partenaires sociaux.

D'ores et déjà, "le Medef soutiendra les grands principes de cette réforme" a indiqué son patron, Geoffroy Roux de Bézieux, "saluant" son "ampleur". Mais il sera "vigilant" sur la question de la gouvernance du nouveau régime et le sort des "réserves" financières accumulés par les "régimes fourmis".

Le rapport de M. Delevoye "prouve que la mise en place d'un système universel est possible", s'est félicité de son côté le leader de la CFDT, Laurent Berger, "qui pousse ce type de réforme depuis maintenant de nombreuses années".

Notant "positivement un certain nombre d'avancées" pour un "système plus redistributif qui privilégiera d'abord ceux qui ont une carrière hachée, l'extension des droits familiaux dès le premier enfant", il a toutefois jugé "totalement stupide de fixer un âge de liquidation de la retraite complète à 64 ans".

"Il faut laisser davantage de libre choix, pour s'adapter à la réalité de carrière chacun", a-t-il estimé, alors que M. Delevoye préconise de fixer en 2025 un âge d'équilibre à 64 ans pour une retraite à taux plein, assorti d'un système de décote/surcote.

Vent debout contre la réforme, le numéro de la CGT Philippe Martinez a dénoncé "beaucoup d'enfumage". Dire que l'âge légal reste à 62 ans, "c'est prendre les gens pour des imbéciles", a-t-il lancé. "Nous avons joué le jeu, nous avons fait des propositions concrètes, et aucune n'a été retenue", a-t-il déploré, dénonçant, à l'inverse de la CFDT, une réforme qui pénalisera davantage les "carrières hachées".

"La parole de Delevoye, c'est peut-être la moins pire" a-t-il prévenu, dans l'attente du projet de loi prévu pour la fin de l'année.

Comme lui, son homologue de FO Yves Veyrier entend déjà mobiliser à la rentrée contre une réforme qui "n'incitera pas" mais "imposera" de "travailler plus longtemps.

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Rapport Delevoye sur les retraites: les partenaires sociaux mitigés

Le 23 août 2019 à12:33

Modifié le 23 août 2019 à 12:33

Les préconisations du haut-commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye, ont reçu jeudi un accueil mitigé des partenaires sociaux consultés sur le "système universel" promis par Emmanuel Macron et qui espèrent désormais peser sur la rédaction du projet de loi qui en découlera.

De nouvelles concertations doivent s'ouvrir "dès la semaine prochaine" sur la base du rapport qu'a remis le haut-commissaire au Premier ministre Edouard Philippe en fin de matinée, a indiqué Laurent Escure, le secrétaire général de l'Unsa, à la sortie d'une réunion de présentation de ces préconisations aux partenaires sociaux.

D'ores et déjà, "le Medef soutiendra les grands principes de cette réforme" a indiqué son patron, Geoffroy Roux de Bézieux, "saluant" son "ampleur". Mais il sera "vigilant" sur la question de la gouvernance du nouveau régime et le sort des "réserves" financières accumulés par les "régimes fourmis".

Le rapport de M. Delevoye "prouve que la mise en place d'un système universel est possible", s'est félicité de son côté le leader de la CFDT, Laurent Berger, "qui pousse ce type de réforme depuis maintenant de nombreuses années".

Notant "positivement un certain nombre d'avancées" pour un "système plus redistributif qui privilégiera d'abord ceux qui ont une carrière hachée, l'extension des droits familiaux dès le premier enfant", il a toutefois jugé "totalement stupide de fixer un âge de liquidation de la retraite complète à 64 ans".

"Il faut laisser davantage de libre choix, pour s'adapter à la réalité de carrière chacun", a-t-il estimé, alors que M. Delevoye préconise de fixer en 2025 un âge d'équilibre à 64 ans pour une retraite à taux plein, assorti d'un système de décote/surcote.

Vent debout contre la réforme, le numéro de la CGT Philippe Martinez a dénoncé "beaucoup d'enfumage". Dire que l'âge légal reste à 62 ans, "c'est prendre les gens pour des imbéciles", a-t-il lancé. "Nous avons joué le jeu, nous avons fait des propositions concrètes, et aucune n'a été retenue", a-t-il déploré, dénonçant, à l'inverse de la CFDT, une réforme qui pénalisera davantage les "carrières hachées".

"La parole de Delevoye, c'est peut-être la moins pire" a-t-il prévenu, dans l'attente du projet de loi prévu pour la fin de l'année.

Comme lui, son homologue de FO Yves Veyrier entend déjà mobiliser à la rentrée contre une réforme qui "n'incitera pas" mais "imposera" de "travailler plus longtemps.

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