Les jeunes du monde entier se mobilisent en masse pour le climat

(AFP)

De Sydney à San Francisco, en passant par Berlin, Paris, et Londres, des foules de jeunes - plus de quatre millions au total, selon les organisateurs - ont manifesté vendredi pour le climat, et la jeune Suédoise Greta Thunberg a assuré depuis New York que ce n'était "qu'un début".

"Si vous faites partie du petit nombre de gens qui se sentent menacés par nous, nous avons une mauvaise nouvelle pour vous, car ce n'est qu'un début: le changement arrive, qu'ils le veuillent ou non", a déclaré la militante de 16 ans devant des dizaines de milliers de manifestants rassemblés à Battery Park, à la pointe de Manhattan.

Alors que la foule scandait "Greta! Greta! Greta!", celle qui a initié ce mouvement de grèves du vendredi à l'été 2018, en manifestant seule devant le Parlement suédois, a énuméré une série de manifestations à travers le monde, citant des chiffres non confirmés de participation, dont plus de 250.000 personnes qui auraient défilé à New York.

"J'espère que cela marquera un tournant pour la société, en montrant combien de personnes s'investissent là-dedans, combien de personnes mettent la pression sur les dirigeants, surtout avant le sommet de l'ONU sur le climat" lundi prochain, avait-elle déclaré un peu plus tôt à l'AFP.

Dans plus de 160 pays, selon les organisateurs, les jeunes ont boycotté les salles de classe, et sont sortis dans les rues armés de pancartes aux innombrables slogans, avec la même intention: faire pression sur leurs aînés, afin qu'ils prennent des mesures drastiques pour enrayer l'envol des températures provoqué par les activités humaines.

Après l'Asie et l'Europe est venu le tour des jeunes Américains: à New York, Boston, Chicago et jusqu'à la côte ouest pour appeler les dirigeants à répondre enfin à "l'urgence climatique".

Pour moi manifester n'est pas un choix, c'est quelque chose de nécessaire", a indiqué Sierra Meloy, 17 ans, une lycéenne de Brooklyn vêtue d'un tee-shirt disant "La science n'est pas une théorie gauchisante du complot".

"Quand Greta a commencé, elle était seule, si courageuse, et regardez où elle est arrivée, tous ces gens du monde entier qui manifestent! Cela montre vraiment qu'on peut faire une différence", s'enthousiasmait Ella Backman, 12 ans, venue avec des panneaux faits maisons défiler avec des amies, pour la première fois de leur vie.

En Amérique latine, plusieurs milliers de personnes ont défilé au Brésil, dénonçant notamment le président d’extrême droite Jair Bolsonaro pour sa gestion des incendies de la forêt amazonienne, et plusieurs centaines d'autres à Bogota et à Mexico.

- "Nous méritons mieux" -

Ces manifestations faisaient écho aux défilés entamés des heures plus tôt à l'autre bout du monde.

Depuis l'Australie, où les manifestants étaient plus de 300.000, ou encore à Séoul, Manille, Tokyo ou Bombay, l'Asie-Pacifique s'était mobilisée pour ce "Friday for Future" planétaire.

"Nous sommes l'avenir et nous méritons mieux", a déclaré à Bangkok Lilly Satidtanasarn, 12 ans, surnommée la Greta Thunberg de Thaïlande pour son combat contre le plastique. Les adultes "ne font que parler, mais ils ne font rien".

La multiplication des phénomènes extrêmes liés au réchauffement renforce le sentiment d'urgence. "Je suis sûr que les dinosaures pensaient aussi qu'ils avaient le temps", proclamait une pancarte à Islamabad.

Certains pays africains ont aussi été au rendez-vous, même si les rassemblements y ont été plus limités.

A Kampala, la capitale de l'Ouganda qui borde le lac Victoria, le plus grand d'Afrique, durement touché par les effets du changement climatique, plusieurs centaines de jeunes ont défilé, comme Cissy Mukasa, 12 ans, dont la pancarte accusait : "Combien de personnes doivent mourir avant que vous n'agissiez ?"

- Des entreprises rejoignent le mouvement -

L'Europe a aussi vu des foules immenses, notamment en Allemagne, où selon les organisateurs plus d'un million de personnes ont manifesté.

A Paris, Jeannette, 12 ans, est allée manifester avec près de 10.000 personnes: "La situation me rend triste, on est dans le caca et on fait n'importe quoi", a-t-elle lancé.

