Le front commun democrate face aux tweets racistes de Trump ne masque pas ses dissensions

(AFP)

Les démocrates ont présenté cette semaine un front uni après les attaques du président américain contre plusieurs élues progressistes mais cette solidarité masque de profondes fissures au sein d'un parti à la recherche de son candidat pour l'élection de 2020.

Les démocrates ont rassemblé toutes leurs forces contre Donald Trump après ses propos visant plusieurs élues du Congrès issues de minorités ethniques qui, selon lui, devraient "retourner" dans leur pays si elles détestent les Etats-Unis.

La présidente de la Chambre des représentants Nancy Pelosi a apporté son soutien à l'adoption mardi d'une motion qui "condamne fermement les commentaires racistes du président Donald Trump légitimant et accentuant la peur et la haine des nouveaux Américains et des personnes de couleur".

Mais le parti est éclaté sur plusieurs autres fronts, en particulier sur la santé, le "Green New Deal", pour lutter contre le changement climatique, ou l'immigration.

Les quatre parlementaires, à l'influence croissante, visées par le milliardaire républicain --Ilhan Omar, Rashida Tlaib, Ayanna Pressley et Alexandria Ocasio-Cortez, surnommées "La Brigade"-- n'ont aucun remords à essayer de tirer leur parti vers la gauche.

- Frictions -

La polémique déclenchée dimanche matin par une série de tweets du président a enflé davantage après son meeting mercredi en Caroline du Nord.

Ce soir-là, ses partisans ont scandé "Renvoyez-la! Renvoyez-la!" après son évocation d'Ilhan Omar, l'une des deux premières femmes musulmanes élues au Congrès et ancienne réfugiée somalienne devenue Américaine.

Les démocrates insistent sur la nécessité de vaincre le républicain qui va briguer un second mandat en novembre 2020. Mais les frictions se multiplient parmi la ribambelle de candidats cherchant à se démarquer pour remporter l'investiture du parti.

Des politiques plus sociales comme un système de santé universel baptisé "Medicare for all" sont défendues par plusieurs candidats comme Elizabeth Warren et Bernie Sanders.

Mais les candidats centristes craignent qu'obliquer trop à gauche pourrait aliéner des électeurs modérés et, par conséquent, rendre plus difficile une victoire sur l'occupant actuel de la Maison Blanche.

"Ces gens lancent une guerre entre classes, promettant la gratuité pour tout, faisant campagne pour Medicare for all qui n'est pas une bonne politique", a commenté vendredi John Delaney, candidat modéré et ancien élu de la Chambre, sur CNN. "Si nous faisons cela, nous allons placer Trump sur la trajectoire royale d'une ré-élection".

Les républicains se délectent déjà des accrochages démocrates, du militantisme combatif de la Brigade et de l'inclination vers la gauche de la plateforme idéologique du parti.

"C'est le socialisme contre la liberté", a déclaré Kevin McCarthy, chef de la minorité républicaine à la Chambre, cette semaine à des journalistes.

Tandis que Donald Trump exploite les divisions et en appelle à sa base conservatrice et majoritairement blanche, l'ethnicité reste un sujet explosif pour les démocrates.

- Sujets sensibles -

La sénatrice noire Kamala Harris a assené un coup à son adversaire dans la course à la Maison Blanche et ancien vice-président Joe Biden lors du premier débat télévisé entre candidats démocrates en juin, en évoquant ses positions sur la ségrégation raciale dans les années 1970.

Les chefs du parti cherchent bien le moyen de s'assurer que ces joutes verbales soient le moins menaçantes possibles pour la suite du processus électoral mais des sujets sensibles ont émergé. Avec le risque de déstabiliser des électeurs indépendants ou de hérisser des pro-Trump.

Autre inconnue: quid de la destitution?

Une motion appelant au lancement d'une telle procédure en raison des attaques contre les quatre élues a été rejetée mercredi à une large majorité (332 pour et 95 contre), illustrant la division chez les démocrates qui contrôlent pourtant la Chambre.

Nancy Pelosi a maintes fois fait part de son opposition à ce stade, préférant que la Chambre poursuive ses enquêtes sur le président et son gouvernement.

Une position qui la met en porte-à-faux avec le quatuor de la Brigade. Et les tensions ont récemment jailli au grand jour.

Mme "Pelosi prétend que nous ne pouvons nous concentrer sur la destitution parce que c'est une distraction par rapport aux problèmes quotidiens", a tweeté Saikat Chakrabarti, chef de cabinet d'Alexandria Ocasio-Cortez.

"Mais je vous mets au défi de trouver des électeurs pouvant citer une seule chose que les démocrates de la Chambre ont fait pour leur vie quotidienne cette année", a-t-il ajouté.

Cette mise sur la place publique des dissensions internes a fait sourcillé certains démocrates mais d'autres ont estimé que cela participait d'un débat sain sur l'avenir des Etats-Unis.

