Les démocrates engrangent les éléments pour une destitution de Trump

(AFP)

Les démocrates accumulent les éléments à charge en vue de destituer Donald Trump grâce à des auditions parlementaires qui ont notamment révélé les inquiétudes suscitées - au sein même de la Maison Blanche - par les pressions des proches du président sur l'Ukraine.

Le Congrès fait sa rentrée mardi après deux semaines de vacances parlementaires, au cours desquelles les élus démocrates de la Chambre des représentants ont multiplié les injonctions pour obtenir des documents et des témoignages.

Leur but: déterminer si Donald Trump a abusé de sa fonction pour forcer Kiev à enquêter sur l'ancien vice-président démocrate Joe Biden, bien placé pour l'affronter lors de la présidentielle de 2020.

"Toutes les flèches continuent de pointer dans la même direction", a déclaré l'élu démocrate Eric Swalwell au lendemain d'une audition fleuve qui a alimenté le dossier contre le président républicain.

Conseillère à la Maison Blanche sur l'Ukraine et la Russie jusqu'à l'été, Fiona Hill a été entendue pendant dix heures à huis clos par des commissions de la chambre basse du Congrès.

Selon plusieurs médias, elle a expliqué aux élus que l'ancien conseiller à la Sécurité nationale John Bolton s'était alarmé des efforts déployés par l'avocat personnel de Donald Trump, Rudy Giuliani, en Ukraine.

Celui-ci a cherché pendant des mois à convaincre Kiev d'ouvrir une enquête sur le groupe gazier Burisma qui employait le fils de Joe Biden, Hunter.

John Bolton voyait l'ancien maire de New York "comme une grenade dégoupillée prête à faire sauter tout le monde" et avait suggéré de saisir les juristes de la présidence, aurait-elle déclaré.

L'ex-conseiller, qui a été démis de ses fonctions en septembre, aurait également comparé les efforts de Rudy Giuliani et du chef de cabinet de la Maison Blanche, Mick Mulvaney à des "manoeuvres de petits trafiquants de drogue".

- "Erreur de jugement" -

Les démocrates sont convaincus que Rudy Giuliani a posé "les bases" pour l'appel téléphonique entre Donald Trump et son homologue ukrainien au coeur du scandale.

Lors de cet échange, à la fin juillet, le président américain a demandé à Volodymyr Zelensky de "se pencher" sur les Biden.

Suite à l'intervention d'un lanceur d'alerte, la Maison Blanche a rendu public une transcription de cette conversation, ce qui a convaincu les démocrates d'enclencher le 24 septembre l'explosive procédure de destitution à l'encontre du milliardaire républicain.

Donald Trump clame depuis que son appel était "irréprochable" et assure avoir légitimement voulu combattre la "corruption" des Biden.

Dans sa première interview depuis que l'affaire a éclaté, Hunter Biden a reconnu mardi avoir commis une "erreur de jugement" en faisant des affaires en Ukraine. "J'ai donné l'opportunité à des personnes très immorales de faire du mal à mon père", a-t-il poursuivi en niant toutefois toute "erreur éthique".

Donald Trump l'a jugé "très mauvais" et a assuré que "Joe l'Endormi avait désormais de gros problèmes". Dans une série de tweets, il a également reproché aux démocrates des auditions menées "sans transparence", les comparant à une "chasse aux sorcières".

- "Avancer vite" -

Malgré les obstacles dressés par la Maison Blanche qui refuse de collaborer à leur enquête, les démocrates ont déjà entendu cinq témoins et ont programmé une audition chaque jour cette semaine.

Un haut responsable du Département d'Etat spécialiste de l'Ukraine, George Kent, était interrogé mardi.

Mercredi, ce sera le tour de Michael McKinley, conseiller du Secrétaire d'Etat Mike Pompeo jusqu'à sa démission en fin de semaine dernière. L'ambassadeur américain auprès de l'Union européenne, Gordon Sondland, un proche de Donald Trump est très attendu jeudi. Et, selon CNN, Laura Cooper, une responsable du ministère de la Défense devrait lui succéder jeudi.

"Nous voulons avancer vite", a expliqué l'élu démocrate Mark Pocan sur la radio publique du Wisconsin, en rappelant que l'objectif était de soumettre des articles de mise en accusation du président ("impeachment") au vote de la Chambre des représentants avant la fin de l'année.

Si la Chambre les adopte, il reviendra ensuite au Sénat d'organiser le procès de Donald Trump. Compte-tenu de la majorité républicaine dans cette enceinte, sa destitution est à ce stade peu probable.

