Guerre commerciale: Trump promet de frapper fort après la réplique de Pékin

(AFP)

Donald Trump a effrayé les investisseurs et les entrepreneurs américains vendredi en promettant de répondre avec force aux nouveaux droits de douane imposés par Pékin, sur un ton qui fait craindre que la guerre commerciale qu'il mène contre la Chine ne s'envenime encore.

Wall Street, qui était en hausse, a dévissé peu après une salve colérique de tweets du président américain vendredi matin et les principaux indices de la première place financière du monde ont fini en forte baisse vendredi soir.

"Je répondrai aux droits de douane de la Chine cet après-midi", a fulminé le président en fin de matinée.

Mais à 20H00 GMT toujours rien, ni de la part du président ni de la Maison Blanche, où se sont retrouvés autour de M. Trump, Steven Mnuchin, le secrétaire au Trésor, le principal négociateur avec les Chinois, Robert Lighthizer (USTR) ainsi que Peter Navarro, un faucon sur ce dossier et principal conseiller commercial du président et enfin Larry Kudlow, son principal conseiller économique.

La Chine a annoncé vendredi son intention d'imposer de nouveaux droits de douane sur 75 milliards de dollars d'importations en provenance des Etats-Unis, en représailles aux taxes douanières supplémentaires que prévoit d'instaurer prochainement Washington.

"Nous n'avons pas besoin de la Chine et, franchement, on se porterait bien mieux sans eux", a écrit le locataire de la Maison Blanche sur Twitter. Evoquant "les énormes sommes d'argent volées par la Chine aux Etats-Unis", il a martelé sa détermination à y mettre fin.

Dans cette série de messages, Donald Trump "ordonne" par ailleurs aux sociétés américaines de produire ailleurs qu'en Chine, sans préciser par quels moyens il entend contraindre des groupes privés à suivre ses instructions.

"J'ordonne à nos merveilleux groupes américains de commencer immédiatement à chercher des alternatives à la Chine, y compris de rapatrier vos sociétés et de fabriquer vos produits aux Etats-Unis," a-t-il ajouté.

Les entreprises américaines sont engagées massivement en Chine depuis plusieurs décennies, soit sous forme d'investissements directs, de chaînes de production ou simplement comme clients ou fournisseurs.

Depuis un an que M. Trump a déclenché son combat à coups de tarifs douaniers punitifs contre les pratiques commerciales de l'Empire du Milieu qu'il juge "déloyales", nombre d'entreprises américaines ont cherché des alternatives dans des pays voisins à bas coûts.

Mais la transition est difficile, coûteuse, et les infrastructures souvent insuffisantes.

La Fédération américaine de la distribution a jugé "irréaliste pour les distributeurs américains de quitter la deuxième économie du monde alors que 95% des consommateurs vivent en-dehors" des Etats-Unis.

La Chambre de commerce américaine a elle lancé un appel au calme. "Nous ne voulons pas d'une nouvelle détérioration des relations sino-américaines", explique-t-elle dans un communiqué, qui souligne que "40 ans de relations commerciales entre nos deux pays ont été pour l'essentiel productives, constructives et mutuellement bénéfiques".

- Du tac au tac -

Depuis le début de ce conflit commercial, Washington a imposé des taxes douanières supplémentaires sur l'équivalent de 250 milliards de dollars de biens chinois importés.

Insatisfait des avancées des négociations entre les deux partenaires commerciaux et se jugeant trompé par son homologue Xi Jinping, M. Trump a annoncé le 13 août que les 300 milliards de dollars de produits importés de Chine qui avaient jusque-là échappés à l'affrontement allaient être taxés à 10% à partir du 1er septembre.

Il a ensuite mis de l'eau dans son vin et repoussé la taxation au 15 décembre pour bon nombre de produits de grande consommation et éviter ainsi de gâcher le Noël du consommateur --et électeur-- américain.

C'est à ce nouveau coup qu'a réagi Pékin vendredi avec des mesures reflétant les représailles américaines, mais sur seulement 75 milliards de dollars de produits importés des Etats-Unis.

Pour faire bonne mesure, les Chinois ont aussi rétabli une taxe de 25% sur les importations automobiles américaines.

- Coup dur pour l'économie mondiale -

La guerre commerciale entre les deux premières économies du monde crée énormément d'incertitude, pesant sur la croissance à un moment où l'Europe est fragilisée par les crises politiques en Italie et au Royaume-Uni et une Allemagne au bord de la récession.

M. Trump aura sans doute des explications à donner à ses collègues du G7, qu'il doit normalement retrouver samedi en France.

Le président de la Banque centrale américaine, Jerome Powell, a fait écho aux inquiétudes pesant sur la croissance mondiale vendredi matin, peu avant l'éruption de tweets de M. Trump.

Il a souligné que si les perspectives économiques américaines restaient favorables, les tensions commerciales semblaient en revanche "jouer un rôle dans le ralentissement mondial et la faiblesse du secteur manufacturier (...) aux Etats-Unis".

Dans ce contexte, le patron de la Fed a cependant prévenu que la politique monétaire n'avait "pas de mode d'emploi" tout prêt.

Le président, qui est en campagne pour sa réélection et qui sait que la bonne santé de l'économie en est un ingrédient indispensable, ne cesse d'attaquer la Banque centrale afin qu'elle baisse "fortement" ses taux pour faire de la croissance américaine "une fusée".