Le mouvement s'est propagé jusqu'en Arctique, une région qui se réchauffe deux fois plus rapidement que le reste de la planète.

A Longyearbyen, en Norvège, à un bon millier de kilomètres du pôle Nord, environ 80 personnes emmitouflées ont sillonné les rues derrière des pancartes proclamant "Ca chauffe ici" ou "Pas cool sans glace".

Des centaines d'entreprises se sont aussi mobilisées, laissant leurs employés aller défiler.

Parmi eux, des milliers de salariés du géant du commerce en ligne Amazon, dont le patron Jeff Bezos avait annoncé jeudi un vaste plan pour que l'entreprise atteigne la neutralité carbone d'ici 2040.

- Nouvelle mobilisation le 27 septembre -

Cette journée était un des points d'orgue de près de deux semaines d'actions pour le climat à New York. Il y aura ensuite samedi le premier sommet de la jeunesse sur le climat organisé par l'ONU avec, outre Greta Thunberg, 500 jeunes Sud-Américains, Européens, Asiatiques et Africains attendus.

Suivra lundi un sommet de l'ONU réunissant des dirigeants du monde entier sur le climat, dont Emmanuel Macron et Angela Merkel.

A quelques exceptions notables, comme le président américain Donald Trump et le Brésilien Jair Bolsonaro, nombre de dirigeants internationaux souscrivent à l'idée d'une urgence climatique. Mais ils sont attendus sur les détails concrets de leurs plans.

"Nous avons montré ce que nous pouvons faire, et c'est maintenant à eux de montrer ce qu'ils peuvent faire", a indiqué Greta Thunberg.

Pour avoir une chance de stopper le réchauffement du globe à +1,5°C (par rapport au XIXe siècle), il faudrait que le monde soit neutre en carbone en 2050, selon le dernier consensus de scientifiques mandatés par l'ONU.

Une autre journée de mobilisation est prévue le vendredi 27 septembre, pendant l'Assemblée générale de l'ONU. Greta Thunberg, qui y participera depuis Montréal, espère qu'elle sera aussi importante que celle de ce vendredi.

burx-cat/cjc

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Les jeunes du monde entier se mobilisent en masse pour le climat

Le 16 octobre 2019 à16:24

Modifié le 16 octobre 2019 à 16:24

De Sydney à San Francisco, en passant par Berlin, Paris, et Londres, des foules de jeunes - plus de quatre millions au total, selon les organisateurs - ont manifesté vendredi pour le climat, et la jeune Suédoise Greta Thunberg a assuré depuis New York que ce n'était "qu'un début".

"Si vous faites partie du petit nombre de gens qui se sentent menacés par nous, nous avons une mauvaise nouvelle pour vous, car ce n'est qu'un début: le changement arrive, qu'ils le veuillent ou non", a déclaré la militante de 16 ans devant des dizaines de milliers de manifestants rassemblés à Battery Park, à la pointe de Manhattan.

Alors que la foule scandait "Greta! Greta! Greta!", celle qui a initié ce mouvement de grèves du vendredi à l'été 2018, en manifestant seule devant le Parlement suédois, a énuméré une série de manifestations à travers le monde, citant des chiffres non confirmés de participation, dont plus de 250.000 personnes qui auraient défilé à New York.

"J'espère que cela marquera un tournant pour la société, en montrant combien de personnes s'investissent là-dedans, combien de personnes mettent la pression sur les dirigeants, surtout avant le sommet de l'ONU sur le climat" lundi prochain, avait-elle déclaré un peu plus tôt à l'AFP.

Dans plus de 160 pays, selon les organisateurs, les jeunes ont boycotté les salles de classe, et sont sortis dans les rues armés de pancartes aux innombrables slogans, avec la même intention: faire pression sur leurs aînés, afin qu'ils prennent des mesures drastiques pour enrayer l'envol des températures provoqué par les activités humaines.

Après l'Asie et l'Europe est venu le tour des jeunes Américains: à New York, Boston, Chicago et jusqu'à la côte ouest pour appeler les dirigeants à répondre enfin à "l'urgence climatique".

Pour moi manifester n'est pas un choix, c'est quelque chose de nécessaire", a indiqué Sierra Meloy, 17 ans, une lycéenne de Brooklyn vêtue d'un tee-shirt disant "La science n'est pas une théorie gauchisante du complot".

