Cachemire indien : le couvre-feu sera assoupli après la fête nationale de l'Indépendance

(AFP)

Le couvre-feu imposé au Cachemire sous contrôle indien va être assoupli après la fête nationale de l'Indépendance jeudi, mais téléphone et internet resteront coupés, selon le gouverneur de l'Etat du Jammu-et-Cachemire cité mercredi par la presse locale.

"Nous ne voulons pas offrir à l'ennemi ces outils de communication avant que les choses ne se calment", a déclaré le gouverneur Satya Pal Malik dans un entretien avec le Times of India. "D'ici à une semaine ou dix jours, tout ira bien et nous ouvrirons progressivement des lignes de communication", a-t-il ajouté.

Cette région himalayenne majoritairement peuplée de musulmans, aussi revendiquée par le Pakistan, est depuis le 4 août totalement coupée du monde. Un black-out des communications et de fortes restrictions à la circulation automobile ont été imposés par les autorités indiennes avant l'annonce de la révocation de l'autonomie constitutionnelle de la partie du Cachemire qu'elles contrôlent.

Redoutant des manifestations de masse, des dizaines de milliers de soldats supplémentaires y ont été déployés pour surveiller la mise en œuvre de la décision surprise du Premier ministre indien Narendra Modi.

Mardi, un porte-parole du ministère indien de l'Intérieur a assuré sur Twitter que les restrictions étaient "en train d'être allégées de manière progressive" dans l'Etat du Jammu-et-Cachemire.

Selon des habitants, ce blocage n'a cependant pas empêché une manifestation de quelque 8.000 personnes après la prière de vendredi dernier, qui a été dispersée par des tirs des forces de sécurité de gaz lacrymogène et de billes de plomb.

Le porte-parole a également confirmé pour la première fois que des affrontements avaient eu lieu après la prière musulmane de vendredi dernier.

Les autorités avaient provisoirement allégé les restrictions dimanche pour permettre à la population de faire ses achats pour les célébrations de la fête musulmane de l'Aïd, qui ont débuté lundi.

Mais de sévères restrictions ont été de nouveau imposées après des manifestations ayant rassemblé des centaines de personnes, selon des habitants.

Le porte-parole du ministère de l'Intérieur avait affirmé qu'"aucune balle n'avait été tirée" mais Munir Khan, un haut responsable de la police au Cachemire, a reconnu que l'armée avait eu recours à des billes de plomb.

"Il y a eu deux/trois blessures par billes de plomb, mais rien de grave", a-t-il déclaré à l'AFP. Selon lui, des membres des forces de sécurité ont également été blessés.

A l'hôpital SMHS de Srinagar, un jeune homme blessé à l'oeil dit avoir été touché par des billes de plomb tirées par des militaires lundi au moment où il sortait d'une mosquée.

"Nous ne pouvions pas prier en paix le jour de l'Aïd. De nombreux soldats entouraient la mosquée", raconte un homme assis à son chevet, qui a refusé comme lui de s'identifier.

La petite Munefa Nazir, six ans, qui repose sur son lit d'hôpital avec son oeil droit bandé, a été selon son oncle, blessée par une bille tirée par un soldat indien à un point de contrôle au moment où ils circulaient tous deux sur son scooter lundi soir.

"Elle pleurait et le sang coulait de son oeil entre ses doigts tandis qu'elle couvrait de ses deux mains son visage", dit l'oncle de la fillette, Farooq Ahmad.

L'hôpital SMHS, d'une capacité d'un millier de lits, est habituellement bondé, mais en raison du couvre-feu, seuls quelques lits étaient occupés dans certains services. De nombreuses pharmacies étaient à court de médicaments.

"Nous manquons d'un grand nombre de médicaments sur ordonnance", déclare Mubashir Hussain, un vendeur dans une pharmacie du secteur de Jawahar Nagar où les restrictions à la circulation sont allégées depuis lundi.

L'insurrection séparatiste a fait des dizaines de milliers de morts, essentiellement des civils, dans cette région depuis 1989. Les divers groupes rebelles réclament soit son indépendance, soit son rattachement au Pakistan.

Le Premier ministre pakistanais Imran Khan, qui a comparé dimanche le gouvernement indien à l'Allemagne nazie, a mis en garde mercredi New Delhi contre toute agression dans la partie du Cachemire administrée par le Pakistan.

