Cachemire : un "terroriste" et un policier tués, Trump offre sa "médiation"

(AFP)

Un "terroriste" et un policier sont morts au Cachemire sous contrôle indien mercredi, le premier incident signalé depuis la révocation par New Delhi de l'autonomie de la partie sous son contrôle de ce territoire himalayen.

Malgré les réserves de l'Inde, Donald Trump a quant à lui de nouveau proposé mardi de jouer les médiateurs entre ce pays et le Pakistan face à la "situation explosive" au Cachemire, de plus en plus au coeur des inquiétudes internationales.

"Un terroriste a été tué (...), des armes et des munitions ont été découvertes" dans le district septentrional de Baramulla, a fait savoir la police indienne sur Twitter, précisant qu'un policier avait été tué et un autre blessé dans l'incident.

La police a par ailleurs annoncé que le militant abattu était affilié au "Lashkar-e-Taiba" (LeT), une organisation armée établie au Pakistan, accusée par New Delhi et Washington d'avoir organisé les sanglantes attaques de Bombay en 2008.

Signe supplémentaire de la montée des tensions, le Pakistan a déclaré que trois de ses habitants avaient été tués par des tirs indiens au-dessus de la Ligne de contrôle (LoC), la frontière de facto avec l'Inde.

Citant des officiels, l'agence de presse Press Trust of India a affirmé qu'un soldat indien était mort et que quatre autres avaient été blessés mardi lorsque les militaires pakistanais avaient ouvert le feu sur des postes avancés et des villages le long de la Loc, dans le district de Poonch.

L'Inde et le Pakistan sont des puissances nucléaires et la situation au Cachemire, divisée entre eux depuis 1947, est compliquée par le fait que la Chine revendique également une partie de cette région.

- "Situation explosive" -

"Le Cachemire est un endroit très compliqué. Vous avez les Hindous et vous avez les musulmans et je ne dirais pas qu'ils s'entendent vraiment entre eux", a à cet égard relevé le président américain.

"Je ferai de mon mieux si je peux servir de médiateur", a-t-il ajouté, après s'être entretenu ces derniers jours au téléphone avec le Premier ministre indien Narendra Modi et le chef du gouvernement pakistanais Imran Khan pour évoquer la nécessité de "réduire les tensions au Cachemire".

Ce n'est pas la première fois que Donald Trump, qui vante volontiers ses talents supposés de négociateur hors pair, offre ses services dans ce dossier qui a déjà été à l'origine de deux des trois guerres que l'Inde et le Pakistan se sont livré depuis leur partition en 1947.

Fin juillet, en recevant le Premier ministre pakistanais à la Maison Blanche, il avait assuré que Narendra Modi lui avait demandé d'être "médiateur" ou "arbitre" au sujet du Cachemire.

"Si je peux aider, j'aimerais beaucoup être médiateur", avait-il aussitôt lancé, estimant pouvoir régler cette crise.

Mais le gouvernement indien avait aussitôt démenti une telle requête de la part de New Delhi, où la question est très sensible et où l'on répète qu'elle est du strict ressort du dialogue bilatéral avec Islamabad.

- Pression diplomatique -

A défaut de médiation pour l'instant, la communauté internationale commence toutefois à faire monter la pression pour que les deux pays voisins trouvent une issue.

Le Premier ministre britannique Boris Johnson s'est entretenu mardi au téléphone avec Narendra Modi, qui rencontrera jeudi à Paris le président français Emmanuel Macron, puis Donald Trump en marge du sommet du G7 ce week-end à Biarritz, en France.

Le Royaume-Uni a "clairement indiqué" que l'Inde et le Pakistan devaient "résoudre bilatéralement" et "par le dialogue" les problèmes liés au Cachemire, a dit un porte-parole de Boris Johnson.

Les tensions demeurent en effet vives au Cachemire depuis que l'Inde a révoqué le 5 août l'autonomie constitutionnelle de la partie de ce territoire himalayen qu'elle contrôle.

Un black-out sur les communications et de fortes restrictions à la circulation avaient été imposés par les autorités indiennes la veille de cette annonce. Au moins 4.000 personnes ont été interpellées au Cachemire indien depuis lors.

Soucieux depuis le début de cette nouvelle crise de ne pas hausser le ton trop fortement face à l'Inde, un allié-clé dans la région, pour ne pas donner l'impression de choisir un camp plutôt qu'un autre, les Etats-Unis ont néanmoins exhorté mardi New Delhi à permettre "le plus rapidement possible" un retour à la normale.

"Nous continuons d'être très préoccupés par les informations faisant état d'arrestations et par les restrictions persistantes imposées aux habitants de la région", a déclaré à des journalistes une responsable du département d'Etat américain, de retour d'un voyage dans la région.

"Nous exhortons au respect des droits individuels et des procédures légales", a-t-elle ajouté, sous couvert de l'anonymat.

