L'avenir ou la fin d'Aigle Azur dans les mains du tribunal de commerce

(AFP)

Le tribunal de commerce d'Evry examinait lundi les offres de reprise pour Aigle Azur, menacée de liquidation, des syndicats demandant un renvoi de l'affaire pour permettre à Air France et au groupe Dubreuil d'affiner une offre de reprise commune.

"Il y a une demande de renvoi pour l'amélioration des offres", a affirmé devant la presse la présidente du tribunal Sonia Arrouas, qui a évoqué l'audition par les juges de "trois ou quatre" repreneurs potentiels.

Les juges, qui peuvent désigner un repreneur ou ordonner la liquidation de la compagnie aérienne, sont susceptibles de mettre leur décision en délibéré.

Ils peuvent également suivre la demande des syndicats CFDT et CFTC, majoritaires au sein d'Aigle Azur, et renvoyer l'affaire en accordant une "prolongation de l'activité" pendant "une ou deux semaines" afin de "transformer les offres d'Air France et du groupe Dubreuil en plan de cession".

Pendant ce temps-là, les deux syndicats proposent dans une lettre commune au tribunal qu'un "accord de performance collective" soit négocié au sein de la compagnie pour faciliter sa reprise.

Le secrétaire d'Etat chargé des Transports, Jean-Baptiste Djebbari, qui s'exprimait dimanche soir sur CNews, a évoqué une "offre combinée" d'Air France et du groupe Dubreuil, propriétaire majoritaire d'Air Caraïbes, via sa "filiale French Bee". Le président d'Air Caraïbes, Marc Rochet, assistait notamment à l'audience lundi.

Il a aussi fait allusion à l'offre d'un "transporteur étranger", qui serait celle de la compagnie à bas-coût EasyJet, selon plusieurs sources à l'AFP.

L'offre du groupe Dubreuil porte sur la reprise des lignes long-courrier vers le Mali et le Brésil ainsi que la reprise d'"une centaine d'employés", avait précisé le groupe la semaine passée.

Air France a confirmé à l'AFP avoir déposé une offre, sans en donner la teneur.

Aigle Azur, en cessation de paiement et dont les avions ne volent plus depuis le 7 septembre, a transporté 1,88 million de passagers l'an dernier, principalement vers l'Algérie, mais aussi le Liban, le Portugal, la Russie, le Brésil ou le Mali. La compagnie emploie quelque 1.150 personnes, dont 800 en France et 350 en Algérie.

- Un trou de 148 millions -

"On essaiera (...) d'éviter la liquidation, dans la mesure où cela fragiliserait le sort des salariés", a encore affirmé M. Djebbari.

Tous les projets qu'il a cités se situent toutefois à ce stade dans le cadre d'une liquidation judiciaire, Air France et le groupe Dubreuil ne souhaitant pas reprendre les salariés avec leurs contrats actuels. D'où la proposition syndicale de négocier un accord de performance.

Mais la poursuite éventuelle de l'activité dépend aussi de l'état financier d'Aigle Azur. La présidente du tribunal a évoqué un "passif de 148 millions d'euros", mais souligné qu'il était "de plus que ça parce que les comptes n'avaient pas été certifiés".

Un montant qui a choqué la quarantaine de salariés présents devant le tribunal et qui l'estimaient à 60 à 80 millions d'euros, a constaté un journaliste de l'AFP.

Sur les 14 offres officiellement déposées, deux ont déjà été abandonnées: celle du fonds Cyrus Capital Partners ainsi que celle Lionel Guérin, ex-PDG de Hop!, filiale du groupe Air France, ont affirmé à l'AFP une source syndicale et deux des repreneurs potentiels.

Une autre offre a reçu la faveur du CE, celle de Gérard Houa, actionnaire d'Aigle Azur à hauteur de 20%, qui reprendrait 90% de la flotte actuelle et 87% des employés.

Lundi, M. Houa "a apporté toutes les preuves de financement", a affirmé un de ses représentants à l'AFP. Celui-ci se monte à 30,4 millions d'euros, dont la moitié provenant de M. Houa. La libération des fonds est possible à compter du 20 septembre, selon ce représentant.

De son côté, EasyJet a proposé de "reprendre les créneaux horaires (slots) avec cinq ou six avions et le personnel associé" (sur un total de 11 appareils), selon Loïc Philippot, vice-président du syndicat de pilotes SNPL Aigle Azur, non élu au CE. La compagnie a confirmé à l'AFP "son intérêt quant aux opérations d'Aigle Azur à Orly". Les près de 9.800 créneaux horaires annuels détenus par la compagnie à Orly constituent la pépite de la compagnie.