L'Inde et le Pakistan, qui se sont partagés le territoire du Cachemire après leur indépendance en 1947, se sont depuis livrés trois guerres, dont deux à propos du Cachemire.

burs-ja-stu/je/lth/jhd/mr/bds

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Cachemire indien : le couvre-feu sera assoupli après la fête nationale de l'Indépendance

Le 25 août 2019 à13:40

Modifié le 25 août 2019 à 13:40

Le couvre-feu imposé au Cachemire sous contrôle indien va être assoupli après la fête nationale de l'Indépendance jeudi, mais téléphone et internet resteront coupés, selon le gouverneur de l'Etat du Jammu-et-Cachemire cité mercredi par la presse locale.

"Nous ne voulons pas offrir à l'ennemi ces outils de communication avant que les choses ne se calment", a déclaré le gouverneur Satya Pal Malik dans un entretien avec le Times of India. "D'ici à une semaine ou dix jours, tout ira bien et nous ouvrirons progressivement des lignes de communication", a-t-il ajouté.

Cette région himalayenne majoritairement peuplée de musulmans, aussi revendiquée par le Pakistan, est depuis le 4 août totalement coupée du monde. Un black-out des communications et de fortes restrictions à la circulation automobile ont été imposés par les autorités indiennes avant l'annonce de la révocation de l'autonomie constitutionnelle de la partie du Cachemire qu'elles contrôlent.

Redoutant des manifestations de masse, des dizaines de milliers de soldats supplémentaires y ont été déployés pour surveiller la mise en œuvre de la décision surprise du Premier ministre indien Narendra Modi.

Mardi, un porte-parole du ministère indien de l'Intérieur a assuré sur Twitter que les restrictions étaient "en train d'être allégées de manière progressive" dans l'Etat du Jammu-et-Cachemire.

Selon des habitants, ce blocage n'a cependant pas empêché une manifestation de quelque 8.000 personnes après la prière de vendredi dernier, qui a été dispersée par des tirs des forces de sécurité de gaz lacrymogène et de billes de plomb.

Le porte-parole a également confirmé pour la première fois que des affrontements avaient eu lieu après la prière musulmane de vendredi dernier.

Les autorités avaient provisoirement allégé les restrictions dimanche pour permettre à la population de faire ses achats pour les célébrations de la fête musulmane de l'Aïd, qui ont débuté lundi.

Mais de sévères restrictions ont été de nouveau imposées après des manifestations ayant rassemblé des centaines de personnes, selon des habitants.

Le porte-parole du ministère de l'Intérieur avait affirmé qu'"aucune balle n'avait été tirée" mais Munir Khan, un haut responsable de la police au Cachemire, a reconnu que l'armée avait eu recours à des billes de plomb.

"Il y a eu deux/trois blessures par billes de plomb, mais rien de grave", a-t-il déclaré à l'AFP. Selon lui, des membres des forces de sécurité ont également été blessés.

A l'hôpital SMHS de Srinagar, un jeune homme blessé à l'oeil dit avoir été touché par des billes de plomb tirées par des militaires lundi au moment où il sortait d'une mosquée.

"Nous ne pouvions pas prier en paix le jour de l'Aïd. De nombreux soldats entouraient la mosquée", raconte un homme assis à son chevet, qui a refusé comme lui de s'identifier.

La petite Munefa Nazir, six ans, qui repose sur son lit d'hôpital avec son oeil droit bandé, a été selon son oncle, blessée par une bille tirée par un soldat indien à un point de contrôle au moment où ils circulaient tous deux sur son scooter lundi soir.

"Elle pleurait et le sang coulait de son oeil entre ses doigts tandis qu'elle couvrait de ses deux mains son visage", dit l'oncle de la fillette, Farooq Ahmad.

L'hôpital SMHS, d'une capacité d'un millier de lits, est habituellement bondé, mais en raison du couvre-feu, seuls quelques lits étaient occupés dans certains services. De nombreuses pharmacies étaient à court de médicaments.

"Nous manquons d'un grand nombre de médicaments sur ordonnance", déclare Mubashir Hussain, un vendeur dans une pharmacie du secteur de Jawahar Nagar où les restrictions à la circulation sont allégées depuis lundi.

L'insurrection séparatiste a fait des dizaines de milliers de morts, essentiellement des civils, dans cette région depuis 1989. Les divers groupes rebelles réclament soit son indépendance, soit son rattachement au Pakistan.

Le Premier ministre pakistanais Imran Khan, qui a comparé dimanche le gouvernement indien à l'Allemagne nazie, a mis en garde mercredi New Delhi contre toute agression dans la partie du Cachemire administrée par le Pakistan.

L'Inde et le Pakistan, qui se sont partagés le territoire du Cachemire après leur indépendance en 1947, se sont depuis livrés trois guerres, dont deux à propos du Cachemire.

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