Elle a assuré avoir relayé ces demandes auprès du gouvernement indien mais a implicitement reconnu que l'appel américain n'avait pour le moment pas été suivi d'actes.

burx-lab/bds

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Cachemire : un "terroriste" et un policier tués, Trump offre sa "médiation"

Le 17 septembre 2019 à12:31

Modifié le 17 septembre 2019 à 12:31

Un "terroriste" et un policier sont morts au Cachemire sous contrôle indien mercredi, le premier incident signalé depuis la révocation par New Delhi de l'autonomie de la partie sous son contrôle de ce territoire himalayen.

Malgré les réserves de l'Inde, Donald Trump a quant à lui de nouveau proposé mardi de jouer les médiateurs entre ce pays et le Pakistan face à la "situation explosive" au Cachemire, de plus en plus au coeur des inquiétudes internationales.

"Un terroriste a été tué (...), des armes et des munitions ont été découvertes" dans le district septentrional de Baramulla, a fait savoir la police indienne sur Twitter, précisant qu'un policier avait été tué et un autre blessé dans l'incident.

La police a par ailleurs annoncé que le militant abattu était affilié au "Lashkar-e-Taiba" (LeT), une organisation armée établie au Pakistan, accusée par New Delhi et Washington d'avoir organisé les sanglantes attaques de Bombay en 2008.

Signe supplémentaire de la montée des tensions, le Pakistan a déclaré que trois de ses habitants avaient été tués par des tirs indiens au-dessus de la Ligne de contrôle (LoC), la frontière de facto avec l'Inde.

Citant des officiels, l'agence de presse Press Trust of India a affirmé qu'un soldat indien était mort et que quatre autres avaient été blessés mardi lorsque les militaires pakistanais avaient ouvert le feu sur des postes avancés et des villages le long de la Loc, dans le district de Poonch.

L'Inde et le Pakistan sont des puissances nucléaires et la situation au Cachemire, divisée entre eux depuis 1947, est compliquée par le fait que la Chine revendique également une partie de cette région.

- "Situation explosive" -

"Le Cachemire est un endroit très compliqué. Vous avez les Hindous et vous avez les musulmans et je ne dirais pas qu'ils s'entendent vraiment entre eux", a à cet égard relevé le président américain.

"Je ferai de mon mieux si je peux servir de médiateur", a-t-il ajouté, après s'être entretenu ces derniers jours au téléphone avec le Premier ministre indien Narendra Modi et le chef du gouvernement pakistanais Imran Khan pour évoquer la nécessité de "réduire les tensions au Cachemire".

Ce n'est pas la première fois que Donald Trump, qui vante volontiers ses talents supposés de négociateur hors pair, offre ses services dans ce dossier qui a déjà été à l'origine de deux des trois guerres que l'Inde et le Pakistan se sont livré depuis leur partition en 1947.

Fin juillet, en recevant le Premier ministre pakistanais à la Maison Blanche, il avait assuré que Narendra Modi lui avait demandé d'être "médiateur" ou "arbitre" au sujet du Cachemire.

"Si je peux aider, j'aimerais beaucoup être médiateur", avait-il aussitôt lancé, estimant pouvoir régler cette crise.

Mais le gouvernement indien avait aussitôt démenti une telle requête de la part de New Delhi, où la question est très sensible et où l'on répète qu'elle est du strict ressort du dialogue bilatéral avec Islamabad.

- Pression diplomatique -

A défaut de médiation pour l'instant, la communauté internationale commence toutefois à faire monter la pression pour que les deux pays voisins trouvent une issue.

Le Premier ministre britannique Boris Johnson s'est entretenu mardi au téléphone avec Narendra Modi, qui rencontrera jeudi à Paris le président français Emmanuel Macron, puis Donald Trump en marge du sommet du G7 ce week-end à Biarritz, en France.

Le Royaume-Uni a "clairement indiqué" que l'Inde et le Pakistan devaient "résoudre bilatéralement" et "par le dialogue" les problèmes liés au Cachemire, a dit un porte-parole de Boris Johnson.

Les tensions demeurent en effet vives au Cachemire depuis que l'Inde a révoqué le 5 août l'autonomie constitutionnelle de la partie de ce territoire himalayen qu'elle contrôle.

Un black-out sur les communications et de fortes restrictions à la circulation avaient été imposés par les autorités indiennes la veille de cette annonce. Au moins 4.000 personnes ont été interpellées au Cachemire indien depuis lors.

Soucieux depuis le début de cette nouvelle crise de ne pas hausser le ton trop fortement face à l'Inde, un allié-clé dans la région, pour ne pas donner l'impression de choisir un camp plutôt qu'un autre, les Etats-Unis ont néanmoins exhorté mardi New Delhi à permettre "le plus rapidement possible" un retour à la normale.

"Nous continuons d'être très préoccupés par les informations faisant état d'arrestations et par les restrictions persistantes imposées aux habitants de la région", a déclaré à des journalistes une responsable du département d'Etat américain, de retour d'un voyage dans la région.

"Nous exhortons au respect des droits individuels et des procédures légales", a-t-elle ajouté, sous couvert de l'anonymat.

Elle a assuré avoir relayé ces demandes auprès du gouvernement indien mais a implicitement reconnu que l'appel américain n'avait pour le moment pas été suivi d'actes.

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