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(AFP)

Les démocrates engrangent les éléments pour une destitution de Trump

Le 17 novembre 2019 à11:13

Modifié le 17 novembre 2019 à 11:13

Les démocrates accumulent les éléments à charge en vue de destituer Donald Trump grâce à des auditions parlementaires qui ont notamment révélé les inquiétudes suscitées - au sein même de la Maison Blanche - par les pressions des proches du président sur l'Ukraine.

Le Congrès fait sa rentrée mardi après deux semaines de vacances parlementaires, au cours desquelles les élus démocrates de la Chambre des représentants ont multiplié les injonctions pour obtenir des documents et des témoignages.

Leur but: déterminer si Donald Trump a abusé de sa fonction pour forcer Kiev à enquêter sur l'ancien vice-président démocrate Joe Biden, bien placé pour l'affronter lors de la présidentielle de 2020.

"Toutes les flèches continuent de pointer dans la même direction", a déclaré l'élu démocrate Eric Swalwell au lendemain d'une audition fleuve qui a alimenté le dossier contre le président républicain.

Conseillère à la Maison Blanche sur l'Ukraine et la Russie jusqu'à l'été, Fiona Hill a été entendue pendant dix heures à huis clos par des commissions de la chambre basse du Congrès.

Selon plusieurs médias, elle a expliqué aux élus que l'ancien conseiller à la Sécurité nationale John Bolton s'était alarmé des efforts déployés par l'avocat personnel de Donald Trump, Rudy Giuliani, en Ukraine.

Celui-ci a cherché pendant des mois à convaincre Kiev d'ouvrir une enquête sur le groupe gazier Burisma qui employait le fils de Joe Biden, Hunter.

John Bolton voyait l'ancien maire de New York "comme une grenade dégoupillée prête à faire sauter tout le monde" et avait suggéré de saisir les juristes de la présidence, aurait-elle déclaré.

L'ex-conseiller, qui a été démis de ses fonctions en septembre, aurait également comparé les efforts de Rudy Giuliani et du chef de cabinet de la Maison Blanche, Mick Mulvaney à des "manoeuvres de petits trafiquants de drogue".

- "Erreur de jugement" -

Les démocrates sont convaincus que Rudy Giuliani a posé "les bases" pour l'appel téléphonique entre Donald Trump et son homologue ukrainien au coeur du scandale.

Lors de cet échange, à la fin juillet, le président américain a demandé à Volodymyr Zelensky de "se pencher" sur les Biden.

Suite à l'intervention d'un lanceur d'alerte, la Maison Blanche a rendu public une transcription de cette conversation, ce qui a convaincu les démocrates d'enclencher le 24 septembre l'explosive procédure de destitution à l'encontre du milliardaire républicain.

Donald Trump clame depuis que son appel était "irréprochable" et assure avoir légitimement voulu combattre la "corruption" des Biden.

Dans sa première interview depuis que l'affaire a éclaté, Hunter Biden a reconnu mardi avoir commis une "erreur de jugement" en faisant des affaires en Ukraine. "J'ai donné l'opportunité à des personnes très immorales de faire du mal à mon père", a-t-il poursuivi en niant toutefois toute "erreur éthique".

Donald Trump l'a jugé "très mauvais" et a assuré que "Joe l'Endormi avait désormais de gros problèmes". Dans une série de tweets, il a également reproché aux démocrates des auditions menées "sans transparence", les comparant à une "chasse aux sorcières".

- "Avancer vite" -

Malgré les obstacles dressés par la Maison Blanche qui refuse de collaborer à leur enquête, les démocrates ont déjà entendu cinq témoins et ont programmé une audition chaque jour cette semaine.

Un haut responsable du Département d'Etat spécialiste de l'Ukraine, George Kent, était interrogé mardi.

Mercredi, ce sera le tour de Michael McKinley, conseiller du Secrétaire d'Etat Mike Pompeo jusqu'à sa démission en fin de semaine dernière. L'ambassadeur américain auprès de l'Union européenne, Gordon Sondland, un proche de Donald Trump est très attendu jeudi. Et, selon CNN, Laura Cooper, une responsable du ministère de la Défense devrait lui succéder jeudi.

"Nous voulons avancer vite", a expliqué l'élu démocrate Mark Pocan sur la radio publique du Wisconsin, en rappelant que l'objectif était de soumettre des articles de mise en accusation du président ("impeachment") au vote de la Chambre des représentants avant la fin de l'année.

Si la Chambre les adopte, il reviendra ensuite au Sénat d'organiser le procès de Donald Trump. Compte-tenu de la majorité républicaine dans cette enceinte, sa destitution est à ce stade peu probable.

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