Brexit : Johnson "prudent" avant sa rencontre avec Juncker et Barnier

(AFP)

Le Premier ministre britannique Boris Johnson s'est dit "prudent" à son arrivée lundi à Luxembourg pour un déjeuner avec Jean-Claude Juncker, alors que les dirigeants de l'UE continuent d'exiger de Londres des "idées" à six semaines du divorce avec Londres.

Optimiste M. Johnson ? "Prudent, juste prudent", a lâché le Premier ministre aux médias qui l'attendaient. "Prudemment optimiste", a repris dans la foulée le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker.

"L'Europe ne perd jamais patience", a assuré ce dernier avant leur première rencontre depuis l'entrée en fonction fin juillet de Boris Johnson au poste de Premier ministre. Le négociateur de l'UE sur le Brexit, le Français Michel Barnier, participe à la réunion.

En prélude, Boris Johnson annonçait dimanche dans une tribune publiée par le Daily Telegraph que "si nous pouvons faire suffisamment de progrès dans les prochains jours, j'ai l'intention de me rendre au sommet crucial du 17 octobre et de finaliser un accord qui protégera les intérêts des entreprises et des citoyens des deux côtés de la Manche, et des deux côtés de la frontière en Irlande".

Boris Johnson rencontrera aussi le Premier ministre luxembourgeois Xavier Bettel et les deux dirigeants tiendront une conférence de presse conjointe dans l'après-midi.

- Un Brexit dur ?

Les forfanteries de M. Johnson laissent les Européens de marbre. Lorsqu'il annonce "d'énormes progrès" sur la manière de traiter le problème de la frontière nord-irlandaise et se compare à Hulk, un super-héros, pour libérer son pays des entraves européennes, les Européens répondent "attendre" des propositions concrètes et se disent "peu optimistes" sur les chances d'un divorce arrangé le 31 octobre.

"Nous espérons que M. Johnson viendra au prochains sommet européen et peut être apportera-t-il quelques idées", a déclaré lundi le chef de la diplomatie belge Didier Reynders à son arrivée pour une réunion à Bruxelles avec ses homologues des Affaires européennes, qui se déroule sans représentant du Royaume-Uni.

"Si Boris Johnson ne vient pas avec quelque chose de nouveau pour sa rencontre avec Juncker, alors, honnêtement, il n'y a plus besoin pour nous de discuter et il y aura un Brexit dur", a averti son homologue autrichien Alexander Schallenberg.

Or, il n'y a "rien de bien tangible jusqu'à présent", a confié à l'AFP un diplomate européen de haut rang, commentant les dernières réunions entre le conseiller de Boris Johnson, David Frost, et l'équipe de Michel Barnier à Bruxelles.

Boris Johnson, même s'il a semblé adoucir son discours ces derniers jours, assure que malgré le législation votée par son propre parlement, il ne demandera pas de report du Brexit en cas d'absence d'accord.

"Nous n'avons pas de raisons d'être optimistes" sur les chances de parvenir à un accord avant le sommet, avait pour sa part averti Michel Barnier lors d'une réunion mercredi dernier avec les chefs des groupes politiques du Parlement européen.

- Résolution très sévère -

La perspective d'un divorce sans accord est redoutée par les patrons européens. "Ce serait un désastre", a affirmé Markus J. Beyrer, directeur général de Business Europe.

Le Parlement européen, qui devra approuver l'accord trouvé avec Londres, a de son côté haussé le ton. Il votera mercredi une résolution très sévère dans laquelle il exige une clause de sauvegarde (le "backstop") pour empêcher le retour d'une frontière physique entre l'Irlande et la province britannique d'Irlande du Nord, ce que Boris Johnson refuse.

"Si le divorce se fait sans accord, le gouvernement britannique en assumera l'entière responsabilité et devra honorer tous ses engagements financiers, respecter les droits des citoyens européens et ses obligations au regard de l'accord du Vendredi Saint avec l'Irlande", a averti le président du Parlement européen, David Sassoli.

"Le Parlement européen ne donnera pas son aval à de nouvelles négociations entre l'UE et le Royaume-Uni si ces obligations ne sont pas respectées", a-t-il menacé.

La solution serait de limiter la clause de sauvegarde à l'Irlande du Nord, a rappelé le président du Parlement. Cette région resterait territoire douanier de l'UE et deviendrait la frontière avec le reste du Royaume-Uni (Angleterre, Ecosse et pays de Galles), une solution pour l'instant rejetée par les Britanniques car elle ouvre la porte à une réunification de l'Irlande.