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Guerre commerciale: Trump promet de frapper fort après la réplique de Pékin

Le 16 septembre 2019 à02:58

Modifié le 16 septembre 2019 à 02:58

Donald Trump a effrayé les investisseurs et les entrepreneurs américains vendredi en promettant de répondre avec force aux nouveaux droits de douane imposés par Pékin, sur un ton qui fait craindre que la guerre commerciale qu'il mène contre la Chine ne s'envenime encore.

Wall Street, qui était en hausse, a dévissé peu après une salve colérique de tweets du président américain vendredi matin et les principaux indices de la première place financière du monde ont fini en forte baisse vendredi soir.

"Je répondrai aux droits de douane de la Chine cet après-midi", a fulminé le président en fin de matinée.

Mais à 20H00 GMT toujours rien, ni de la part du président ni de la Maison Blanche, où se sont retrouvés autour de M. Trump, Steven Mnuchin, le secrétaire au Trésor, le principal négociateur avec les Chinois, Robert Lighthizer (USTR) ainsi que Peter Navarro, un faucon sur ce dossier et principal conseiller commercial du président et enfin Larry Kudlow, son principal conseiller économique.

La Chine a annoncé vendredi son intention d'imposer de nouveaux droits de douane sur 75 milliards de dollars d'importations en provenance des Etats-Unis, en représailles aux taxes douanières supplémentaires que prévoit d'instaurer prochainement Washington.

"Nous n'avons pas besoin de la Chine et, franchement, on se porterait bien mieux sans eux", a écrit le locataire de la Maison Blanche sur Twitter. Evoquant "les énormes sommes d'argent volées par la Chine aux Etats-Unis", il a martelé sa détermination à y mettre fin.

Dans cette série de messages, Donald Trump "ordonne" par ailleurs aux sociétés américaines de produire ailleurs qu'en Chine, sans préciser par quels moyens il entend contraindre des groupes privés à suivre ses instructions.

"J'ordonne à nos merveilleux groupes américains de commencer immédiatement à chercher des alternatives à la Chine, y compris de rapatrier vos sociétés et de fabriquer vos produits aux Etats-Unis," a-t-il ajouté.

Les entreprises américaines sont engagées massivement en Chine depuis plusieurs décennies, soit sous forme d'investissements directs, de chaînes de production ou simplement comme clients ou fournisseurs.

Depuis un an que M. Trump a déclenché son combat à coups de tarifs douaniers punitifs contre les pratiques commerciales de l'Empire du Milieu qu'il juge "déloyales", nombre d'entreprises américaines ont cherché des alternatives dans des pays voisins à bas coûts.

Mais la transition est difficile, coûteuse, et les infrastructures souvent insuffisantes.

La Fédération américaine de la distribution a jugé "irréaliste pour les distributeurs américains de quitter la deuxième économie du monde alors que 95% des consommateurs vivent en-dehors" des Etats-Unis.

La Chambre de commerce américaine a elle lancé un appel au calme. "Nous ne voulons pas d'une nouvelle détérioration des relations sino-américaines", explique-t-elle dans un communiqué, qui souligne que "40 ans de relations commerciales entre nos deux pays ont été pour l'essentiel productives, constructives et mutuellement bénéfiques".

- Du tac au tac -

Depuis le début de ce conflit commercial, Washington a imposé des taxes douanières supplémentaires sur l'équivalent de 250 milliards de dollars de biens chinois importés.

Insatisfait des avancées des négociations entre les deux partenaires commerciaux et se jugeant trompé par son homologue Xi Jinping, M. Trump a annoncé le 13 août que les 300 milliards de dollars de produits importés de Chine qui avaient jusque-là échappés à l'affrontement allaient être taxés à 10% à partir du 1er septembre.

Il a ensuite mis de l'eau dans son vin et repoussé la taxation au 15 décembre pour bon nombre de produits de grande consommation et éviter ainsi de gâcher le Noël du consommateur --et électeur-- américain.

C'est à ce nouveau coup qu'a réagi Pékin vendredi avec des mesures reflétant les représailles américaines, mais sur seulement 75 milliards de dollars de produits importés des Etats-Unis.

Pour faire bonne mesure, les Chinois ont aussi rétabli une taxe de 25% sur les importations automobiles américaines.

- Coup dur pour l'économie mondiale -

La guerre commerciale entre les deux premières économies du monde crée énormément d'incertitude, pesant sur la croissance à un moment où l'Europe est fragilisée par les crises politiques en Italie et au Royaume-Uni et une Allemagne au bord de la récession.

M. Trump aura sans doute des explications à donner à ses collègues du G7, qu'il doit normalement retrouver samedi en France.

Le président de la Banque centrale américaine, Jerome Powell, a fait écho aux inquiétudes pesant sur la croissance mondiale vendredi matin, peu avant l'éruption de tweets de M. Trump.

Il a souligné que si les perspectives économiques américaines restaient favorables, les tensions commerciales semblaient en revanche "jouer un rôle dans le ralentissement mondial et la faiblesse du secteur manufacturier (...) aux Etats-Unis".

Dans ce contexte, le patron de la Fed a cependant prévenu que la politique monétaire n'avait "pas de mode d'emploi" tout prêt.

Le président, qui est en campagne pour sa réélection et qui sait que la bonne santé de l'économie en est un ingrédient indispensable, ne cesse d'attaquer la Banque centrale afin qu'elle baisse "fortement" ses taux pour faire de la croissance américaine "une fusée".

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