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Le front commun democrate face aux tweets racistes de Trump ne masque pas ses dissensions

Le 18 août 2019 à22:40

Modifié le 18 août 2019 à 22:40

Les démocrates ont présenté cette semaine un front uni après les attaques du président américain contre plusieurs élues progressistes mais cette solidarité masque de profondes fissures au sein d'un parti à la recherche de son candidat pour l'élection de 2020.

Les démocrates ont rassemblé toutes leurs forces contre Donald Trump après ses propos visant plusieurs élues du Congrès issues de minorités ethniques qui, selon lui, devraient "retourner" dans leur pays si elles détestent les Etats-Unis.

La présidente de la Chambre des représentants Nancy Pelosi a apporté son soutien à l'adoption mardi d'une motion qui "condamne fermement les commentaires racistes du président Donald Trump légitimant et accentuant la peur et la haine des nouveaux Américains et des personnes de couleur".

Mais le parti est éclaté sur plusieurs autres fronts, en particulier sur la santé, le "Green New Deal", pour lutter contre le changement climatique, ou l'immigration.

Les quatre parlementaires, à l'influence croissante, visées par le milliardaire républicain --Ilhan Omar, Rashida Tlaib, Ayanna Pressley et Alexandria Ocasio-Cortez, surnommées "La Brigade"-- n'ont aucun remords à essayer de tirer leur parti vers la gauche.

- Frictions -

La polémique déclenchée dimanche matin par une série de tweets du président a enflé davantage après son meeting mercredi en Caroline du Nord.

Ce soir-là, ses partisans ont scandé "Renvoyez-la! Renvoyez-la!" après son évocation d'Ilhan Omar, l'une des deux premières femmes musulmanes élues au Congrès et ancienne réfugiée somalienne devenue Américaine.

Les démocrates insistent sur la nécessité de vaincre le républicain qui va briguer un second mandat en novembre 2020. Mais les frictions se multiplient parmi la ribambelle de candidats cherchant à se démarquer pour remporter l'investiture du parti.

Des politiques plus sociales comme un système de santé universel baptisé "Medicare for all" sont défendues par plusieurs candidats comme Elizabeth Warren et Bernie Sanders.

Mais les candidats centristes craignent qu'obliquer trop à gauche pourrait aliéner des électeurs modérés et, par conséquent, rendre plus difficile une victoire sur l'occupant actuel de la Maison Blanche.

"Ces gens lancent une guerre entre classes, promettant la gratuité pour tout, faisant campagne pour Medicare for all qui n'est pas une bonne politique", a commenté vendredi John Delaney, candidat modéré et ancien élu de la Chambre, sur CNN. "Si nous faisons cela, nous allons placer Trump sur la trajectoire royale d'une ré-élection".

Les républicains se délectent déjà des accrochages démocrates, du militantisme combatif de la Brigade et de l'inclination vers la gauche de la plateforme idéologique du parti.

"C'est le socialisme contre la liberté", a déclaré Kevin McCarthy, chef de la minorité républicaine à la Chambre, cette semaine à des journalistes.

Tandis que Donald Trump exploite les divisions et en appelle à sa base conservatrice et majoritairement blanche, l'ethnicité reste un sujet explosif pour les démocrates.

- Sujets sensibles -

La sénatrice noire Kamala Harris a assené un coup à son adversaire dans la course à la Maison Blanche et ancien vice-président Joe Biden lors du premier débat télévisé entre candidats démocrates en juin, en évoquant ses positions sur la ségrégation raciale dans les années 1970.

Les chefs du parti cherchent bien le moyen de s'assurer que ces joutes verbales soient le moins menaçantes possibles pour la suite du processus électoral mais des sujets sensibles ont émergé. Avec le risque de déstabiliser des électeurs indépendants ou de hérisser des pro-Trump.

Autre inconnue: quid de la destitution?

Une motion appelant au lancement d'une telle procédure en raison des attaques contre les quatre élues a été rejetée mercredi à une large majorité (332 pour et 95 contre), illustrant la division chez les démocrates qui contrôlent pourtant la Chambre.

Nancy Pelosi a maintes fois fait part de son opposition à ce stade, préférant que la Chambre poursuive ses enquêtes sur le président et son gouvernement.

Une position qui la met en porte-à-faux avec le quatuor de la Brigade. Et les tensions ont récemment jailli au grand jour.

Mme "Pelosi prétend que nous ne pouvons nous concentrer sur la destitution parce que c'est une distraction par rapport aux problèmes quotidiens", a tweeté Saikat Chakrabarti, chef de cabinet d'Alexandria Ocasio-Cortez.

"Mais je vous mets au défi de trouver des électeurs pouvant citer une seule chose que les démocrates de la Chambre ont fait pour leur vie quotidienne cette année", a-t-il ajouté.

Cette mise sur la place publique des dissensions internes a fait sourcillé certains démocrates mais d'autres ont estimé que cela participait d'un débat sain sur l'avenir des Etats-Unis.

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