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Brexit : Johnson "prudent" avant sa rencontre avec Juncker et Barnier

Le 16 octobre 2019 à18:34

Modifié le 16 octobre 2019 à 18:34

Le Premier ministre britannique Boris Johnson s'est dit "prudent" à son arrivée lundi à Luxembourg pour un déjeuner avec Jean-Claude Juncker, alors que les dirigeants de l'UE continuent d'exiger de Londres des "idées" à six semaines du divorce avec Londres.

Optimiste M. Johnson ? "Prudent, juste prudent", a lâché le Premier ministre aux médias qui l'attendaient. "Prudemment optimiste", a repris dans la foulée le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker.

"L'Europe ne perd jamais patience", a assuré ce dernier avant leur première rencontre depuis l'entrée en fonction fin juillet de Boris Johnson au poste de Premier ministre. Le négociateur de l'UE sur le Brexit, le Français Michel Barnier, participe à la réunion.

En prélude, Boris Johnson annonçait dimanche dans une tribune publiée par le Daily Telegraph que "si nous pouvons faire suffisamment de progrès dans les prochains jours, j'ai l'intention de me rendre au sommet crucial du 17 octobre et de finaliser un accord qui protégera les intérêts des entreprises et des citoyens des deux côtés de la Manche, et des deux côtés de la frontière en Irlande".

Boris Johnson rencontrera aussi le Premier ministre luxembourgeois Xavier Bettel et les deux dirigeants tiendront une conférence de presse conjointe dans l'après-midi.

- Un Brexit dur ?

Les forfanteries de M. Johnson laissent les Européens de marbre. Lorsqu'il annonce "d'énormes progrès" sur la manière de traiter le problème de la frontière nord-irlandaise et se compare à Hulk, un super-héros, pour libérer son pays des entraves européennes, les Européens répondent "attendre" des propositions concrètes et se disent "peu optimistes" sur les chances d'un divorce arrangé le 31 octobre.

"Nous espérons que M. Johnson viendra au prochains sommet européen et peut être apportera-t-il quelques idées", a déclaré lundi le chef de la diplomatie belge Didier Reynders à son arrivée pour une réunion à Bruxelles avec ses homologues des Affaires européennes, qui se déroule sans représentant du Royaume-Uni.

"Si Boris Johnson ne vient pas avec quelque chose de nouveau pour sa rencontre avec Juncker, alors, honnêtement, il n'y a plus besoin pour nous de discuter et il y aura un Brexit dur", a averti son homologue autrichien Alexander Schallenberg.

Or, il n'y a "rien de bien tangible jusqu'à présent", a confié à l'AFP un diplomate européen de haut rang, commentant les dernières réunions entre le conseiller de Boris Johnson, David Frost, et l'équipe de Michel Barnier à Bruxelles.

Boris Johnson, même s'il a semblé adoucir son discours ces derniers jours, assure que malgré le législation votée par son propre parlement, il ne demandera pas de report du Brexit en cas d'absence d'accord.

"Nous n'avons pas de raisons d'être optimistes" sur les chances de parvenir à un accord avant le sommet, avait pour sa part averti Michel Barnier lors d'une réunion mercredi dernier avec les chefs des groupes politiques du Parlement européen.

- Résolution très sévère -

La perspective d'un divorce sans accord est redoutée par les patrons européens. "Ce serait un désastre", a affirmé Markus J. Beyrer, directeur général de Business Europe.

Le Parlement européen, qui devra approuver l'accord trouvé avec Londres, a de son côté haussé le ton. Il votera mercredi une résolution très sévère dans laquelle il exige une clause de sauvegarde (le "backstop") pour empêcher le retour d'une frontière physique entre l'Irlande et la province britannique d'Irlande du Nord, ce que Boris Johnson refuse.

"Si le divorce se fait sans accord, le gouvernement britannique en assumera l'entière responsabilité et devra honorer tous ses engagements financiers, respecter les droits des citoyens européens et ses obligations au regard de l'accord du Vendredi Saint avec l'Irlande", a averti le président du Parlement européen, David Sassoli.

"Le Parlement européen ne donnera pas son aval à de nouvelles négociations entre l'UE et le Royaume-Uni si ces obligations ne sont pas respectées", a-t-il menacé.

La solution serait de limiter la clause de sauvegarde à l'Irlande du Nord, a rappelé le président du Parlement. Cette région resterait territoire douanier de l'UE et deviendrait la frontière avec le reste du Royaume-Uni (Angleterre, Ecosse et pays de Galles), une solution pour l'instant rejetée par les Britanniques car elle ouvre la porte à une réunification de l'Irlande.

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