"Quand Greta a commencé, elle était seule, si courageuse, et regardez où elle est arrivée, tous ces gens du monde entier qui manifestent! Cela montre vraiment qu'on peut faire une différence", s'enthousiasmait Ella Backman, 12 ans, venue avec des panneaux faits maisons défiler avec des amies, pour la première fois de leur vie.

En Amérique latine, plusieurs milliers de personnes ont défilé au Brésil, dénonçant notamment le président d’extrême droite Jair Bolsonaro pour sa gestion des incendies de la forêt amazonienne, et plusieurs centaines d'autres à Bogota et à Mexico.

- "Nous méritons mieux" -

Ces manifestations faisaient écho aux défilés entamés des heures plus tôt à l'autre bout du monde.

Depuis l'Australie, où les manifestants étaient plus de 300.000, ou encore à Séoul, Manille, Tokyo ou Bombay, l'Asie-Pacifique s'était mobilisée pour ce "Friday for Future" planétaire.

"Nous sommes l'avenir et nous méritons mieux", a déclaré à Bangkok Lilly Satidtanasarn, 12 ans, surnommée la Greta Thunberg de Thaïlande pour son combat contre le plastique. Les adultes "ne font que parler, mais ils ne font rien".

La multiplication des phénomènes extrêmes liés au réchauffement renforce le sentiment d'urgence. "Je suis sûr que les dinosaures pensaient aussi qu'ils avaient le temps", proclamait une pancarte à Islamabad.

Certains pays africains ont aussi été au rendez-vous, même si les rassemblements y ont été plus limités.

A Kampala, la capitale de l'Ouganda qui borde le lac Victoria, le plus grand d'Afrique, durement touché par les effets du changement climatique, plusieurs centaines de jeunes ont défilé, comme Cissy Mukasa, 12 ans, dont la pancarte accusait : "Combien de personnes doivent mourir avant que vous n'agissiez ?"

- Des entreprises rejoignent le mouvement -

L'Europe a aussi vu des foules immenses, notamment en Allemagne, où selon les organisateurs plus d'un million de personnes ont manifesté.

A Paris, Jeannette, 12 ans, est allée manifester avec près de 10.000 personnes: "La situation me rend triste, on est dans le caca et on fait n'importe quoi", a-t-elle lancé.

Le mouvement s'est propagé jusqu'en Arctique, une région qui se réchauffe deux fois plus rapidement que le reste de la planète.

A Longyearbyen, en Norvège, à un bon millier de kilomètres du pôle Nord, environ 80 personnes emmitouflées ont sillonné les rues derrière des pancartes proclamant "Ca chauffe ici" ou "Pas cool sans glace".

Des centaines d'entreprises se sont aussi mobilisées, laissant leurs employés aller défiler.

Parmi eux, des milliers de salariés du géant du commerce en ligne Amazon, dont le patron Jeff Bezos avait annoncé jeudi un vaste plan pour que l'entreprise atteigne la neutralité carbone d'ici 2040.

- Nouvelle mobilisation le 27 septembre -

Cette journée était un des points d'orgue de près de deux semaines d'actions pour le climat à New York. Il y aura ensuite samedi le premier sommet de la jeunesse sur le climat organisé par l'ONU avec, outre Greta Thunberg, 500 jeunes Sud-Américains, Européens, Asiatiques et Africains attendus.

Suivra lundi un sommet de l'ONU réunissant des dirigeants du monde entier sur le climat, dont Emmanuel Macron et Angela Merkel.

A quelques exceptions notables, comme le président américain Donald Trump et le Brésilien Jair Bolsonaro, nombre de dirigeants internationaux souscrivent à l'idée d'une urgence climatique. Mais ils sont attendus sur les détails concrets de leurs plans.

"Nous avons montré ce que nous pouvons faire, et c'est maintenant à eux de montrer ce qu'ils peuvent faire", a indiqué Greta Thunberg.

Pour avoir une chance de stopper le réchauffement du globe à +1,5°C (par rapport au XIXe siècle), il faudrait que le monde soit neutre en carbone en 2050, selon le dernier consensus de scientifiques mandatés par l'ONU.

Une autre journée de mobilisation est prévue le vendredi 27 septembre, pendant l'Assemblée générale de l'ONU. Greta Thunberg, qui y participera depuis Montréal, espère qu'elle sera aussi importante que celle de ce vendredi.

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