Chili: des familles de victimes de la dictature poursuivent d'ex-ministres de Pinochet

(AFP)

Des proches de victimes de la dictature d'Augusto Pinochet au Chili ont déposé plainte mercredi pour complicité contre les ministres de l'ancien dirigeant, que la justice n'a jusqu'à présent pas inquiétés.

"Nous venons de déposer une plainte contre chacun de ceux qui ont occupé un poste de ministre pendant les 17 années de la dictature (...) car, pendant ces 17 ans, les meurtres n'ont pas été seulement commis par les agents de l'appareil répressif", a déclaré Lorena Pizarro, présidente du Collectif des familles de détenus-disparus (AFDD).

Ces plaintes ont été déposées à l'occasion du 46e anniversaire du coup d'Etat contre le gouvernement socialiste de Salvador Allende. Le 11 septembre 1973, des militaires chiliens dirigés par le général Pinochet avaient renversé ce gouvernement démocratiquement élu. Salvador Allende s'était suicidé dans son palais présidentiel pris d'assaut.

Comme chaque année, des organisations de gauche ont rappelé la mémoire des 3.200 morts et disparus sous le régime de Pinochet (1973-1990), décédé en 2006 à 91 ans sans jamais avoir été condamné.

"Vous savez pourquoi nous continuons à commémorer le 11 septembre ? Parce que c'est le peuple qui se souvient, pas seulement nous", a ajouté Lorena Pizarro, au premier rang d'une manifestations où étaient brandis des portraits de disparus et des oeillets rouges.

Dimanche, plus de 4.000 personnes ont manifesté à Santiago pour rappeler cet épisode sombre de l'histoire chilienne, dont le souvenir continue de diviser profondément le pays. Selon les chiffres officiels, 38.000 personnes ont aussi été torturées à cette période.

Le président conservateur Sebastian Piñera, qui a entamé en mars 2018 un deuxième mandat, a décidé cette année de ne pas commémorer l'événement, préférant faire une brève allocution à la presse pour appeler les Chiliens à la réflexion et à l'unité. Jusque-là, cet anniversaire donnait lieu à une cérémonie au palais présidentiel de La Moneda.

"J'invite tous mes compatriotes à réfléchir avec sérénité et bonne volonté sur les causes et les conséquences du 11 septembre 1973, à tirer les leçons et enseignements des erreurs du passé", a déclaré le chef de l'Etat.

Signe des divisions qui traversent la société, un encart signé par une soixante de personnes paru dans le quotidien El Mercurio, estime que "le 11 septembre de 1973, le Chili a échappé à ce que le Venezuela est aujourd'hui".

La députée du Parti communiste Carmen Hertz, dont le mari, le journaliste Carlos Berguer, a été exécuté en 1973, a exprimé "honte et dégoût devant l'encart du Mercurio équivalent à un groupe de nazis en Allemagne publiant dans un média la justification et la relativisation de la Shoah".

Selon un rapport sur les droits humains de l'Université Diego Portales, seuls 22% des cas d'exécutions ou de disparitions reconnus officiellement ont donné lieu à des condamnations entre 1995 et juin 2018.

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Chili: des familles de victimes de la dictature poursuivent d'ex-ministres de Pinochet

Le 21 septembre 2019 à12:37

Modifié le 21 septembre 2019 à 12:37

Des proches de victimes de la dictature d'Augusto Pinochet au Chili ont déposé plainte mercredi pour complicité contre les ministres de l'ancien dirigeant, que la justice n'a jusqu'à présent pas inquiétés.

"Nous venons de déposer une plainte contre chacun de ceux qui ont occupé un poste de ministre pendant les 17 années de la dictature (...) car, pendant ces 17 ans, les meurtres n'ont pas été seulement commis par les agents de l'appareil répressif", a déclaré Lorena Pizarro, présidente du Collectif des familles de détenus-disparus (AFDD).

Ces plaintes ont été déposées à l'occasion du 46e anniversaire du coup d'Etat contre le gouvernement socialiste de Salvador Allende. Le 11 septembre 1973, des militaires chiliens dirigés par le général Pinochet avaient renversé ce gouvernement démocratiquement élu. Salvador Allende s'était suicidé dans son palais présidentiel pris d'assaut.

Comme chaque année, des organisations de gauche ont rappelé la mémoire des 3.200 morts et disparus sous le régime de Pinochet (1973-1990), décédé en 2006 à 91 ans sans jamais avoir été condamné.

"Vous savez pourquoi nous continuons à commémorer le 11 septembre ? Parce que c'est le peuple qui se souvient, pas seulement nous", a ajouté Lorena Pizarro, au premier rang d'une manifestations où étaient brandis des portraits de disparus et des oeillets rouges.

Dimanche, plus de 4.000 personnes ont manifesté à Santiago pour rappeler cet épisode sombre de l'histoire chilienne, dont le souvenir continue de diviser profondément le pays. Selon les chiffres officiels, 38.000 personnes ont aussi été torturées à cette période.

Le président conservateur Sebastian Piñera, qui a entamé en mars 2018 un deuxième mandat, a décidé cette année de ne pas commémorer l'événement, préférant faire une brève allocution à la presse pour appeler les Chiliens à la réflexion et à l'unité. Jusque-là, cet anniversaire donnait lieu à une cérémonie au palais présidentiel de La Moneda.

"J'invite tous mes compatriotes à réfléchir avec sérénité et bonne volonté sur les causes et les conséquences du 11 septembre 1973, à tirer les leçons et enseignements des erreurs du passé", a déclaré le chef de l'Etat.

Signe des divisions qui traversent la société, un encart signé par une soixante de personnes paru dans le quotidien El Mercurio, estime que "le 11 septembre de 1973, le Chili a échappé à ce que le Venezuela est aujourd'hui".

La députée du Parti communiste Carmen Hertz, dont le mari, le journaliste Carlos Berguer, a été exécuté en 1973, a exprimé "honte et dégoût devant l'encart du Mercurio équivalent à un groupe de nazis en Allemagne publiant dans un média la justification et la relativisation de la Shoah".

Selon un rapport sur les droits humains de l'Université Diego Portales, seuls 22% des cas d'exécutions ou de disparitions reconnus officiellement ont donné lieu à des condamnations entre 1995 et juin 2018.

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