Le FMI en passe de lever un dernier obstacle à la candidate des Européens

(AFP)

Les directeurs du Fonds monétaire international (FMI) ont recommandé mercredi de supprimer la limite d'âge imposée au poste de directeur général, permettant ainsi de lever le dernier obstacle à la nomination de la Bulgare Kristalina Georgieva.

C'est maintenant aux gouverneurs qui représentent les pays membres d'entériner la décision, mais l'issue ne fait aucun doute.

Mme Georgieva désignée par l'UE pour remplacer Christine Lagarde -- la première femme à diriger le FMI-- est trop âgée de quelques jours selon le règlement actuel du Fonds, qui ne permet pas de candidater si l'on a 65 ans. Mme Georgieva, née le 13 août 1953, a 66 ans.

Les directeurs recommandent également de supprimer la règle fixant l'âge limite pour être directeur général à 70 ans.

Le vote se déroulera du 21 août au 4 septembre et une majorité simple suffira.

Les directeurs du Fonds justifient leur proposition en expliquant que cela mettrait les termes régissant le poste, en accord avec ceux des autres dirigeants du Fonds -- directeurs et gouverneurs-- et avec son homologue de la Banque mondiale, qui n'est frappé d'aucune limite d'âge.

Le communiqué du Fonds rappelle que les candidatures pour remplacer Mme Largarde peuvent encore être déposées jusqu'au 6 septembre, soit un peu moins d'une semaine avant la démission effective de la Française le 12 septembre.

La sélection sera faite au plus tard le 4 octobre, précise le communiqué du Fonds.

Par coutume, la direction du Fonds monétaire international est revenue à un Européen et celle de la Banque mondiale à un Américain, depuis la création de ces deux institutions à Bretton Woods en 1944.

La nomination de Mme Georgieva à la tête du FMI ne fait donc guère de doute après sa désignation comme candidate de l'UE le 2 août à l'issue d'un vote serré qui a mis en lumière les divisions au sein de l'Union.

- Expérience solide -

Numéro 2 de la Banque mondiale jusqu'à sa désignation par l'UE, Mme Georgieva possède une solide expérience dans la finance internationale. Elle bénéficie également d'un statut de femme et de ressortissante d'un pays d'Europe orientale.

A la Banque mondiale, où elle a effectué l'essentiel de sa carrière avant d'en devenir directrice générale en 2017, elle s'est forgée une expertise dans le domaine de l'environnement en multipliant les fonctions dans les domaines du développement durable et des questions agricoles notamment.

Cette économiste a par ailleurs occupé le poste de commissaire européenne chargée de l'aide humanitaire entre 2010 et 2014, quand elle avait dû remplacer au pied levé la candidate initiale de la Bulgarie.

Mme Georgieva a également été pendant un an, entre 2015 et 2016, vice-présidente de la Commission Juncker en charge du budget et des ressources humaines.

En 2016, cette diplomate, qui fait valoir des capacités à convaincre et à former des consensus, avait déjà été une finaliste inattendue de l'élection au poste de secrétaire général de l'ONU, finalement attribué au Portugais Antonio Guterres.

- Appréciée -

Enfant, cette femme avenante aux cheveux coupés court a été décrite comme une petite fille "qui ne sortait pas la tête de ses livres".

Etudiante, la fillette tranquille est devenue "la flamme et l'âme des fêtes" où elle prenait volontiers sa guitare, selon le témoignage de Borislav Borisov, un ancien camarade d'université qui l'a aussi décrite en "chouchou" de tous.

Elle parle couramment le russe et a tissé de bonnes relations à Moscou lors de ses années passées comme directeur pour la Russie de la Banque mondiale, entre 2004 et 2007.

Elle était entrée en 1993 au sein de cette institution, après quelques années d'enseignement, notamment au prestigieux Massachusetts Institute of Technology (MIT) aux Etats-Unis.

Politiquement, elle n'a jamais eu de fonctions électives dans son pays, où ses concitoyens l'ont découverte lors de sa nomination à la Commission européenne. Elle est apparentée à la droite modérée et pro-européenne du Parti populaire européen (PPE).

Mme Georgieva est mariée et mère d'un enfant.