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L'avenir ou la fin d'Aigle Azur dans les mains du tribunal de commerce

Le 16 octobre 2019 à18:33

Modifié le 16 octobre 2019 à 18:33

Le tribunal de commerce d'Evry examinait lundi les offres de reprise pour Aigle Azur, menacée de liquidation, des syndicats demandant un renvoi de l'affaire pour permettre à Air France et au groupe Dubreuil d'affiner une offre de reprise commune.

"Il y a une demande de renvoi pour l'amélioration des offres", a affirmé devant la presse la présidente du tribunal Sonia Arrouas, qui a évoqué l'audition par les juges de "trois ou quatre" repreneurs potentiels.

Les juges, qui peuvent désigner un repreneur ou ordonner la liquidation de la compagnie aérienne, sont susceptibles de mettre leur décision en délibéré.

Ils peuvent également suivre la demande des syndicats CFDT et CFTC, majoritaires au sein d'Aigle Azur, et renvoyer l'affaire en accordant une "prolongation de l'activité" pendant "une ou deux semaines" afin de "transformer les offres d'Air France et du groupe Dubreuil en plan de cession".

Pendant ce temps-là, les deux syndicats proposent dans une lettre commune au tribunal qu'un "accord de performance collective" soit négocié au sein de la compagnie pour faciliter sa reprise.

Le secrétaire d'Etat chargé des Transports, Jean-Baptiste Djebbari, qui s'exprimait dimanche soir sur CNews, a évoqué une "offre combinée" d'Air France et du groupe Dubreuil, propriétaire majoritaire d'Air Caraïbes, via sa "filiale French Bee". Le président d'Air Caraïbes, Marc Rochet, assistait notamment à l'audience lundi.

Il a aussi fait allusion à l'offre d'un "transporteur étranger", qui serait celle de la compagnie à bas-coût EasyJet, selon plusieurs sources à l'AFP.

L'offre du groupe Dubreuil porte sur la reprise des lignes long-courrier vers le Mali et le Brésil ainsi que la reprise d'"une centaine d'employés", avait précisé le groupe la semaine passée.

Air France a confirmé à l'AFP avoir déposé une offre, sans en donner la teneur.

Aigle Azur, en cessation de paiement et dont les avions ne volent plus depuis le 7 septembre, a transporté 1,88 million de passagers l'an dernier, principalement vers l'Algérie, mais aussi le Liban, le Portugal, la Russie, le Brésil ou le Mali. La compagnie emploie quelque 1.150 personnes, dont 800 en France et 350 en Algérie.

- Un trou de 148 millions -

"On essaiera (...) d'éviter la liquidation, dans la mesure où cela fragiliserait le sort des salariés", a encore affirmé M. Djebbari.

Tous les projets qu'il a cités se situent toutefois à ce stade dans le cadre d'une liquidation judiciaire, Air France et le groupe Dubreuil ne souhaitant pas reprendre les salariés avec leurs contrats actuels. D'où la proposition syndicale de négocier un accord de performance.

Mais la poursuite éventuelle de l'activité dépend aussi de l'état financier d'Aigle Azur. La présidente du tribunal a évoqué un "passif de 148 millions d'euros", mais souligné qu'il était "de plus que ça parce que les comptes n'avaient pas été certifiés".

Un montant qui a choqué la quarantaine de salariés présents devant le tribunal et qui l'estimaient à 60 à 80 millions d'euros, a constaté un journaliste de l'AFP.

Sur les 14 offres officiellement déposées, deux ont déjà été abandonnées: celle du fonds Cyrus Capital Partners ainsi que celle Lionel Guérin, ex-PDG de Hop!, filiale du groupe Air France, ont affirmé à l'AFP une source syndicale et deux des repreneurs potentiels.

Une autre offre a reçu la faveur du CE, celle de Gérard Houa, actionnaire d'Aigle Azur à hauteur de 20%, qui reprendrait 90% de la flotte actuelle et 87% des employés.

Lundi, M. Houa "a apporté toutes les preuves de financement", a affirmé un de ses représentants à l'AFP. Celui-ci se monte à 30,4 millions d'euros, dont la moitié provenant de M. Houa. La libération des fonds est possible à compter du 20 septembre, selon ce représentant.

De son côté, EasyJet a proposé de "reprendre les créneaux horaires (slots) avec cinq ou six avions et le personnel associé" (sur un total de 11 appareils), selon Loïc Philippot, vice-président du syndicat de pilotes SNPL Aigle Azur, non élu au CE. La compagnie a confirmé à l'AFP "son intérêt quant aux opérations d'Aigle Azur à Orly". Les près de 9.800 créneaux horaires annuels détenus par la compagnie à Orly constituent la pépite de la compagnie.

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