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Le FMI en passe de lever un dernier obstacle à la candidate des Européens

Le 17 septembre 2019 à12:11

Modifié le 17 septembre 2019 à 12:11

Les directeurs du Fonds monétaire international (FMI) ont recommandé mercredi de supprimer la limite d'âge imposée au poste de directeur général, permettant ainsi de lever le dernier obstacle à la nomination de la Bulgare Kristalina Georgieva.

C'est maintenant aux gouverneurs qui représentent les pays membres d'entériner la décision, mais l'issue ne fait aucun doute.

Mme Georgieva désignée par l'UE pour remplacer Christine Lagarde -- la première femme à diriger le FMI-- est trop âgée de quelques jours selon le règlement actuel du Fonds, qui ne permet pas de candidater si l'on a 65 ans. Mme Georgieva, née le 13 août 1953, a 66 ans.

Les directeurs recommandent également de supprimer la règle fixant l'âge limite pour être directeur général à 70 ans.

Le vote se déroulera du 21 août au 4 septembre et une majorité simple suffira.

Les directeurs du Fonds justifient leur proposition en expliquant que cela mettrait les termes régissant le poste, en accord avec ceux des autres dirigeants du Fonds -- directeurs et gouverneurs-- et avec son homologue de la Banque mondiale, qui n'est frappé d'aucune limite d'âge.

Le communiqué du Fonds rappelle que les candidatures pour remplacer Mme Largarde peuvent encore être déposées jusqu'au 6 septembre, soit un peu moins d'une semaine avant la démission effective de la Française le 12 septembre.

La sélection sera faite au plus tard le 4 octobre, précise le communiqué du Fonds.

Par coutume, la direction du Fonds monétaire international est revenue à un Européen et celle de la Banque mondiale à un Américain, depuis la création de ces deux institutions à Bretton Woods en 1944.

La nomination de Mme Georgieva à la tête du FMI ne fait donc guère de doute après sa désignation comme candidate de l'UE le 2 août à l'issue d'un vote serré qui a mis en lumière les divisions au sein de l'Union.

- Expérience solide -

Numéro 2 de la Banque mondiale jusqu'à sa désignation par l'UE, Mme Georgieva possède une solide expérience dans la finance internationale. Elle bénéficie également d'un statut de femme et de ressortissante d'un pays d'Europe orientale.

A la Banque mondiale, où elle a effectué l'essentiel de sa carrière avant d'en devenir directrice générale en 2017, elle s'est forgée une expertise dans le domaine de l'environnement en multipliant les fonctions dans les domaines du développement durable et des questions agricoles notamment.

Cette économiste a par ailleurs occupé le poste de commissaire européenne chargée de l'aide humanitaire entre 2010 et 2014, quand elle avait dû remplacer au pied levé la candidate initiale de la Bulgarie.

Mme Georgieva a également été pendant un an, entre 2015 et 2016, vice-présidente de la Commission Juncker en charge du budget et des ressources humaines.

En 2016, cette diplomate, qui fait valoir des capacités à convaincre et à former des consensus, avait déjà été une finaliste inattendue de l'élection au poste de secrétaire général de l'ONU, finalement attribué au Portugais Antonio Guterres.

- Appréciée -

Enfant, cette femme avenante aux cheveux coupés court a été décrite comme une petite fille "qui ne sortait pas la tête de ses livres".

Etudiante, la fillette tranquille est devenue "la flamme et l'âme des fêtes" où elle prenait volontiers sa guitare, selon le témoignage de Borislav Borisov, un ancien camarade d'université qui l'a aussi décrite en "chouchou" de tous.

Elle parle couramment le russe et a tissé de bonnes relations à Moscou lors de ses années passées comme directeur pour la Russie de la Banque mondiale, entre 2004 et 2007.

Elle était entrée en 1993 au sein de cette institution, après quelques années d'enseignement, notamment au prestigieux Massachusetts Institute of Technology (MIT) aux Etats-Unis.

Politiquement, elle n'a jamais eu de fonctions électives dans son pays, où ses concitoyens l'ont découverte lors de sa nomination à la Commission européenne. Elle est apparentée à la droite modérée et pro-européenne du Parti populaire européen (PPE).

Mme Georgieva est mariée et mère d'un enfant.

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